CHAPITRE XIV
lui avait faites, était cette heureuse harmonie qui régnait entre TAnglelerre et la Russie. De son côté, le cabinet de Saint-James persévérait dans ses intentions hostiles contre Méhémed-Ali. La politique exterminatrice de lord Ponsonby était pleinement adoptée; une lettre de lord Minto, qu'il recevait au mois d'octobre, l'inslruisail que le gouvernement anglais croirait de son honneur et de sa dignité d'avoir raison du Pacha, alors même c|ue la France s'abstiendrait dans les mesures à prendre pour lui faire abandonner la Syrie. Enfin, le i4 du même mois le colonel Campbell, consul général à Alexandrie, était rappelé en châtiment d'une modération faisant obstacle à son système de violence. Tout semblait donc conspirera un rapprochement entre l'Angleterre et la Russie.
Dans ce moment où se fomentait une ligue contre le Pacha d'Egypte, le Sultan Mahmoud était convaincu d'agression dans celle guerre dont le vassal était condamné à subir les conséquences, comme s'il eûtaltaqué eteùt été vaincu. Hafiz-Pacha, de retour à Conslanlinople depuis le 17 septembre, avait été mis en jugement devant une cour martiale nommée par le grandvisir, sous la prévention d'avoir attaqué les Égyptiens avant d'en avoir reçu l'ordre (ju'étaitcliargé de lui transmeure Méhémed-Ali- Bey, parti le i4
juin deConstantinople, et qui n'avait pu arriver au quartier-général avant le jour de la bataille. Le serasker produisit pour sa justification l'ordre autographe que Mahmoud lui avait expédié antérieurement au départ de son secrétaire. Ainsi furent dévoilés et le stratagème du Sultan pour tromper Conslantinople sur l'époque précise d'un engagement et la longue dissimulation sous laquelle il avait enveloppé son plan d'hostilités. Hafiz, acquitté à l'unanimité, conserva le commandement de l'armée avec le titre deCharkserasker, et fut investi du gouvernement d'£rzerpum. Son frère, Bahri-Pacha, fut nommé gouverneur de Kars. A la faveur de cette division nominale entre les deux frères, on rendait à Hafîz une administration territoriale presque aussi importante que celle qui lui avait été retirée. C'était Sadullah- Pacha, l'une des créatures du grand-visir, qui l'avait remplacé dans une partie du gouvernement de Sivas et dans le commandement du corps de Malatia.
La Porte, toujours dans l'attente du résultat des négociations, désira peut-être l'accélérer en se déclarant, par un avis officiel transmis le i4 octobre aux légations, prévenue qu'Ibrahim avait dû, le 8, quitter Marach pour se porter en avant. Cette notilication, inexacte au fond, était-elle une pétition de sop impatience aux temporii>ations