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prises prématurées. On ne saurait le séparer du souverain dans celle première partie du règne qui en prépara les suites ; il en inspira ou dirigea toutes les mesures. Les ulémas furent respectueusement tenus en bride et peu à peu détachés des janissaires, avec lesquels ils avaientfait pacte pour le soutien de la vieille constitution. Les janissaires, déclarés en masse les défenseurs de l'empire, furent individuellement punis, dans chaque occasion propice, avec une inflexible équité, leurs chefs achetés au prix des trésors du sérail. Hors de Constanlinople la soumission ou l'exlirpaiiou de tous les rebelles était laborieusement poursuivie^
Le pér il de la situation extérieure avait aussi réclamé les sollicitudes du Sultan; il s'empressa de négocier la paix avec l'Angleterre et un traité fut signé le 5 janvier 1809; Tune des clauses fut le rétablissement du privilège des Dardanelles. Malgré le désir de régler avec celte puissance, il opposa dans le même temps une noble fermeté aux sollicitations hautaines et menaçantes de sou ambassadeur en faveur du pacha de Bagdad; la grâce fut refusée. Alors la Grande- Bretagne protégeait le vassal rebelle contre le suzerain.
La paix. avec TAugleterre contrariait un arrangement avec la Russie , car, après avoir fait n. a
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cause commune , les deux puissaoces s'étaient
divisées. La guerre ne cessa point aux bords du Danube. Fiers de leurs succès, les Russes firent des propositions de paix si honteuses que Mahmoud défendit qu on lui en pariât. Les hostilités continuaient avec avantage pour Tennemi lors* que Napoléon déclara la guerre à la Russie; il proposa, dit-on, au Sultan d'envoyer cent mille bommes en Bessarabie tandis qu'il s'avancerait sur le Niémen à la téte de la Grande-Armée; mais le Sultan pouvait à peine disposer de quinze mille combattants. Les plénipotentiaires russes, pressés d'en finir, moditièrent leurs préten tionsy et les chefs des janissaires et de l'armée, les ministres, le divan, découragés ou vendus, demandèrent la paix avec de telles instances que Mahmoud fut obligé.d'en accepter les conditions. «Maudit soit le jour où Ton m'a appris à tenir un kaieml» s'écria-t^il en signant le traité de Bucharest, qui fut conclu le 28 mai 181 a et ratifié à Wilna le a3 juin. £n vertu de ce traité, le Prulh devint la limite des deux empires, ce qui assurait à la l^ussie les bouches du Danube avec une partie de la^MoIdavie et de la Bessarabie. C'était le commencement de la série des démembrements qui devaient s'opérer sous ce règne; inévitable conséquence de la situation ' générale de l'empire affaibli, démoralisé, indis*
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cipliné; et il n'appartenait paa au monarque d*y
remédier ea uo jour, il ue lui était pas même permis d'ajouter en personne à l'énergie de son armée. Sou désir de se rendre au camp fut empêché par les ulémas et les janissaires qui craignaient de le voir échapper à leur tutelle. Il se vengea de Thumiliation de cette paix en déposant le grand-^sir et les plénipotentiaires qui l'avaient négociée. Le drogman grec^ Démétrius Morousi, coupable d'avoir vendu les intérêts de la Porte, fut massacré à Cboumla dans la tente du grandvisir épouvanté, tandis cju'à la même heure un de ses frères était décapité entre les deux portes du sérail.
L'empire pacifié jouit de ses dernières années de tranquillité; il allait ressentir TinQuence des événements dont l'Europe depuis vingt-cinq ans était le théâtre, et lorage qui avait grondé à l'occident prenait son vol vers les régions orientales.
Les deux camps que la Révolution française
avait rais en présence dans la chi éiienté avaient tenté de se rallier la monarchie d'Osman ; mais à cette époque elle se trouvait atteinte d'une décomposition qui rendait tout effort extérieur impraticable, et iiëcessau e une sorte de cure intérieure d'une grave difficulté* Il lui eut été im* possible, même avec une intelligence plus nelle
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iJe la question européeuiie^ de se ranger à i iiu des deux partis contre celui où figuraient ses en* neniis héi éditaires. Cest peu; par une fatalité d'une portée incalculable, la France, comme si sa révolution eût brisé toutes ses traditionS| avait soudainement ébranlé sa vieille alliée en Egypte et en S^^rie, Des deux camps rivaux était survenue rattac|ue. L empire convaincu de faiblesse n'entra qu'à peine dans les combinaisons du vainqueur des Pyramides et du Mont*Thabon SU songea»
lors de sa première guerre contre la Bussie, à ^ lier à son plan d'attaque la Turquie et la Perse, si par ses instigations en 1806 il détermina la lutte qui ne finit que par le traité de Bucharest, tandis que d'un autre côté l'Angleterre sollicitait il coups de canon le Sultan Sélim d'entrer dans la coalition contre la France, à Tilsitt, tout en ménageant un répit à la Porte, il laissa mettre en discussion les destinées de Tempire. ^iapoléon et Alexandre agitèrent fFaternellement un partage de l'Occident et de l'Orient, que tant de chocs avaient remués. Dans ce partage du gâteau, Napoléon comprit que Constanlinople était la fève delà royauté et ii refusa* Plus encore que le blocus continental, ce refus de Conslantinople brouilla plus tard la France avec la Russie et fut effacé à Moscou. Or, le seul bras qui pouvait contenir la Russie, et par là protéger la Su-
bliine-Porte, d'abord glacé sous le ciel russe, ensuile brisé par toute r£iirope, fut enfin retran* clié de la 1 lance. Alors la Uiissie, investie de la dictature pacifique du continent, fit exclure l'empire otloman du traité de i8i5 qui réglait la fortune, Tassiette et les rapports des diverses puissances; outre une quasi -restauration de lancieu ordre public , ce trailé scellait de mutuelles garanties contre l'ambition perturbatrice renversée dans Napoléon; aussi se garda-t-elle comme d'un scandale de toute réminiscence de la prétenlion énoncée lors de ses rêves aventureux avec un soldat parvenu. Ën remaniant la carte de r£urope, son ambition timorée s'appliqua uniquement à en faire rayer la Turquie; en re- , composantréquilibreeuropéen,elleensupprima, par une omission inoUensive, TLiai que la diplomatie avait si longtemps considéré comme l'une des bases nécessaires de cet équilibi e; liabile politique, que sanctionnait la religion même! Ce monde européen, si longtemps livré au chaos révolutionnaire, pouvait-il, ii la voix de la Sainte* Alliance, renaître à Tordre anti({iie et arborer la croix en expiation de ses erreurs et en signe de ses destinées futures, et tenir compte d'un Etat infidèle et barbare ? Détacbé de l'Europe, excommunié par la chrétienté, l'empire était mis en réserve pour une heureuse occasion. Telle lut
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la guerre sourde que la Russie, pendant ces an* nées d'une paix trompeuseï fit à la Porte-Ottomane. Les grands événements de TEurope, qui l'avaient distraite de TOrient, Ty renvoyaient plus forte de son crédit parmi les puissances et armée de la carte blanche que ses succès contre Napoléon avaient surprise à ia reconnaissance publique.
Aussitôt que la paix de Bucharest avait dissipé les alamies de ragression étrangèie, Mahmoud avait plus activement travaillé à rétablir l'unité deFEtat par la restauration de Tunité du pouvoir. En armant les unes contre les autres toutes les rivalités, en frappant avec force, en usant de ruse et de clémence^ il parvint à recouvrer une partie de ses provinces sur la plupart des pachas et ayans rebelles de l'Asie et de FEurope.On ne saurait omettre qu*il traita généreusement les grands feudataires de l'Asie auxquels il n'hésita point à confier l'administration d'autres pachaliks. Leur force était dans le sol qu'ils possédaient héréditairement^ en les transplantant ailleurs il les tenait pour vaincus et ne craignait pas d'utiliser leurs talents. La Servie même ne put résister à ses attaques, et, tout en s'acheminant plus sûrement à rémancipation sous le gouvernement de Milosch , cessa d^étre pour la Porte d'uue oiîéreuse couiseï valiuii. Enfin, Tune
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des victoires qui ajoutèrent au commencement de son règne le plus de lustre, fut celle qu'il rempoi ta, par le bras du Pacha d'I^gyple , sur les Wahabis qui avaient pillé les villes saintes, outragé la Kaaba et interrompu trois ans le pèlerinage de la Mekke. Les armes de Méhémed-Ali reconquirent le territoire sacré , et les clefs de Médine furent apportées à Constantioopie y le 3o janvier 18 13, pour y être remises avec pompe entre les mains du successeur des Califes. Quelques années ensuite, Abdallah-lbn- Séoud, héritier du fondateur de la secte, fut fait prisonnier par Ibrahim*-Pacba et envoyé à Constantinople, où il expia son sacrilège sur la place de Sainte-Sophie. Âiusi les deux princes qui devaient modifier la vraie croyance par leurs réformes y préludaient par leurs sucées contre l'hérésie. La réforme ottomane tendait à rapprocher les musulmans de r£urope; Thérésie arabe, par son puritanisme outré, faisait reculer rîslamisme jusqu'à rexaliaiiou du fanatisme antique. Mais ce qu'il y a de plus remarquable, c'est que ce même événement fut, pour les deux potentats qui devaient plus tard se dresser en rivauii, Torigine commune de la popularité qui leur manquait encore. Le Sultan avait ordonné, le Pacha exécuté, et le vassal, en ajoutant à la gloire du su^rain dont 1 ordre
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était une condamoation peut-être, prit possession d une célébrité persounelle qui devait ao crottresa puissance; leurs noms furent associés dans rhommagc d unerelîgieuse reconnaissance. Four couronner cette glorieuse perséculion des grands vassaux, restait, Mébémed-Ali mis à part pour des jours plus propices ^ le fameux pacha de Janina, Âli de Tebelen, que sa puissance rendait redoutable, que sou insolence et les abus révoltants de sa tyrannie rendaient digne de l'extermination. En 1819 il fut déclaré fermanlij c'est-à-dire frappé d'anathème, mis hors la loi, et d'immenses préparatifs annoncèrent la ferme résoluùon de réduire cet homme de proie qui avait bâti son aire dans les montagnes de TâIbanie.
Mahmoud poursuivait la recomposition de
l'unité de l empire, lorsque la révolution grecque, en l'arrêtant dans ce labeur, imprima une autre direction à son génie. Jusqu'à cette épo* que il n'avait fait que suivre les errements séculaires de la poliU(|ue du divan; seuleuienl, ce que le divan pratiquait avec lenteur et in«