‹ Deux annees de l'histoire d'orient, 1839-40Chapitre 51 sur 86 · CHAPITRE XUI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XUI

Pendant ce démêlé des deux visirs la situation de la Porte ne changeait point. Les cabinets négociaient entre eux et la tenaient en suspens. l'Anglelerre seule la flattait de Tespoir de recou-vrer sa flotte. Lord Ponsonby ne cessait de promettre que l'escadre anglo- française recevrait bientôt Tordre d'aller bloquer Alexandrie. Le cabinet de Saint-James abandonnait si péniblement le projet de son entreprise que le gouvernement français se croyait obligé d'expédier expressément à Tamiral Lalande un bateau à vapeur, le Ramier, arrivé à Béchika-Bay le i8 septembre, pour lui enjoindre de ne prendre au^ cune part à des actes d'hostilité contre Méhémed-Ali, et pour lui défendre notamment de se rendre à Alexandrie en vue de la restitution de la flotte. L'Angleterre finit par agréer la propo* sition conciliante du cabinet de Paris. Quant à loffre d'envoyeren commun quelques bâtiments CD observation à Alexandrie, l'Angleterre, qui avait désiré associer les deux escadres pour une mesure de destruction, se refusa à une mesure de prudence quelle jugeait propre seulement à compromettre la dignité des deux pavillons. Cependant la Porte ne laissait pas d'être impatiente de sa situation incertaine, et, le a8 sep~ tembre , elle adressait aux ambassadeurs une note conOruialive de celle du tia uoûi, par la<^

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quelle elle sollicitait des cinq grandes puissaDces les elFets de leur médiation et exposait ses

intentions à Fégard de Méhémed-Ali. Ce tut Resciiid- Pacha qui adressa cette seconde note ; revenu depuis trois semaines à Gonstantinople, il y avait repris possession du ministère des affaires étrangères. Un long séjour en France et en Angleterre ne lui permettait point de s'elfiiroucber de l'influence européenne; peut-être même avait-il besoin de s'y rattacher pour assurer sa position ministérielle, et le poste qu'il occupait, non moins que ses talents, justifiait la secrète ambition de dominer les conseils de la Porte, puisque c'était la diplomatie qui décidait du sort de Fempire.

Toutetbis, la présence de l'escadre anglo- française à Tembouchure des Dardanelles^ l'insistance de Tamiral Roussin et de lord Ponsonby pour en obtenir riiiLi oducLion dans le Bosphore, leurs insinuations relativement à la possibilité du mouillage de leurs vaisseaux aux Taches blanches, dans le canal même des Dardanelles, sous prétexte que le mouillage de Béchika-Bay allait devenir dangereux, inquiétaient toujours le gouvernement turc obligé de ménager la Russie. ËQ faisant remettre sa note, Reschid cbargea les premiers drogmans des ambassades de FniQce et d'Angleterre du message verbal

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