CHAPITRE XII
recours, n'ont pas cru pouvoir dans ces conjonctures délicates refuser cette proposition inattendue, ne fût-ce que par déférence pour les sentiments d'amitié qui l'ont dictée; ils ont jugé à propos de commencer par vous en faire part, et tel a été également Tordre de Sa Ilautesse. Ainsi l'envoi du susdit commissaire a été pour le moment ajourné, et la présente lettre amicale a été écrite et expédiée en toute hâte par le bateau à vapeur. S'il plaît à Dieu, à sa réception, lorsque Votre Altesse connaîtra l'état des choses par cette lettre et par les communications des consuls résidant à Alexandrie, auxquels chacun des cinq ambassadeurs a écrit séparément à cet égard, j'espère qu'elle voudra bien me faire part de ses intentions.
« P. S. On vient de décider que le kapou-kyaliya de Votre Altesse, Muffik-Bey, lui serait envoyé pour lui communiquer de vive voii^ ce qui fait l'objet de ma lettre; il s'embarque pour celte mission sur le bateau à vapeur. Lorsque le rapport verbal de ce bey aura fait connaître à Votre Altesse l'état des choses, elle aura la bonté d'écrire ce qu'elle aura décidé. »
Enfin Mëliëmed-Ali reçut la communication des consuls généraux qui, en vertu de leurs instructions, lui signifièrent que, les affaires d'Orient intéressant directement l'Europe et la Turquie ayant accepté son intervention, tout arrangement à son insu entre lui et le Sultan serait regardé par les cinq grandes puissances comme non avenu. Ils ajoutèrent qu'il eût à se
contenter de l'hérédité de l'Ëgypte déjà accordée, de Fadministration des pacbaliks de la Syrie, et qu'il renvoyât la flotte. Le Pacba ne plia point devant cette injonclion de ia diplomalie. Après avoir protesté de nouveau qu'il ne déstraîl rien tant que la prospérité, la gloire et l'iatégrilé de l'empire ottoman, il exprima le regret que ses propositions n'eussent pas été acceptées, déclarant qu il ne pouvait s'en départir. Il ajouta qu'il ne lui restait qu*à attendre les propositions que les grandes puissances auraient à lui faire. Dès ce moment commença sa lutte tenace contre le mauvais vouloir des grandes puissances qu'il ne se dissimulait point. Mahmoud était mort, et TEurope, tutrice de la succession du suzerain, continuait son oeuvre de résistance aux prétentions du vassal. Comme s'il eut voulu en ce moment même protester sourdement contre la note collective, dans sa réponse du 8 août au grand-visir il témoigna se fier encore à la générosité de son jeune Sultan.
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« J'ai reçu la lettre que Votre Altesse a bien voulu m'adresser par l'entremise de Mufïîk-lie y , mou chargé d'affaires à Constantiaople. Votre Altesse m'informe qu'elle a pris conoaissance du contenu de la dépêche que j'eus riionneur de lai expédier par le retour d'Âkif-£f< fendi^ et du rapport de ce même envoyé; que les hauts
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