CHAPITRE XII
Constantinople? L'effroi troublait tous les regards, et, par un double mirage de la peur, sur un point de i'borizon on voyait l'image des bataillons arabes, sur un autre l'apparition de l'escadre russe. La note collective, du même trait déplume, faisait évanouir ce double péril; qui aurait eu le courage de s'y refuser? quelle puissimce, sans imprudence, se fût exclue d'un acte collectif dont la Russie elle-même ne s'abstenait pas? Quant à la préférence que l'ambassadeur réclama au sujet de l'expédition des dépêcbes à Alexandrie, toujours préoccupé de contenir Méhémed-Ali dont l'babile modération devait tromper tout le monde, il eut à cœur d'accentuer du nom de la France la parole de l'Europe, et de donner à la Porte un gage particulier de Tintérêl de son gouvernement. Toutefois on ne saurait disconvenir que Tenvoi de son aide-decamp, quoique uniquement armé des dépêcbes communes et sans mission spéciale, ne ressemblât à une démonstration contre Méhémed-Ali; sous ce rapport la mesure eut moins d'adresse que de convenance; car, loin de vouloir menacer le Pacba, en enlevant cette mission à un drogman de l'ambassade anglaise, il voulait lui enlever tout caractère de partialité boslile. Par une autre injustice, l'amiral Roussin fut même soupçonné d'avoir cédé à une secrète animosité pei-
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soDDelle, lui qui en iÔ36 avait épuisé toua ses. eflforls pour ménager un accommodement avaii«
tageux cui l'aclia et préveuii uue guerre doût il avait prévu les suites!
Le 3i juillet» à six heures et demie du soir^ ie Peik-ul-Chevket \i2it{\i pour Alexandrie avec le capitaine Anselme à qui les plis des ambassadeurs pour les consuls généraux avaient été confiés, et Muffik*Bffendi, kapou-kyahya de Méhë* med-Àli, cbai'gépour ie Vice-Boi d*uue lettre du grand-visir.
Pendant la journée une vive alerte avait eu lieu dans la diplomatie , ie bruit s'était répandu qu'Ibrahim était en marche sur Konieh. Aussitôt les cinq ambassadeurs s'étaient réunis au palais d'Auti iche, à Buyuk-Déré, et les drogmans avaient été envoyés à Constantinople pour vé*rifier la nouvelle. Sous l'influence' de ce bruit alarmant, Tenlrée des flottes fut sérieusement proposée et discutée. Déjà, dans les derniers jours de juillet» les ambassadeurs de France et d Angleterre avaient, sous forme d'insinualious, porté quelques atteintes au gouvernement turc en vue d'obtenir l'entrée de leurs escadres à Constantinople. Leurs instructions ne leur prescrivaient de la proposer que dans une seule hy-? pothèse, celle de la demande ou de Tenvoi des secours de la Russie. Dans la circonstanoe pré*
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