‹ Deux annees de l'histoire d'orient, 1839-40Chapitre 58 sur 86 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

fides attaques allaient remporter; force fut à Reschid d'abandonner le terrain qui manquait sous ses pieds et de prévenir la chute en s'exilant dans l'ambassade extraordinaire d'Angleterre. Après avoir concouru au traité de commerce de 1 838, il repartit pour Londres avec Tespoir de ménager entre Londres et Stamboul une alliance ofTensive et défensive. Le traité qu'il venait de signer, celui dont les promesses de lord Ponsonby lui garantissaient la conclusion, sa répugnance au protectorat de la Russie, le soutien qu'il espérait pour l'empire et qu'il avait personnellement trouvé dans l'Angleterre, tout, dès ce moment, le fit incliner vers la ligne politique de cette puissance. Il n'arriva à sa destination qu'en passant par Paris, Bruxelles, Berlin, Vienne et Rome, où il eut une audience du Pape. Déjà Ton était loin de l'époque à laquelle Pertew poussait l'intolérance musulmane jusqu'à Tinjure la plus grossière pour le chef spirituel de la chrétienté. En visitant ainsi l'Europe, il perfectionnait son éducation que devait compléter un dernier séjour à Londres.

Maintenu au ministère lors de Tavénement d'Abd-ul-Medjid, depuis le 4 septembre il était de retour à Constantinople. Peu s'en était fallu qu'en y entrant il ne trouvât son poste occupé, La veille de son arrivée, Sarim avait glissé sous

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le coussin du grand-visir uoe note tenclant à démontrer la nécesaiié de pourvoir à rintérim du ministère des afbires étrangères par la nomination d un titulaire résidant. Reschid était absent etNouri n'était que sous-secrétaire d'état. Cette note signalait aussi la convenance de n'avoir pour reis -eileiidi (ju'im bonime doiit la position inférieure et le caractère souple laisse* laient pleinement subsister la suprématie des deux principaux ministres, du grand-visir et du serasker. Reschid était pacha, et avant lui aucun reis-effendi n'avait été revêtu de ce titre. Sarim répondait de la modestie de Nouri pour lequel il travaillait avec le zèle de l'amitié et de ses calciils personnels. Ce rétablissement de l'ancienne hiérarchie ministérielle s'appuyait enfin sur des considérations d'économie; la note était persuasivci et vingt-quatre heures plus tard il ne se* mit resté à Reschid d'autre parti que de recommencer ses voyages. Le lendemain il arriva et annula la pétition par son retour. A peine dé* barqué, Tadroit diplomate, avant d'entrer dans sa maison, se rendit à Ja mosquée d'Eyoub pour y faire ses prières ; c'est ainsi qu'aux yeux des vrais croyants il purgeait sa provenance d'Ëu^ rope. Il offrit ensuite au grand-visir et au serasker, qui l'avaient obligé par leurs intrigues à se réfugier dans une ambassade, l'hommage de sa

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première visite, se fil mndestc, fut parfaitement accueilli et conserva sa place. Toutefois il ne tarda pas à opérer un mouTemeDl dans le haut personnel de l'administration ; il écarta ses ennemis et promut ses créatures. Hassib- Pacha, d*ailieurs homme probe et dévoué aux intérêts de Tempire, dntquitler l'bôtel desMonnaies pour le gouvernement de Salonique ; le ministre des finances INaâz- Pacha {JUaiieh'Nasiri) fut révoqué et son département divisé en deux administrations distinctes. Quant à son compétiteur, ISouri, avec lequel il était lié du fait d'une ancienne rivalité émanée de leurs patrons respectifs Pertew et Akif, il le dépnria dans l'ambassade de France; il condamna âarim à Tambassade de Perse. < Sarim, disait-il en riant, peut donner des leçons de mensonge aux Persans et il sera à sa place parmi eux*. » a Que je revienne jamais, disait Sarim en partant, et ce sera pour manger le cœur à Reschid-Pacha. »

Reschid a en le mérite de ne pas subir aveuglément son premier maître Pertew, dont les vieux préjugés obscurcirent Tesprit supérieur. Il a'su lui préférer un maître plus grand, la civilisation de r£urope; seulement il est resté digne de son noble protecteur par une probité

(i) Les finaos sont réputés les plus grand» nenteiin de rOricai.

V8 DEUX AjfiriEs nr orisut,

incorruptible qui le distingue des fonctionntiMS de la i^orte et fait de sa pertonne même ilM «désuétude vivante de la vénalité que aea aetea tendent à supprimer. Une vive facilité de pei^ oeption, de consciencieuses études lui ont permit de a'approprier les idées de l'Ëuixqie et jusqu'à son langage; c'est avec une facilité re* marquable qu'il parle le français. L'avenir dira •s'il posséda ce génie qui applique en les tranaformant les institutions étrangères, ou s'il fut un Kjueiuent doué de cette vertu d'imitation qui ne dépasse point les bornes d'un plagiai intel*ligent, qui saisit tous les tennes d'une reoetté salutaire sans pouvoir vivifier la formule par la pratique. C'est déjà beaucoup sans doute qu'il ait le premier entre les Turas étudié la soienoe de la civilisation dont on n'avait avant lui reproduit que les signes extérieurs les plus apparents^ et qu'il ait compris la nécessité de rénover le fonds même de la vieille organisation. Animé de géuéreuses intentions pour la prospérité de rempire, obligé de se raffermir lui-même dans une position menacée, il fîit le principal auteur d*uD acte qui, après avoir été examiné dans les conseils extraordinaires de la Porte et soumis k Tappro* bation du cheikh -uU islam, devait se produire avec solennité.

3 novembre avait été ùxé pour ia cérémof»

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