CHAPITRE IV
Protection collective des hommes indemnes.
Plusieurs indications mettent en jeu deux méthodes d'importance et d'efficacité inégales.
Quininisation préventive. — La quininisation préventive a pour but de créer et d'entretenir dans le sang un état d’immünité artificielle, passive et transitoire, qui le rend réfractaire à l'infection. La quinine en effet, aux doses indiquées ci-dessous, exerce un effet toxique pendant 48 heures, sur les parasites, schizontes, sporozoïites et formes jeunes qui en naissent.
La quininisation préventive, nous semble-t-il, doit être codifiée par des règles strictes et uniformes.
La pullulation anophélienne précède d'un mois le paludisme. Dans la plaine macédonienne les fièvres palustres débutent en avril, ont leur acmen en août-septembre et finissent en novembre, des rechutes étant observées tout
l'hiver. Il faut alors commencer la distribution dès mars,
un mois avant l’éclosion des premières larves et la cesser un mois après leur disparition. Certains préconisent en janvier et février une quininisation discontinue, car on a signalé en hiver des cas d'infection primaire, mais ces cas étant rares, il semble suffisant de ne commencer qu'en mars, l'organisme se reposant de novembre à février.
Donner une dose maxima suffisante pour détruire les formes parasitaires naissantes. Des doses de 0 gr. 60 ou de
HSS ASE
0 gr. 75 ou des doses variables : 0 gr. 25 de mars à mai, O gr. 50 de mai à juillet, O gr. 75 de juillet à octobre, 0 gr. 50 d'octobre à novembre, ont été proposées. Seule la dose de 0 gr. 40 a été retenue par le Service de Santé. La donner en une seule fois, ce qui permet un effet plus efficace, parce que plus puissant, un contrôle plus facile parce que unique. La donner au repas du soir, il est bon en effet qu'il y ait le plus de quinine dans le sang au moment où se produisent les piqüres. D'autre part nombreux étaient dans les diverses unités dont nous assurions la prophylaxie (infanterie, génie, travailleurs musulmans, civils, automobilistes, prisonniers de guerre, troupes de renfort et isolés n’arrivant que le soir à l'étape), les hommes dispersés par leur service dès le matin ne rentrant au camp que la . journée terminée. Tous ces hommes auraient échappé à la distribution du matin et nous avons trop eu à lutter contre l’inertie du troupier pour nous fier à sa seule bonne volonté. |
La donner régulièrement, puisque son effet n'est que transitoire, ce qui permet de ne distribuer que des doses moyennes non fatiguantes et qui mithridatisent rapidement ainsi contre les petits troubles passagers du début. |
La donner toujours à la même heure, la répétition constante du même acte pendant des mois insensiblement devient une habitude, la prise de la quinine est ainsi partie intégrante du rassemblement du soir, on ne l'oublie pas, créant par cet oubli des moments favorables à une infestation par une piqûre.
La donner à tous les hommes sans exception faisant une
guerre impitoyable à tous ceux qui s'y dérobent. Infirmiers et brancardiers donnent l'exemple les premiers. Si même il eût été possible de la faire prendre, coram populo, à tous les gradés, officiers compris. |
Au rassemblement du soir, qui précédait la distribution des aliments, après l'appel et la lecture du rapport, où nous n'’oubliions pas de faire mentionner les sanctions contre