‹ Deux annees de l'histoire d'orient, 1839-40Chapitre 7 sur 86 · CHAPITRE Vilf · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vilf

tioD, l'Angleterre et la France marchaient dans

la pleine voie de la générosilé. Caque Mahmoud comprit seulement, c est que reconnaître Tin* dépendance des Hellènes, c elait provoquer à l'émancipation toutes les races chrétiennes réunies sous son sceptre. Perlew, alors reis-cffendi, forlilia Timprudence altière du monarque par sa résistance personnelle à toute concession. Au nom de Tempire, au nom de la religion, il le détourna de souscrire au traité du 6 juillet 1827, sorte d uitiaiatum de la cbréiienté au profit de l'émancipation grecque. Navarin fut la réponse de l'Europe au refus du Sultan , el la réponse ne pouvait que l'irriter sans l'éclairer. INavarin fut sans doute un châtiment équitable de Tentétement de Mahmoud; ce n'en fut pas moins une violation de la légalité internationale. Aussi préteud-ou qu'il avait ordonné en représailles le massacre de tous les Européens de sa capitale y et que Hussein et Khosrew détournèrent senls ce coup déjà préparé. Aussi, dès le nois de décembre de la même année, comme s'il n'eût pris conseil que du désespoir en face de liurope conjurée pour sa perle, il fil adresser à tous les pachas une sorte d'appel des vrais er»yants à une guerre nationale et religieuse coatre la Russie. C'était encore l^erlew(|ui, dans foù âpre iptolérance du nom chrétien et son

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aveugle dévouement aux iotéréts turcs» avait

rédigé celle circulaire inopportune que la (Russie releva comme un signe de défi.

On connaît l'issue de ia campagne qui s'ouvrit au printemps de i8â8 sur les bords du Danube. C'était pour la Russie que l'Europe avait vaincu à Navarin ; il lui tardait de s'approprier le bénéfice de celte victoire commune.

D ailleurs l'organisation des troupes régulières en Turquie lui faisait ombrage; elle avait hâte de briser une force naissante, La nouvelle milice justifia Mahmoud de l'abolition des janissaires en résistant avec une rare intrépidité, à laquelle il ne manqua que des chefs plus habiles. Mais les Russes tlaieiil décidés à vaincre; le nombre de leurs soldats suppléa«à l'impéritie de leurs généraux ; For acheta des succès, et une expédition, supérieurement dirigée par le maréchal Paskewitchy occupait en Âsie<-Mineureune partie des forces turques , y remportait même des avantages signalés. Enfin l'armée européenne du Czar franchit le Balkan et fit halte à Andrinople. Mahmoud» surpris dans son camp de Ramis-Tchiflik par cette nouvelle inattendus ^ resta quelques jours frappé d'auéautissemeit. Peut-être lui eût* il été possible, en faisant un dernier appel aux vrais croyants, d'avoir rai^^on (|es vingt mille Russes <|ui s^étaient hasardés

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jusqu'au cœur de i'eiupire; il plia la tête sous le revers, et, après avoir refusé en 1897 de sti* puler réiuancipatiou de la Grèce, il subit, par le traité du i4 septembre 1829, la condition d'un nouveau démembremeuL et d'un ënorine tribut de guerre. Pour être juste, il faut ne pas oublier qu'il était abandonné ou livré par TEurope.

Alors la France et l'Angleterre laissaient encore les mains libres à la Russie , q ■ i i ^ avec une habileté inconcevable à tirer parti de toute circonstance, poursuivait sa route, tenant en laisse les gouvernements et les peuples, stimulée même par leurs excitations ou leurs applaudissements, et passant impunément, avec le droit spécial qu'elle s'était créé dans les affaires d'Orient, à travers les toiles d'araignée de la diplomatie.

Ainsi Mahmoud avait exhaussé le trône sur la ruine Je tous ses ennemis, et rinsui i ection des races, au même instant» en amoindrissait la base. Entre son peuple et l'Europe, le soufTIe de sa volonté puissante supprimait un fiaikan moral, et il laissait pénétrer TEurope en armes jusqu'au sein de la seconde capitale de rempire. Ce qu'on ne saurait s'empêcher d'admirer, ce fut cette infatigable énergie avec laquelle il se débattit è la fois contre les attaques de la chrétienté et la résistance de son peuple à la réforme. Fustigé par ses maîtres en civilisa-

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tion, il ne renonça point à leurs leçons et s'adouna à sa tache avec ud héroïque courage.

Au premier rang de ses améliorations Fou doit compter les mesures favorables aux rayas. Il reconnut en partie leurs droits, sembla vouloir les assimiler à la race cooquéraute par Tuniformitë du costume^ octroya le principe de régalité devant la loi, et encouragea la construction des églises. Tout lui âiisait sentir la nécessité de se rattacher les populations tributaires par d'habiles concessions* Ce fut sur-* tout l'une des heureuses conséquences de la révolution de la Grèce, L'pn n'a point assez apprécié la solidarité de cet événement avec la réforme ; que l'empire ottoman eu ait été ébranléi que son unité en ait été profondément altérée plus encore dans l'opinion que de fait même, soit ; mais l'abolition des janissairés ne peut être isolée de la révolte des Grecs , qui eu fut l'occasion et la justification même; mais on ne saurait se dissimuler que leur défense héroïque usa une partie du vietîx fa[natisme musulman, et qu'en se faisant compter par leur bravoure, eujL, chrétiens et rayas, ils rendirent l'orgueil des Turcs plus souple à la main du Réformateur, plus accessible aux innovations de r£urope.

Tous les auxiliaires d'une cause n'en suivent pas las drapeaux. Enfin, le succès dis leur insurrec^

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