‹ Deux ans en Chine; extrait du journalChapitre 14 sur 115 · Pékin, p · texte numérisé non relu

Pékin, p

Les flancs de la moiilagiie des deux côtés de la vallée sont, comme partout du reste en Chine, couverts de tombeaux aux formes toujours les mêmes, une espèce de fer à cheval, quelquefois avec de grandes colonnes par devant, avec des bas-reliefs et des ornementations plus ou moins riches, suivant la fortune que le mort possédait de son vivant. Dans une petite vallée transversale, qui s'ouvre dans celle de Tuon-loh, entre la ville de ce nom et la vallée du Min, j'ai vu de ces tombeaux vraiment remarquables, avec des bas-reliefs étranges, mais bien fouillés, des motifs d'architecture chinoise, des colonnetles de fort; bon goût qu'on serait heureux de posséder dans nos musées.

En voyant les demeures de la plupart des Chinois, on est obligé de se dire qu'ils s'inquiètent vraiment peu du confortable. Même pour une famille nombreuse, la maison est étroite, sale, mal bâtie ; encore la partagent-ils souvent avec leurs poules, leurs cochons, leurs chèvres, etc. Après la mort, c'est autre chose, le Chinois entend avoir une place spacieuse bien à lui, et dont, espère-t-il, il sera le possesseur pour toujours. Il la bâtit ordinairement de son vivant, et, lorsqu'il le peut, en pierres de taille, aussi solide que possible, afin de défier les injures du temps, m'orne de sculptures, y fait inscrire ses noms et ses titres en beaux caractères. Tout autour on lit souvent de petites pièces de poésies gravées sur la pierre. C'est là que ses descendants viendront à jour fixe lui faire des olfrandes de riz et autres comestibles, ain-si que de papiers argentés et dorés qu'on y brûlera, et qui, par un artifice connu des

Chinois seuls, seront convertis dans les Champs-Elysées, en monnaie de bon aloi, parmi les esprits.

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