‹ Deux ans de Campagne contre le Paludisme en MacédoineChapitre 15 sur 26 · NOR · texte numérisé non relu

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sexuée et rendent cet anophèle infectant pour l’homme. Les gamètes sont très résistants à la quinine; « ce seraient d’ailleurs des formes kystiques de résistance aux propriétés lytiques du sérum sanguin, défavorable aux formes normales après un accès. Vienne une fatigue, un état de moindre résistance, cette propriété lytique diminuée, le gamète donne des mérozoïtes.» (ABRAMI et SENEVET.) — Les porteurs de gamètes, insuffisamment stérilisés, méêlés aux travaux de leurs camarades, sous la même tente ou les mêmes baraquements, seront un danger non moins grand que les indigènes d'une promiscuité moins'immédiate.

Parmi ces anciens infectés : les uns, véritables infectés latents, n'offraient aucun signe précis ou grave qui attire l'attention, peut-être parce que la rate, destructrice d'héma-

tozoaires, fonctionnait activement; les autres avaient des.

périodes de latence entre les accès, pendant lesquelles le gamète persistant pouvait transmettre la maladie; latence prolongée sans doute par le rôle inhibant de la rate, qui faiblissant soudain sous l'influence d'une fatigue, d’un traumalisme, d’un surmenage permettait la réalisation par la division des gamètes de la septicémie à schizontes.

Nous dépistions ces hommes, ne pouvant par notre éloignement de tout centre, effectuer des prélèvements de

sang systématiques et répétés, en pratiquant chez tous nos

soldats à la visite ou dans les inspections sanitaires, la palpation et la percussion de la rate, car à côté de la grande spléno-mégalie palustre consécutive à une longue évolution de la maladie, qui permet de sentir le pôle inférieur de la rate en effleurant la peau au voisinage de l’ombilie, il faut compter avec les poussées simples d’hypertrophie splénique, augmentant où régressant sous l'influence de la quinine.

Le traitement que nous appliquions était inspiré des méthodes du Capitaine CraiG aux Philippines, dont le rapport nous avait été communiqué.

Nous considérions tous nos splénomégaliques, et à plus forte raison ceux chez qui nous retrouvions traces d'accès

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antérieurs, comme des porteurs de gamètes, sans aucune distinction, l'éloignement de tout centre hospitalier, nous rendant tout examen microbiologique impossible, entre les porteurs d'hématozoaires dans leur stade de développement chez l'homme et les porteurs de gamètes, sachant d’ailleurs que 80 °/, de paludéens deviennent des vecteurs de gamètes. Les divisions en escouades et sections rendaient aussi l'isolement sous protection mécanique de ces hommes moins complet que nous ne l’aurions désiré.

Nous leur donnions per os 1 gramme 50 de quinine par ‘jour en trois doses, matin, midi et soir, pendant trois semaines, et 0 gr. 50 en deux doses matin et soir pendant trois autres semaines; traitement suffisant d’après DARLING et THomson pour réduire le nombre des gamètes dans le sang périphérique à un minimum non infectieux. Chacun de ces hommés était pourvu par nos soins d’un «livret de paludisme » où était consignés : la date d'arrivée en Macédoine, les accès antérieurs, date et durée, la splénomégalie constatée et ses variations chaque semaine, la prise quotidienne de quinine pendant les six semaines du traitement en présence de l'infirmier. Des mutations fréquentes dispersant ces hommes que leur nombre élevé ne permettait point de distraire du service commun, venaient malheureusement trop souvent interrompre cette prophylaxie.

Traitement des accès initiaux et recurrents..

« Le moment de commencer la prophylaxie de la malaria, se trouve être le début du traitement de toute infection aiguë paludéenne. » (CRAIG.) Les formes jeunes, en effet, dans les 8 premiers jours sont faciles à détruire. Or, les infections dues au falciparum sont en été et en automne en Macédoine de 85 °/, contre 15 °/, au vivax, il fallait donc instituer un traitement quinine précoce, empêchant la formation des gamètes, seuls absorbés par le moustique et qui seuls entretiennent la chronicité du paludisme, et

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intensif, parce que à faible dose la quinine a été accusée. de favoriser la quininorésistance du parasite ou laccoutumance de cet organisme à ce médicament, ce qui d’ailleurs n’est pas encore scientifiquement démontré.

Tout homme reconnu atteint du paludisme de première invasion, aussitôt amené à notre trop rudimendaire infirmerie, était isolé sous une moustiquaire, évitant de nouvelles infestations et neutralisant le danger pour les voisins, et pourvu de son livret de paludisme où étaient consignées les manifestations observées et contrôlés les traitements suivis. Il prenait aussitôt 3 grammes de chlorhydrate de quinine, dose qui ne nous a jamais permis de constater d'intoxication, pendant toute la durée de la période fébrile, associée à 40 grammes de sulfate de soude le lendemain et à 5 grammes de cette même substance quotidiennement, facilitant l'absorption médicamenteuse et décapant la muqueuse digestive.

= Médicament le plus souvent donné en comprimé de 0 gr. 25; la solution au 1/40 d’un contrôle d'absorption plus facile, d’une assimilation plus complète, étant difficilement acceptée malgré l'ingestion de thé ou café en combattant l'amertume et l’action irritante, et causant des troubles gastro-intestinaux, langue saburrale, diarrhée et vomissements.

Dans les cas graves, nous avons employé les ampoules réglementaires de quinoforme, les moins douloureuses, de quinine uréthane, de quinine antipyrine, toutes dosées à 0 gr. 40; à raison de 1 gr. 60 pendant les 3 ou 4 premiers jours, la quinine per os complétant les 3 grs. Nous faisions nous-même nos injections dans la fesse, quadrant supéroexterne, où sous-cutanée, flanc ou thorax supérieur, prévenant les nodosités inflammatoires par des applications de compresses chaudes. Nous n'avons jamais eu ainsi d'accident. ù

Dans les formes pernicieuses foudroyantes (cœur déficient, coma, algidité, selles dysentériforme, vornissements, sueurs

profuses), nous avons fait usage d’injections lentes, intraveineuses de 125% de sérum contenant 1 gr. 60 de quinoforme et 1 milligramme d’adrénaline.

La fièvre une fois tombée, il s'agissait de blanchir contre les gamètes avec la quinine ces malades : mis en observations quant à leur température pendant une semaine, ils prenaient un gramme de quinine pendant 10 jours, 0 gr. 60 pendant 15 jours, puis revenaient aux doses préventives de 0 gr. 40.

Lorsqu'il arrivait que ces malades, après une attaque de première invasion, avaient des poussées fébriles de type contenu, remittent ou intermittent, nous leurs donnions deux grammes de quinine en deux doses en ingestion, en injection lorsque la température ne dépassait pas 39; dans le cas contraire, ils prenaient 3 grammes en deux prises jusqu'à ce que la température revienne à moins de 39° et ils: suivaient alors le traitement précédent. Ce traitement, s'il ne pouvait stériliser complètement l'organisme, comme nous tentions de le faire au début du premier accès, écourtait cependant la durée dela période fébrile, et en détruisant un grand nombre de plasmodes en atténuait la perniciosité.

Dans les périodes d’apyrexie, rendus à leur service, ils prenaient la quinine préventive à la dose de O0 gr. 60 ou 0 gr. 75, associée au quinquina et à dés injections de cacodylate de soude.

Le paludisme secondaire, constaté chez les anciens paludéens, surtout pendant l'hiver, où la présence du vivax se caractérise par des accès bien isolés, typiques et périodiques, était traité par 2 grammes de quinine en deux doses pendant la durée de l'accès et encore trois jours après sa terminaison. Dans les périodes intercalaires, nous donnions pendant 4 jours 2 gr. de quinine, les 4 jours suivants 0 gr. 10 de cacodylate de soude en injection, et cela pendant un mois. De

Nos évacuations étaient aussi restreintes que possible. Nous pensions en effet qne si l'infirmerie du corps n’est pas dans des conditions nettement défavorables, il y a tout

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intérêt à garder ces malades, dont le plus grand nombre énergiquement traité peut en rester aux premières manifestations et être stérilisé, Ils sont soumis, de la part du médecin de leur unité qui les connaît et s’y intéresse plus

particulièrement, à une surveillance attentive que leur

nombre réduit rend aisée. Nous veillions strictement à l’ap- | plication de ces traitements, usant de toutes nos ressources pour améliorer les conditions de nos malades, et même nous avions, dans la montagne plus salubre où se trouvait un de nos détachements, organisé un sanatorium. Le commandement ainsi ne voyait point fondre ses effectifs et le rapatriement périodique des anciens paludéens signalés régulièrement, institué en juillet 1917, permettait l'évacuation directe des hommes trop anémiés.

NAROS D MRC

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