CHAPITRE V
Divers témoignages proiivaul raiifii|iiilé de la religion chrétienne en Chine. — Djminicaius portugais enChine. — Dominicains espagnolsà Formose et en Chine. — Les deux premiers martyrs de Formose. — Mission des Jésuites au Nord de la Chine. — François de Capillas, preniiermarlyr connu en Chine. — Le premier évêque chinois. — .Martyre du liienheureux Pierre Sanz et de ses compagnons. — Punition de leurs perséculeurs. — La province dominicaine des Philippines, ses œuvres et ses calomniateurs.
Dans la relation qui précède, M"'' Masot parle des apôtres et des martyrs qui ont évangélisé sa mission avant lui. J"ai pensé qu'il serait intéressant de dire quelques mots des principaux ouvriers apostoliques qui ont arrosé de leurs sueurs et de leur sang cette chrétienté du Fo-Kien depuis trois siècles.
Et même, remontant plus haut, j'ai dit déjà que de respectables traditions reconnaissaient saint Thomas i d'autres lui adjoignent saint Barthélémy) comme le fondateur de l'Église de Chine. Pourquoi pas? Nous savons par les Saintes Ecritures que ce fui la volonté divine de promulguer l'Évangile jusqu'aux extrémités de la terre, et saint Paul avant de mourir annonçait la chose comme déjà réalisée. Saint Justin en parle comme d'un fait connu de tout le monde. " Il n'y a point dépeuples, dit-il, Grecs ou Barbares, de tout nom, de toutes mœurs, qu'ils habitent sur des chariots mobiles ou sous des tentes voyageuses, point
de peuples qui n'offrent des prières et des actions de grâces à Dieu le Père au nom de Jésus-Christ'. »
On croit trop aisément que, dans l'antiquité, les relations de la Chine avec le reste du monde furent à peu près impossibles.
Malgré la rareté des documents, il parait certain que les anciens Chinois eurent des rapports- assez fréquents avec l'Empire romain, qu'ils appelaient Ta-Ts'in. Dès l'année 97 après Jésus-Christ, l'empereur Ho-li envoya son lieutenant Kan-iin comme ambassadeur dans la Ta- Ts'in. — En 166 une ambassade vint à la cour, envoyée ])i{r N(jan-toit>i (Antonin), empereur de la Ta-Ts'in-.
M" Masot dit qu'on a trouvé à Si-ngan-fou beaucoup de médailles des empereurs romains antérieurs à Constantin^.
Constantin, après avoir promulgué l'édit qui doit clore l'ère des grandes persécutions, proiite des ambassades que lui envoientl' Inde et l'Ethiopiepour faire connaître la religion chrétienne. Sapor, roi de Perse, lui demande son amitié et lui apprend que, dans sou grand empire, le Dieu dont il adore la sainte Majesté est un Dieu connu et vénéré, et que, dans la Chine, une de ses provinces, les églises sont nombreuses.
« Le fameux Ko uan-yang-tchang, qui vivaitau commencement du II* siècle, connaissait certainement Jésus-Christ, comme en font foi les monuments écrits de sa main et gravés ensuite sur la pierre... Il y parle de la naissance