CHAPITRE VIII
la chrétienté et se défendait seulement par son
intolérauce coulre les emprunts à la civilisation qui auraient pu la régénérer.
Tel une période de trois siècles avait fait Tempire* Les succès de l'étranger étaient menaçants; tout récemnieiiL iinc ilolle anglaise avait apparu dans les eaux du Bosphore; une armée russe occupail la Moldavie, la Valachie, la liulgarie^et des rives du Danube mesurait les cimes du Balkan. Nombreux étaient les souverains de fait et les vassaux indisciplinés. C'étaient, dans la Turquie d'Europe, à Widdin, Mollah*Pacba, héritier de l'indépendance de «Passavan-Oglou ; à Serès, l'Albanais IsmavI ; dans toute l'Albanie et même les di>li i( ts voisins, Ali de Tebeien et sa famille; dans la Turquie d'Asie, les antiques fa* milles de Tchapan -Oglou et de Kara-Osman- C^Iou , les chefs de toutes les tribus qui habitent les vallées du iaurus; en Mésopotamie, les pachas d'Orfa, de Diarbékir,deMardin et de Mossouî, le pacha de Bagdad et de Bassora; en Syrie, les pachas de Damas et de Saint-Jean-d'Acre, et déjà, aux bords du Nil, Méhémed-Alî fondait sa puissance. La Servie s'adrauchissait; Tiusurrection s'allumait avec éclat ou couvait sous la cendre dans les provinces bosuiaques.Teuu de toutes parts en échec, le gouvernement trouvait pour ijuiaucer des besoins urgents un détjcil époi uiç
12 DEUX AmiEs Eir oaient,
dans ses ressources. La misère des peuples remontait comme un juste ch&timent à une admuiistiaUou dévorante. L'or de Tétranger s'iusînuait par tous les pores d'un pouvoir officiellement corrompu, dernier degré de la décadence d*UD État! Et sur les limites extrêmes de cette période se présentait un monarque de vingtquatre ans, dont le trône dès longtemps humilie avait pour bornes récentes les tombeaux néfastes de deux souverains.
L'empire ne pouvait être sauvé que par une réforme, la réforme ne pouvait provenir que d'un sultan sans autorité. 11 Fallait donc que la dynastie, après un long sommeil, se réveillât et que le monarque, après être tombé de tout à rien, ressaisit la plénitude de sou pouvoir. Comme si, pour renaître à sa majesté, la maison ottomane avait dû être réduite à un membre unique, Mahmoud, seul rejeton de la famille impériale et désormais sacré, couvert de rinviolabibté par le sang de son frère, se sentit l'audace de régner.
La violente omnipotence du grand-visir avait présagé une résurrection de l'autorité suprême; s^il périt dans sa tentative, son exemple ne fut pas perdu pour Mahmoud. Il y a plus; la révolution qu'il avait opérée était une réaction si-» gnificalive des provinces contre le gouvernement central, décrié par la prédominance abusive