CHAPITRE XIII
rait au ncK si j'en parlais. «Tout à coup en effet lord Ponsouhy se relrouva ouvertement à Londres dans lord Palmerslon.
A l'éternel honneur de sa loyauté, la France crut sans désemparer à une sympathique communauté de vues entre elle et sou alliée. Né aux alTaires sous la nouvelle même des hostilités, le cabinet du 12 mai avait vu, comme toute TEurope, le péril du côté de la Kussie, et il avait espéré le soutien du côté de TAnglelerre. L'Angleterre elle-même, sans être pure de toute participation aux événements qui menaçaient le repos du monde, s'était préoccupée des chances qu'ils offraient à la Russie et n'était point indifférente à l'alliance française. Paris s'était empressé d'aviser Londres de la double mission qu'il envoyait en Orient pour prévenir les hostilités ou en arrêter les conséquences. Londres et Paris se concertèrent pareillement pour les instructions à don ner aux flottes. En son nom personnel d'abord et ensuite au nom de son cabinet, lord Palmerston proposa de dirigerdeux escadres combinées sur les côtes de Syrie, afin d'obtenir une suspension des hostilités par une sommation adressée aux parties belligérantes, et d'appuyer même cette soumiation par des moyens marilimes ; puis de réunir les deux escadres et de demander à la Porte l'entrée des Dardanelles, ou,
si les Russes avaient déjà débarqué à Gonstan«
tinople, de la forcer. Le ministère français fit observer que pénétrer dans les Dardanelles sans l'agrément de la Porte élait un parti extréine en<tratnantun cas de guerre a^ec la Russie, ou constituant une violation du gouvernement même •qu'on voulait protéger ; et ce fut dans le sens de son amendement que Turent conçues les instructions des deux cabinets relatives à rintroduction de leurs pavillons dans le Bosphore. Alors TAn* gleterre avait besoin d'être modérée par son alliée dans son humeur hostile contre la Russie. On sait comment la France , à cette même époque, concourait efïicacement aux vues communes de l'alliance par sa mission aupresdlbrahim, et ôtail tout prétexte aux mouvements des Russes. C'est peu ; son escadre, mouillée, dès le i5 juillet, à Bechika-Bay, était seule à portée de contrebalancer rinfluence de la Russie sur les conseils terrifiés de la Porte; car, retenue au mouillage de Malte ou dans une divertissante exploration des cotes de Sicile, l'escadre britannique, malgré une réception plus prompte de ses instructions, arriva tardivement au poste où le pavillon français fut, pendant plus d'un mois, le représentant isolé des intérêts des deux puis» sances. Dans un moment où ralliance se resserrait par une association amicale en face des
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