‹ Deux annees de l'histoire d'orient, 1839-40Chapitre 72 sur 86 · N« XIX · texte numérisé non relu

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RAPPORT AU SULTAN MAHMOUD y PAR i>£UT£W-£FFEi>Dl.

La plus grail le partie des rayas répandus dans les provinces de TAnatulie sont composés d'Arméniens | et cette poptUatioo^s'éUiit augmentée peu à peu , s^élève maintenant k quinze cent mille âmes dans remplie bérédikaiie de SaHautesse. Leur religion et leun rites sont en opposition alisolue avec ceux des Grecs et des Francs» et comme les « vaines croyances de ces Grecs sont en accord seulement avec les croyances sans fondement des Moscovites, si., par hypotlièse, la guerre éclatail entre nous et nos vojsuiî» les Polonais^ les Allemands et les Vénitiens, et, du cdté de la mer» les I>euz-SiGileset l'Espagne qui sont à la portée de nos HeSy les Grecs et les Arméniens ne devraient nous causer aucune espèce d'inquiétude; mais, dans le cas d'une guerre avec les Rosses, à raison de leurs sympathies religieuses, il est d'une évidence manifeste ijuc nous ne dcvous avoiraucunesécuritéduçuté de la nation grecque.

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•et que ces infidèles exécuteront toute espèce de perfidies, trahisons et mauvais procédés envers la Sublime^Porte, comme nous le voyons dans la guerre actuelle, où ils prêtent leur assistance aux Russes en Morée et dans les îles de la mer Blanche. D'une autre part, les Francs maudits sont occupés jour et nuit à mettre enjeu toutes sortes de manœuvres et de troubles, source d'inquiétudes et de mal> aise pour Tauguste dynastie ottomane et pour la Sublime- Porte (Que Dieu très haut les préserve de tout malheur!). De la même manière que nous voyons les rayas grecs, coreligionnaires des Russes, venir au secours de ces derniers en toute circonstance, de même aussi les Allemands, les Vénitiens, les Polonais, les Napolitains et les Espagnols remuent ciel et terre pour attirer à leur religion les sujets arméniens, qui sont les plus riches et les plus nombreux de tous les sujets de la SubHme-Porte.

Les Krals d'Allemagne, de Venise, de Pologne, des Deux-Siciles, d'Espagne et de France, ainsi que tous les sujets de leurs Etats, sont en totalité soumis à la religion du pape de Rome et connus sous le nom de catholiques ; et comme, dans les règlements du Porc que l'on nomme le pape, les femmes de ces catholiques ne sont point voilées ; que, dans leurs temps d'abstinence, ils mangent du poisson, de la chair d'animaux de mer et beaucoup de choses de ce genre ; qu'il accorde des dispenses et des permissions faciles pour se rapprocher des rites de l'élise arménienne; que le pape se prétend (blasphème sur blasphème î ) le vicaire du prophète Jésus (sur qui soit le salut! ); que la croyance des catholiques est que le pape peut accorder le pardon des péchés à tous ces infidèles qui gont morts, et leur délivrer des papiers pour entrer dans

PlèClS ITOTiriCÂTlVIS.

le paradis; et qu à Constautinople et dans d'autres villes les prêtres francs, chacoQ par des moyens différents, ont attifé dans louis filets un certain nombio de lajps igoofants et les ont fait entrer dans leur Eglise s c'est ainsi que, peu à pen^ un giand nonbce d'individus de la nation arménienne sont devenus secrèteneot catholiques, sans que personne s'en doutât, p;ii 1 effet de ces mille ruses et cajoleries q ta ^ont d'accord avec la nature perverse de cette troupe de cochons et de ieuxs lois détestables qui les assimilent à de vils animaux.

Indépendamment de ce que rapport» Thistorien Naïma sur Teiéctttion qui fut pnUiqnenMnt laite» à la porte du palais impérial, d'une bande de ces catholiques maudits, à la mort de feu sultan Murad, le vainqueur de Bae^dad, récemment encore, dans i Linnée 1207 (1792)*, sous le ministère de Melek-Méhémed-Pacba^ il est également notoire que l'on mit à mort un certain nombie de ces pervers dont les noms sont connus. Ces funestes innovations s^ nient cause (à Diea ne plaise ! ) de l'altéiation de la fofce et de b puissance de la Sublime-Porte, et l'esprit ne peut se refuser à y voir un tort immense aux intérêts de l'empire. Aussi le ministère impérial avait donné les ordres les plus sévères et les plus précis^ qui ont été remis aux divers patriarches «naéniens. Il leur est prescrit, par la teneur de œs fiimans et par les obligations de leurs diplômes d'investiture {Mm)^ de prévenir les autorités anssitdlqu'ib auront appris que des ra^s vont anz^lisei

fl) La grande |)er»écutkm contre les calboUques dont Pertew-lîilfeiMU (ait menUoo, D'à point eu lieu en I79i, nais vers 1780, et pendant que n. le ehevaller de Salnt-Priett étefl aBbaiMKtaur 4e moos k ConsumUiioiiie «t tovs le i|i«MeeaylliB âbd-MmM.

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franques ou sont entrés dans la religion catholique, d'en faire la déclaration par écrit et de les faire mettre sans aucun délai aux galères. Il résultera évidemment d'ailleurs, de l'examen des émargements et du dispositif des diplômes d'investiture, qu'il a toujours été fait droit, sans jamais les renvoyer, aux requêtes officielles scellées du sceau patriarcal, relatives à la punition de ceux qui auraient osé faire des actes contraires à l'ordre et au bon plaisir, et en opposition à leur religion.

Depuis un certain temps, le gouvernement impérial et les patriarches eux-mêmes ayant fermé les yeux sur ce point, un très grand nombre de riches et de maudits infidèles, appartenant aux rayas arméniens, sont devenus catholiques, et, par leur influence et leur appui, des prêtres catholiques munis Je papiers scellés et émanés du cochon de pape parcourent trois à trois, cinq à cinq, les villages et les bourgs, et convertissent à leurs rites les rayas qu'ils rencontrent. Dans la circonstance présente, comme ce fidèle serviteur l'a entendu dire, un nombre immense des sujets de Sa Hautesse sont devenus francs, et lorsque, petit à petit et clandestinement, ils seront tous devenus catholiques, sans laisser un seul individu dans la foi arménienne, on ne saurait douter qu'ils ne tendent qu'à semer en secret le trouble et le désordre parmi les sujets de la Porte. Il existe la plus grande antipathie entre les communions arméniennes et les catholiques, au point qu'ils ne mangent pas les animaux égorgés par l'un ou l'autre, et qu'ils regardent comme méritoire l'exclusion de l'un par l'autre.

Dans les églises occupées par les rayas arméniens attachés au véritable culte primitif, il leur est imposé par

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leurs rites de prier pour le triomphe du bienfaiteur du monde« notre magaiiique et majestueux geigii«ur, tandis que ceux qui ont accepté le culte catholique sont dam la stricte croyance et Tobligition de iaiie dei prièm pour ie triomphe de l'empeieur d'Allemagne inr la SuUime» Porte.

Lorsque, parmi ceux qui sont soumib au pape, tels que les Âllemandi», les \ énitiens et autres, une nation est en guerre avec la puissance ottomane, les rayas catholiques font tout ce qui dépend d'eux pour favoriier par leuis trahisons les ennemis de la Porte, et, s'ils ne leur piétaientpaâ toute espèeed'assistance» ils seraient, dans leurs convictions religieuses, coupables du plus grand péché et en état de rébellion contre le jjrophète Jésus. La conduite de la nation grecque prouve suilisammeut combien est vrai ce que nous avançons à cet ^ard, tandis que les Arméniens restés fidèles à la foi de leurs pères, n'étant fa voraUes ni aux uns ni aux autres, sont évidemment sincèrement dévoués à la Sublime-Porte.

Les Arméniens entrés dans l'Eglise catholique ont acheté une église à Trieste, ville dépendante de l'Allemagne, et une autre à Venise, et les iannlles riches et puissantes envoient leurs enfants et leurs parents pour recevoir leur éducation dans ces ^Uses ; ils couvrent leur tète de chapeaux et s'habillent eux-mêmes avec des vêtements firanc8« J'ai appris d'une manière positiveque, de ces riches qui sont admis dans les hôtels des grands en qualité de banquiers, de négociants, ou de toute autre manière, et qui parviennent a pénétrer les secrets de la Suhliiue- Porte d'éternelle durée, un grand nombre de ces maudits se trouvent maintenant sur ter^e ennenMQ*

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 la mort de certains individus de cette race exécrable, les prêtres catholiques et francs s'emparent, bon gré, mal gré, du tiers de la succession des décédés, quoique ceuxci soient nés sujets de la Sublime-Porte, et il est prouvé que chaque année il sort des Etats bien gardés une valeur de seize mille bourses, qui sont envoyées en Allemagne (Autriche) et à Venise. Et, à Dieu ne plaise, si Ton jugeait nécessaire d'accorder à ces impies la plus faible marque d'indulgence, j'en prends Dieu à témoin, avant un an, tout ce qu'il y a d'Arméniens en Anatolie et en Romélie deviendraient catholiques. Il nous est donc obligatoire à tous, par le dévouement que nous devons à la Sublime- Porte notre bienfaitrice, de demander la punition d'un certain nombre d'individus parmi les chefs de ces maudits catholiques, de renouveler les firmans qui sont entre les mains du patriarche, et d'apporter la plus grande rigueur à leur sévère exécution.

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