CHAPITRE IX
Une visite alarmante. — Serons -nous fusillés? — L'artillerie de Théodoros.
— Revue des troupes abyssine?. — L'orage. — Histoire du négus. — Le
démon du lac Tsana. — Conquête de l'Amhara et du Tigré. — Théodoros
songe à se faire catholique. — Bataille de Dereskié. — Prise d'Ankobar. —
Fièvre d'orgueil.
29 Mars. — Haïlo vient de me prévenir que dans deux heures je dois être prêt à le suivre hors de Magdala. Le visage de mon geôlier semblait plus soucieux que de coutume; sa voix rude trahissait une agitation de mauvais augure.
« Qu'est-il arrivé? de quoi s'agit-il? ai-je demandé avec inquiétude.
— Le négus est sur le Salamgi ; il demande les prisonniers européens. »
Cette nouvelle m'a causé un certain saisissement. Haïlo s'étant retiré pour se soustraire à de nouvelles questions, j'ai envoyé Ouelda s'informer.
L'enfant ne tarde pas à m'apprendre que Théodoros a terminé son travail d'Hercule, sa route est achevée; il a transporté son artillerie aux portes de Magdala. Quant au sort qu'il
nous réserve, les conjectures varient beaucoup. Il veut, disent les uns , nous faire assister à son triomphe pour relever la confiance de ses soldats; il se propose, disent les autres , de terrifier le pays et de braver les Anglais en ordonnant notre supplice.
A l'heure indiquée , Haïlo me retire mes chaînes et me conduit à la porte intérieure de la forteresse. Là je suis rejoint par mes compagnons d'infortune, M. Gameron, M. Rassam, M. Bourgaud, armurier français, et une vingtaine d'autres Européens. Les lourds verrous du Koket-Bir s'ouvrent devant nous ; mais ce n'est point pour notre délivrance. Une nombreuse escorte nous surveille; nous allons paraître devant le négus.
Six mille hommes environ sont rangés en ordre de bataille sur la crête du Salamgi. Une tente écarlate s'élève au centre du petit plateau; c'est l'insigne qui, en Abyssinie, annonce la présence royale. Nous nous avançons, au milieu de la haie des soldats, vers Théodoros. Le négus, revêtu d'un superbe kinkob, tunique de soie brodée d'or, et d'un lemd, sorte de pèlerine en peau de lion, nous attend à l'entrée de sa tente. D'une main, il s'appuie sur sa lance; de l'autre, il joue négligemment avec la crosse d'un pistolet. Plusieurs officiers, couverts de somptueux costumes aux couleurs éclatantes , sont rangés autour de lui. Parmi eux je remarque un homme d'un âge mur, à la barbe grisonnante, dont les traits respirent la bienveillance et la loyauté; il se nomme Gebria, et il passe pour un des partisans les plus dévoués de Théodoros.
Cependant M. Gameron et M. Rassam, qui marchent à la tête de notre petite troupe, sont arrivés devant le négus. Il les accueille d'un sourire, et je suis étonné de la puissance de séduction que peut prendre sa physionomie. Cet homme, si terrible dans ses accès de colère, a, quand il le veut, un charme irrésistible. Il se met à causer avec les deux Anglais ; je n'entends point leur conversation ; car n'ayant pas de titre officiel, je suis resté aux derniers rangs. J'observe seulement les visages; et, à voir ce groupe singulier, on dirait, non des prisonniers en présence de celui qui peut d'un mot les envoyer à la mort, mais des amis qui s'entretiennent familièrement. Plusieurs fois les yeux des trois interlocuteurs se dirigent vers les pièces d'artillerie rangées à peu de distance de la tente royale; puis le
regard de Théodoros se fixe, ardent et inquiet, sur les deux Européens. Évidemment il cherche à calculer, d'après l'impression produite sureux par le déploiement de ses forces, les chances que lui réserve la prochaine bataille; c'est dans cette intention qu'il nous a tous fait venir, et nous avons eu un grand tort de trembler pour notre vie.
Les canons sur lesquels le négus a compté pour écraser l'armée britannique sont assez bien fabriqués, mais d'un usage fort incommode : l'un, pièce gigantesque et d'une grande portée, a reçu le nom de Sébastopol; un autre se nomme Théodoros, comme son royal parrain. Malheureusement pour le négus, il est facile de s'apercevoir que cette artillerie massive, mal organisée pour la manœuvre, ne pourra suivre les mouvements de l'attaque, et que l'effet en sera presque nul. Comment lutter avec de tels moyens contre les armes perfectionnées des Anglais , si puissantes et si mobiles à la fois?
L'opinion de M. Rassam et de M. Cameron s'est trahie sur leur visage, et elle n'a point échappé à Théodoros. Une ombre rapide comme l'éclair passe sur son front; mais les troupes l'observent; il se remet aussitôt, et affecte un air assuré, souriant.
Le défilé des différents corps ne tarde pas à commencer. L'armée abyssine se compose de trois sortes de combattants :
4° Les cavaliers, qui sont armés d'un sabre et de deux lances dont ils se servent comme de javelots. A quinze mètres, ils atteignent toujours le but, et font une blessure mortelle ; ils sont montés sur des chevaux pleins de feu, qu'ils dressent à exécuter de véritables tours de force avec le secours seul des genoux.
2° Les tirailleurs, renommés pour leur bravoure froide, impassible, railleuse même. Ils ont des fusils qui ne nous paraissent pas trop mauvais ; mais la poudre doit être défectueuse , chaque soldat étant obligé de la fabriquer lui-même.
3° Les fantassins, munis de dards et de sabres recourbés en forme de faux. Ils attaquent à l'arme blanche avec la plus grande impétuosité.
Les troupes en campagne sont accompagnées d'un corps nombreux de serviteurs qui portent les tentes , les engins de guerre ou bien les ôhargent sur des mules ; le luxe des bêtes de somme est réservé aux officiers; les soldats confient le transport de leurs provisions aux femmes qui toujours suivent l'armée, et
souvent s'attachent & leurs maîtres par une affection touchante. Ces pauvres créatures, courbées pendant les marches sous des fardeaux pesants , ont encore , le soir venu , à moudre le grain , allumer le feu, faire le pain et la cuisine. Malgré tant de fatigues, malgré les brutalités mêmes dont on les accable quelque-
Armel des Abytrins.
fois, elles gardent, m'assure-t-on, une inaltérable gaieté. Aujourd'hui elles ont leurs habits de fête, et la coquetterie féminine anime leurs regards.
Au moment où les derniers soldats passent devant Théodoros, le ciel, qui depuis une heure s'est couvert de nuages, prend une teinte de plomb. Bientôt des éclairs sillonnent la nue et répandent une lueur sinistre sur tout le plateau du Satamgi ;
les noires murailles de basalte des montagnes voisines prennent un aspect lugubre et fantastique; les grondements du tonnerre se répercutent mille fois dans leurs gorges profondes. De larges gouttes d'eau préludent au déluge qui, en cette saison, se répand chaque après-midi sur la terre. Théodoros , impassible au milieu de la fureur des éléments, achève la revue de ses troupes, sans même paraître s'apercevoir de la violence de l'orage. Heureux s'il n'avait à combattre jamais que la tempête ! L'heure est venue où ce chef, réputé invincible en Abyssinie , va être foudroyé par la puissance de l'Occident. Encore une semaine, et les Anglais seront aux portes de Magdala. Le négus aurait pu traîner la campagne en longueur, s'il avait fait une guerre de partisans; mais, de toutes parts entouré de rebelles, il a dû risquer un coup décisif.
La pluie tombe à torrents lorsque nous rentrons dans la forteresse. La jolie Melkamia, qui peut-être ne s'attendait plus à nous revoir, pousse une exclamation de joie en nous apercevant. Je commence à considérer ma captivité comme beaucoup moins périlleuse que je ne l'avais cru d'abord. Théodoros m'a presque gagné par le charme de sa personne et de ses manières. Assurément ce n'est point là un monstre altéré de sang; un tel homme n'est pas capable de faire égorger des prisonniers sans défense.
Melkamia secoue la tête.
« Non, dit-elle, vous n'avez rien à craindre... tant qu'il ne sera pas en colère.
— Et s'y met-il souvent?
— Pas trop, quand les choses vont à son gré. »
Les paroles de la jeune fille me donnent à réfléchir. Ce n'est pas la première fois que j'entends faire allusion au caractère fantasque du négus. Intéressé comme je le suis à connaître son humeur, j'ai interrogé mes compagnons de captivité, j'ai questionné les Abyssins eux-mêmes : les uns m'ont tracé un sombre tableau de son fanatisme et de sa violence; les autres m'ont vanté sa gloire avec enthousiasme. Je cherche à m'informer de nouveau pour concilier ces rapports contradictoires, et, de tous les témoignages ainsi obtenus , il résulte à peu près ce qui suit.
Théodoros est un simple chef de partisans , qui , par son audace et son habileté , s'est élevé à la haute position qu'il occupe aujourd'hui. Il est né vers 1818, dans la province montagneuse
de Kouara, qui était alors gouvernée par son père, le duc Haïlo- Mariam. Quant à sa mère, le négus a fait répandre le bruit qu'elle est issue de la famille impériale légitime, celle qui naguère régnait nominalement a Gondar, à peu près comme les
La mère de Théodoros vendant du kousso.
rois fainéants de la dynastie mérovingienne. Ces princes n'avaient dans le pays nulle influence, nulle autorité. Renfermes au fond de leurs palais, ils ne jouaient aucun rôle politique, et laissaient à d'autres le soin de gouverner le royaume ; cependant leur personne était demeurée sacrée, parce qu'il s'y attache une sorte de respect légendaire. Une ancienne tradition les faisait descendre de Salomon par Mélinek, fille de la belle Makada, la reine d'Ethiopie dont parle l'Écriture. On comprend
que Théodoros ait cherché à légitimer son usurpation , en attribuant à sa mère une aussi glorieuse origine, en se donnant pour un des rejetons de cette illustre race.
Quoi qu'il en soit, Théodoros, ou plutôt Kassa, comme il s'appelait alors , car il ne prit que plus tard le nom qu'il porte aujourd'hui , perdit son père fort jeune , et fut dépouillé de ses biens par d'avides collatéraux, qui, pour se défaire de lui, l'envoyèrent dans un couvent, près du lac de Tsana. La veuve d'Haïlo- Mariam fut réduite pour vivre à vendre du kousso * dans les rues de Gondar; elle mourut au bout de quelques années, après avoir traîné dans l'abandon et le chagrin une existence misérable.
Cependant Kassa était parvenu à l'âge d'homme. A la faveur des discordes civiles , il s'échappa du monastère où il était enfermé, réunit autour de lui une bande d'aventuriers, et ne tarda pas à se rendre redoutable. Une légende très populaire le montre, dès sa jeunesse, rempli du pressentiment de sa grandeur prochaine.
Un jour qu'il campait, avec un escadron de cavalerie, dans une plaine voisine du lac Tsana, il éloigna ses hommes, s'avança seul vers le rivage et prononça quelques paroles magiques. Aussitôt un nuage épais sortit de la surface limpide, un trône apparut sur les eaux, et un fantôme, la couronne en tête, s'adressa d'une voix caverneuse à Kassa :
« Tu m'as appelé; sais-tu qui je suis?
— Tu es le prince des ténèbres et tu sais l'avenir. Régnerai-je?
— Tu auras, dit l'esprit, de rudes traverses et une vie agi-
— Je ne te demande pas cela. Régnerai -je?
— Oui, » répondit le démon. Et il disparut.
Kassa retourna soucieux vers ses hommes, qui avaient assisté de loin à cette scène.
Le fils d'Haïlo-Mariam avait ce qui , mieux que les évocations cabalistiques, assure le succès : il avait un courage à toute épreuve, une énergique volonté, une foi aveugle dans l'avenir. Une princesse ambitieuse et fière, Ménène, mère de Ras -Ali,
1 Sorte de purgatif qui est un remède efficace contre le ténia ou ver solitaire, maladie très commune en Abyssinie.
chef du Godjam et du Dembéa, dont Gondar est la capitale, essaya la première d'arrêter le jeune partisan , qui ne songeait à rien moins qu'à fonder l'unité de l'empire sur les ruines de la féodalité. Le jour qui précéda la bataille, Kassa réunit dans un banquet ses principaux officiers; puis, au moment où les convives, excités par les fumées du tedj, vantaient sans mesure leur propre courage et les talents de leur jeune capitaine, celuici les arrêta d'un geste. « Il ne convient pas, dit-il, à des chrétiens de se louer ainsi. » Alors il se jeta le visage contre terre en s'écriant : « Sois béni , Seigneur, d'avoir manifesté ta miséricorde à un pauvre pécheur comme moi! La puissance et la gloire sont à toi seul à jamais ! »
Cette ferveur religieuse , qu'il devait à son éducation monacale, dégénéra plus tard en un sombre fanatisme; mais alors elle était sincère et pure de violence.
L'enthousiasme mystique du chef transporta les soldats. Ménène, vaincue, dut accepter les conditions de son ennemi, et lui donner en mariage sa petite-fille, la belle Tzoubedge. Le père de la jeune princesse, Ras -Ali, s'était enfui, abandonnant la lutte et le pouvoir.
Ce premier succès n'était que le prélude des triomphes qui devaient conduire Kassa au' rang suprême. Maître bientôt de toute l'Abyssinie centrale, il envahit au nord la province du Tigré, où le vieil Oublé, ce chef si connu par les relations de plusieurs voyageurs français, avait pris le titre de négus. Près de lui résidait l'abouna , dont la présence suffit à consacrer la suprématie politique du prince assez heureux pour se rendre maître de sa personne. Kassa songea un instant à reconnaître comme chef de l'Église abyssine un missionnaire italien fort vénéré, M. de Jacobis; mais l'abouna, instruit de cette résolution, et plus confiant dans la fortune du jeune capitaine que dans celle d'Oubié, promit secrètement à Kassa de le faire nommer négus par les habitants de Gondar s'il s'engageait à chasser tous les catholiques. Le pacte fut conclu, et la persécution religieuse commença en Ethiopie. Attisée sans relâche par l'indigne pontife des Abyssins, elle allait frapper de nombreuses victimes.
Les mauvaises actions sont presque toujours des fautes politiques. Théodoros ne s'apercevait pas qu'en agissant comme il
venait de le faire il condamnait la nation à un isolement fatal. Elle était déjà cernée par les Turcs, et maintenant elle rompait avec les puissances chrétiennes de l'Occident. Il ne lui restait d'autre ressource que de s'enfermer dans ses montagnes, comme dans une nouvelle muraille de Chine; mais aujourd'hui ce système n'est plus praticable, même en Afrique. Nous vivons à une époque où toutes les barrières s'abaissent devant la marche irrésistible de la civilisation. L'Abyssinie devait en faire l'expérience.
Quelques jours après, l'abouna tint parole; la convention secrète, l'assemblée des debteras (lettrés), proclama le fils d'Haïlo rot des rois d Ethiopie.
Trahi de la sorte, Oubié recourut aux armes. Le 5 février 1855, une bataille sanglante livrée à Dereskié le faisait tomber entre les mains de son heureux rival. Maître d'une armée redoutable et enivrée de lui, Kassa était désormais tout-puissant; mais il ne parut songer d'abord qu'au bien de la nation. Il cacha ses projets de réforme sous une admiration profonde pour le passé ; il se déclara l'héritier légitime des anciens négus; et, afin de montrer l'esprit qui devait animer son règne, il choisit un nom qu'une tradition universellement répandue en Abyssinie entourait de prestige. D'après les croyances populaires, un prince appelé Théodoros rétablira l'empire éthiopien dans son ancienne grandeur, détruira l'islamisme et rendra Jérusalem aux chrétiens. Le nouveau roi se souvint de cette prophétie, se déclara l'élu de la Providence, et, fort de l'appui d'un peuple plein d'enthousiasme, il menaça de la colère divine quiconque tenterait de s'opposer à ses desseins.
Grâce à son initiative habile et ferme, les plus heureux changements s'opérèrent. Les bandes de partisans furent dissoutes , la sécurité revint dans les campagnes , l'abondance et la paix remplacèrent la disette et le pillage; des routes construites ou. réparées parles soldats relièrent entre elles les principales villes d'Abyssinie.
Ces soins ne l'empêchaient pas de poursuivre ses conquêtes. L'Abyssinie était depuis longtemps partagée en trois grandes divisions, l'Amhara, le Tigré, le Choa, qui, placés sous l'autorité indépendante de maîtres distincts, étaient devenues chacune un véritable royaume, subdivisé à son tour en plusieurs pro-
vinces. L'Amhara et le Tigré reconnaissaient Théodoros; mais le Choa refusait encore de se soumettre. Le négus l'envahit avec une armée nombreuse, et entra victorieux dans la capitale, la florissante ville d'Ankobar, la plus commerçante et la plus riche de toutes les cités abyssines. Son empire s'étendait alors d'un bout à l'autre du plateau éthiopien, les partis vaincus se taisaient devant lui , son ambition semblait ne devoir rencontrer aucun obstacle; déjà même il tournait ses regards vers l'Egypte et vers Jérusalem; mais l'ivresse de la puissance et de la gloire est dangereuse au cœur de l'homme! Arrivé au faîte de la fortune, Théodoros fut pris de vertige.
« J'ai fait un pacte avec Dieu, dit -il un jour devant une députation du clergé : il a promis de ne pas descendre sur terre pour me frapper; j'ai promis de ne pas monter au ciel pour le combattre. »
Le châtiment suivit bientôt cette orgueilleuse folie. Il avait perdu sa femme , la gracieuse Tzoubedge , qu'il avait aimée passionnément, et dont l'influence avait, dit- on, assoupli cet esprit orgueilleux, lui avait inspiré la modération , la justice, l'humanité. Sa mort avait été pour le négus un malheur irréparable. Désireux d'affermir son pouvoir, il épousa Toronèche , fille de cet Oubié qu'il avait vaincu à Dereskié en 1855. Cette seconde union ne fut pas heureuse. Autant Tzoubedge avait de douceur, autant la nouvelle reine était hautaine et intraitable; elle méprisait Théodoros comme un parvenu, et ne pouvait lui pardonner d'avoir dépossédé son père. Après avoir vécu pendant quelques années en fort mauvaise intelligence, ils durent se séparer. Ces tracasseries domestiques, jointes à l'irritation que lui causaient des révoltes toujours renaissantes et réprimées à grand'peine, réveillèrent tout ce qu'il y avait de sauvage dans l'âme du négus. Non seulement il mena une vie fort irrégulière, mais, impuissant à maîtriser le torrent de l'anarchie, il cessa de se croire appelé à une œuvre de miséricorde, pour se regarder comme l'instrument de la justice divine sur un peuple rebelle. Tous les affûts des obusiers de l'armée impériale portèrent cette inscription : « Le fléau des méchants, Théodoros. »
Dès lors commencèrent ces exécutions sanglantes, ces acteâ arbitraires et cruels qui changèrent en un terrorisme odieux un règne commencé sous de si brillants auspices. Le Tigré se ré-