‹ Deux ans au Mexique [microforme]Chapitre 39 sur 46 · DRUX ANS AU MEXIQUE · texte numérisé non relu

DRUX ANS AU MEXIQUE

de fusiller, c'est le.bandit Romero, réplique l'autré *

froidement en retournant:à son posté.

Le signal se donne: une détonation déchire l'air, et les cing malhettreux roulent dans là poussière: |

Puis un sergent s'approche! leur doriie le coup de

D. - grâb&äans l'oreille, et toute la: brigade: défile at päs

Hfimähts et laissant échapper leur cervelle sur le ” Romero était mort comme il, avait vécu»: à trois"reprises différentes il avait refusé de voir le

prêtre.

accéléré, musique en tête, devant ces crânes'ouvérts, bn!

—{ Comme tant d'autres nés’ pour une meilleure fin, s'ils eussent vécu à une époque tranquille, écrivait ce jour-là un. des journaux de la capitale, Rômero a contribué pour sa part et par ses actes à l'anarchie et à la décadence de sa nation. La tombe est un asile sacré ; il serait inhumain. et impie d'y poursuivre de reproches ceux qui ont consommé l'expiation ; mais qüél est celui qui oserait déclarer que l'accusé mêritait d’être absous ? S'il s’est montré brave à l'heure suprême, ne s'est-il pas montré cruel quelque fois ? le a eu quelqües journées dignes d’un soldat, -n’4-t il pas eu cetté nuit de Metepec où des femmes furent égorgées ? S'il pardonna en quelques circônstances ses ennemis prisonniers, ne fitil pas fusiller des malheureux trop pauvres pour lui Payer rançon ? S'il n'a pas de sa personne trempé les

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mains dans ce sang et dans ces excès, étant lé chef . -* de ceux qui ont fait ce mal, il en était responsable.‘

ILest venu un jour où la responsabilité lui en a été ” demandée, et il a fléchi sous le: poids, . Dans cette nuit suprême où toutes les actions importantes de

la vie se détachent de l'ombre pour. consoler ou

accabler le condamné, et'où la consctence est tout ‘ entière à elle-même, il a vu passer, devant lui des :

femmes ensanglantées, des mêlées inégales de trois

cents contre sept, des rhin Voilà les véritables témoins, les véritables accusateurs, les véritables juges de “l’homme qui vient de disparaitre.” PF | Cette exécution de Romero contribuait pour beau- ” Coup à faire croire à une tranquillité durable; et déjà l'on s’habituait, quoique difficilement, au régime salutaire de la paix, lorsque les nouvelles de l’intérieur commencèrent à redevenir marécageuses, siivant l'expression favorite d'un officier de cavalerie, Masson. Un certain malaise régnait parmi la classe marchande. Des convois venant de Morelia avaient. été arrêtés et pillés; deux préfets politiques, don Juan Becerril et le général Falcon, venaient d’être assas sinés à quelques lieues de Mexico, et les guerilleros se hasardaient à montrer le bout derleurs carabines dans le Michoacan, état voisin de la Capitale,

Vérs la fin de mars, le colonel Van der Smissen reçut l’ordre de marcher sur Môrelia avec mne partie

de la garde impériale belge, et d'y faire le service de

es, des exécutions farouches, :

garhison. Les zéphirs sous les\ ordres du comman-

dant Chopin devaient s'embarquer pour Victoria,» … chef-lieu du Tamaulipas, et le commandant de

Briand partait pour Matamoros avec son bâtaillon de la légion étrangère. ‘ -Ges préparatifs annonçaient un dernier eff t de

la part des juaristes, et tous les officiers de 1 gar-

nison se tenaient prêts à marcher au premier signal.

. Dans les arsenaux on déployait un surcroît dati.

vité : les ouvriers et les pontonniers étaient occupés à fabriquer des affûts légers et solides pour Les obusiers de montagne ; l’armée mexicainé se réorganisait, et le général de Brincourt à la tête d’une forte colonne, tenait déjà la campagne dans le Nuevo- Leon. rn :

Pendant tous ces agissements nous nous rencontrions souvent chez un membre de la cormmissibn scientifique du Mexique, M. Lami, et quelquefois chez Fuicheri, le marchand de- sorbets. Dans ces réunions nous causions d'art, de science et de philosophie, et chacun venait apporter le fruit dé ses études et de ses observations. Les uns s’occu. paient d'anatomie, d'histoire naturelle ; ‘les autres d'esthétique, de poésie, de littérature, et gur nos Conversations intimes étaient tombées quel. ques gouttes de ce parfum que prisait tant Horacé, uiile dulci. Les bals que nous oubliions n'avaient pas même l'honneur d’un regret et nous étions presque heureux lorsqu'un septième convive vint > ae

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g’attabler sans façon parmi nous, et nous éparplller

d'un revers de la main, à

Vous rappelez-vous l’'axieme lugubre que madame de Sévigné exprimait d’une façon si vive, en disant ?

—La mort va fourrageant et grapillant ça et là,

Si vous ne vous en souvenez pas, j'ai le droit de VOUS en parler; car en quatre jours, la mort enleva trois membres de notre cercle.

M. Harris, atteint du vomito pendant un voyage à la Vera-Cruz, et le second M. Jules Gérard, cousin du célèbre tueur de lions : il était Correspondant de l'Epoque et Collaborateür de plusieurs Journaux de la presse parisienne, quoiqu'il eût à peine vingt trois ans,

Le dimanche, M. Gérard avait passé la soirée

vec nous: ïl était abattu et se plaignait d’être .

fatigué. Quelqu'un lui conseilla de prendre urff& in, et le lendemain matin yers sept heures il s'émprèssa d'en commander un au garçon de l'hôtel National, où il demeurait, à

Une heure plus tard, en revenant de la Cas ‘Je, je grimpaÿ à la chambre de mon ami, pour lui-emprunier une liasse de journaux de France. A travers” la porte vitrée j'aperçus Gérard couché dans sa baignoire, la figure à moitié submergée dans l’eau. J'enfonçai d'un coup de genou, mais tout était hi. La face tmhéfiée, lb bouche bordée d'écume indi: quaient trop clairement que depuis: quelque temps -

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