CHAPITRE Xin
devinsse grand*visir, et cela est l'effet de la grâce divine, et s*y opposer aurait été s'opposer à la volonté de Dieu. Je le craignis, f acceptai le visirat, avec la persuasion que Dieu me viendrait en aide. Maintenant, Altesse, je vous prie beaucoup de vouloir me pardonner cette faute du grand-visirat, puisque cela pour moi était un destin de Dieu, par la raison même que je me trouvais un de^ pre-^ miers dans Tlslam, et je remercie le Tout-Puissant qu'au dernier soupir je me trouve dans la grâce du Prophète, et au service de notre bienfaiteur Tempereur que je servirai avec zèle. Votre Altesse connaît tout cela minutieusement et en le répétant elle pourrait se fâcher.
« Que Dieu donne à chacun de nous selon son cœur ; en attendant tâchons avec zèle et dévouement de remplir nos devoirs. »
Non moins empressé à répondre, Méhémed- Ali, tout en renouvelant ses reproches, s'abstint de réclamer la démission; il lui importait à cette heure d'opérer une réconciliation qui lui permit d'échapper par un arrangement direct à l'intervention de l'Europe. Sous la proposition demi-plaisante, demi-sérieuse de faire prononcer sur leur différend par des personnages d'une piété exemplaire, il fit une secrète avance à l'inamovibilité du grand-visir.
« U redjeb 1S55 (t«r octobre 1639).
« Tai eu l'honneur de recevoir la réponse de Votre Altesse dans laquelle, en me disant qu'elle n'a d'autre
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but que àà lervîr dignement notre «ngufte makre» elle
m'exhorte à réunir nos efforts et à tic1ierd*aTrî?er au lion-
îieur tant dans cette vie que dans Tautre.Dans cette même lettre Votre Altesse m'annonce qu'elle n'a pas encore pu arnnger les affaires du moment conformément au dicton suivant : On aime pourtant totjoars à servir les intérêts de ses compatriotes. Très illustre seigneur, j'ai été étonné de voir que, après avoir amené l'afTaire à ce point (comme vous le savez parla correspondance qui a eu heu jusqu'ici), vous veuillez tout à coup servir Us inléréls de vos compatriotes. Lorsque feu le Sultan Mahmoud^ de glo* rieuse mémoire a daigné promettre de m'accorder à perpétuité TE^pte ainsi que la province de Saïda et Tripoli, j'ai humblement et respectueusement décliné cette proposition, en le suppliant de m'accorder à perpétuité la totalité des provinces et districts placés sous mon administration. Votre Altesse savait parfaitement tout ceci, et cependant, dès son avènement au poste de grand-visir^ elle s'est bornée à m'offirir seulement l'Egypte. En outre» Votre Altesse qui avait été gouverneur d'Egypte durant dix-huit mois connaissait très bien à quel point on respecte parmi les Arabes le principe de l'intercession. Néanmoins lorsque Son Excellence le grand-amiral Akhmet-Pacha est venu ici^vous n'aves pas jugé à propos d'agir avec douceur et de dire : « Un de mes collègues s'est fUchd contre moj, ii s'est rendu auprès d'un autre collègue. Prenons celui-ci pour médiateur et clierchons à apaiser celui-là et à rétablir l'union entre nous. »
« Au contraire^ vous m'aves écrit de saisir l'amiral et de vous l'en v oyer , et avex en môme temps adressé aux officiels de h flotte impériale des lettrâi auxquelles on ne se
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