‹ Deux annees de l'histoire d'orient, 1839-40Chapitre 63 sur 86 · CHAPITRE XIV. 3W · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV. 3W

cherif, après avoir passé des maios et des lèvres

de Reschid-Pacha à celles du grand-visir fui reodu par Khosrew au Sultan. La traduction en fut iimnèdiateinent distribuée à tous les membres du corps diplomatique. A son tour le dùuadji^ vieillard vénérable, chargé de prononcer b prière dans les grandes solennttësi occupa la tribune et pria pour la prospérité de la vraie croyance, de i'£tat et du souverain. Les as&istants,parleur recueillemeDtyleursgénuflexions, et de longs cris répétés d^Amin^ s'associèrent à la prière publique. De nouvelles salves d'artillerie, dé nouvelles acclamations saluèrent à son départ le Sultan et le sang de nombreux béliers arrosa le sable de la plaine deGul-khané. Rentrée dans son palab, Sa Hautesse reçut la visite des pachas du premier ordre et leur recommanda la stricte observation des lois qui devaient prochainement découler de Tacte solennel dont ils ve-> naient d'entendre la lecture. Ces hauts fonctionnaires, ainsi que les kadi-askers, se rendirent ensuite dans la salle du manteau du Prophète où fut déposée la constitution octroyée, et là, entre les mains du cheikh^ul-islam, ik prêtèrent seriiient de fidélité.

Peu de jours après la promulgation du hattichérif, le 7 novembre, le ramadan fut annoncé

par des salves d'artillerie; on sailque pendan t tou te M. 19

290 Atnhkm bn oment,

la durée de cette lune le jour entier est consacré au jeune le plus absolu, et que la nuit seule fait

trêve à une longue abstinence et à nue complète inaction. C'est à cette religieuse stagoatiou qu'aboutit le cours ordinairement si lent des affaires pendant le reste de l'année. Un firman du Grand- Seigneur enjoignit à tous les toactionnaires de la Sublime-Porte sans exception de se rendre à leurs bureaux respectifs immédiatement après la prière du yatsi qui se dit une heure et demie après le couchei^du soleil. Ce n*est pas Tune des moindres obligations de la réforme que de remé* dierà l'indolence officielle du génie ottoman pour qui le lendemain est comme la providence du jour présent. Les négociations durant ce mois sacré pamient complètement interrompues, comme si Tli^urope de sou côté avait eu un ra* madan politique.

Méhémed-Alî n'avait pas de loisir à sommeiller et se préoccupait d'un arrangement direct avec la Porte ^ il était trop convaincu du mauvais vouloir des puissà^'ces pour s'abandonner à leur générosité. Vers la mi-novembre Tinlernonce d'Autriche, empressé de maintenir les droits émanés de la note collective du 27 juillet, lui adressait une dépêche en turc pour s'étonner de sa prétention à traiter avec la Porte au mépris de Tintervention européenne* Il char-

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geait M. de Laurin de cette communicatiim , en d^larant qu*à son instigation ses collègues

de Constantinople allaient munir leurs con<^uls généraux de représentations pareilles. M. de Laarin, dont Fadresse diplomatique se renforçait de ses précédeutes habitudes de police, essaya même de brouiller le consul général de France avec le Pacba, en cherchant à lui persuader que le Vice-Roi, qui ne lui avait consenti la cession d'Âdana qu avec restriction, eu avait fait secrètement l'abandon complet à la Porte; il espérait

ainsi Tassocicr de dépit à ses icaioiitrauces au profit du privilège de 1 intervention. La raison et la droiture de M. Gochelet déjouèrent cette petite ruse tracassière de l'Autriche. Quant au Pacha, il n'en continuait pas moins à se retour^ ner vers Constantinople; peu confiant dans les bonnes dispositions des ministres, sadiant bien qu'il leur était interdit de paraître entrer en accommodement sous la surveillance des ambassadeurs, c^était en influençant par le sérail la volonté du Sultan qu'il coniplait leur forcer la main. Dans la situation ou se trouvait Tempîre, le sérail avec ses préjugés contre la chrétienté et les innovations était le dernier a^ile de la nationalité ottomane que le divan mettait humblement aux pieds de l'Europe. Méhémed- Âli, pour circonvenir plu s sûrement tous les en«

OBUS unnàtis bv oancRTy

tourages d'Abd*ul-Medjid et nouer directement MB intrigaes avec h sultane Validé^ fil partir un ambassadeur intelligent, zélé et non avoué, qui déjà en i836 avait rempli à Constantinople une secrète mission diplomatique Le i4 de rama^ dan ( 19 novembre), on y vit arriver la veuve d'Ismayl, Zébra- Khanoum, dont le retour était oouvert d'un prétexte légitime; elle venait recumllir l'héritage d*Arif-Bey son père.

Quelques jours après, le 23 novembre, arriva aussi d'Égypte un personnage obscur qui^ parti de Constantinople avec la flotte, y revenait seul comme un échappé du naufrage de la marine impériale à Alexandrie; c'était Avedik-Schiaoum, interprète de la conférence d*Osman-Bey avec l'amiral Lalande. Tremblant de s'être compromis par cette fatalité qui Tavait alors rendu le porte-voix du capitanpacha, il trouva tout simple, pour rentrer en grâce, de se faire innocent d'un crime dont il n'était point responsable, en accusant mensongèrement l'amiral français d'avoir consenti à la défection de la flotte en faveur de Méhémed-Ali. Rescbid-Pacba eut la maladroite faiblesse de mettre en balance la fiible d'un drogman levantin et la déclaration d'un officier européen.

. (x) YoirleMogae.

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M. de Pontois eat à remettre dignement k son

rang chacun des interlocuteurs de cette mëmo* rable conférence. La Porte^ telle est son erreur capîtalei ne peut pas concevoir l'impartialité de la France entre Gonstantinople et Alexandrie; il lui en coûtera assez cher pour qu'on le lui pardonne.

La France^ à cette époque, paraissait se mon* trer jalouse de rétablir sa vieille influence en Orient. Le a a novembre, était arrivé a Constantinople,* sur le Féloce; capitaine Bechameil^ le comte de Sercey, ambassadeur exlraoi dinaii e de France auprès du Chah de Perse. Livrée à Témulation du protectorat briiannique et du pro> tectorat russe, décidant par sa position géographique de Tavantage de Pétersbourg ou de Londres, selon l'influence victorieuse, la Perse devait attirer Tattention do cabinet français , et il convenait d'examiner de près à quel point son indépendance était compromise^ce que la France y trouverait de facilités et d*avantages à un renouement de relations politiques et commerciales. Peut*étre le but eût-il été plus sûrement atteint par une mission modestement spéciale» s'il n'avait paru utile de réveiller le crédit français par le &&te d'une ambassade ^ Le jour mémo

(i) M. le comte Edouard de Sercey, envoyé extraordinaire du iiui et mîaifttre pléoipolcuti&irey chargé d'une nÏMion &|>€*

SM DEUX ànvàas va oRiBNTt

de son arrivée, M. de Sercey se readitàla Porte pour hâter l'expédition du firman nécessaire a

rentrée du f^eloce dans la mer Noire. La Porte consulta la Russie; la Russie répondit lavera* blementyet le firman fut délivré. Après avoir été, le 3o décembreflreçu en audience avec sa bril-

lanle escorte parle Sultan, M. de Sercey repartit le a novembre pour Trébizondei d'où il devait continuer par terre sa route jusqu'à Téhéran.

Peu aufiaiavanl, le pi iiict; dt; Joinville avait aussi visité Trëbizoude, et, le a 5 novembre, il était reparti de Stamboul en y laissant le souvenir

de son nom lié au souvenir de l'incendie de Péra.

Les départs et les arrivées se succédaient à Constantinople : dès le a3 novembre un nouvel

ciale près du Chah de Perse; le marquis de La Valette, secrétaire de celte mission extraordioaire; MM. Alix DesgrangeSy le vicomUk f^riM Génirdy le vicomte Olivier d'Ardiiac, les capilainM comte Beanforl-d'HftiitiMiil et vicomte PHnl Deni, âttuiiét» el BL de BIbarttiiiif drogmeo.Demc deemcmbrwdeccit»miiiioB avaient viiité rOrient. H. Desgranges avait été le premier drogman de

l'ambassade française ;i Constanlinople et il a allat-he sf)ii nom à la généreuse négociation eu faveur tieî» Armenieiis catholiques persécutés. M. Beaufort-d'UâUtpoul avait servi deux années en Egypte et en Syrie dans l'état-major de l'armée égyptienne; Bl. Ëng^e Flandin» peintre, et If. CosCCt afchitaçley «ccom* pagnèivol çatte 14|atîoi|,

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CBAPITitli. JLIV. 21)5

hôte le prince Michel y attendit Tiovestiture du

gouvernement de Servie. Depuis le 8 juillel, son frère aine, le prince MilaD| débile et maladif, lui avait légué cet héritage dont jusque-là il n'avait pas été libre de prendre possession. Retiré en ValacbiCi près de Milosch qui regardait cette séparation de son jeune fils comme une aggravation de son exilf comme une confirmation de son abdication méme> il avait fallu recourir aux négociations pour l'arracher aux étreintes politiques deTamour paternel* Dans le courant d*oo^ tobre, Reschid-I'acba avait envoyé Nedim-Effendi, son muhurdarj dont Thabileté triompha de la résistance de Milosch. Nedim fit déckrer par le médecin que le séjour de Buchat est était défavorable à la santé de Michel, que Tair de Gonstantinople ne pouvait que lui être salutaire,

et bref, il réussit à eiiiiiieiiei le jeune prince sans se soucier du docteur qui avait eu la promesse d'être du voyage. Le jeune knièze de Servie reçut du jeune Sultan un accueil gracieux. S'il y avait eu nécessité pour la Porte de régler une af&ire dont la prolongation eût provoqué i'in» tervention de la Russie, elle était intéressée à se rattacher le gouverneur d'une province cou- . voitée par cette puissance.

Cétait avec une^ioble sollicitude que la Porte dvait profité 4^ lai^^^d^n pour ^'occuper ^d^

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moyens d'assurer l'exécution du hatti-chërif* A

ïa suite de la iiu'iuorablo journét? du 3 iioveinbre, le patriarche grec Tavait fait traduire en langue grecque et expédier dans toutes les provinces de Tempire aux archevêques et ëvéques suffragants, avec ordre d'en donner coai munication a leurs co-religionnaires. Un comité fîit nommé pour l'élaboratioD des lois promises, et la police des assemblées délibérantes introduite dans le conseil suprême de justice transformé en une sorte d'assemblée législatiye. Le 6 décembre, à l'occasion du baïram, l'une des solennités religieuses de Tislamisme, la Porte publia un firman adressé k tous les gouverneurs de province. Le Sultan y renouvelait en termes explicites Tassurance de toute sécurité octroyée à ses sujets musulmans ou rayas. H y déclarait que tout acte arbitraire était aboli à lavenir^ et si Ton peut taxer cette promesse de présomption, l'on comprendra la nécessité de l'c^xpression euiphaliquc dans un empire où l'arbitraire avait tout réglé. Ce firman i'ut publi* quement lu dans les provinces, partout à toutes les oreilles relentirènt doucement ces mots : t Depuis mon visir jusqu'au simple berger, chacun pourra disposer de sa fortune à son gré et sans que nul puisse y mettre obstacle* » ministère prenait à tâche d accréditer Tacte solen*

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