‹ Deux ans au Mexique [microforme]Chapitre 10 sur 46 · MEXICO >Q · texte numérisé non relu

MEXICO >Q

SRE

La plupart des VOYageurs qui ont visité Mexico n'ont pu s'empêcher de ‘Comparer cette grande paresseuse du tropique à l’éternelle fiancée de. l’'Adriatique, à Venise, sa sœur

f . ES Le Ÿ voyageur qui passe ss ville à l'autre sans se voir * ou trois fois. Pendant mon

ivaient plus ur faisait protéger les

Marlin, j'avais acheté à un

‘èrenl au galop dans la vaste

ainée en nünchalance, F.

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le:

. À \ ins 86 voir

dant mon vaient plus téger les es de gen-

1eté à un.

e Aymard int.que la es rapides.

ombèrent.

créole, se rmée. par lagunes,

es frémis-

la vaste

DEUX ANS AU MÿfQUE 47

Quant àahdi, je puis assurer qu'elle ne ressemble pas du tout.à la cité des doges.

Qu’ ondise ce que l’on voudra, “ la pauvre vieille du Lido” ne -doit pas voir voltiger ses légères et pimpantes gondoles sur des cañaux | aussi vertset aussi stagnants que ceux d'ici. Ses grands palais s’écrouleraient rien qu'à essayer de dissimuler sous leurs nobles: pilastres l'immense éclat de rire que. leur donnerait l'aspect des vieilles mesures espagnoles, bordant lesirues et les impasses de la ville impériale, . et, à coup sd, aucun n’y perdrait son cœur ‘ sur ‘le chemin, SOUS un pavé, 'au fond d’un “verre,” car il courrait risque de s’y asphyxier, ou tout au moins de s'y salir, ce qui ne vaudrait guère mieux.

C'était probablement ce dont se souciait fort peu la foule de petits piéds et de longues et coûteuses: mantilles d'Espagne qui effleuraient et balayaient: les rues de Mexico, le lendemain matin pes mon

‘arrivée. Ces bouts d'ailes de c libsis PT sur

d’horribles trottoirs—c'ètait plaisir à voir —en quête

des dégats du tremblement @e terre, qui avait eu lieu la veille se signant dévotement aussitôt qu’une pierre tombée ou un débris quelconque frappait leurs regards, pour oublier un peu plus loin—derrière l'éventail—leur puérile-terreur.

Toute cette cohue riante, parfumée et noyée dans un

rayon de soleil d'octobre, passait sur la Plasa Mayon "

oubliant Je l quel elle avait échappé, plus raison à l'inconcev

qui — le grand en fant

’épouvantable danger au- \ et donnant une fois de able légèreté de l’homme, — s'amuse dévant un frôlement de soie quelconque ou devant le brxissoment Métallique d'une pièce d’or, jusqu’à perdre Je souvenir des larmes et des sanglots qu’il a versés la veille,

En me laissant le flot brillant où

nos dE R R 2

aller tranquillement à 1a dérive sur ; se Coudoyaieut vivement c: : SA

France.

Le sous-ofitier de service M'ayant affirmé que A

C'était heure de réception pour le Marquis de Mon. d tholon, un laquais sans livrée Mm'introduisit dans le

"grand salon de«lambassade, Une minute après je a

Causais avec le ministre Pléuipoténtiaire, qui me d

Teémerciait de nouveau de lui avoir remis les dépêches es

dont le baron Gauldrée-Boileau m'avait fait l'honneur it

de me Charger, me promettant de voir. bientôt Je ri

général Bazaine, au Sujet de ma lettre de service sa

M. de Montholon porte fièrement sa belle tête mili- p

taire, ornée de cheveux grisonnants. Quelques rs de.

Prématurées, ne légèrement voûtée, an- fo

7 MOnCent quela réflexion et l'expérience sont venues - ré

bieñ vite s'asseoir côté d’une vie dont le premier chai. co

non de déception a été rivé au pied du lit de lillustre

anger au-

e fois de l’homme, un frôletissement e le soula veille.

érive sur

aballeros

rue de ation de

mé que de Mondans le après je qui me épêches onneur ntôt le ice.

le mili- S rs ù ée, an- Jenues r chai.

lustre

qu'elles étaient au mois d'octobre 1864

*. plein d’ave

cohue de pauvres. b

mourant de Sainte-Hélène. A sa démarche inquiète et toujours pressée, on sent l’homme qui a appris, pendant un lon séjour aux Etats-Unis, la vérité du. proverbe de la A yankee : | — Time is money !

Quant à ses qualités d'homme d'état, il n'appartient pas à ma plume de touriste de les apprécier. Mes

louanges—si j'en faisais —ressembleraient trop à de la reconnaissance mal déguisée.

Rien de plus piquant et de plus cur

ieux pour un observateur que de voir les rues de

‘Mexico telles

Toute ds de étaient venue y déverser sor trop uriers, de modestes cadets de familles, d'écrivains incompris, d'officiers démissionnaires. Le pavé était littéralement encombré de nobles allemands, de né

de Paris, de réfugiés polonais et hongrois, de toutes espèces de héros

, d mble place de Courtisan, que

sais-je enfin ? d’une mie de pain échappée à la table

Souvent le soir, arcades de la place, fornien, M. Delport, réflexions que le rude

en me promenant sous les avec un vieux trappeur cali:

Je m'amusais à écouter les

chasseür faisait sur toute cette :

ee

arons, .de tristes. Comes, de — +

maigres marquis, passant en um joyeusement "leur Puros de la costa, oubliant deva it l’espérane : du lendemain, le piètre dîner de la veille, et usant les coudes de leurs habits rapés 4 faire anti- Chambre chez un ministre quelconque, Il finissait toujours ses tirades. pleines de sel et d'originalité, par È Comparer la ville de Mexico au triste tableau que San-Franciseo offrait en 1849, et il m'assurait que la Copie n’était pas mauvaise. " Tant que la terre sera terre, tant que l’homme sera homme, plus d'un vieux blason, plus d’une merlette: d'argent, plus d'un épervier d'or verront leur noblesse sans tache se ternir. sous le nuage de boue et de poussière que ÿoulève deprière elle cette grande. déspote qui mène sous sa férule le monde entier, la terrible question du pain et du beurre. Plus d'un noble fils des croisés, plus d'un gentilhomme dé vieille roche descendront encore, en se voilant la. face de leurs deux mains, du piédestal où sont Montés leurs ancêtres, pour venir s'agenouiller devant la pièce de cent sous, et reconnaître en fin de compte que le meilleur écusson possible est celui qui est porté hautement, Sans donner à rougir, par un peuple

comme le nôtre : sur Champ de sable deux épis de blé en sautoir, une charr

fort que moi, sur Ce terrain. | È Ancien capitaine d'armes à bord de la Kique

eusement espéra

veille, et aire antil finissait

alité, par

leau que it que la

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merlette:

noblesse ie et de

grande.

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Montés vant la compte Slporté peuple épis de upport.

phie, et it plus

française . l'Océan, Denis-Charles-Edouard Delport possédait un de ces caractères trem pés d'acier, devant lesquels tout obsfacle bloie et se brise. Passons de suite à l’exemple, Ennûyé de la vie de chercheur d'or, et voulant goûter un peu la vie du Mexique, il s'était embarqué sur ‘un vaisseau faisant voile pour’. ”

. San Blas, état de Jälisco. Là, sans ressource, il s'ad-

joignit un ami, M. Gosselin, avocat normand, ainsi qu'un autre camarade dont le nom m’échappe, et en leur Compagnie, parcourut à cheval les trois cents

lieues qui séparent ce port de Mexico. Or, vers cette époqué, en 1850, si mes notes de voyage. ne me trompent pas, les routes étaient encore moins sûres . qu'elles ne Le sont aujourd'hui, et ce Chemin-là surtout pullulait de voleu rs, de bandits et d’assassins, Is arrivèrent tous trois à la Capitale, sans avoir même

, brûlé une cartouche !

Mexico, malgré son at de jeunesse qui s’en VA, renferme peu de Monuments dignes d'attirer l’attention. Sa cathédrale même ne vaut pas Sa réputation

L'anarchie et l'ambition mal guidée sont encore

les malheureuses causes de l’impardonnable indiffé.

rence affichée par les Mexicains Pour ‘tout ce qui touche à leur passé. /

Les antiquités les plus rares et les plus curieuses

du pays sont presque toutes exilées dans les biblio-

thèques d'Europe, ou dans les collections partitu- 4

lières,

si)

J'ai eu occasion de visiter deux de ces collections, l'une à Mexico, appartenant au colonel d'artillerie, Luidgi Constantini, ancien gouverneur de l’école militaire de Chapultepec, et l'antre—une des plus belles qu'il m'ait été permis d’étudier—à don José * Manuel Cardosso, avocat de Puebla. Pendant que j'étais en garnison à Mexico, un marchand de: bric-à-brac, M. Boban, offrait en vente un nombre considérable d’idoles aztèques trouvécs autour de la ville. Il demandait”"15,000 francs de sa collection, et lors de mon départ sir J. Campbell Scarlett, ambassadeur anglais auprès de } aximilien, se proposait d'en négocier l'achat au nom de son gouvernement. , a | Le cabinet du colonel Gonstantini, renformait, entre autres curiosités de l'époque aztèque, des petites tortues en obsidienne, d’un travail exquis et d'une valeur énorme aux yeux d'urr antiquaire, En leséxaminant je me posais Ce point d'interrogation. N'estil pas singulier que 1 fe, qui était un objet d'adoration parmi les trébus de l’Anahuac, ait aussi joué un grand rôle dans la mythélozie des tribus indiennes de l'Amérique du Nord ? M. l'abbé Mau. reault, dans son exeellente Histoire des Abénakis, dit que les Sokokis, conservaient précieusement dans % leurs ouigouamgide petites tortues en pierre. Les “'Artèques avaient aussi cette coutume.

Moins digne dé curiosité que ces collections, et moins bien classifié, le musée national de Mexicy

llections, artillerie, le l’école des plus don José

xico, un en venta trouvécos ranés de ampbelt imilien, de son

fermait, ue, des xquis ét re. En )Jgation.

in objet it anssi

tribus é Maukis, dit t dans Les

ons, et

Mexicy

.: douzaine de quadrupèdes et d'oiseaux rongés par les mites, enfin toute autre chose que lon voudra,

présente à -peine quelqu’ohbjet qui mérite -d’être remarqué. | ss

Ce n'est qu'un pêle-miêle d’idoles jetées sous une espèce de vieille remise, quelques bribes d’un commencement de collection minéralogique, une demi-

excepté des raretés.

DA

Tous les jours, le voyageur rencontre au Mexique \. des vieux ternples, des tombeaux, des villes entières —on vient d’eñ découvrir une dernièrement—que Jon dirait abandôünées d'hier par leurs anciens habitants. ro

Mais ces antiquités une fois trouvées, il faut lés classifier, les transporter précieusemènt d'un bout à l'autre d'un départèment, écrire leur histoire, nommer un Curateur pour en avoir bien soin, et cela est fort ennuyeux pour des hommes habitués à ne marcher qu’au pas accéléré de leurs viles passions,

et qu'à écouter la voix enfbuée de leurs canonssexagénaires.

Pourtant les matériaux ne manquent pas.

Ce :triste état d'engourdissement et de torpeur -éemble s'être appesanti sur toute la partie de notre ‘Continentqui renferme les données les plus précieuses 1 pour l'avancement des-sciences archéologiques, ï ‘H règne eu souverain depuis les confins du Texas

HRHeric

peine croyable, en 1841, un voyageur américain, |

M. John L: Stephens, achetait pour la somme de cinquanie piastres la ville entière de Copan, dans le ‘Honduras, avec ses ruines grandioses, ses sculptures et ses magnifiques bas-reliefs ! ; |

Bien que depuis l'apparition de l'ouvrage de Lord Kingsborough, qui-n’est réellement qu'une pâle copie des travaux du Capitaine Dupaix—ordonnés en 1805, 1806 et 1807, pour la recherche des antiquités mexicainés, notamment celles de Mitla el de Palenqué, et publiés à Paris en 1834-35—l'attention dh monde savant, en France et en Angleterre, ait été attirée sur cette maladie chronique d'apathie, l'abandon et l'oubli u'en continueñt pas moins à trüner sur ces débris

d'un passé perdu. Pourtant, une expédition scienti.

‘ fique protégée par les autorités militaires et politiques du pays, et pourvue de toui le matériel requis en pareil cas, trouverait, depuis les frontières de la Sonora jusqu'aux solitudes du Guatemala, un vaste champ ouvert devant elle pour réunir les pages éparpillées de l'histoire des populations primitives de ces contrées, |

J'ai souvent entendu dire à mes confrères de la sociele de géographie et de statistiques de Mexico, que les bords du Rio Gila, en Sonora, fourmillaient

de ruines curieuses et inexplorées. ;

On en rencontre disséminées ça et là sur les rives du Rio Moqui, dans le Durangd, dans le Chihughua

il ot. 2 Où =

amériçain,

somme de an, dans le sculptures

e de Lord une pâle donnés en antiquités Palenqué, M monde ttirée sur etl’oubli es débris

n sCienti-.

olitiques equis en es de la un vaste es pages ‘imitives

es de la Mexico, dillaient es rives hushua

| —métes-de l'Egypte et de la Grèce; Zayi, vue de

- DEUX ans av MEXIQUE

entre les villages de Llanos et le Galeana, et à la. Quemada dans le Zacatécas.

Plus il se dirige vers le sud, plus le pied du voyageur se heurte contre ces témoins muets d'une antiqu civilisation.

Ils pullulent dans les départements du Michoacan, de Mexico, de Puebla, de la Vera-Crur, d'Oajaca, et seulement dans le Yucatan, Stephens à exploré quarante-Quatre villes, dout les ruines sont encore debout et luttent silencieusement contre la vegétation tropicale et contre les intempéries des saisons qui les rongent eMissèquent lentement. | :

Bien qMétOütes ces villes aient un cachet d'archi. n. tecture qüi les fait ressembler les unes aux autres,

chacune cache, des énigmes inexplicables pour la science. :

Quirigua, dans le Honduras, contient de hautés colonnes massives qui ont un faux air des dolmens et des menhirs de Bretagne : Palenque, à part sa fameuse croix, est couverte d’hiéroglyphes indé. Chiffrables ; Uxmal à de ravissantes mosaïques ; Maxcanu dérobe sous ses murs Croulants un curieux labyrinthe. | ÿ

Les ruines de Nohcacab renferment des sculptures

.-mortuaires très-intéressantes ; celles de Kobah avec Jeürs mervéilleuses boiseries et les débris de leur arc- % dé-triomphe, ne seraient pas déplacées à côté des =

ÿ PC

| 56 + DEUX ANS AU MEXIQUE + | loin, peut être prise pour un pâté de manufactures

d’uneffancienne route royale, en° pierre b

bien conservées. un ancien gymnase et des peintures à fresques très-curieuses + Aké semble avoir été Consiruite par les desceudants de la. race cyclopéenne, et l’île de Cozumel, sur les côtes du Yucatan, berce, au bruit de ses flots, le cadavre refroidi de Tuloom, morte dans un site enchanteur, et dont les . restes ‘intacts offrent aux yeux du voyageur qui * arrive par la: voie de mer, l'aspect sifgulier d’une suite de châteaux-forts, style moyen-âge, égarée sous cés lointains climats. (2) , 7

vernement énergique et éclairé pourrait arracher à leur léthargie, dorment tranquillement au fond de leurs ‘forêts @ de leurs ravins, et ne sont entrevug | que de dix ans en dix ans, par quelque touriste égaré, juste assez souvent pour faire mentir la fameuse phrase de M: Ernest Renan :

—On n’a pas un seul exemple d'une peuplade Sauvage qui se soit élevée à 1a civilisation"

Si longue que ma digression puisse paraître au Ra ne l'en détache pas moins de mon farnet de voyage pour l'insérer ici, parce que Gekte page pourrait bien toucher, par quelque cûté ignoré à

certains feuillets obscurs de notre histoire *, : G) Æxceptée Quirigue, t0u$ss ces vijips Fe

anglaises ; Sacbey est traversée par les fragments

anches -polies”; Chichen-Itza recèle, au milieu de murailles

: Ces innombrables trésors d’antiquités, qu'un gou-

ranufactures

s fragments re blanches .

de murailles

t des peinmble avoir race Cyclolu Yucatan,

refroidi de

.et;dont les

yageur qui

ulier d’une égärée sous

qu'un gon- |

arracher à au fond de nt-entrevus riste égaré, a fameuse

… “Leïbnitz n'écrivaitil pas au P. Verjus “ que rien né servait. davântagé à juger des connexions des péuples que les langues ? ” : en

-. "le" Yucatan, et un linguiste distingué, M. Hervas, ‘étrivait plus tard que la langue maya, parlée encore aujourd'hui par les Indiens de cette péninsule, et jadis par les fondateurs d'une grande partie de ces

autre dialecte, l'othomite encor en usage dans le Michoacan, ressemblerait au chinois! ie L'esprit d'aventures et de voyages qui prèdominaïit si fortement dans le caractère de nos hordes algon- ‘ fuines ne planérait.il PAS sur {ous ces mystères ? “Une bande immigrante plus härdie que les autres ne se scraitelle pas avancée d'étapes en. étapes, jusqu’au jour.où elle se serait greffée une colonie chinoise venue en sens cntraire, et ne luiaurait-elle pas imposé son joug, pendant que l’autre lui donnait sa Civilisation ?

sonnelles que je n'ai ni les moyens, ni la: hberté de mener à boune fin; mais peutétre un jour, quand la paig séra revenué babiter ce pays de yStérieuse poésie, quelque gravé sävant, du häut sa chaire, fératil périchér la balance

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