‹ Deux annees de l'histoire d'orient, 1839-40Chapitre 22 sur 86 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Arrivée à Alexantlrie Ju kyabyt-bey du capitan-pacha — êt d'Akif'EffeDdî. — - Lettre da greod-viair «u Vioe^Roi* — Taklidi-Seif.-^ Le f» et le turbao.— CéréoioDie à Eyonb.

Abd-ul-MedjiiJ. — Le Papin. — Arrivée de la floUe turque en Egypte. — Réception d'Akhmet. — Situation dn Vice-Roi.

Les caoooâ d Alexandrie, encore chauds de trois journées de salves en l'honneur de la victoire de Nézib| reconnue ncèrent leurs salves le 8 juillet en l'honneur de l'avènement d'Âbd«ui* Medjid;une polacre grecque venait d'en apporter l'avis. La mort de Mahmoud était pour le Vice- Roi une victoire plus décisive que la première; Nézib n avait eu raison que d'une armée» c'était la guerre même (jui avait été ensevelie à Coustao tinople. Il se flatta que la Porte serait empressée de conclure la paix et satisferait pleinement à ses prétentions; peut-être même entrevit-il utie nouvelle occasion de gloire dans le soutien que l'empire atlaibli aurait à réclamer de lui; il était

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prêt, toute aUeiiUe au territoire uiuâulmaii blesse ^ profondément sa fierté patriotique, et moiDS facilemeut qu'à lui-niéiue il jpai donne à Tétianger de s'en approprier une province»

Le lendemain, 9 juillet, comme si les événements heureux devaient merveilleusement se presser dans sa prodigieuse fortune, la corvette détachée parÀkhmel mouilla à Alexandrie* Aus* sitôt il ordonne que le b&timent soit mis en quarantaine, et il se rend lui-même au lazaret, tant il était impatient d'apprendre le motif de cette , visite inattendue^ pour recevoir, encore humide de la purification , la lettre apportée par le kyahya-bey du capitan - pacha. Quelques heures après, la réponse et Hadji-Chérif-Àga i epartaient par le JSil; la corvette restait en rade. Le bruit de l'arrivée prochaine de la flotte ottomane ne tarde pas à se répandre, sujet d'interminables étonnements, d'inépuisables conjectures et d'une surenchère de félicitations.

Cette éclatante prospérité était obscurcie de quelque ombre en S) rie. La nouvelle qu Ibrahim était battu y avait été semée par des déser* leurs égyptiens qui, au nombre de trois cents environ, avaient fui du champ de bataille au moment où le succès était indécis, et, à cette nouvelle, les alentours de Uamah, Djesser-Chogr sur rOronte, Biha, gros bourg au sud-ouest d'Alep,

tout le pays même entre cette ville et Latekieh^ étaient entrés eu révolte. D'horribles excès se commettaient sur les agents du gouvernement; lesmutselimsdeDjesser-Chogret deRîha étaient massacréS| les employés assassinés et coupés par morceaux. Et tandis que les Hanadés se dirigeaient sur l'un des points soulevés, les Anezés» pour les dépouiller du butin de Nézib, les altaquaieut à 1 improviste et ajoutaient au désordre. Le fer et le feu réprimèrent bientôt Tinsurreotion^ plus tard le pardon fut accordé au repen-* tir, la restitution des bestiaux et autres objets enlevés ordonnée; mais le châtiment des armes, du pillage et de Tincendie, laissa de déplorables traces à Kiha et à Djesser-Chogr, principaux foyers de la rébellion* Le 9 juillist, sur le commandement d*lbrahim, Ismayl-Bey, gouverneur d'àiep, marchait contre ces deux villes à la tête de deux mille cavaliers.

Tout se succédait vite à Alexandrie. 1^ 1 1 juillet les négociations s'ouvraient entre Méhémed- Ali et la Forte-Ottomane^ le Peik-ul-Che\^ket (le Courrier lumineux) y avait débarqué Akif- Eiïendi, chargé de notifier ofiiciellement au Vice- Roi la mort de Mahmoud et de lui remettre une lettre du grand- visir.

« Ainsi que le portait la lettre que j'ai adressée à Votre Altesse il y a quelques jours> le très puiâsaut et très ma-

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gnifjjuô Sultan Abd-ul-Medjid Khan, notre auguste maître, étant monté au trône par suite de la vacance sur- . venne selon les décrets de la volonté divine. Sa Hautesse» mue par une inspiration de la droiture et de la sagesse dont elleest douée, a daigné, à l'instant même de son avènement « s'exprimer ainsi : « Quelques actions de Méliémed-Âlt'Paclia, gouverneur de TÉgypte, ayant indisposé feu mon père de glorieuse mémoire, bien des faits ont eu lieu et des mesures commençaient actuellement à recevoir leur exécution. Cependant, dans mon désir du bien-étxe et de la prospérité des peuples que la divine Providence m'a confiés, dans le but surtout d'éviter l'effusion du sang musulman, j'oublierai tout le passé, je pardonnerai audit gouverneur, à la condition <]u'il lasse son entière soumission* Je lui enverrai aussi une décoration pareille à celles de mes aiitres visirs, et je lui confierai le gouvernement de rÉgypte avec le droit de succession pour son fils. » Sa Hautesse a daigné eu même temps me nommer, tout indigne que je suis, son grand-visir.

«r Yu l'ancienne amitié qui me lie à Votre Altesse, je me suis réjoui de cœur de cette gracieuse disposition souvelaine en sa faveur, et j'ai ordonné immédiatement au Chark-serasker Hafiz-Pacha d'arrêter la marche des armées impériales; la tlotte qui était surlepointde sortir dea Dardanelles a été retenue.

<c S'il plaît à Dieu, la décoration qui, en vertu de l'or* dre suprême, se prépare, va vous être expédiée avec le firman impérial; en attendant je vous euvoieAkif-Ëfïendi^ membre du conseil de la Sublime-Porto, qui informera Votre Âltesse des détails de cette grâce souveraine. « J'espère* s'il plaît à Dieu, que Sa Hautesse^ notre au-

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