‹ Deux ans au Mexique [microforme]Chapitre 26 sur 46 · SITE · texte numérisé non relu

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umbra—s'applique surtont à la : vie militaire, le

* Colonel Magnan me mandait à son tour, en date de do Montpellier, le 11 Janvier 1871. |

—“ Notre cher de Vaudrimey-Davoust est mort esl gloriensement sous les murs de Metz en brave soldat | g

qu'il était.” | | rel

. Nos journées pendant les premiers jours de l'in. ab vestissement de Oajaca se passait à reconnaitre les lh environs de la place, où à accompagner le général les dans, ses excursions qui avaient pour but, l’étude che

\ topographique des terrains où nous devions nous de \ installer, quarfds’ouvriraient définitivement les opé- d'a: * rations du siége si désiré. | : ma Quant à nossoirées, ellesétaient des plus pacifiques, L Lorsque personne n'était de service de nuit, on rs organisait un whist auquel venaient prendre pat le état général Mangin des Zouaves, le colonel Petit des dl chasseurs d’Afrique—fils du général de la vieille garde qui reçut les touchants adieux de Fontaine: Re bleau—et M. de Quélen, chef d’escadron aux hussards. L “7 Comme mes fréquentes distractions m’avaient donné: mäl la réputation d’exécrable joueur, aussitôt que j'enten- mon

dais la grosse voix du général Mangin qui\çriait : fatig

- : Allons messieurs ! à moi de faire les cartes! Le Je m'esquivais furtivement pour me glissér entre avai

mes Couvertures de camp, et là, prenant la position victo

la plus paresseuse possible, je me livrais à cette La

‘Srave occupation que les zoùaves appellent piontér À

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dans son pieu ; ce qui veut dire en langage chrétien dormir dans son I. ue Le 13 janvier deux jours après mon. arrivée, une estafette accourut de grand matin annoncer au . &énéral d'Hurbal que le maréchal Bazaine venait le relever du commandement de l'expédition, et qu'il serait très-probable que le soir même il fût à l'hacienda Blanca. En effet, vers quatre heures, : les tambours battaie t, les clairons sonnaient aux. champs, et malgré uneMorte fièvre dont je souffrais depuis quelque temps, je ne pus résister à la tentation d'assister à l’imposant spectacle de la réception d’un maréchal de France par son corps d'armée. | Les troupes étaient rangées en haie le long de la route qui menait au quartier-général, et présentaient les armes à mesure que le maréchal, entouré de son état- major et de son escorte, défilait en remerciant de la main les cris de vive l'empereur ! poussés sur son passage. . | Re Le soleil et la route avait légèremerX bruni cette mâle figure que je n'avais fait qu'entrewir, lors de :. mon séjour à Mexico, mais rien n’y paraissait des fatigues qu'il avait eu à endurer pour rejoindre si vite le corps expéditionnaire, On n'y lisait que lé plaisir de se revoir au milieu des braves troupes qu’il. avait. conduites : si souvent au triomphe et à la vittoire. ; 0; #7. RTE Gif 24 La présence du maréchal parmi nous inquiétait

= vivement-lennemi qui s'attendait à quelqu s coups

de | DEUX.ANS AU MEXIQUE

de main de notre part, et de fortes patrouilles ne cessaient de sillonner les alentours de la ville. Le 15 janvier, nous fûmes mis en émoi par le bruit d’une forte fusillade sur notre gauche, en avant, et le éommandant Ximenes fut dépêché pour voir ce dont il s'agissait. Je l’accompagnais. :

En pratiquant une reconnaissance, le 2e bâtail. lon d'infanterie légère d'Afrique était tombé dans une grosse embuscade ennemie, cachée derrière l'hacienda de la Guillera, et après l'avoir refoulée

jusque dans le col de las tres Cruces, avait mis en

déroute les sierranos de Fidencio, de Tepeji, qui . Youlaient lui disputer le Passage, leur enlevant la

position du petit Picacho, et leur tuant un officier et onge hommes.

Le bataillon s'emparaït en ce moment du village de San Felipe del Agua. Ces renseignements nous furent donnés par le commandant le baron de Briant, qui - était venu se Poster avec un bataillon de la légion

étrangère sur la crète de la Montagne, pour surveiller les: mouvements de l'ennemi et se préparer à toute. éventualifé. Re |

Nous continuâmes notre course dans la direction , de San Felipe del Agua, à travers un fouillis inextri- . Cäble de broussailles, de lianes et de palmiers nains,

à qui nous’ftmes l'hommage d'une borine moitié dé: nos pantalons, ét nous arrivâmes à temps pour voir: l'ennemi. déguerpir de sa formidable : position et

assister aux derniers co

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che leur coûta onze morts, dont huit blessés.

deux Contusionnés, mais en reva dont la capoté ne fut trouée par Le village, dônt le bataillon d'A rendre maître, avait une importa aux Yeux de la garnison ennemie, Il était traversé à-ka/ville. À

. En détourner le Cours, c \par la soif, et une com ordres du capitaine Do

le soir mêmeet que nous avions forcées de chercher

de nous, leur Darrant ainsi le chemin de la ville.

Ce soir là nous retournions porter au marécha} les dépêches de la journée. É | IL était à table quand nous'a

rrivâmes à son quar.

tier, général, et j'ai encore dan

s l'oreille l'énergique

à juron qu’il lança, lorsqu'il eut fini de Lire à haute : :

Voix là phrase suivante :“L'enremi que àous avons devant nous a du

DEUX ANS AU MEXIQUE 18 un colonel et vingt" De notre côté fous n'eûmes que.

nche pas un homme une balle indiscrète.

frique venait de se nce exceptionnelle

par l'aqueduc, qui fournissait l'eau

moins le mérite de persévérer toujours dans Je chemin où il s’est engagé : un enfant vient de me prévenir de ne pas laisser nos troupes boire aux citernes particulières, les officiers J uaristes y ayant fait jeter du poison ! ” \ | Voilà les seules armes que ce parti troûvait effcaces Contre nous, car il savait que jamais. nous e le suivrions dans cet infâme sentier.” Lu En sortant dé la salle à diner: le colonel Osmont me fit passer dans son cabinet particulier, et là, m’ap- {prit que le lendemain matif je devais retourner à San | Felipe del Agua pour y rejoindre les vadres du 2e | bataillon d'infanterie légère d'Afrique, en qualité d'officier stagiaire, au titre étranger.

… On attache au mot stagiaire dans l'armée française | une double signification. Er Peut être stagiaire lônt officier étranger détaché officiellement par son gouvernement pour étudier l'organisation, la discipline on l'administration de l’armée en campagne. Plusieurs Senéraux ont ainsi commencé leur célébrité. Le général américain McClennan fit comme stagiaire au génie français, la campagne de Crimée, et le baron de Vandeësmissen qui a commandé la gardeimpériale belge au Mexique, gagna ainsi la croix de la légion d'honneur en Algérie. Peuvent encore être stagiaires, maisseulement devant l'ennemi, ceux qui n'étant pas sujets français,

sont recommandés et admis à subir un examen . militaire, devant un comité d'officiers re

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Suivant l’heureuse ou la malheureuse issue de cette

épreuve, au Mexique, A ils n’entraient pas à la

légion étrangère, ils étaien ment désigné par le commandant-en-chéf, et y fai. saient fonction d'officiers sans troupes pendant la durée de la campagne. ,

À la demande du marquis de Montholon, j'avais été -Classé dans cette dernière. Catégorie, et je n’eus qu'à me louer de l’heureux hasard qui m'avait placé auprès du commandant d'Ornano, en qualité d’officier

internés dans un régi- .

d'ordonnance, J'avais déjà eu le plaisir de faire sa

Connäissance, lors de mon passage à Orizava, et je

savais que sa réputation d’excellent militaire était répandue dans toute la terre chaude.

Agé de quarante-cinq ans, cet officier avait commencé à porter le havresac, avant d'arriver à la contreépaulette de commandant.

qui avaien! connu de Lamoricière, disaient qu'il avait avec le général une ressemblance frappante : quant à nous, nous savions que par la trempe énergique de son caractère le commandant était corse, il savait en imposer toujours à Propos, aux rudes troupes qu'il avait sous ses ordres. <

: Le commandement qui était dévolu à M. d'Ornano était. peut-être un des plus difficiles de l'armée française, | ae

Le premier officier venu ne sauraitimposer l'amour

périeurs

de la discipline ét de l'obéissance pasaive, protitier

Les vieux grognards .

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défendirent pendant une journée co

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‘point du règlement militaire, comms en contient le ?e bataillon d’Afriqne.

Ces bataillons —ils sont quatre — ne sont recrutés que parmi les têtes chaudes des autres corps de l’armée, auxqnels une forte contravention à l’ordonnance, un délit ou un larcin ont valu les déboires

d’un conseil de guerre. Tant que dufe leur, osition, elles sont internées aux régiments-d’infanterie légère d'Afrique,.mieux connus sous le nom de zéphirs, Bien entendu, s’il est un endroit où l'on s'attend à avoir du tabac, ce sont eux, les Joyeux comme les appellent les zouaves, que l’on lance en avant, et toujours lorsqu'ils ne sont pas trop surménés par l'officier qui les commande, ces braves enfants perdus font plus que leur devoir. A preuve, l’héroïque combat de Mazagran, livré en février 1840, ou cent vingttrois zéphirs sous les ordres du capitairie Lelièvre se tre douze mille arabes, et finirent par les mettre Atéroute.

Sathant se tenir dans un justé milieu de douceur et de sévérité, le Re à d'Oruano était sinon le chéri de sés officiers, avéc qui il ne transigéait jamais, du moins l’idole de ses troupes. Le soldat savait parfaitement que si, une fois son devoir ac-

. :pgapli, la double ratiÿn -d’eau-de-vie, l’attendait, 1 .“g#igwrait pas non plus qu'il s'exposalf au silos ou à

quelque chose de pis en Contrevenant au service,

Alors notre chef n'entendait pas badinage.

: Un soir, pendant le siége, un soldat trouvants08

à des têtes de pipes |

de pipes ne. |

Lt recrutés Corps de à l’ordondéboires rposition, rie légère e zéphirs, s'attend à mme les avant, et lénés par

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ndait, il ilos ou à

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potage mauvais avait jugé à propos de le faire passer de son écuelle, dans la barbe touffue de son fourrier,

Le supérieur goûtant fort peu cet échaudement, alla se plaindre au commandant. à

J'entendis celui-ci donner l'ordre d’attacher le farceur à un arbre, placé dans la ligne de projection des bombes de l'ennemi, et le malheureux passa touteune nuit dans cette position critique, réfléchissant aux inconvénients que peuvent procurer la présénce de plusieurs cheveux sur la soupe. L

Tout le monde säväit donc qu’on ne gagnait rien à . ne pas bien faire son métier, et chacun tâchait de 4 mériter son approbation en se conformant strictement à aux ordres donnés. :

Le jour de mon artivée au bataillon, fera époque à dans mes souvenirs, car peu s’en fallut qu’elle ne fût à suivie d’une pfomenade dans l’autre monde. 1

ordre du” jour consistait à pratiquer une recon. naissance. du côté d'Isébtehe, petit village situé à quatre kilomètres sur'la gauche de San Felipe de l’Agua, mais éloigné de la ville d’une portée de canon. Arrivés là, nous dévions opérer notre jonction avec la brigade de cavalerie du général de Lascours, pendant que le 3e zouave sous les. ordres du colonel Tourre, devait occuper les-villages de Xojo et de © Santa Lucia, et s'y maintenir. ; 1

Pendant deux heures, nous suivimes une barrancs lit de torrent desséché-croyant notre mouven

. ignoré de la‘ville. Déjà, nous avions réussi à fairg < notre entrée dans le: village et nous nous massions près du portail de l'église, en laissant notre

cavalerie èt nos tirailleurs escarmoucher avec les avant-postes juaristes, lorsqu’en débonchant par nne allée dé cactus, l'état-major du bataillon fut: salué par deux obusiers de montagne que l'ennemi avait réussi

É à masquer parfaitement derrière un bouquet d’ar-

bres, à portée de carabine. |

J'étais à quélques Pas en arrière du commandant, et mon cheval}, pur sang mexicain très ombrageux, entendant le ronflement de lobus qui arrivait sur nous, fit un écart subit et me força de vider les arçons. Ce fut heureux: car le projectile passa en faisant ün ‘fapage infernal à hauteur de tête, siffla près de l'oreille du. lieutenant Chédeville, et alla éclater à cinq mètres plus loin, désarticulant l'épaule d'un soldat et brisant le pied d’une malheureuse femine qui lui donnait à boire. À

En me voyant mordre la poussière, la plupart des officiers crurent que j'avais été frappé en plein fouet ; aussi poussèrent-ils un joyeux éclat de rire lors: qu'ils ne virent que la fourruré de mon dolman légèrement endommagée. “a

Nous tournâmes bride, et le commandant fit avancer la batterie du lieutenant Tissier,

Dès les premiers COUPS, n0S mortiers démontè. rent une pièce. aux mexicains, et mirent dix artil-

leurs hors de combat, L'ennemi Jjugea alors &

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