lieutenant Agé, M. Carrère à cette occasion
et M. Anger décoré de la légion d'honneur.
Parmi les péripéties de ce combat, il y eut un
À trait d'héroisme Qui ne saurait être passé sous Silence. ha
Au plus chaud de l'action, au moment où les
forts ouvrirent leurs feux snr tous, le bataillon
fat forcé de rétrograder. un ‘instant sous ces
, masses de mitraille qui l'écrasaient. Une panique
% se Uéclara alors sur notre droite, et un de nos
pores avec mille cavaliers mexicains, ét battait
Pendant six heures, nous nous battimes contre
gan, le lieutenant Carrère, et le sous- x
fut créé chevalier de l'ordre de la Gruadeloupe pe
blessés fut abandonné sur le terrain, sans que personne ne le vit. : : RE
Le sergent major Marginédès était resté en arrière, pour rallier son escouade, lorsqu'il aperçut un officier mexicain qui achevait le malheureux à coups de talon de bottes. L'indignation
l’emporta, et sans se soucier du feu de peloton que tenaient ouvert sur nous les trois bataillons juaristes, il marcha droit à ce vilain, l’abattit d'un coup de baionnette, et chargeant notre blessé sur ses épaules vint réprendre tranquillement sa place de bataillé, au milieu des cris de “ Vive la France !” poussés par nos sol- dats électrisés.
. Cet acte de bravoure valut à ce sous-officier la . médajlle du mérite militaire.
Si légères que fussent nos pertes, le maréchal s’en fu et fit savoir au commandant que ses ordrei avaient été mal interprétés.
C'était une surprise de nuit et non une attaque de jour qu'il voulait faire exécuter sur ce point. ‘,
En recevant cette missive, le commandant
- “entra dans une colère corse, et séance tenante, voulut rédiger en réponse une note qu'il se proit de lire au bataillon formé en carré.
Les termes en étaient très vifs, et ce ne fut qu'à force d'hstances que nous parvîmes à le calmer. Ce fut heureux pour lui, car en ces temps-là, on ne badinait pas avec la discipline. Un conseil de guerre pouvait être lé résultat de cette boutade de notre supérieur; mais il n’en fat rien, et cette tempête dans un verre d’eau s’en alla comme elle était venue.
Le village de San Felipe del Agua, où se trouvait-notre quartier-général, était un des sites les plus charmants et les plus pittoresques
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que j'aie trouvés dans mes courses sous le tropique. Les riches habitants d'Oajaca y avaient construit leurs élégantes villas de campagne, et nous étions logés comme de véritables nababs. Pianos, salons éblouissants de dorures, jardins de lauriers-roses, d'orangers, de citronniers en fleurs, rien ne nous manquait pour nous faire regretter vivement les scènes de sang et de carnage, qui se passaient à deux pas de ce petit coin du ciel.
Les soirs où nous n’étions pas de service, nous faisions de longues promenades sous ces bosquets embaumés pendant que la musique du régiment jouait des morceaux de grands maîtres, et bien des regrets, bien des soupiTrs, bien des élas de cœur vers le passé ou vers l'avenir, furent confiés à ces ramées miroitantes : sous Îles rayons mélancoliques du plus beau clair de lune, qu'il soit possible d'imaginer.
Mon compagnon ordinaire de causerie était un officier d'artillerie distingué, bas-breton de tête comme de cœur, le lieutenant Daniélon. : Lorsque nous nous rencontrâmes plus tard à Mexico, au retour de la campagne, nous revenions avec plaisir sur ces flâneries poétiques, oubliées sur le sable doré des jardins tout parfumés de San Felipe, et nous regrettions souvent ces belles nuits qui devaient avoir un peu de cette sérénité planant sur la soirée où Scudo composa son exquise romance “le Fil de la Vierge.” AS
Lorsque je rentrai au pays, je promis à Daniélou dore à nous réunir plus tard. Seul j'ai tenu parole, et voici comment.
Depuis quinze jours j'étais à Paris, où j'avais déjà embrassé Girard, Fourcoual, le général d'Hurbal, et éuéti quanti, Aucun n'avait pu me
de donner des nouvelles de mon ami Daniélou, et $
ne ‘1 de guerre lasse, je songeai au café du Hekler, ce
ùe “& rendez-vous habituel de tous les officiers de Re | 3 passage à Paris.
x .. —Félix, un bock et l'annuaire! criai-je au
re garçon, en m'installant auprès des petites tables
#2 alignées sur le boulevard des Italiens.
it | à Quel est le militaire de passage à Paris, qui n’a pas connu Félix, ce garçon de café, plus
18 D savant, plus ferré sur la composition des cadres 8- | de l’armée que le maréchal LeBœuf lui-même, Lu L . qui pourtant savait dès le début de la campagne \s x de 1870, le nombre de boutons qui .manquaient : 8, D dans les longues piles de guêtres entassées dans e a= | à les magasins de l’intendance ? Félix m'’apporta. : É Fe donc l'annuaire; et après l’avoir rapidement u EE feuilleté, j'acquis la conviction que le régiment ‘ CO . de Danton était en garnison au château de it = Vincennes.
le L : Dix minutes après, je sautais sur l’impériale 1 : L de l’omnibus, et j'étais en route pour aller serrer à | la main à mon vieux camarade. Mon cœur 8 allait encore plus vite que les claquements de , 4 ‘fouet dn cocher, et en partant, j'aurais déjà re EE voulu être arrivé.