‹ Deux annees de l'histoire d'orient, 1839-40Chapitre 33 sur 86 · CHAPITRE XU · texte numérisé non relu

CHAPITRE XU

voyé. M. Etienne Ptsani, Moond drognmn ' de

rambassade anglaise, avait été désigné; Tamiral Kous&ÎQ rédaïua et obtint l'avantage de faire porter par son aide-de-camp, capitaine d'étatmajor, M. Anselme, cette signification à Alexandrie.

On ne saurait dissimuler que l'opinion fut peu faTorable en France à ce procédé de Tarn-

bassadeur, et qu'elle lui reprocha, soit de n'avoir point décidé la conclusion d'un arrangement direct entre la Porte et Méhémed-Ali avant la note du 27 juillet, soit d'y avoir adhéré. Peu de mots suffiront pour expliquer la conduite de l'amiral, et rex[)liquer c'est la justifier.

Qui avait arrêté Ibrahim à Marach? qui avait prévenu le soulèvement de toute l'Asie-Mineure qu'un seul pas d'Ibrahim eût provoqué? qui tenait prêt aux embouchures des Dardanelles le secours d'une flotte? £u un mot, qui avait détourné les conséquences d'une guerre qu'elle avait énergiquement déconseillée? la France, et ces services lui auraient mérité la reconnaissance de la Porte, si alors la Porte avait pu croire à l'efficacité de l'intervention française auprès de Méhémed-Ali. Mais qu'lbialiim dût marcher, pour elle cela était fatal : il avait marché en 1 833, la route était tracée; que le Vice-Roi dût arracher brusqucuieut ce (ju'il avait si urdemmcut

20(1 DEinc àMwtaE bit aiiBiiT,

désiré depuis six aanéesicela lui semblait iDévitable s c'était la logique même de la force; et, fidèle à son invariable système de terDporisaliua et de sooDiissîûD à la fatalité, elle ne se bâtait point de lacber les coocessions qui eussent dé-sarmé son ennemi, elle les tenait à la disposition de 1 evéneniient prévu. Après avoir entamé une négociation, elle attendait nécessairement le rébullal de ses ouvertures, et, du 21 juillet au 27, ^lle s'était acheminée sans trop de lenteur à une proposition plus large. La reconnaissance d*iin service réel, mais chimérique à ses yeux, ne pouvait avoir plus de crédit sur elle qu'une peur illusoire, mais à ses yeux trop fondée. D'ail« leurs la France recueillait te fruit de sa politique iiobleineuL impartiale^ tout arrangement acceptable par r£gypte, proposé par sa voix isolée, eûl été suspect à la Porte, dénonce aux oppositions de la Russie et de l'Angleterre, et, par une fatalité dernière, à ce moment même la Porte s'ar^ niait comme d'un nouveau grief contre la France de la liberté de passage que l amiral Lalande avait accordée à la flotte turque. 11 est donc complètement douteux que Tamiral Roussio eût

réussi à prcci|)iter la conclusion d'un anangement direct, et nul autre peut-cire n'aurait eu . plus de succès* Que lui restait-il donc à faire, lorsque M. de Metternicii lança sa proposition h

Page 1