‹ Deux ans au Mexique [microforme] (volume 2)Chapitre 24 sur 31 · STE · texte numérisé non relu

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DEUX ANS AU MEXIQUE Ut. 187

] | L (Be) tement le parapet du Dominante, et faisant fi

: des railleries et des coups de feu de ses hommes,

courut se rendre à notre tranchée, |! Ce jour-là, je reçus l’ordre d'aller au camp du commandant pour lui communiquer une dé-

* ./pêche et prendre ses dispositions pour le lende-

/ main. Unsergent du bataillon, Rouffia, un four-

|. rier, Maignac, et un maréchal des logis du 4° ré-

- giment d'artillerie, Quesnel, m'accompagnaient.

Déjà nous étions parvenus, grâce à la rampe, à une bonne distance de l’hacienda lorsqu'un obus éclata à peine à un mètre de notre groupe. Un de ses débris alla frapper en ricochet un

| ‘ tronc d'arbre, et revenant sur lui-même broya

le dessus de ma botte à l’écuyère, et me blessa au pied gauche, me mettant dans l’impossibilité de faire un pas. ne

Le commandant prévenu en toute hâte, pendant que je me rendais cahin-caha à l’ambulance de San Felipe, me dépêcha le-chirurgi major du régiment le docteur Eychenne. Après avoir eu toutes la peine dû monde à taillader ma botte raidie sur l’enflure de la plaie, il en prononça le peu de gravité, et dressant un certificat d’origine de blessure, me recommanda de fréquents pansement et un repos absolu.

e me conformai à cette ordonnance, passant la nuit du six février à contempler le bombardement de la ville, du ‘haut de la lunette que Daniélou avait construite pour sauvegarder San

. Felipe d’un coup de main. 7.

Ce bombardement était lugubre et terrible.

À tout prix, il fallait se rapprocher des ouennemis, et du poste avancé où j'étais on entendait distinctement, dans le silence de la nuit, rouler nos gros projectiles de siège sur les ‘pavés en lave des rues d'Oajaca.

Comme c’est peut-être la première fois que l'histoire de cette campagne est décrite’au long, complète que possible il me

faut analyser ici la partie du rapport officiel du

pour la rendre aussi

maréchal : ce document résume les travaux du

siége faits sur la Sierra, depuis le jour où je fus |

essé.

. Pendant que dans la plaine la ligne d’inves. |

tissement se resserrait de jour en jour et devenait une véritable ligne d'attaque, l'effort le plus

considérable se portait sur les hauteurs, contre les redoutes du Dominante. -

Malgrés les difficultés d’un terrain rocheux, : où les tranchées ne se creusaient qu'auprix d’un | travail opiniâtrre, le premier et le deuxième « Pensacola étaient Couronnés dans la nuit du | Le 8, l'artillerie cons- | truisait trois batteries ; le 4, ces batteries étaient |

premier au deux février.

armées, ouvraient leur feu et favorisaient la | marche de nos tranchées jusqu’au troisième | Pensacola. Dans la nuit du 5 au 6, nous nous | établissions sur le cerro de la Lanterne ; la nuit | suivante, l'artillerie y contruisait une batterie | de quatre pièces à deux cents mètres de la flèche du premier ouvrage ennemi, Dominés d’une | hauteur de plus de soixante mètres, battus par, une artillerie nombreuse, une mousqueterie incessante et abrités seulement par .une faible gabionnade que le manque de terre empêchait de remplir, nos soldats ont donné sur cette position des preuves remarquables de bravoure : fantassins, canonniers, sapeurs, tous ont rivalisé, de zèle et de courage. : LS:

Les nuits du 6 au 7, et.du 7 au 8 farent consacrées à cheminer péniblement sur l'étroite arrête du cerro de la Lanterne qui devait rapprocher du saillant des ouvrages ennemis. Le

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#. . DEUX ANS AU ap 139

È au ne nous étions à 150 mètres de ce sailant. EE) Dès: trois heures du matin, ce jour là, le commandant me fit prévenir, suivant sa promesse, ue d'il y avait possibilité de reprendre mon poste il-ne fallait pas tarder, l'assaut devant s livrer-au coup-de canon du jour.

Une demi-heure après avoir reçu cétte communication j'avais rejoint le bataillon, et couchés à plat ventre au fond de la tranchée, nous n’attendions plus que le signal pour essayer . d'enlever la formidable forteresse de l’église de Xochimilico, pendant que les quatres bataillons de la légidn étrangère s'emparaient des forts le Dominante,\la Soledad et le Zaragossa. es Une fois ces trois points entre nos mains la ville restait sans défense, et l'ennemi était pris comme dans un tréquenard. … Déjà une heure s'était écoulée dans cette position. Le temps s’envolait, ne laissant derrière lui qu'un silence solennel ef terrible, pénétrant jusqu’à la moëlle des os, lorsqu'un formidable cri de “Vive l'Empereur !” retentit sur notre :. droite, et un aide-de-camp tout couvert de sueur et de poussière passa en galoppant sur le front de notre ligne, nous montrant de la main le drapeau tricolore qui flottait sÿr le Dominante. Porfirio Diaz ne s'était phs sËhti la force de tenir jusqu’au bout, sous nos\baionnettes. .

..À un heure du matin, il sa présentæt à un sous-lieutenant de zouaves, M Jules Lebourg, commandant une de nos grand’gardes, le priant de le conduire au quartier-général du maréchal. Là, il s'était rendu sans conditions, remettant entre nos mains, avec les clefs d’une ville dont le . prix offrait plus de difficultés et de danger que celle de Puebla, le sort de sa population de 40,000

Ed

âmes, une garnison de 1,000 soldats, 19,000 fusils et carabines, 58 pièces de canon et la pacifica-

:\ tion assurée—pour quelque temps. du moins— .: des départements de Oajaca et de Tehuantepec.

Journée s’'employa à caserner les troupes ans Oajaca, à diriger immédiatement les prisonniers sur Puebla et à prévenir le Pillage qui avait déjà commencé sur plusieurs points.

Quant à moi, eomme je n'étais pas de service, je passäi mon temps à visiter la ville, et jamais je ne pourrai peindre les scènes de ‘désolation qu'il m'a été donné d’entrevoir pendant les quelques heures que dura ma promenade.

Partout dans les rues ce n'étaient que ruines, décombres à moitié brûlés, barricades, créneaux, fossés, uniformes épars, fourreaux de baïonnettes, bidons défoncés et défroques abandonnées. ne "Pas un cri, pas une figure quelconque n’était là, pour rompre Je silence de mort ré ant dans : la cité désolée: et c'était quelque chose de si Poignant à voir que je ne me sentis pas le courage d'aller jusqu’au bout, et je tournai bride au pied d’une barricade de dessous le terre-plein de laquelle sortait une jambe de cadavre à moitié putrifiée.

En prenant le chemin qui conduisait au fort, je passai à côté d’un groupe de zouaves qui venaient de tuer à coups de baïonnette de nos déserteurs, trouvé déguisé en femme au fond d’une armoire.

Ce. malheureux appartenait aux chasseurs d'Afrique, et n’était pas le seul qui se fût laissé prendre aux frompeuses Promesses de l'ennemi ##

- Une dizaine nous avaient quittés pendant la du- .

rée du siège. Tous avaient été faits officiers et

placés sous les ordres d’un ancien sergent-major

du ler zouave, qui avait trahi son drapeau, le

lendemain du jour où il avait été fait chevalier

de la légion d'honneur. Nous ne pûmes mettre

Ja main dessus ; ils s'esquivèrent à temps, mais : lus tard la plupart finirent par être passés par es Armes. 1e

Un des grands moyens employés par les-juaristes pour semer la trahison dans nos rangs, était de jeter sur les routes que nous parcourions, les discours que Thiers, Jules Favre, Guéroult et Berryer avaient prononcés au sénat, contre l'intervention française au Mexique. :

J'ai moi-même, en ma possession, un de ces :

exemplaires en langue espagnole, sortis des presses de la Victoria, journal juariste publié à Oajaca, qui fat trouvé par le Capitaine Cajard du 2e bataillon d'Afrique, tout maculé de sang et roulé dos la plaie béante du crâne défoncé d’une de no$ sentinelles avancées, assassinée par ces braves au milieu de la nuit! L'éloquence et le génie sont des dons sublimes devant lesquels toute âme bien née doit se courber, mais lorsqu'ils tournent leur prestige et leur puissance contre une chose sainte et sacrée—le drapeau de la patrie—ils deviennent des armes de sicaires et d'assassins.

Plus d’un pauvre malheureux a été condamné à mort et fusillé—là-bas—qui certainement né nous avait pas fait tout le mal que nous ont attiré çes morceaux choisis de rhétorique parlementaire. :

À mesure que les chemins souterrains, les mines, les couvents fortifiés, les batteries sur les toits des maisons et les immenses moyens de défense que Porfirio Diaz avait accumulés se déroulaient sous mes yeux, il me paraissait. impossible qu'il n'eût pas attendu notre assaut.

Pour arriver au forts, il fallait traverser une ligne serrée de mines, de fougasses chargées de bombes, de pierres et de projectiles dont l’explosion devait être produite à l'aide de fils ‘Conducteurs aboutissant au Dominante, “

Jamais nous n’aurions Pu franchir cette funèbre palissade sans y laisser au moins la moitié de notre monde, et, bien qu'il y eût des mé. contents que cette reddition inattendue avait forcés, pour le moment, de dire adieu à’ un nouveau galon ou à une décoration queponque, à

tout prendre, il était fort heureux que/nous fussions parvenus à éviter la douloureuse effusion de sang que cela nous aurait coûté. ,

J'ai compté ainsi cinquante-deux cloches de

Couvents métamorphosées en m hines infernales. Elles n aboutissaient pas tot

/ MM. Vadon et Colin, officiers de ZOouaves, l’échappèrent belle aussi , Car, le premier ayant - eu besoin d’une corde Pour sa tente, s'avisa de Couper celle qui mettait en jeu la batterie galvanique du dépôt de poudre. Par un hasard providentiel l'explosion n’eut pas lieu. . :

Le lendemain matin, à nenf heures, les joyeuses fanfares de nos trompettes et de nos clairons annonçaient à la cathédrale de Oaj que ses vieux murs étaient de nouveau rouverts au culte, et un 7e Deum solennel, accompagné

d'une salve de coups de canon, disaient au vent .

de la vallée que le doigt de Dieu sous le nom de la France était passé par là, signant une nouvelle page de sa rayonnante histoire.

Au sortir de la messe, le maréchal Bazaine adressa aux troupes rangées en bataille sur la place, son ordre du jour.

“—Nul doute, y disait-il, que nous eussions triomphé des nombreux obstacles qu'un ennemi rusé avait amoncelés sous nos pas. Nul doute que notre drapeau eût flotté triomphant sur ces rempartsm formidables. Mais cette victoire n'aurait M remportée qu’au prix du sang d’un grand nombre de braves officiers, sous-officiers et soldats qui m’entourent maintenant. Je préfère leur dire à tous qu'ils ont fait leur de-

- voir ; qu'ils se sont conduits en dignes fils de la

France, et que notre empereur, comme celui qui guide le Mexique vers ses nouvelles destinées, n'oubliera pas ceux qüi sont venus de si loin, par amour du devoir et de l'ordre. Officiers, sous-ofliciers et soldats, tout en donnant: une parole de regret au nombre de victimes trop

grand encore que la guerre a fauchées dans cette

expédition, au nom de Lhisfcire et de l’empereur, je vous répète que Vus avez bien mérités de la France reconnaïssante-”

Ces paroles furent bien accueillies par le corps d'armée, et curieusement écoutées par quelques craintifs habitants rentrés en ville à leurs risques et périls, malgré une terrible proclamation répandue dans les districts avoisinants par Chato Diaz qui assuraient que les français étaient des cannibales et des anthropophages tenus au Mexique, pour se livrer ‘plus librement à leur passion pour les ragoûts d'enfants. (sic.)

Quelques officiers profitèrent du moment de répit que leur laissait le service peu pénible de

lieues de la ville.

me chargeant de la

mois et demi, et dix jou

passagère avaien ent : il n’y aÿ

. Les ‘habitahts étaient leur puérilé’ terreur sur

comme

LA LACS L & ‘+ Fi +?

es

arnison, pour s’adjoindre à une colonne scienti- : ! ance du colonel plorer les ruines

que, organisée sous la surveill Doutrelaine, dans le but d’ex

et ‘célèbres de l’ancienne Mitla, située à vingt-cinq’ k,

Malheureusement, bien que désigné pour en . faire partie, je ne pus quitier; un contre-ordre: surveillance d’ d'armes et de munitions.

Des nombreuses curio les environs de Oajaca, je né arbre de Santa Maria del Tul dans le monde savant sous le Humbolt. Il a trente-huit ver rence, et il fallu vingt chasseu notre escorte pour entourer son

que renferment vis que le fameux e, mieux connu nom d'arbre de

rs d'Afrique de tronc de leurs

j Pendant les donze jours Oajaca l’ordre se rétablissait inconcevable, et au bout d’ Jles’élégantes créoles se pro publiques, un étranger n'à que cette ville venait de

que.je restai dans avec, une rapidité une semaine, à voir

als pu dire

+ Les barricades dép ouvrages de fortification

éhdie pour attéster le règn

s’étonnait plus de nous voir déjeûnant et pa reste d mortels, et on trouv

” #ouaves”une tournure de chrétien un ‘et dégagée, il est vrai,. mais on les s * enfants au fond, car déjà plus d

‘une patrouille

les avait surpris, fraternisant le verre en mains avec l'ennemi de la veille. o

- La paix revenait au pas gymnastique, et le 19 février nous reçûmes l’ordre de nous acheminer de nouveau sur Puebla, en laissant derrière nous comme garnison, trois bataillons de Ja A étrangère sous les ordres du lieutenantcolonel Carteret-Trécourt, aujourd’hui général.

Avant notre départ, le chef de bataillon le baron de:Briand nous donna un dîner d'adieu.

Par un At hasard, mon voisin de table était M. de Montaignac de Chauvances, payeur en chef de notre corps d'armée, et frère de ’ancien commandant de la station navale française de Terreneuve, venu il y a quelques années à Québec, où je l'avais rencontré dans nos salons canadiens. ,

Le dessert nous surprit au Canada ; et M. de Montagnac ne tarissait pas en éloges sur l’hospitalité, l'esprit religieux et les mœurs toutes

çaises de mes compatriotes, Lorsqu'en se

levant, il porta un toast à mon pays—cet avant- À

de de la France en Améri ue, comme il ’appela—je ne répondis que quelques mots à ce témoignage sympathique donné à ma nationalité. Mon émotion prouva mieux que mes paroles aux rudes figures de soldats qui m’entouraient, combien le souvenir de la mère-patrie nous était encore cher.

Je ne devais plus revoir le baron dexBriand.

Dans la journée du 4 mars 1866, notre hôte pati à minuit de Parras, état du N uevo-Leon, pour faire une reconnaissance avec 152 hommes de la légion étrangère 280 mexicains, la plupart volontaires, tombait au milieu du corps d'armée de Cortina, et se faisait massacrer sans pitié par un ennemi qui, ne connaissant pas même l’hon-

neur de nom ne saurait respecter le £ourage malheureux.

Dans cette nuit terrible, la légion étrangère renouvela à trois ans de distance, devant l'hacienda de Santa Isabel, le sublime sacrifice du Camerone.

, Le baron de Briand, que j'ai connu intimement, a laissé plusieurs manuscrits précieux sur la tactique et l’histoire militaire.

Un officier fait prisonnier à ce massacre et qui réussit à s'échapper, écrivait au Constitutionel de Paris une correspondance dont voici le résumé :

—“ Personne ne saurait décrire l'affreuse misère dans laquelle sont tenus les soixante-trois malheureux que les juaristes ont fait prisonniers au combat did sabel. À peine leur donnet-on une misérable nourriture ; leurs uniformes . ne sont plus que des haillons : ils vont pieds nus, et sont menés à coups de crosse de fusil comme un vil troupeau. Tout cela ne les a pas empé-

‘ chés de tenir leur destinée entre leurs mains.

“ Un jour, un général mexicain les fit former en ligne de bataille, et là, leur annonça que s'ils. voulaient prendre du service dans la république, ils seraient nourris, habillés et soldés libéralement : sinon, qu'ils seraient fusillés dans les Le quatre heures. Tous refusèrent d’une

seule voix, et ce Courage héroïque fit une telle ‘impression sur Cortina, qu'il donna l’ordre de les épargner.” —

Voilà les gens avec qui le hasard de la guerre nous forçait de nous mesurer.

Le 20 février à quatre heures du matin, nous nous reméttions en route par le chemin d'Acatlan, escortant plus de deux cents fourgons du train et tout notre matériel du siège, a menté de celui que nous avions pris à Porfirio

fs

DEVX Lns AU MEXIQUE

irage Diaz. En passant sur la grande place encore tout endormie de Oajaca, j'aperçus une petite ère lumière à la fenêtre d'un de mes amis les ch ha- dévoués, le lieutenant J oseph-Eugène Cordier » du des grenadiers de la légion étrangère. Je ne sus ; 4 à résister au plaisir aller lui serrer la main ; et Ime- F: J'étais loin de soupçonner que ce serait-le dernier csur 14 quart-d'heure de causerie que nous devions Ë |, . passer ensemble. M: = qui 4 Atteint d'une maladie du foie, mon pauvre 21 de NH ami se sentit défaillir, et lors de son retour à mé : he Puebla s'endormit pour toujours, deux heures >use 4 après avoir reçu son brevet. de capitaine, loin TOIs : de ceux qui l’aimaient, sans même pouvoir con- 1ers 1 fier ses derniètes paroles aux Autrichiens enine- % tourant de mort, et qui ne comprenaient mes L' pas le 1 du Re À aus, h En q le Mexique, je suis allé voir la ne Le modeste: croix qui indique a place où repose ce pé- | eœur si franc, si pieux et si loyal, entre un k À caporal de laneiers français et un sous-lieutenant ar L de hulans serbes. 7.

ils. ‘8 Là, sur cette tombe, je me suis demandé si le ue, à dévouement et l’abnégation ne menaient qu’à ile- be l'abandon et à l'oubli des hommes ici-bas. A les à genoux sur cette fosse perdue, j'ai eu presque la 29 Er pensée de Chateaubriand, et avec lui je me suis Île + convainou une fois de plus “ qu'ainsi passe sur de à “ la terre tout ce qui fut bon, vertueux, sensible ! # ‘ Homme, tu n'es qu'un songe rapide, qu’un Fe “ rêve douloureux. Tu n’exjstes que par le :te “ malheur; tu n'es quelque chose que par la bd 4 “ tristesse de ton âme, et l’éternelle mélancolie DR ÿ “ de la pensée.” mé ‘ Jusqu'au 22 février, il ne se passa rien d’im- À ER a, néanmoins nous mîmes quatre jours

à faire franchir à nos fourgons les pentes escar-

pées de Las Minas: Par un miraculeux hawrd, nous ne perdîimes que onze muléts et deux -Witures dans ces horribles précipices,

Les étapes de Hui lio, de Nochistlan, San Juanito, Yanhuïtlan, Tutla,, Tamasulapa, Huajapam, Chila, Petlacingo, Acatlan, le Bouquéron, Santa Inés et Tepeji furent. franchies successi- ‘vement, sans encombre. Bien que Chato Diaz

—* fût dans ces parages et y commit des barbaries atroces, il n’osait Pas nous attaquet ; et notre

. marche se continua sans que nous eussions d'autre poudre à brüler, que sur de petites .colombes grises et grasses comme des cailles, et sur les faisans et les lièvres de la route. Comme

les Mexicains ne mangent pas de ces derniers, . ils foisonnaient par millier —partout où poussait le palmier-nain-—et mes camarades de po- - pote, le capitaine Dubosq et le jiéutenant Ta-: | misey, en faisaient journellement un massacre suffisant pour approvisionnér non-seulement notre table, mais encore celle de nos sous-officiers.

Les églises de la plupart des villages que nous traversions offraient de jolies sculptures en bois —art dans lequel les en ont longtemps excellé-—et quelques tableaux de grands maîtres.

À Tepeji, j'ai vu une petite Vierge de Murillo dont le curé avait, dans un jour de pieuse effervescence, percé la main pour y glisser une rose ; et dans le RICE de Tlascalap, un Saint-J6rôme de l'école | Spagnole sur les épaules duquel Un capucin, amateur d’habits plus chauds, avait jeté un affreux barbouillage qui était censé représenter une soutane. ”.

Dans les environs de N ochistlan, je fis acqui*" sition pour la minime somme de quatre piastres, d'un tableau signé par :José ibeira, mieux

“Connu sous le nom de l'Espagnolet. Cette toile, ”. haute de hnit pieds, large ‘ tait l’apôtre saint Thomas, debont, drapé dans.

6 quatre, représen-

une toge rouge et ténant à la main une vieille

bible qu'il lisait ‘attentivement. Les pages de . - l'antique bouquin étaient ployées çà et là, aux

passages les plus aimés ou les plus saillants, et «une seule ride habilement tracée par le maître,

irradiant les teintes d'ivoire du front de Thomas, indiquait clairement qu'en.ce moment le démon du doute s’attachait de nouveau à ce malheu-

Teux saint qui n'avait pas l'air convaincu du

tout, et regardait d'un grandir d'incertitude et dé finesse le verset en itige. La tête était vraiment magnifique; et si depuis des siècles ellen'avait été enfonie ai Mexique, c'était à croire ue Charles Blanc l'avait sous les yeux lorsque,

écrivant la manière de l’Espagnolet, il disait dans son histoire des peintres de toutes les

écoles : | —“ Présenté par son père à Michel-Ange de

Caravage, dont les leçons. étaient si conformes au tempérament de l'Espagnôlet; José Ribeira débuta dans l'atelier déée terrible. maître par

‘étudier des têtes d'apôtres, des demi-figures de

vieillards, et déjà il se plaisait à les perde +

marquées de tous les signes de la caducité ;'i

écrivait chaque muscle avec une précision affectée, mais étonnante : il accusait à plaisir la dureté et le poli des os, la présence des tendons, la moindre cicatrice de quelque ancienne blessnre, et les phalanges des doigts de lg main avec leurs rides lés plus profondes—rides:de marbré, comme les appelait un jour, le sculpteur David —telles que les creuse la vie, non pas. dans les

‘ Carnations molles et tombantes, mais. dans ces *. peaux fermes, épaisses et basanées doft.se re- | : ; |

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