‹ Deux ans au Mexique [microforme]Chapitre 36 sur 46 · QUE · texte numérisé non relu

QUE

pec, où je l'avais

- * Le dessert nous:Sbprit au Canada ; et M. de ‘ Montagnac ne tarissait pas en éloges gur l’hospitalité, l'esprit religieux et les mœurs foes françaises de mes compatriotes. LorsPéff"} vañt, il porta un toaët à mon pays—cet avant.garde de la. France en Amériqne, comme il l’appela—je ‘ne ré-

; ; : CR pondis que. ques mots à ce témoignage sympathique donné ma nationalité. Mon émotion prouva

Mieux quemes paroles aux rudes figures de sol-. dats qui n €ntouraient, combien le souvenir de la mère-patrie nous é AL encore cher.

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Je ne devais plus revoir le baroÿ de Briand.

Dans la journée du 4 mars 1866, notre hôte, parti à miquit de Parras, état du N uevo-Leon, pour faire une reconnaissance avec152 hommes de la légion étrangère et 230 mexicains, l#‘plupart volontaires, tOmbait au milieu du corps d'armée de Cogtina, et se faisait Massacrer sans pitié par un ennemi qui, ne connais. sant pas même l'honneur de ngm ne ‘sahräit respec: ter le courage malheureté. Di ins

Dans cette nuit terrible la légion étrangère/renag- ” * vela à trois ans de distangéMievant —lhaciendä le * … | Santa Isabef, le sublime sacrfi e du nr ; gt

… Le baïôn de Briand, que j'ai tonn, laissé plusieurs manuscrits précieu

if jeñient, a, rela tatfique D

etl'histoire militaire.

l'avais |:

M. de l’hospi- “fs levant, !:

e. de la.

‘ne résympaprouva de sol.

* de la

Briand.

parti à re une étran- Ombait faisait Anais.

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“Un officier fait prisonnier à ce massacre et qui réussit à s'échapper, écrivait au Constitutionel de Paris une correspondance dont voici le résumé : —“ Personne ne saurait décrire l’affreuse misère dans laquelle sont tenus les soixante-trois malheureux que les juaristes ont faits prisonniers au combat de Santa‘lsabel. A peine leur donne-t-on uné misérable nourriture ; leurs uniformes ne sont plus que de haillons ; ils vont pieds nus, et sont-Menés à coups de crosse de fusil comme un vil troupeau. Tout cela ne les a pas empôchés de tenir leur destinée entre ; leurs mains. | \ Un jour, un général mexicain les fit former en ligne dg, batdille, et Jà, leur annonça que s'ils voulaienfiprendre du sérvicé dans la république, ils seraient Wéurris, habillés et soldés libéralement : si non, qu'iliiseraient! fusillés dans les vingt-quatre heures. TOUS *refusèfent d’une seule voix, et ce courage héroïquéf@une telle impression sur Cortina, qu’il donna l’ordré"de les épargner.” — :

Voilà les gens avec qui le hasard de la guerre nous forçait de nous mesurer. |

Le 20 février à quatre heures du matin, nous nous

: « remettions en route par le chemin d’Acatlan, escor-

tant plus de deux cents fourgons du train et tout . notre matériel du siége, augmenté de celui que nous avions pris à Porfirio Diaz. En passant sur la grands place encore tout endormie de Oajaca, j'aperçus une

petite iumière à la fenêtre d’un de mes amis les plus

dévonés, le lieutenant Joseph-Eugène Cordier des grenadiers de la légion étrangère. Je në sus résister au plaisir d'aller lui serrer la main; et j'étais loin de soupçonner que cè serait le dernier quartd'heure de causerie que nous devions passer ensemble. : D

.… Atteint d’une maladie du foie mon pauvre ami se sentit défaillir, et lors de son retour à Puebla s’endormit pour toujours, deux heures après avoir reçu son brevet de capitaine, loin de ceux qui l’aimaient sans même pouvoir confier ses dernières paroles aux autrichiens entourant son lit de mort, et qui ne Comprenaient pas le langage du moribond.

En quittant le Mexique, je suis allé voir la modeste croix qui indique la place où repose ce cœur si franc, si pieux et si loyal, entre un caporal de lanciers français et un sous-lieutenant de hulans serbes. :

Là, sur cette tombe, je me suis demandé si le

dévouernent et l’'abnegation ne menait qu'à l’abandon et à l'oubli des hommes ici-bas. A genoux sur cette fosse perdue, j'ai eu presque là pensée de Chateaubriand, et avec lui je me suis convaincu une fois de plus qu'ainsi passe sur la terre “tout ce qui fut bon, vertueux, sensible ! Hommei

4 tu n’es qu'un songe rapide, qu’un rève douloureux.

“Tu n'existes que par le malheur; tu n'es quelque # chose que par la tristesse de ton âme, et l’éternelle * mélancolie de ta pensée” :

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Jusqu'au 22 février, il nee pässa rien d’important ; néanmoins nous mimes quatre jours à faire franchi à nos fourgons les Hentes escafpées de Las Minas Par un miraculenx hasard, nés ne perdimes que ônzé Mulets et deux voitures dans ces horribles précipices,

Les étapes de Huiglio, de Nochistlan, San Juanito,

Yanhuitlan, Tutla, Tamasulapa, Huajapami Chila, Petlacingo, Acatlan, le Bouquéron, Santa Inés et.

Tepeji furent franchies successivement sans em combre. Bien que Chato Diaz fût dans ces paräges et y commit des barbaries atroces, il n’osait pas nous atlaquer ; et notre marche se continua sans que nous eussions d'autre poudre à brûler, que sur de pétités colombes grises et grasses comme des cailles, et sue les faisans et les lièvres de La route: Comme les mexi: Caips ne mangent bas de ces derniers, ils foisénnaient

par milliers—partout où poussait le palinier-nain .

et mes camarades de popote, le Capitaïné Dubosq et lé lieutenant Tamisey en faisaient journellement un Mrassacre suffisant pour approvisionner now seule: ment notre table, mais encoré celle: de’: nos soûi: officiers. | | |

Les églises de la plupart des villages que nous

träversions offraient de jolies sculptures en bois art dans lequel les espagnols ont longtemps éxcélé |

<—et quelques tableaux dé grands maîtres. *

À Tepeji, j'ai vu uné petite viergé.de Muritlo dont 6 éuré avait, dans un jour de S@us

Tr

Pa

le sanctuaire. de Tlascalap un saint Jérôme de

l'école espagnole sur les épaules duquel un Capucin, amateur d'habits plus chauds, avait Jeté un affreux ‘

barbouillage qui était censé représenter une soutane. Dans les environs de Nochistlan, je fis acquisi. tion pour la minime somme de quatre piastres, d'un tableau signé par José Ribeira, mieux connu sous le nom de l'Éspagnolet. Cette toile, haute de huit pieds, large de quaire, représentait l’apôtre Saint Thomas, debout, drapé dans une toge rouge

‘et tenant à la main une vieille bible qu'il lisait at *

tentivement, Les pages de l'antique bouquin étaient ployées ça et là, aux passages les plus aimés ou les

plus saillants, ‘et une seule ride habilement tra

cée par le maître, iradiant les teintes d'ivoire du front-de ‘fhomas, indiquait clairement qu’en c moment. le démon du doute s’attachait de nouveau ‘à ce malheureux saint qui, n'avait pas l'air

‘ l'air convaincu du tout et regardait d’un grand air :

d'incertitude et de finesse le verset en litige. La tête était vraiment magnifique ;et' si de puis des siècles elle n'avait été enfouie au Mexique, c'étaità croire que Charles Blanc l'avait sous les yeux lorsque, dégan: ‘la manière de l'Espagnolet, il disait da histoire des peintres de toutes les écoles :

—“ Présenté par son père à Michel-Ange de Cara Yage, dont les leçons étaient si conformes au tempérament de lEspagnolet, José: Ribeira débuta dans

son

latelier de ce terrible maître par étudier des têtes |

ime de

apucin, affreux

outane.

acquisiiastres,

connu aute de l’apôtre rouge

sait at

étaient ou les nt tral’ivoire qu'en e nous l'air nd air La tête les elle re que ant son

Cara.

em pé-

, dans

têtes

| 4d’apôtres, des demi-figures desvieillards. et déjà il: … #e plaisait à les peindre marquées de tous les signes . de la caducité ; il écrivait chaque muscle avec une précision affectée,. mais étonnante : il accusait à "4 * pläisir la dureté et le poli des: os, la présence des Ta tendons, la moindre cicatrice da quelque ancienne * «,. ” blessure, et les phalanges des doigts dé la main avec leurs rides les plus profondes rides de marbre, comme les appelait un jour le sculpteur David—telles ‘ que les creuse la vie, non pas dans les. carnations ” molles et'tombantes, mais dans ces peaux, fermes,

. L De épaisses et basanées dont se recouvre Un COrps robu

| les draperies et la toge, avaient été faites par un de ses élèves

choses, J'en fis Cadeau au directeur de ja télégraphie mexicaine, M.: Keefer, Ÿ + 1 +

qui m’assufa que ce tablean ne serait pas dépæeillé

ra “ M. Witmef, vieux : rèitre du moyen-âge tombe, je | parmi les zéjhirs, et qui me # ‘ servait de ‘daméstique. En effet, chaqué matin en

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