‹ Deux ans au Mexique [microforme]Chapitre 18 sur 46 · AS DR · texte numérisé non relu

AS DR

oo, 1

ruit sec et À cette missive étaient joints un ordre cacheté

‘ique adressé au général de division, le vicomte Courtois : tat-major Roussel d'Hurbal, parti depuis dix ts pour prendre n bureau la direstion de la campagne qui allait s'ouvrir, et une : lettre d'introduction auprès de cet officier supérieur, rigade de que je devais à la courtoisie de M. Jules Maurice, u général secrétaire du ministre des finances Armand. e e. LE LS Comme je l'ai su plus tard, la note dns HS e " . . LU ; e È . 3 F \ probatiôn nait ma ee temporaire à 1 ds pa Au comme général d’'Hurbal, en attendant qu'il voulût bien disposer de mes services.

e service Le temps pressait, si je voulais rattraper la colonne le comité expéditionnaire, qui‘avait plus de quinze étapes. sur rapport : moi. Je me fis faire, à la hâte, une tenue de campagne, . et trois jours, après, la diligence de Puebla m'en: ne traînait sur la route—beauçoup trop poussièreuse ce - jour-là—de la gloire et des contusions qu'elle laisse souvent aux épaules de ceux qui se mêler .de la s 4 coudoyer.

do que vous INT artir quahd , LA VILLE SAINTE n-chef, 4 F Schiller planait un peu trop haut, Jorsqu’il griffonue nait rapidement la strophe ‘célèbre qui commencé ; \o., Osmowr. 1e

par. ces. Mots : “ Sur la môntagne est:la liberté.” Ces beaux vers devaient plus tard mériter Tapprobation d'un grand savant, joignant à son titre inéontes

‘temps de grisonner bien des

. dort depuis la naissance des siècles la Dame Blanche

s X | DEUX ANS AU MEXIQUE

table de. Prussien celui un peu plus vaporeux .de ;

poèté — Alexandre de Humbolt — qui se les répétai “Souvent, commeïl l'avoue lui-même dans son Cosmos; en gravissant les pentes escarpées des Andes.

De même que chacun de ces fiers géants de la . Gordillière, ie Popocatepetl a dû se les entendre resser lorsque l’illustre explorateur arriv& tout essoufflé sur cette cime: sauvage, dont le givre et le frimas n’avaient gardé jusqu’à ce jour qüe l'empreinte de la serre d'acier du condor, du pied craintif et prudent du Chercheur de soufre, | Pourtant le sceptique n’a rien cru aux rimes vi- Drantes du barde allemand. Il avait vu passer tant de fleuves-et de torrents charriant des monceaux de cadavres et des débris d'empires sous son granit immobile ! Sa longue chevelure de pin Re le fois sous l'éternel baiser de son éternel hiver, sans que l’homme en fût devenu pour cela moins ambitieux, moins égoïste, moins orgueilleux, moins jaloux, et sa bise froide et glad

ses 5,400 mètre

—S0it 16,200 pieds —sur le gigantesque tombeau, o

(*), ne laissant au

touriste tombé en arrêt devant ces |

(1) Vue de loin, la Dame blanche ressemble à s° immense cercueil en fer Sa hauteur est de 4 en |

y tromper à un | 786 mètres, soit 14,352

vaporeux de e les répétai

S son Cosmos; ndes.

zéants de la es entendre arriv4 tout > givre et le > l'empreinte | craintif et ix rimes vipasser tant onceaux de son granit avait eu le ernel baiser

ne Blanche| devant ces |

tromper à un os, soit 14,358

. deux colosses de pierre que la conscience de son . | ‘immense petitesse, et le forçant de ‘se dire in petto, que si un jour la liberté avait dû chercher refuge

aussi haut, il n’est guère possible qu’elle se risque à

se tordre les reins, en redescendant parmi nous.

. Les derniers rayons du soleil couëfant commençaieut à se décolorer et à mourir lentement sur le versant de la Mälinche, lorsque la diligence fit son entrée dans là ville des Anges, passant à ‘côté du trop célèbre pénitencier, immense édifice quadrangulaire, fout noirci de fumée, criblé de balles, de boulets et d’éclats de mitraille, et dont chaque lambeau de muraille, chaque pierre tombée cache une -Soutte de sang français.

Il y avait, dans l’intérieur de cette énorme forteresse, une grille en fer qui en sautant écrasa sous sou énorme masse presqu’une compaguie entière de mexicains. |

Forcé de ployer sous la bravoure de nos soldats Ortega en l’évacuant fit mettre le feu dans une partie de l'édifice, et ses détenus politiques trouvèrent dans cet épouvantabte brasier une mort horrible. Seule, une malheureuse femme put s'échapper, à moitié nue et couverte de brûlures, mais sa raison ne résista pas au choc terrible qu'elle avait subi. Elle mourut folle, et personne ne resta pour raconter les terribles angoisses de ces pauvres enchainés que la flamme venait lécher et faire mourir longuement.

ss ÿ

PR AE nr rs GR né EE cé Gi à ’ '* < À : # GR LI

RP LT PE À 2 1 {; ÿ À : F DEN “ LL ‘ k CON à ‘ rs 4 v :

, ; a | 8 LA 88 | |

lui donnèret t les troupes du maréchal Forey, de 29 mars 1863./ Elles sont bordées par . faineux cadres

qui offrirent une résistance si dés spérée. Chaque grille, chaque gouttière, chaque fissure du pavé était

un tromblon, un canon de carabine, et les yeux terrifiés du voyageur ne peuvent s'arrêter sur An angle de maison, sur une Corniche de:toit qui ne

° soit éraîflée par Une grenade, dentelée par une balle, écorchée par un boulet rayé Où par une éclat d’obus.-

La ville elle-même est ceinte d'un long ruban de modestes tombes, où généraux, colonels, officiers

de leur belle France. A peiné Le froid suaire de gazon qui les recouvre cache:t:il les abimes de larmes et de sang, où se pose toujours le talon léger de la gloire et du génie des batailles En quittant Mexico, un de mes amis, M. Corriston, m'avait chargé d'une lettre pour un compätriôle de Montréal, M. Kurkzyn, jeune négociant, faisant d'excellentes affaires à Puebla, Je ne sdis qui de nous . deux ressentit le plus vif plaisir, en échangeant la cordiale poignée de mains que nous nous donriâmes Lui, apprenait par ma bouche les nouvelles les plus récentes du. Pays ; politique, changement de ministère, nécrologies, mariages, naissances, Pour lui, tout était du nouveau.

ce

Les rues dé la ville qui conduisent an bénitencier : portent partout les traces des terribles assauts que

devenyu une embrasure par où sortait une escopette,

subalternes, et pauvres soldats se sont‘assoupis, loin .

Moi, je contais avec un plaisir .

Cor moi peri m'a -mili P.

aille mai:

arri:

lend com:

el se la d dém:

de I:

absol

1 Dénitencier :

assauts que Forey, de 29 I1eux cadres ée. Chaque lu pavé était 1e escopette, et les yeux êter sur han ‘toit qui ne r une balle, clat d'obus,g ruban de ls, officiers Soupis, loin re de gazon e larmes et éger de la

Corriston, ompätriôle nt, faisant ui de nous angeant la donnâmes:

:s les plus de minis.

r lui, tout un plaisir

Pordeaux et le champagne de son amphj

. DEUX ANS AU MEXIQUE | 9 indiible : il me semblait qu’à force de parler de la patrie, la distance dimMmuait, et imagination aidant, je croyais être tranquillement à Québec, passant joyeusement une longue et bonne soirée en têtelà. tête avec un vieil ami | 5

M. Kurkzyn avait emporté avec lui cette franche hospitalité canadienne qui fait reconnaître un de nos compatriotes partout à l'étranger; aussi, durant le’ mois de ma garnison à Puebla, ne voulut.il pas me permettre de nie servir du billet de logement que m'avait fait lenir-le seprétaire. de :la subdivision militaire.

Peut-être avait-il raison ? Où aurais-je pu trouver , ailleurs Ha joie et le bonheur qui régnaient dans cette maison bénie ? | y

IT est d'usage en Campagne, pour/un offer qui arrive dans une place de guerre, /de ‘se‘rendre le ! lendemain matin, au apport de neuf heures, chez le Commandant supérieur, pour lui décliner son nom et ses Litres et se mettre à sa disposition, pendant, la dirée de son séjour en ville, Toujours cette démarche a pour résultat une invitation à déjeûner 4 de la part de l'officier supérieur —ce qui n’est pas, … ‘+ absolument désagréable en route—et comme après , fout, op a la conscience déchargée du plus léger > des péchés véniéls contre les“ Ordonnances ét Règle- 1 ments,” on n’en savoure qu'avec plus de plaisir le

Page 1