DEUX AJTirÉB» SK ORIBIIT
dévorait des yeux eo frustrant Akhmet de la vue d*un concurrent en retraite. Hais dans Tintervalie l'état du Suitau avait empiré; après avoir cédé aux exigences du capitan-pacha» le divan même l'invita à ne pas s'éloigner, aUn d'être à portée de protéger le nouveau règne d'une imminente proximité. Or, en même temps que cette désespérante invitation^ lui était par^ venu, de la part d'un ami mal informé, Tavis d'une amélioration dans la santé impériale.
Cl cdule à cet avis, il se garda bien de partir; en communiquant au Sultan des ordres transmis à son insu, en lui rendant compte des secrètes menées du ministère^ il se flattait de convaincre ses ennemis d'un attentat à Tautorité souveraine et d'un pronostic sacrilège ; il souriait à cette occasion de les livrer à la colère d'un maître auquel il restait assez de souille pour les renverser. Son émissaire arriva juste le jour où Màli moud avait expiré ; comme si le favori eût du jusqu'au bout caractériser son impérissable présomption en venant, une main armée contre ses adversaires, l'autre tendue au salaire de sa délation, trébucher avec toute l'ardeur de ses intrigues sur un néant inexorable! comme s'il avait été réservé à Akhmet de faiie encore un dernier appel à l'omnipotence posthume de Mahmoud! La dépêche accusatrice fut remise
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eotre le» maios de ceiui-là même qui avait dicté les ÎDstructioDS du dîvaDi de Khosrew deveou grand'Visir.
Le 2 juillet au matin, Akhmet était détrompé;
il recevait oiiiciellement la uouvelle de la mort de Sa Hautesse, de Télévation de khosrew, et» pour gage unique de contiimation dans soo rang, Tordre de ramener tout de suite la flotte à Coustautiuople. Le caiiuii des escadres, saluant ravénement d'Abd-ul-^Medjid, grondait à ses oreilles l'arrêt de sa déchéance; hier la seconde personne de l'empire, aujourd'hui rien peut-être, il était atterré. Presque au même instant un officier anglais, employé à bord du vaisseau amiral, revint de terre en annonçant, d'après des lettres de la capitale, que le terrible sadri-azhem avait signalé son entrée en fonc* tioDs par Te^écution des principaux partisans de la guerre. Akhmet frémit; il crut sans peine au sang dans le triomphe de khosrew ; ne s'était-il pas lui-même proposé pour une œuvre de sang contre khosrew, chef du parti de la paix? Et c'était à la merci d'un ennemi implacable qu'il irait remettre avec sa tête celle du chef du parti de la guerre, d'un artisan de mort et d'un dénonciateur? 11 la sentait déjà sous le tranchant du sabre* En outre, entre Khosrew et le bultan, comme pour intercepter la clémence souve-
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raioe^ siégeait Halil, beau-frère de lun el fils d'âme de l'autre, dont il a^ait essayé de perpétuer la disgrâce. Pour être ménagé, avait-il du moins aa divan, dans Tarmée, sur la flolle, un parti dont il pût se couvrir? Tout son appui était en Mahmoud, et, Mahmoud mort, le courtisan restait isolé, en butte aux inimitiés vivaces que ses intrigues ou l'insolence de sa faveur luiavaientsuscitées,pleurantamèremeutla perte de son mattre et de sa propre fortune. Sa consternation était prolbnde, son irrésolution manifeste, puisque la flotte ne bougeait point, mais silencieuse j à qui pouvaiL-il se fier, et les officiers liés à sa prospérité ne le trahiraient-ils pas pour échapper à ses revers?
Parmi les officiers qui se croyaient trop compromis régnait aussi une morne épouvante; ils savaient qu'habituellement la vengeance de Khosrew ne dédaignait aucun adversaire et frappait à toutes les hauteurs. Sous l'empire de cette contagieuse terreur, le reala-bey ou contre-amiral, Osman, conçut le projet d'une défécation. Son père avait autrefois été le serviteur de l'un des princes de l'Égypte; six mois ne s'étaient pas écoulés depuis qu'il y avait per«sonnellement rempli une mission; ce fut à ses yeux un refuge assuré contre un puissant persécuteur. Pourtant, incertain des inlentions
d'Akhmet, il ne se disimula point ce que l'ou*
verture d'un lel pi ojet avait de hasardeux, el il essaya d'en charger Avedik-Schiaoum, drogman du grand-amiral. Le prudent Arménien 8*en étant défendu sur ce que des communications de cette nature sortaient de ses attributions, il se décida à en parler lui-même, k riuaclion de la flotte, Osman avait soupçonné une arrière^ pensée chez le capi tan-pacha; dans la proposition du reala-bey Àkhmet rencontrait sans tà«» tonnements périlleux un moyen de salut; ils se comprirent vite, et leur concert mettait la flotte à leur disposition, attendu que le capitaua-bey ou vice-amiral était un vieillard de quatre-vingtsix ans. Après un colloque secret de quelques heures, le signal du départ fut donné. La plupart des oiricici's, eoui|>létemeiU éliangers à celle détermination, crurent obéir à un ordre du gouvernement. Ce fut le 4 juillet que la flotte sorût des Dardanelles et alla mouiller à Bechika-Bay.
Le même jour, Tamiral Lalande, croisant avec f/é¥Ba et le Triton au cap Baba, en fut avisé par le brik le Bougainville, qu'il maintenait en observation à Ténédos. Le lendemain, comme il se dirigeait sur le passage entre cette lie et la côte de Troie, il vit cingler hors de fiechika*6ay d'abord lef^anguard, sentinelle avancée deles-
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cadre britannique si discrètement mouillée à lialte , et bientôt la flotte turque tout entière faisant voile vent arrière pour gagner le large de Mételin. Akbmet avait trouvé dans le vaisseau anglais une sentinelle commode qui, sans diie un seul mot ^ l'avait regardé sortir, mouiller et reprendre la mer, se bornant à l'accompagner et paraissant même lui montrer le chemin. JUais l'escadre aux trois couleurs était plus gênante; elle se tenait depuis longtemps à Taffut de ses mouvements et venait se placer sur sa route* Dans l'appréhension d'une interpellation inévitable, il s'était donc préparé à parlementer avec une consigne qu il supposait contraire a la liberté de sa sortie.
Au moment où 1 amiral irançais joignait la flotte et saluait le capitan* pacha qui portait son pavillon en tête, le bateau à Vapeur turc t Esseri'Khair s'approcha pour entrer en com«* munication avec lui. Peu auparavant M. Irlande avait été accosté par un bateau du pays,
poi teurd'uue dépèclie de M. Ballus, consul aux
Dardanelles, qui l'informait de la sortie de la flotte ottomane, ce dont il ne doutait pas, et de la mort du Sultan, ce qu'il ignorait encore. Impatient, en celte grave occurrence, d'aller au-devauld'uneexphcalion, il descendit aussitôt dans une embarcation et passa à bord du bateau à
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vapeur. U y fut reçu par O&maii) chargé de lui offrir les complimenls du capitan-pacha et de
lui deoiauder de sa part un eutrelieu particulier. La demande sembla étrange et n*en fut pas moins acceptée. On prit place. Les ténioius de rentretien furent le prince de Joinville, capitaine de vaisseau et chef d état-major, M. Guyet^ capitaine de corvette et sous*chef d'état-major, et M. Hernouxy capitaine de corvette, aide-decamp du prince 9 dont Tamiral était accompagné. L iiiltrprète était Avt Jik-Schiaoum,Iioinme intelligent y doué| en vrai truchement levantin^ de souplesse à tous les rôles et à tous les langages, du reste parlant fort bien le français. C'était au reala-bey d'assurer par le déploiement de son artiiicieuse rhétorique Te&écution d'un projet dont il avait eu la première idée, pour Akhmet et pour lui dernière planche de salut.
Un préambule fleuri de stériles politesses, des regrets iàstueusement prolixes sur la mort du Sultan, éclipse plongeant Fempire dans une ténébreuse incertitude, étonnèrent M. Lalande qui s'attendait à un prompt pourparler, et lui firent tout d'abord soupçonner que ce qu'on a^ait à lui dire était embarrassant à exprimèrent toute espèce de langue. Ces préparations achevées, Osman entra plus avant dans l'explication eu assurant que Mahmoud^ et c'élail ia ce qui.
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comblail la mesure de sa douleur, n'était pas
mort d'une mort naturelle. Sans doute sa maladie était fort grave, mais qu'elle fût désespérée, non, grâce à Dieu! et les médecins avaient déclaré qu'il vivrait au moins toute la belle saison. Comment cet espoir avait*»il été déçu ? comment avait-il prématurément succombé? Ses impitoyables ennemis, Khosrevir et Halil, impatients de se saisir du pouvoir et trouvant sa fin trop iente, l'avaient bâtée par le poison. A cette beure ils étaient investis des dépouilles de leur crime; Khosrevi^ s'était emparé du grand-visirat et Ha* lil du poste de serasker. Trop bien instruits de cet infernal mystère, les amis de Habmdud en avaient laissé éclater une juste horreur^ pour soutenir leur usurpation, les deux ministres avaient résolu de les immoler jusqu'au dernier. Plus d'une téte avait été coupée, et chaque jour rejoignait à leur malheureux maître de nouvelles victimes de leur fidélité. Déjà même un destin pareil aurait atteint le capitan-pacha, Tun des serviteurs les plus dévoués du Sultan, et ne l'aurait pas épargné, lui Osmian, s'ils n'eussent été prévenus à temps par leurs amis de Constanti- 4)ople. Toulefois, ce n'était pas en raison de ce danger personnel, auquel il pouvait se soustraire en demandant un asile à bord du premier bâiiment européen^ que le capitan-pacha s'était
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