‹ Deux ans au Mexique [microforme]Chapitre 8 sur 46 · DEUX ANS AT MEXIQUE · texte numérisé non relu

DEUX ANS AT MEXIQUE

disent les troupiers, dans leur langage énergique: Pendant dix jours, je fus forcé de garder lit, et je’ ne pus me remettre à flot que grâce äux soins du docteur de l'hôpital militaire, M. Bedel, et de M

. Lucien Biart, alors modeste pharmacien, aujourd’hui

drillant écrivain de la Revue des Deux Mondes. Encore, me défendirentils de quitter. Orizava avant de prendre une dizaine de jours de répit pour me reposer entièrement. au

Les premiers moments que je passai-à Orizava ne furent guère agréables et récréatifs.

Pouf me distraire des crises nerveuses que me valait la maladie occasionnée par le changement de climat, je n'avais que les charmes d’une promenade dans mon appartement, tout replendissant du luxe espagnol. Transportez-vous dans une chambre immense, vaste comme une salle d'armes de château, avec un parquet en terre cuite, et deux grandes fenêtres grillées. Pour ameublement, placez-y quatre lits en fer, un méchant lavabo tout vermoulu, un, cadre noir où se trouve affiché le règlement de l'hôtel, quelques chaises en bois de fer de la pesanteur d’une voiture de roulage, et après vingt-quatre heures de tête-à-tête avec ce musée, venez me donner des nouvelles de vos dispositions joviales. | . Lorsque je m’ennuyais trop à contempler les splendeurs de mon boudoir, j'avais l'agréable distraction de m'escrimer, six heures'sur douze, contre l’essaim

___ par trop sociable de puces et de moustiques qui-ge - — =

- disputaii mes pauvres mollets av tout à fait indigne d'animaux Grandville à immortalisés.

Pourtant, petit à petit mes forces revenaient, mais,

“hélas! en proportion inverse, fnes fonds:s’en glaient, avec une rapidité effrayante. !

IL en coûte cher de tomber malade loin des sieng, et, pour comble de malheu r, je suis propriétaire d'un porte-monnaie qui ressemble à s'y méprendre à'cejui

de certain poète célèbre, toujours désolé par ses noïnbreuses infidélités » ;

ec un acharnement, que le crayon de:

rmée en déroute,

lui montre la route,

ne faut qu’un écu

et le reste est perdu !

9 esCarpée et sans bords:

don est en dehors, eveau se dévide;

d'autant plus perfide Que j’eus de tous les temps la sainte horreur du vide, | Et qu'après le combat je rêve à tous mes morts | :

Heureusement que

Dieu pense de temps à autre aux misères qui forme

nt notre ombre derrière nous, 6, qui souflla dans l'oreille du

sait a

M LA eo

‘harnement, crayon de:

iient, mais,

‘en @laient '4 ,

i des sieng, étaire d'un dre à Cejui

ir ses notn- .

, à autre re nous, eille du idie par lu vide.

arcelle.

ruiné plus tard par un tremblement de terre. En.

ion et réussit à aller planter le drapeau du léopard

XL DEUX ANS AU MEXIQUE 9 , "95 | … Quelques jours après l'envoi de re je 14 "pecevaig-par la bienveillante entremise de M d'Or. “ nano, ses remerciments, accompagnés d’une traite -

sur le commandant supérieur.

| Délivré L la lourde responsabili té que faisait peser sur moi l’aftention continuelle qu’il me fallait donner à la conservation de ces dépèches, j'eus le loisir, pendant quelques jours, de visiter Orizava et ses. L ‘environs. | sd Cest.une ville considérable, encaissée dans les montagnes—ce qui en rend le séjour excessivement “14 désagréable pendant la saison des pluies —et entourée. ‘+ de, jardins magnifiques, dont les plantes tropicales | nous rappellent involontairement les ravissantes #4 descriptions que Méry nous fait de certains paysages de l’Inde et de Ceylan. ù 7

Elle est malheureusement, comme toutes $es sœurs du Mexique, d’une malpropreté révoltante.

En fait de monuments, la ville ne possède rien de. très-remarquable, si ce n’est le beau et vaste couvent de la Concordia, transformé en hôpital militaire et

is

revanche, elle a son fameux pic, le volcan d'Orizava, . haut de 5,295 mètres—soit 15,885 pieds—et dont

la crête éternellement couverte de neige se distingue facilement à trente lieues en mer |

En 1860, un Anglais excentrique en tenta l’ascen-

— aux champs.

sur la crête du cratère. Pendant mon séjour, un

action à l'Union Jack, et grimpa mettre à ses côtés l’oriflamme tricoloré, sans vouloir, je le suppose bien, faire allusion au volcan -étaint où l'Angleterre et la France ont planté la hampe de leurs-couleurs.

À 'Orizava, d'un: escadron du train de là garde impériale, qui , rentrer en France. Ces messieurs furent d’

tesse Charmante, me priant d'assister à leur mess

pendant toute la durée de mon séjour, et me donnant sur le pays de précieux renseignements que : plus tard j'eus occasion d'utiliser.

Ici, je vis pour la premièr monie d’une messe militaire.

une poli-

e fois l’imposante céré.

L'impression que laissent ces front nés devant la majesté du Dieu 4 grande et sublime comme le sacri

s basanés inclies armées, est

Passage .d’un convoi pour

Ds On As nm bi = Ee

fice auquel ils”.

\: assistent, et l'on sort de l'église ayant au cœur ces séjour, ue , battements que devait éprouver le grand pontife des Dai | . Hébreüx, quand il pénétrait dans le-sanctuaire de à l'arche sainte, ppose bien, | Re ME eterre et la A la porte, un curiéux spectacle nous attendait. eurs.

Au moment où les officiers, deux par deux, sor- | taient de la nef, un/vieillard tout sale, le bras et la | jämbe amputés, so/ mit à leur tendre la seule main

es officiers ériale, qui

nvoi pour °- quilui restait et presque tous ÿ déposèrent une pièce" d’une poli. blanche. “Quand notre tour arriva, un officier, M. leur mess Girard, qui était avec moi, me, pria de considérer t me don. attentivement la'figure de ce mendiant, et lorsque nents que nous. fûmes sur le terre-plein de l’église, il me. raconta une chose qui laisse bien loin derrière elle | : des histoires extraordinaires d'Edgar Poe. ut Ce vieillard n'était autre—vous perdriez votre. temps à vouloir le deviner—qu'un amiral qui avait à modeste “assisté à la défense de San Juan de Uiloa contre ministère Baudin ! Le même conp de canon avait CURE u dos, i bras, sa jambe, son drapeau et son prestige de brave sacrif A märin, ne lui laissant pour toute fortune que la rde était pitié moqueuse de ses compatriotes et la commiséde solen- ration courtoise de ceux contre qui il s'était battu. ru Au Mexique, cela n’a rien de bien extraordinaire. nt ; : : à Les rues de la capitale sont pavées d’invalides mure tilés par les éclats des cent et une révolutions qui . ee sont venues, depuis un demi-siècle, s’abattre sur leur s es,

L ils” malheureuse patrie comme un ouragan de mitraille, quel ls nr + Pi non)

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l’autre leur refuse.

les plus pressants de ces invalides, et la plupart de ceux qui avaient des droits réels à la retraite étaient pensionnés sur sa cassette particulière,

En allant prendre un vermouth au café de San Pedro, nous eûmes occasion dé contempler un autre exémple du triste état où peut descendre une nation

qui a perdu toute idée de ce qui est grand.

Nous athetämes des cigares dans un misérable bureau dè tabdc tenu par un général de brigade ! Ils nous fureñt vendus par l’auguste personnage luimême—jeune homme de trente-cinq äns—et à force d'obséquiosités, il finit par nous faire oùblier notre menue monnaie sur le comptoir!

d’un bont à l’autre. | | À peine âvais-je mis le pied sur les larges marches

j'eritendis le bruit d'une escarmouthe assez vive

— disparaissait littéralement sous une avalanche de portemanteatix" 7 7% . Ce mônsieur voulait avoir une chambré à Jui seul, et le propriétaire, peu confiant ‘ans sa miné re.

: Sous l'empire, Maximilien Pourvoyait aux besoins"

Décidément, cette journée devait être une comédie

en pierre grise de l'escalier de mon hôtel,. que

… et'tous se voient réduits à mendier un morceau de *. pain, que tantôt leur donne un parti et que tantôt

engagée entre le propriétaire et un monsieur, qui.

gnée son chapeau crotté et son habit déchiré, —

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