CHAPITRE IV
Mouvement de conversion en Chine. — Lettre d'un missionnaire espa gnol. — Visite de l'évèque à Fou-ciang. — Protestantisme en Chine.— Visite aux hôpitaux prolcslanls de Swatow. — Ce que les protestants donnent d'hommes, d'argent et de prières pour les missions. — Concile protestant de Lambeth. — Ministres voulant voir mon rglise et les religieuses. — Excursion à Fou-ciang. — Course aux pirates. — lîoudha champêtre. — <■ Le Ciel seul pcut;êtrc plus beau. » — Hoc eut miraculum. — lielalion de M«'' Masot sur sa visite à Fo-gan.
Vous savez combien les missions de Chine en général, el celle du Fo-Kien en particulier, ont été ingrates dans le passé, en dépit de tant d'etforls et de tant dévies sacrifiées!
Depuis quelques années, les choses ont bien changé, au point de vue politique comme au point de vue religieux. On ne peut pas dire qu'il y ait encore un mouvement de conversions en masse dans tout l'Empire du Milieu ; cependant,sur certains points, se manifestent des signes fort consolants. Ainsi les Jésuites de Shang-Haïet les missionnaires de Canton me disaient, il y a peu de temps, qu'ils ont, en certains districts de leurs vicariats, des catéchumènes par milliers, beaucoup plus qu'ils n'en peuvent instruire. La même consolante nouvelle m'arrive aussi de la Mandchourie.
Un mouvement semblable s'est manifesté sur plusieurs
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points de notre mission du Fo-Kien. En ISOl, il n'v avait que quelques chrétiens ëpars dans la ville de Fou-ciang. L'évêque y envoya un prêtre chinois, le P. Marc Kiang. Ses connaissances en médecine lui servirent d'abord pour pénétrer dans quelques-unes des principales familles, avec lesquelles il se lia d'amitié, et (jui lui obtinrent les moyens de prêcher la foi. Nombreuses étaient les personnes qui venaient écouter l'apôtre et qui se faisaient inscrire comme catéchumènes. Bientôt le P. Marc ne suffisant plus, à la tâche, l'évêque dut lui envoyerdes catéchistes et des séminaristes pour instruire les catéchumènes, qui venaient non seulement de la ville de Fou-ciang, mais d'un grand nombre de villages des environs. « C'était, me disait le P. Marc, un véritable enthousiasme pour apprendre la doctrine et se préparer au baptême. Dans certains villages, presque toutes les familles avaient transformé leur pagodon domestique en chapelle chrétienne après avoir jeté les idoles au feu. »
Depuis, un grand nombre ont été baptisés, et le mouvement de conversion s'est tellement généralisé que le nombre des catéchumènes inscrits dépasse 30.000.
J'ai sous les yeux la lettre écrite par le R. P. Marin, missionnaire espagnol, qui accompagna M'"' Masot à la première visite qu'il faisait à celte chrétienté naissante.
J'en traduis quelques passages en les abrégeant :
" En arrivant à la limite du territoire de Fou-ciang, nous trouvâmes deux élégants palanquins que les mandarins, informés de notre visite, avaient eu l'amabilité de nous envoyer. Bientôt, le long de la route, apparurent des
groupes de catéchumènes vêtus de leurs habits de fête ; à Tarrivée de l'évêque, ils se prosternaient jusqu'à lerre, demandant sa bénédiction et offrant leurs cartes de visite el d'invitation, au milieu des pétards, des feux d'artifice et des trois coups de canon, qui sont de rigueur en Chine, à la réception de tout hôte distingué.
« C'était la première fois que ces gens voyaient l'évêque; aussi quels regards avides ils jetaient sur lui! Ce qui les surprenait et les ravissait en même temps, c'était de le voir assis dans la chaise d'honneur du mandarin, ornée du loung-san (grand dragon i réservé aux autorités supérieures, sans compter que le mandarin militaire avait encore prêté sa musique pour donner plus d'éclat à la réception.
« A mesure que nous avancions, nous rencontrions de nouveaux groupes, et les cérémonies dont je viens de parler se renouvelaient. »
« Vers midi, nousélions au village de Lan-Chen. Là un prêtre indigène et ses catéchumènes nous attendaient. Arrivé à la salle qui sert de lieu d'instruction, M^' Masot entonna le Credo, qui fut continué par les assistants.
« On nous avait préparé un abondant repas. A peine étions-nous à table qu'on commença à nous poser une multitude de questions. Nous apprîmes que toutes les familles du village, à l'exception de deux, étudiaient la doctrine, qu'on avait détruit toutes les idoles cl qu'on
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transformait la pagode en église. Nous étions vraiment étonnés et nous bénissions Dieu en voyant ce que la grâce avait opéré en si peu de temps, par le moyen d'un seul catéchiste.
« Heureux de cette première entrevue, nous nous remîmes en route. Nous avions encore cinq heures de marche jusqu'à Fou-ciang. Sur ce parcours nous trouvâmes plusieurs villages avec des groupes de catéchumènes, qui venaient faire leurs prosternations et demander la bénédiction de l'évèque, toujours avec accompagnement de musique.
« Nous étions à deux lieues de Fou-ciang lorsque nous aperçûmes dansle lointain une multitude innombrable qui venait à notre rencontre. Elle était composée de catéchumènes auxquels s'étaient joints beaucoup de curieux, de lettrés et de militaires. Les uns se présentaient dans leurs palanquins d'honneur, superbement enguirlandés ; d'autres montaient des chevaux richement harnachés, mais la plupart étaient à pied. La brise faisait flotter des drapeaux sur lesquels se lisaient des souhaits de bienvenue. A mesure qu'ils approchaient du fameux loung-san, ils se prosternaient jusqu'à terre et l'un des principaux haranguait M""' Masot :
« Au seigneur évêque, le très noble et grand maître de « la religion, toutes les personnes présentes souhaitent « mille félicités; du fond du cœur le remercient de sa « visite dont le motif principal est de sauver leurs âmes. « Aussi, pour témoigner notre amour et notre gratitude à (i Sa Seigneurie, avons-nous voulu faire cette solennelle
« manifestalion en son honneur, et nous prions Dieu qu'il « la garde pendant dix mille années. »
(( Nous arrivons ainsi au milieu du bruit des pétards et des coups de canon jusqu'à la porte occidentale. Nous devions traverser la ville et aller jusqu'à la porte de l'orient; mais la population qui encombrait la rue pour voir passer les Européens était si considérable, que nous eûmes grand peine à nous frayer un chemin.
« Près de la résidence, cinq vieillards, soutenus par leurs serviteurs et appuyés sur de grands bâtons, attendaient l'arrivée de l'évêque. Quand M'^Masot passa, ils se prosternèrent jusqu'à terre avec beaucoup de peine. Monseigneur, en voyant ces bons vieillards, fit arrêter sa chaise et descendit pour les relever. Cette action fut applaudie par la multitude et même par le mandarin civil, lorsqu'il l'apprit.
<< 11 était cinq heures quand nous rentrâmes à la mission, ce qui ne fut pas facile. Enfin, arrivés à la salle principale, pleine de catéchumènes, nous pûmes, après de grands efforts, fermer les portes sur les païens curieux, qui voulaient faire irruption. Les prières d'usage furent récitées et M*' Masot adressa quelques bonnes paroles à ses nouveaux enfants, avides et heureux de l'écouter.
« Là se Irouvitit le P. Marc, le prêtre indigène qui
avait suscité ce mouvement extraordinaire : il avait été à la peine pendant plusieurs années, tous se réjouissaient qu'il eût ce moment d'honneur et de joie. Si la formation des prêtres indigènes nous coûte beaucoup, en revanche ils rendent de grands services : il leur est plus facile qu'aux prêtres européens de pénétrer dans les populations entièrement païennes pour les entamer.
« Le P. Marc est doué d'un tact remarquable : il s'est attiré l'estime et l'affection de tout le monde. Le mandarin militaire lui-même, en le voyant prêcher la soumission aux autorités du pays, a fait publiquement l'éloge de la religion. Le mandarin lui dit un jour que, dans un village habité par des catéchumènes, on ne pouvait pas, depuis plusieurs années, parvenir à percevoir les impôts : on avait emprisonné plusieurs habitants ; mais les vrais délinquants trouvaient le moyen de se dérober. Le prêtre exhorta ses néophytes à se soumettre à la loi, en montrant qu'elle était juste; il ajouta qu'on ne pouvait pas être un vrai chrétien en désobéissant sur ce point au gouvernement de son pays. Les fidèles promirent de payer l'impôt à l'avenir et, lorsque le mandarin se présenta pour le percevoir, il n'éprouva aucune difficulté, non seulement de la part des néophytes, mais des païens eux-mêmes qui furent entraînés par l'e-xemple des chrétiens.
« Le lendemain de notre arrivée, 28 avril, les notables, au nombre de soixante-deux, y compris les mandarins civils et militaires, envoyèrent à la mission leurs grandes cartes de visite rouges pour nous féliciter. Un mandarin et plusieurs autres notables nous invitèrent à dîner avec tant
d'instance que nous dûmes accepter, sous peine de les mécontenter.
« Mais le plus beau fut ce qui se passa le 26 avril, lorsque ceux qui avaient envoyé leurs cartes la veille se présentèrent successivement, accompagnés de soldats et revêtus de leurs habits de cérémonie. Au son de divers instruments de musique, ils entraient dans la salle principale de la mission, ornée de lleurs, de tentures et d'inscriptions. Us s'approchaient d'abord de l'autel, sur lequel se trouvaient un crucifix et un tableau représentant le Sauveur du monde et ces grands personnages païens se prosternaient respectueusement par trois fois jusqu'à terre.
« Puisse le Sauveur du monde, qu'ils ont ainsi adoré, leur ouvrir les yeux et les amener à la foi. Hélas! dans l'état présent des choses, que c'est difficile ! Il en est maintenant encore en Chine comme dans l'Empire romain, où l'on ne pouvait pas être, en même temps, ami de César et chrétien. Que de fois n'avons-nous pas entendu ces pauvres gens nous dire : « Oh ! si l'empereur se faisait chrétien, bientôt toute la Chine serait convertie! »
« Les nobles visiteurs montaient ensuite à la salle supérieure, où se trouvait l'évêque, et là, les cérémonies se renouvelaient sans fin. Les Chinois en ont d'innombrables : chaque mouvement, chaque action, comme boire le vin, le thé, prendre la parole, etc., a sa formule spéciale, et malheur à qui y manque ; c'est une de ces fautes que les Chinois ne pardonnent pas.
" La visite finie, ils se retiraient après avoir fait les dernières prosternations prescrites par l'étiquette.
u Nous demeurâmes six à sept jours à Fou-ciang^ soumis à ce fatigant régime.
« Les missionnaires sont en butle à tous les genres d'épreuves. Il n'y a pas encore bien longtemps, nos prédécesseurs portaient la cangue et les chaînes ; on les jetait en prison, puis on leur coupait la tète. Aujourd'hui les mandarins menacent de nous tuer par leurs interminables cérémonies et l'excès de leurs politesses.
« Pendant ces jours, vinrent des députations de catéchumènes de plus de six cents villages nous invitant tous à les visiter. J'étais vraiment frappé d'admiration en constatant le changement qui s'était opéré parmi beaucoup de ces nouveaux convertis. Quelques-uns avaient été sorciers, maîtres de la fête du Dragon, l'une des principales superstitions de la Chine, bonzes, membres de la secte des jeûneurs, maîtres des veillées des défunts, adeptes de lamétempsycose, etc.
« Parmi les maîtres d'instruction déjà baptisés s'en trouve un aveugle de naissance. Avant sa conversion, il faisait le métier de sorcier. Gomme il a une mémoire extraordinaire, en peu de temps il a parfaitement appris le catéchisme et les prières.
« Une fois décidés à être chrétiens, ces braves gens doivent livrer tous leurs objets superstitieux. Sur ce sujet j'avais déjà appris beaucoup de choses par ouï-dire : mais jamais je n'aurais cru qu'il y eût tant d'idoles dans le pays. Tous les jours on en apportait des quantités considérables pour être brûlées.
<i L'endroit de celte mission où il }• a le plus de catéchumènes est le village de Ngù-Ghen, distant de 7 lieues de la ville, au sud. On compte parmi les néophytes plusieurs lettrés. L'un d'eux mérite une mention spéciale. Avant sa conversion c'était un joueur etiréné; il avait déjà perdu une grande partie de sa fortune. Un de ses fils, qui s'était converti, conçut l'espoir d'arriver, par le moyen de la religion, aie guérir de sa malheureuse passion. La grâce de Dieu aidant, l'effet fut immédiat et complet. En peu de jours ce païen fut changé en un homme nouveau. Bientôt il ne lui suffit pas d'être chrétien, il voulut être apVr\ et nombreux sont ceux qu'il amena à la foi. Aujouru'hui il maintient, à ses frais, une école de catéchistes, composée de dix-huit jeunes gens, qu'il forme lui-même et exerce au travail de la propagande catholique. Il a également fondé une école qui compte soixante-dix enfants. Quand AP' Masot arriva au village de ce néophyte, il fut reçu avec des marques d'allégresse.
« Ce mouvement de conversions étonna profondément les protestants, dont plusieurs sectes anglaises et américaines étaient déjà établies à Fou-ciang et dans les environs. A l'étonnement succéda bientôt la colère lorsqu'ils virent que les autorités nous favorisaient.
« Un des minisires, Varc/iidiacre Hou, pour détruire l'impression produite à Fou-ciang par la réception triomphale de l'évêque, convoqua ses adhérents, paj-a un certain nombre de soldats pour l'accompagner, et voulut, lui aussi, avoir sa petite ovation. Escorté de ces gens, qui criaient très fort et tiraient des pétards, il se fit porter en palanquin, en suivant la rue par laquelle avait passé M^' Masot. Ce fut piètre et beaucoup de Chinois ne se gênèrent pas pour s'en moquer.
« Si les protestants n'avaient recours qu'à de semblables moyens, nous ne nous en inquiéterions guère et nous en ririons volontiers ; malheureusement ils emploient contre nous la calomnie et toutes sortes d'intrigues. Voyant que le mandarin de Fou-ciang nous était favorable, ils ont remué ciel et terre, l'ont dénoncé aux autoi-ités supérieures pour obtenir son changement. Jusqu'ici ils n'ont pas réussi. Dieu nous a manifestement protégés ; mais nous n'en sommes pas moins remplis de crainte, en voyant quels moyens déloyaux ils emploient contre nous. »
On n'a pas idée des difficultés que le protestantisme sème sur le chemin des missionnaires catholiques. Je les ai rencontrées moi-même aux Antilles et aux États-Unis; mais ici les sectes protestantes sont encore plus agressives
qu'ailleurs. Partout où j'ai passé, j'ai remarqué que leur hostilité est la grande préoccupation des missionnaires catholiques. A Shang-Haï comme au Fo-Kien, j'ai entendu les uns se lamenter de ce que leurs moyens si réduits ne leur permettent pas de lutter avantageusement contre l'hérésie partout envahissante et disposant d'un budget pour ainsi dire illimité; les autres s'en consolent en voyant la stérilité presque complète de l'apostolat des sectes.
Les protestants, il est vrai, ne font pas beaucoup de conversions ; mais ils empêchent souvent les païens de devenir catholiques. Grand nombre disent : « Puisque ces Européens ne peuvent s'entendre entre eux, qui nous dira laquelle de leurs religions est la bonne? »
Depuis quelques années, les ministres protestants ont augmenté à Fou-Tchéou d'une fa(,on extraordinaire. Ils y ont multiplié les écoles, les collèges et les hôpitaux. Je sais par leurs rapports, me disait M"" Masot, que, dans la seule ville de Fou-Tchéou, ils dépensent plus de 250.000 francs par an, quand, moi, j'ai tant de peine à en trouver 25.000 pour administrer tout mon vicariat'.
En 1890, les quarante- deux différentes sociétés protestantes qui ont des missions en Chine tinrent une conférence à Shang-Haï.
1. <■ Nous avons reçu, dit VÉcho de Chine, de V American Presbijterian Press, un Direetonj of Protestant Missionaries in China (septembre 1899). L'ouvrage contient les noms de près de 2.000 missionnaires, leur nom chinois, la mission à laquelle ils appartiennent, la station qu'ils habitent, leur adresse, la dale de leur arrivée en Chine. Beaucoup d'entre eux étant mariés, on peut porter le nombre des missionnaires protestants des deux sexes, résidant en Chine, à 2.730 ou 3.000 personnes. »
Elle se composait de 420 membres, dont au moins 200 femmes; en y ajoutant les catéchistes, médecins, etc., le nombre montait à 1.295.
En résumant les travaux du passé, la conférence se réjouissait des progrès accomplis. Le premier ministre prolestant, disait-elle, en arrivant à Hong-Kong en 1846, n'y trouvait que 6 chrétiens (protestants).
En 1877, il y avait dans l'ensemble des missions protestantes de la Chine 13.035 communiants. En 1890, 37.287, ayant fourni 147.ni)0 francs par leurs cotisations.
On constatait 520 églises organisées et 01 hôpitaux avec dispensaire, et beaucoup d'autres dispensaires sans hôpitaux.
En une année, ces établissements ont donné leurs soins à 348.439 malades.
Treize publications diverses, en chinois, servaient <l'organe aux diverses Sociétés protestantes.
Deux questions principales furent traités: 1" tâcher d'avoir une traduction unique de la Bible en chinois; 2° diviser équitablement le territoire de l'Empire chinois entre les diverses Sociétés. On n'a pas pu s'entendre.
Cependant, au sujet de la première question, on a constitué 4 Comités permanents pour la revision des versions d'après les divers styles chinois :
1° Haut style classique (style très concis, à la Tacite);
2° Classique aisé (correspondant à notre style acadéjnique) ;
3° Style simple, vulgairement appelé mandarin.
Un quatrième pour les divers dialectes locaux. Onze ont été indiques.
Ne pouvant s'entendre sur la division de la Chine entre les diverses Sociétés, la conférence a traité bon nombre de questions secondaires. On a exprimé le désir d'avoir une Bible chinoise avec notes explicatives, mais )ion doctrinales, disait la première rédaction, non seclai)'es, suivant l'amendement adopté ! On a encouragé l'enseignement de la Bible en caractères romains. On a fait un chaleureux appel aux pays protestants pour une augmentation notable de fonds et de personnel. — On a déclaré qu'il faut vigoureusement promouvoir l'éducation en Chine. — On a décrété le culte des ancêtres entaché de superstition. — Enfin, la conférence a réprouvé le commerce et l'usage de l'opium '.
En revenant de Hong-Kong pendant que le bateau faisait ■escale à Swatow, je visitai l'hôpital presbytérien situé dans une belle position et fort bien aménagé. Il renfermait beaucoup de malades soignés gratuitement. Je tombai au milieu d'une consultation. Le ministre-docteur, entouré de ses aides chinois, distribuait des pilules, des potions, faisait des opérations. Devant moi, il chloroforma un jeune garçon de dix à douze ans et lui coupa une tumeur de l'épaule. Je vis défiler une centaine de malheureux qui s'en retournaient contents et soulagés.
Le docteur me reçut fort bien, me fit visiter son établissement, la pharmacie, l'école et son église, me présenta