‹ Deux annees de l'histoire d'orient, 1839-40Chapitre 50 sur 86 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

serait pas attendu. Ces procédés de Votre Altesse, qui àénotent un manque total d'égards pour une amitié de quarante ans, ainsi que pour la position élevée à laquelle je suis parvenu sous les auspices de la Sublime-Porte, m'ont, je l'avoue, blessé au suprême degré, et c'est pour user de représailles que je vous ai invité à donner votre démission.

« Mais, sans trop m'appesantir sur ces circonstances, je me bornerai à dire qu'après le retour d'Akif-ElTendi Votre Altesse a placé l'aiTaire en question sur un tout autre terrain, en m'écrivant qu'au moment où Saïb-Eflendi devait être expédié vers moi, les représentants des cinq puissances avaient remis à la Porte telle et telle note. Le fait est que, depuis quelques années, ces puissances ont toujours engagé la Porte à arranger elle-même ses affaires. Dans la lettre que je viens de recevoir de Votre Altesse, . il est dit qu'on ne peut accomplir la volonté de notre Prophète qu'en travaillant pieusement pour le bien de notre auguste souverain vicaire du Prophète et pour celui de notre nation. Je ne révoque pas en doute que ces paroles ne soient extrêmement convenables et marquées au coin de la vérité. Dieu sait que cette croyance est aussi la mienne; mais les procédés sus-indiqués de Votre Altesse ne sont pas en harmonie avec ses paroles. Il devait nous suffire, ce me semble, d'avoir été pour cette affaire la fable de tous les journaux. Toutefois, puisque vous déclarez que votre cœur ne recèle pas même une ombre d'animosité ni d'esprit de vengeance, je dois vous assurer, et le Très-Haut m'en est témoin, q.ue moi aussi je n'ai d'autre désir que celui de signaler ma soumission à la Sublime-Porte et de témoigner de Tamour et de l'attachemept à des ministres

246 DEUX ikHhÈtS EN OBIENT,

qol, oomiiie Tdiii» sont étnnjpm à toute ludnt ot à tout sentimeot vindicatif } d'après ced nos intentions so trou» veraient être ks mêmes, et il n'y aurait de diveigonoe ipia

par la manière dont elles se manifestent.

f Puur décider dans notre diff^nd et prononoor làdessus oonfonnément à la loi raligioase et politûiiio» comme aussi pour délivier la nation musulmane d'un paieil scan» dale, il nous faut un j uge habile, versé dans leslois, pénétré de sentiments religieux et connu pour sa droiture et pour son impartialité. Voilà donc que je vous lais aussi cette proposition» mû, comme je le suis, par mon zèle pour la xol^ionet par ma sinoèie amitié à votre égard* S'il plaît k Dieu, il édoia dans votre cœur des sMitimonts oonfor* mes à vos paroles, et en aooonpUssant l'œuvre salotaiio de délivrer Icis musulmans de ces embarras et de rendre à tous une sécurité parfaite , vous serez béni par tout le monde, et votre nom, inscrit dans les annales de Thistoire, sera répélé aveo éloge jusqu'au Jour du demior jn» gflment.

c Si Votre Altesse est disposée i aeeéder à oatte proposition, elle voudra bien avoir la bonté d'envoyer ici un ou deux ulémas etministres delà Sublime-Porte, qui joignant l'expérience à l'amour du Inen» n'aient des égards personnels ni pour vous ni pour moi» et qui mettant de côté lesotnuidérations politiques, soient exolnsîveDientln^iiés par leur dévouement à la Sufaline-Porle et leur attachement pour la rntioii musulmane. Une pareille mesure serait en tout cas utile à la marche de Taôaire et repondrait en même temps à l'intention do Votre Altesse do rendre dans les oiroonstanees aotuelles un service salu^ pm^ notre religion et à notre gonvemenient. » .

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