CHAPITRE XII
laîent les prétentions de la Porte et les premiers symptômes du défaut d'harmonie des cinq puissances. Nouri-Effendi, an nonrdu gouvernemenl turc, leur déclara que la Porte, sans armée, sans flottes, hors d*état de résister, attendait tout de l'Europe et la remerciait de son intervention. Comme premier gage de cet intérêt généreux, il demanda la conservation de la Syrie; comme premier signe de l'harmonie des cinq grandes puissances, lord Ponsonhy et M. de Sturmer se prononcèrent pour le retour de cette province à la souveraineté immédiate du Sultan ; Tamiral Roussin et M. de Bouteneff insistèrent pour la cession à Méhémed-Ali à titre héréditaire. C'était à M. de Kœnigsmark à décider la majorité. Depuis trois ans la Prusse faisait cause commune en Orient avec la Russie; n'ayant aucun intérêt manifeste, aucun droit particulier à y être représenté, Berlin y figurait complaisamment comme une sorte de bourg-pourri du Czar. Contre toute attente, dans cette occasion, ce ne fut pas à l'opinion russe, mais à l'opinion autrichienne que la Prusse donna sa voix. Ce vole avait-il été combiné entre M. de Kœnigsmark et M. de Bouteneff pour jeter sans retard l'incertitude dans les délibérations de la diplomatie? Etait-il un indice du retour de celte puissance à une ligne plus indépendante? Le doute est au moins permis. Quoi
qu'il en soît, sur cinq voîi la Porte en avait troia
pour elle. ClicU mé de ce rësiillat et voulant sans doute stimuler le zèle des ambassadeurs, Nouri leur cita un propos de Méhëmed-Ali; il avait dit, ce Turc dont un auUc Turc dénonçait la fierté présomptueuse comme un cas de lèsemajesté européenne, il avait osé dire qu'il pouvait se passer de TEurope pour ses affaires, et même il avait ajouté que, dans le cas où elle se coaliserait contre lui, l'histoire dirait de lui, comme de Napoléon, qu'il n'aurait cédé que devant r£urope conjurée. « Ce pacha n'est qu'uu fanfaron, répliqua vivement lord Ponsonby piqué que le Vice-Roi prétendit aux honneurs d'un Waterloo j pour le renverser il n'y aurait qu'à souffler dessus 1 > Ainsi se passa cette première conférence où la diplomatie put constater la difiiculté du problème qu'elle s'était noblement posé en le supposant intrépidement résolti :
celui de se mettre d'accord sur la question d'Orient. C'est pourquoi les cinq ambassadeurs, non contents d'écrire aux consuls généraux à Alexandrie pour leur faire connaître leur démarche collective auprès de la l'orlc eL les charger de notifier à Méhémed-Ali la détermination
. de l'Ëurope à exercer son intervention, convinrent de donner plus de solennité à celte mesure ^1} dm^^l remettre leurs clépépUcs par un en<«