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Un brancard ; le sous-li
tu MEXIQUÉ SuË A6 botte de paille, au fond d’une infecte! m asure. Là, un aide-de-éamp tout’ ÉD lonné/in'apprit que j'étais installé au uartier de
général de Son Excellence le général de division Negrete, ra Ru.
Il pouvaït être alors a6D6/fretes + matin ; je n'avais pas mangé depuis la veille, et
:.Mn morceau de Pain et un peu d’eau fraîche “# 1
r es ma blessure qui commençait.à me “ffürailler et à me faire sou rir.
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BST RER EL REL TE Eee +
longuggheures à attendre le bon plaisir de mon nn | vainqueur, et lorsqu'enfin il se fut décidé à \ à venir'îne voir et qu’i se fut nullement disposé à ui do
ser
"a 1e Le Fa
quittés brusquement en me donnant pour fiche
par le éonseil %e guerre de notre co- 4 onne, et que si l'édéänge n'avait pês lieu le ee lendemain matin même, 1ou$ serions: tous fa- 3 sillés ‘* comniiég ons.”
En face dé‘fêtte riante Perspective jé passai tristement la journée, grelottant dé fève, "et" n'ayant pour nourriture, qu'un Hit de.
fèves, et deux aux de maïd}: RCE de à lendemain, dès la ‘pointe : jot Re poral avec une escouade vint : ‘hercher
euk
un demi-kilomètre de là avec les prisonniers juaristes et l'échange devait avoir lieu.
En route nous primes mes dix compagnons de combat ; tous avaient -été blessés plus ou moins grièvement, et le caporal Bourgogne était mourant, un coup de lance lui ayant traversé le poumon droit.
Chemin faisant, l'officier qui nous conduisait me raconta que notre capture leur avait coûté 18 morts et sept blessés. Cela prouvait que nous avions fait notre devoet qu'il n’y avait rien de notre faute si nous n’étions pas morts à
*. notre poste, . :
% Arrivés au lieu de l'échange, une difficulté imprévue s’éleva entre les deux plénipotentiaires.. . .
Notre commandant avait exigé des officiers
“ÿ, juaristes leur parole de ne pas porter les armes
contre Maximilien pendant un an et un jour.
} Le chargé de pouvoir de Negrete nous deman-
dait la même chose, et les négociations étaient
Sr le point de se rompre, lorsque le colonel pré-
a fit transmettre aux prisonniers la permis-
er au désir du généralsennemi.
es me. furent alors rendues; nous éämes nn coup de képi en signe d'adieu, et quelques heures après j'étais couché conforblemieut dans un des lits de notre ambulance, après avoir été pansé par une sœur de charité. Ce soir-là, le colonel vint demander'de mes nouvelles et m’annoncer qu'aussitôt que je serais: capable de supporter la route, il mettrait à ma. disposition une escorte et un service de voitures pour ramener à Mexico les blessés et les quelques malades de là colonne. Je m’endormis aux:60n8 joyeux de la retraite, prisant avec délices mon changement de garnison, et réfléchis-
ite au cam ce Caprice de la
une montre en or me je tenais de ma mère, mon
n apprenant par des es e les gé
8e repliant sur Monterey, enclouant les grosses pi
cé de laisser derrière lui et ab
de Saltillo que le colonel fit occuper immédiate. ment. l
an Luis de Potosi, capitale du département de ce nom, jolie petite ville, très propre et qni fait un commerce considérable d'argent. ÆEn:
voilà un pays qui ferait bondir -ce pauvre Gérard de N ervel, Lu qui détestait ces Voyageurs spéciaux qui, en Passant par un
—“ La ville est grande et bien bâtie ; les rues “ su ment aérées ; ses. habitants sont actifs “et industrieux ; le co
mmerce des,cuirs y fleurit # particulièrement” +
Que voulez-vous ? j'étais malade, blessé, et aujourd’hui quand je veux revenir sur San Luis
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ee Pr ER ENS EU TER $ CAT LS e
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DUR ge) REF RE
de Potosi, c’est la seule description que je retrouve au bout de ma plume.
Quelques jours avant d'y arriver, un de nos blessés était mort à Venado, bourg situé à quelque distance de San Luis. (C'était un soldat du 5° hussards qui avait eu les deux jambes emportées par un boulet de canon, à une légère escarmouche donnée le jour de ma capture, et les cir-” constances terribles qui entourèrent cette mort méritent une parenthèse.
Bien que le colonel eût décrété la peine capitale contre tout militaire de la colonne, surpris en flagrant délit de maraudage, l’église d’un des petits villages de la route—las Animas—avait été forcée et un ciboire d'argent enlevé.
Malgré les recherches les plus actives, le délinquant ne put être découvert, et ce sacrilège
serait toujours resté un mystère sans le boulet de Negrete.
“Au milieu des terreurs et des sueurs froides de l’agonie, le malheureux cavalier se roulait sur son étroite couche, brisant ses bandages et demandant à grands cris qu’on lui ôtât le ciboire sur lequel on le forçait de chevaucher depuis son départ de Satillo, en nous priant de vouloir bien aller le cacher à côté de celui qu'il avait en-
‘foui sous une grande pierre, pre de l’église profanée. C'était à faire dresser les cheveux d’épou-. vante que dé voir ce moribond se tordre sous le
i d son implacable vision; et quelques
oids Lolres seulement avant que le râle suprême Teût empoigné,un sergent enAL luienleva un gros
-Clou avec la pointe duque
il essayait de se sui-
+ vie militaire, je ne saurais m'y arrêter longtemps , sans revoir l’effroyable cauchemar défiler devant É à moi. : | L Que les esprits forts entassent système philo- | @ ‘ 80phique sur système philosophique, hypothèse 4 37 * sur hypothèse, jamais ils ne réussiront à prouver « . SE P âvec es lois du hasard que le crime n’est pas 4 : , puni tôt ou tard. : a Quelle différence entre mon hussard et le s * pahis du régiment de ce brave et charmant nn ! Paul de Molènes, qui, l'épaule fracassée parune à, À b balle, chevauchait le regard rempli de douceur e D. .: s: et de calme, En racontant ce triste souvenir de M : | sa vie de camp, cet écrivain trop tôt perdu pour . L | b 3 3 es lettres, ajoutait : , (7. HR 1 3 3 —“Dieu nous permet quelquefois d'acheter - te g* vec un peu de sang les instants d’une paix in- US) Fi Connue à ceux dont les veines ne se sont jamais NE « * SJ dé ouvertes. Depuis que la croix s’est levée sur le | Œ ét monde, tout être qui souffre, s'il supporte « … P avec résignation sa douleur, sent qu’il marche 5. Je pi nes ‘ dans une voie bénie. I] éprouve dans toute son Be. à | . âme un apaisement subit, un bien-être secret et i # F4 4 , : profond. Je crois qu'il reçoit la visite de celui » | # F B. ,° .* qui n'a oublié aucune des angoissés de la chair ” Eu Se... SS . : wd "à e congé temporaire fondéesgur l'impossibilité os ne daÿs laquelle me mettait la maladie ur Coi- u Te tractéé sous l'air raréfié des-hauts ux, de ad (ES ien remplir les pénibles exigences d'A service. à “tu He ne réponse favorable m'attendait à San Luis. + x 80 “Net j'ävais la permission de m'embarquer sur Je c. -m transport de guerre français l'Allier, qui devait 3 240 4 partir de la Vera-Cruz vers le Comiencement «4 # de de juillet, à destination de Brest, et relâcher à * , ? gi “Aew-York pour y faire du charbon. ;
Je n'avais dong pas ue heure à perdre, si je
ps nt # voulais arriver à temps au port d'embarque- L ment, et malgré les douleurs que. me caugait o- 4 encore ma blessure à peine cicatrisée, le 14 juin se je disais adieu aux officiers du eonvoi, pour Tr *. prendre la diligence dé-San Luis à Mexico. ; a. ‘, Quatre jours après j'étais de nouveau dans la . cité impériale, et m'occupais activement à faire le : .. + mes préparatifs de départ. ‘ at HN Le hasard m'avait logé dans le couvent déla- Le bré de Santa Clara, à côté de l’atelier d’un ar- T e . * tiste, M. Beaucé, installé dans l’ancienne chae SRE le. M. Beaucé. s’occupait alors à créer de très T , Eu beaux tableaux qu’un pur connaisseur, un écrite * * vain charmant, M. Charles de Barrés a su louan- AS : 14 ger, et ils le méritaient.
: . —“ Quoique M. Beaucé, disait-il, se soit plus ; j . * spécialement consacré à reproduire sur toile les À 4 A épisodes militaires les plus intéressants de l’ex- ? ‘ . pédition française au Mexique, il s’est bien garx, dé de dédaigner le côté pittoresque et social É
“des sqènes qu'il traversait., La.vie errante des 8. À guerilleros: y est à plusieurs reprises'dépeinte à À grands traits; quelquefois à peine relevée à D... : l’aquarelle, où esquissée‘au passagé : mais tout .l JM ce monde, hommes, chevaux et soldaderas, se 0 euvent, gravitent, vivent, s'agitent ou reposent .. S#dans ‘une si grande variété d’attitudes et ayec une telle véritésd’expression, que l’on sait tout
5. .d’abord ce qu'ils sont, où ils vont, quelie aven ‘ture ils oise et quelles ont été 1 icissi
tudes de la journée. Ses petits tabléaux de
tr | mœurs sont traités avec la même fidélité et d'un U ‘ton entraînant. Il y en. a qui rappellent la verve #: .: ‘. de Oallot, les coups dé pouce de Goya et l'éner- LR gie' de Salvator Rosa. Ânu milieu de ces souve- É * .nivs, présque tous tuinulfueux ou sombres, on
HA
de 174 DEUX,ANS AU MEXIQUE
trouve çà et là des traits plaisants et gracieux. On notera dans les cartons cette idylle mélancolique et pourtant pleine de fraîcheur, d’une pauvre famille expulsée de ses foyers et en quête d’une demeure.
“ Le style des grandes toiles de M. Beaucé est remarquable de clarté, de chaleuret d'action. Ces rares qualités sont mises en complète évidence dans son Assaut du pénitencier. Ranger deux
mille hommes en bataille, corps par Corps, sec-
tion par section, les représenter avec une telle netteté que le spectateur reconnaît sans efforts tous les chefs de cette brillante journée, et avoir su cependant concentrer l'attention sur l’objectif de l'attaque de telle façon que les mille détails tle la scène—tous minutieusement rendus— ne peuvent distraire l'esprit de la préoccupation qu'inspire le sujet, voilà un travail de Maître. Ajouter à cela un incroyable entrain de tous ces soldats à la besogne, beaucoup d'air, Un espace profond, de la poudre et le redoutable aspect de la forteresse criblée de coups de canon, {et vous avouerez que c’est là une des ane pages du style militaire de l’école Moerne.
“ La dernière heure du Camerone rappelle et
consacre l'épisode le plus héroïque de la cam- |
Pagne. Tout le monde sait cette histoire, et nous ne la répèterons pas ici. Quatre hommes de cette Compagnie de la légion qui avait lutté toute la journée contre 2000 &uérilleros, tenaient encore au (amerone, dans une ange délabrée.
N'ayant plus de cartouches, Na résolurent de mourir en exécutant une dernière charge à la bayonnette. (C’est cet effort suprême et ce dernier acte de dévouement que M. Beaucé a représenté dans un tableau Saisissant, remarquable surtout
Sp ré d d
‘par l'expression contrastée des assaillants et deg
assiégés.”
Voilà une longue citation, mais j'aurais cru ces souvenirs du Mexique incomplets, si je n'avais mené mon lecteur à la suite de M. de Barrès dans l'atelier de M. Beaucé. *
Puisque le: nom de Charles de Barrès vient se poser sous ma plume, arrêtons-nous un instant ! et causons de ce fin gaulois, de ce bon garçon, tête mérovingienne, cœur large, aux idées libres et grandes, à la verve étourdissante.
utant que je puis me le rappeler, Charles de Barrès était né à la Virginie. Venu au Mexi- Le je ne sais trop comment, il y avait fondé le * septembre 1858, l'Estafette des deux mondes, journal qu’il a rédigé pendant de longues années avec un tact exquis et un courage à toute épreuve. N'est pas journaliste qui veut au Mexique ; et le moindre mot, l’allusion la plus inoffensive, peut quelquefois chatouiller déseéablement tel personnage devenu aujourd’hui Juge de la'cour suprême, gouverneur ou président de république, qui, hier était muletier, bedeau, aubergiste et presqu’à coup sûr Handit, Or, quand ces doux et suaves personnages sè mettent en frais, ils se montrent d’une:prodigalité folle. Geôles, cordes, échafands, fusill es, rien ne leur coûte : on n’a qu'à tendre la main ou le cou. é
M. de Barrès a su se tirer d'affaire, tout, en disant la vérité à ces gens-là ; et aujourd’huila collection entière de l’Estafette, que je suis heureux de posséder ('), reste ce qu’il y a de mieux
(1) Exemplaire unique appartenant à S. M. l’empe reur Maximilien, acheté à Leipzic, lors de la vente Andrade,
et de plus impartial à consulter pour celui qui veut écrire l’histoire de l'intervention et de l'empire au Mexique, Dans ce journal, Charles de Barrès s’est amusé à éparbiller des causeries, des chroniques et des études ravissantes sur les mœurs, les coutumes, la vie du peuple mexicain.
Pendant mon absence, sur la proposition du colonel d'artillerie, comte Le Carron de Fleury, et de MM. Fonseca et Duran—celui-ci plus tard ambassadeur de Maximilien à la cour de Windsor —j'avais été élu membre correspondant de la société mexicaine de Géographie et de Statisti-
ues. :
: Deux ans plus tard, vieilli, fatigué et désillusionné, le comte Le Carron de Fleury vehait, le 18 septembre 1867, mourir à l'hôtel Saint-Jean de New-York. . ‘
Ancien capitaine d'état-major dans l’armée française, M. de Fleury avait assisté à là prise d'Alger où, pour acte de bravoure extraordinaire, il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur. Des raisons politiques l'engagèrent à devenir démissionnaire, et bientôt des revers de : fortune le firent passer en Amérique. Il parcourut une grande parte des Etats-Unis ; alla au Mexique, et séjourna longtemps en Californie et en: Sonora. où il s’occupa de travaux géographi-
ues, et publia à ses frais des cartes aujourd'hui.
Orb rares et très estimées. Lors de l’arrivée du maréchal Forey au Méxique, il était parvenu au grade-de colonel du génie dans l’armée mexicaine .et d'ingénieur en chef de l’État de Sonora. M. de Fleurÿ donna denouveau sa démission, pour ne pas sefvir contre la France et ge rallia à l’empire ; ‘mais, compromis après la chute de Maximilien, il allait rentrer dans 8a patrie, lorsque le
jour même où il devait s’embarquer, il mouraite
à quatre heures du matin entre les bras d’un ami qui avait tenu à l'accompagner.
Le colonel de Fleury possédait à merveille le français, l'allemand, l’anglais, l'espagnol, l'arabe, deux dialectes indiens parlés au Mexique, et avait été attaché à l'état-major. du maréchal .Bazaine comme interprète en chef du corps ‘expéditionnaire français. Sn ‘Ce fut à l’une des réunions de la société mexi- - Caine de Géographie et de Statistiques que je fis la connaissance du célèbre commodore Maury. Lorsqu'il me fut présenté, il était entouré né MM. Newton, Williamson et du capitaine Lanes tous officiers à bord du croiseur confédér@tle Stonewall Jackson, livré par eux un mois auparavant aux autorités militaires de l’île de Cuba.
Le commodore était l'incarnation du vieux loup de mer. Petit de stature, carré d'épaules, * légèrement boîteux par suite d’une chute de voiture, le premier venu l'aurait reconnu de suite pour un jack tar, rien qu’à la manière dont il marchait dans la rne. Pour nous autres terriens cela aurait été rouler tout simplement ; mais les marins sont. plus expressifs : et en l’apercevant ils auraient à peine retenu ce cri du cœur. : *
- Tiens ! un matelot qui bouline ! \
Pendant que j'écris ces lignes, le brave bâbordais vient aussi de descendre son dernier quart. M. Maury était un des hommes les plus savants et les plus modestes de son époque, et je ne saurais mieux faire que de rappeler ici les principaux traits de cette vie #1 bien remplie.
“N6 en Virginie, dans le comté de S ottsylvania, le 14 janvier 1806, Mathieu Fontaine * Maury aurait été l’une des gloires de la France, sans la révocation de l’édit de Nantes. Sa
famille, qui était huguenote, vint chercher un refuge aux Etats-Unis. En 1825, il servait comme aspirant dé marine à bord du brandywine qui avait reçu la mission de ramener. en France le général de Lafayette, et quelques mois après, il faisait le tour du globe sur le sloop de guerre le Vincennes, s’occupant dès lors à écrire son fameux Traité sur la Navigation.
‘Un accident vint interrompre cette brillante carrière et le forcer à deMander sa retraite en 1839. Il fnt mis à la tête du Depot, of: Charts
and Instruments, et la manière dont il s’acquittd
de cette charge lui valut l'appréciation suivante des.
d’un de ses biographes :
“ Travailleur infati ble et doué du génie de l'organisation, il nt à l'Amérique et au monde entier les immenses ressources qu’il était permis de tirer du’ poste jusque-là insignifiant qui Ini avait été confié. Tout-en jetant les bases du MVaval Observatory et du Hydrographic Office, il publia cette magnifique série de cartes coloriées indiquant les ventset les courants océaniques, cartes qui, révélant des lois physiques jusque-là inconnues, ont sauvé du naufrage \des milliers de personnes, et économisé au open maritime une somme estimée :
au plus bas\mot à cing millions de dollars par
an. .
S C’est M. Maury qui fut l'instigateur de cette he internationale de Bruxelles en 1858, à lâquelle on doit d'immenses Progrès en météorologie. La création du Signal Ofice à Wash- ‘ington, qui rend aujourd'hui des services di testés, est aussi un résultat des lois physi-
al a été le premier à déterminer. En
ques 1866, publia la Géographie physique de la mer,