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En route, lorsqu'elle n’est pas semée des émotions d'un jour de combat, la vie est excessivement monotone. Presque toujours, c’est la même Chose ; devoir de service, et distance d’une étape à l'autre franchie à cheval, avec un soleil vertical sur Ja tête, un sommeil de plomb sur les yeux. Puis, quand nous. sommes arrivés, pour distraction une sieste sous la tente, si par bonheur, il ne prend pas au commandant de la colonne la malencontreuse idée de faire séjour dans un village queléônque, et de nous donner un billet de [ nt chez une sa
— famille indienne, sous la méchante hutte de laquelle ,
L DEUX ANS AU MEXIQUE chacun refléchit à son aise à ces vers de Gautier :
Théophile
La limace boueuse argente la muraille l . Dont la pierre se gerce et dont l'enduit s’éraille. f Les lésards verts et gris se logent dans les trous; Et l’on entend, le soir, sur une note haute, ” le Coasser tout auprès la grenouille qui saute, : le Et râler sigremènt les crapeaux à l'œil roux. m Néanmoins le paysage que nous avions sous les P ‘yeux depuis notre départ de San Antonio, était bien P' propre à nous faire oublier ces légers désagréments de de la vie militaire. Les précipices et les montagnes o *. sur la crète dééquels nous expéditionnions, avaient A une ressemblance frappante avec ces lieux maudits J du Liban, dont Lamartine fait une description si dé poétique, dans son itinéraire : :
—“* Ces masses étaient posées d’aplomb comme des | ; cubes solides et éternels. Suspeudues sur leurs angles : etsoutenues par la pression d’autres roches invisibles, 29 elles semblaient tomber encore, rouler toujours et ES ‘présentaient l'image d'une ruine en action, d’une C chute incessante, d’un chaos de pierre, d’une avalanche intarissable de rochers, rochers de couleur dan funèbre, gris, noirs, marbrés de feu et de blanc, oett opaques ; vagues pétrifiées d’un fleuve de granit; . 7 Pas une goutte d’eau dans les profonds insterstices de dei ce lit calciné par un soleil brûlant : pas une herbé, ma
pas une tige, pas une plante grimpante ni dans ce torrent, ni sur les pentes crinelées et ardues des deux
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. formes, la variété de leurs poses, la bizarrerie de
leurs chûtes, le jeu des ombres ou de la lumière sur leurs flancs ou sur leur surface, semblaient prêter le mouvement et la fluidité, Si le Dante eût voulu. peindre darts un des cercles de son enfer, l'enfer des pierres, l'enfer de l’aridité, de la ruine, de la chûte des choses, de la dégradation des mondes, de la caducité des âges, voilà la scène qu'il aurait dû simplement copier. C’est un fleuve des dernières heures du monde, . quand le feu aura tout consumé et que la terre
dévoilant ses entrailles ne sera plus qu’un bloc inutile
de pierres calcinées sous les pas du terrible Juge qui
viendra la visiter” (1) es | = Rien n’est forcé, rien n’est trop accentué dans ce
sombre tableau, et souvent par ces chemins dangereux
(1) A peu de distance de San Antonio, le préfet politique de Teposcolula, M. Franco, trouvait en 1864, un bolide, que j’ai eu l’occasion d'examiner au musée de Mexico. En rendant compte de son arrivée dans la capitale, l’£re Nouvelle faisait la description suivante de cette ouriosité de l’autre monde qui pèsait près de mille livres,
70e bolide nbe environ trente centimètres ; il a Is forte d'une téte
de bœuf et rend un son iniétallique ét argentin, Ioriqu'én lo frappé. #rR0. un corps dur. Be, dureté est très-grande; an couteau peut à. pêine le râper ; il s ls couleur du fer ou de la fonte, aux endroits que
le fôttoment » rendus brillants. Soi énürive pééhéeut it lious axplicable qué par Là phésohds d'u iétat d'air grébd pl tel fite
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, | @bterribles, nous mettions huit heures à franchir des . étapes de deux lieues. Là plupart du temps les soldats étaient obligés dé grimper sur les saillies de rochers
et de retenir par des cordès passées .sous les’essieux, / les roues de nos pièces de \montagne dont la moitié / /. se balançait sur l’abime. Hiva élait-ce vraiment un
= bonheur que l’ordre fût arrivé à temps pour faire ! retourner le convoi du colonel Doutrelaine ; une fois / engagé dans ces précipices, les chevaux, les fourgons y) ,; dutrain et nos piècés de siége auraient été infaillible. ment abandonnés par nos hommes, harcelés sans cesse par un engemi invisible. |
séparent Tehuacan de la ville d'Oajaca, si
Le onze janvier à dix heures et un quart du matin, nous faisions notre enffée, clairons, et tambours en tête dans le petit village d'Etla, point où s'étaient concentrées les forces du corps èxpéditionnaire.
Le général d'Hurbal avait transpo veille son quartier-généralà six kilomètres en avant, à l’hacienda Blanca. * | : Gi. je. dus me séparer de mes amis les zouaves, après avoir partagé quelques heures la bienveillante hospitalité de M. Nolf, correspondant de l'Estafette,: ef;je profitai d’un, convoi de gabions qui partait
sous: J'escorte: d’un,
me: tendre à l'état-major.
depuis la
/1 . Nonobstant ces difficultés, notre colonne ne mit! que huit jours à franchir les soixante-deux lieues qui
escadron du. 6, hussard,. pour.
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