Fernandez Mendez Pinto was but a type of thfie
Thou liar of the lirst magnitude.
•et surtout des Franciscains, qui avaient un archevêque à Pékin et plusieurs évêques dans diverses villes de la Chine. — Témoignage de Marco Polo.
8" Témoignage de Fernandez Mendez Pinto.
Au xvi° siècle, le Portugal était à l'apogée de sa puissance. Ses vaisseaux avaient doublé le cap des Tempêtes, longé toute la côte orientale d'Afrique, pénétré aux Indes, descendu presque jusqu'à l'équateur en longeant la presqu'île de Malacca, étaient remontés vers le Siam, le Cambodge et l'Indo-Chine et avaient déposé sur une presqu'île delà Chine, à Macao, de hardis colons qui allaient élever une ville dont la renommée était destinée à devenir uni verselle, un comptoir qui pendant trois siècles serait l'un des plus riches de l'univers.
Les Dominicains portugais, alors nombreux et fervents, avaient suivi par troupes les vaisseaux de leur nation et fondé des missions en maints endroits de la côte d'Afrique, des Indes orientales, de Malacca, de Siam, du Cambodge et de l'Indo-Chine. L'un d'eux, Gaspard de Croix, eut l'honneur, le premier, de pénétrer en Chine ■en 15-58 '. 11 y fut suivi par plusieurs de ses Frères, qui pendant un siècle prêchèrent l'Evangile dans le Sud de la Chine. En 1611, un Dominicain, Jean delà Pitié, était évêque de Macao et vicaire apostolique de toute la Chine. Il se rendit alors à Manille pour chercher des Domini-
I. Joanncs a Sancii*. Hist. .Etiopice Orientalis. — Mendoza, His/. Sinica. — Soiiza, Cardosn, Lopez, Fernandez, etc. — Pclrus Gonzalez. liv. Il, chap. VIII. — Gaspard de la Cioix écrivit en portugais une Histoire de la Chine.
•cains espagnols. Il en ramena deux : mais ils ne purent pénétrer dans l'intérieur du pays.
La province dominicaine des Philippines ne se découragea pas. Elle résolut d'abordor la Chine par un autre point. En 102.5, le P. Barthélémy Martinez débarquait sur la grande île Tay-Wan (Formose) avec 5 compagnons et y fondait une mission qui devint prospère. En 1G;30, elle avait déjà un séminaire où l'on formait des prêtres chinois ei japonais.
Trois ans après, 27 janvier 1633, le vénérable P. François de Saint-Dominique était cruellement mis à mort par les indigènes, au fond d'une forêt, et devenait le premier martyr connu de Formose.
En 1630, l'un des plus fervents religieux de la Mission, le P. Louis Muro, eut le même sort. Il fut percé de flèches par les cruels indigènes. Son corps, enlevé par des soldats espagnols, respirait une odeur douce et agréable ; on trouva sur son cœur, percé d'une flèche, le nom de Jésus parfaitement gravé.
En 1643, les Hollandais, qui furent, au xvii" siècle, le tléau des missions catholiques en Extrême-Orient, priren l'île de Formose aux Espagnols, ruinèrent l'église et le couvent des Dominicains, après avoir profané les saintes images, et emmenèrent les religieux prisonniers à Batavia.
Les fils de saint Dominique ne purent reprendre la mission de Formose qu'en 1860, aujourd'lmi elle a environ 2.000 chrétiens.
De l'île Tay-Wan, les Dominicains passèrent bientôt sur
le continent. Le premier qui y pénétra fut le P. Ange Cocchi de Saint-Antonin, Florentin de naissance. En 1631, il fut envoyé en aml:)assade auprès du vice-roi de Fou- Tchéou, capitale du Fo-Kien. On lui adjoignit le P. Thomas delà Sierra, qui mourut pendant la traversée, victime d'une trahison. Le P. Ange, échappé comme par miracle à la fureur des flots et des pirates, arriva seul en Chine. Son séjour, troublé d'abord par divers interrogatoires et^ les persécutions des mandarins, devint avec le temps plus paisible. 11 put enfin annoncer la parole de Dieu à Fou- Tchéou et à Fo-gan.
Le Seigneur bénissait les travaux de ce saint missionnaire. En juillet 1632, de nombreux Chinois de tous rangs et plusieurs lettrés étaient déjà au nombre des catéchumènes. Le 24 décembre de cette même année, le P. Ange écrivait au Provincial des Philippines : « Des ouvi'iersl des ouvriers! car la moisson est grande et prête à être coupée. »
Deux Pères lui furent envoyés l'année suivante et arrivèrent juste à temps pour recevoir le dernier soupir du P. Ange, qui mourut saintement dans leurs bras. L'un d'eux était Jean-Baptiste Morales qui, pendant trente et un ans, évangélisa le Fo-Kien et même la province voisine du Tché-Kiang avec un grand zèle et un succès consolant. 11 rencontra de fortes oppositions de la part des bonzes et des mandarins. Avec François Diaz, un autre missionnaire, il fut traduit vingt-deux fois devant les tribunaux. Ils furent fouettés plusieurs fois cruellement, condamnés à la cangue et à d'autres supplices barbares.
Pendant que les fils de saint Dominique et de saint François évangélisaient le Fo-Kien, les PP. Michel Ruggeri et Mathieu Ricci, de la Compagnie de Jésus, jetaienlles bases d'une autre mission plus au nord, dans le Petchili.
Après vingt années de prédication infructueuse et de souffrances courageusement supportées, ils commencèrent à recueillir dans la joie ce qu'ils avaient semé dans les larmes. A la morl du P. Ricci, en 1010, il y avait trente chrétientés dans le Kiang-Nan, et l'avenir était plein d'espérances. Ce missionnaire habile avait emporté en Chine tous les instruments inventés par la civilisation européenne : une horloge surtout, dont il lit don à l'empereur, devint l'objet de l'admiration universelle. Il enseigna aussi l'astronomie, les mathématiques, et obtint la réputation (l'un homme universel.
Après sa mort, la Mission fut interrompue par des révolutions politiques, et ce fut vers 1627 seulement que le P. Jean-Adam Schall, né à Cologne en 1591, put recueillir en paix sa succession. Ce religieux, savant et actif, gagna la faveur de l'empereur, qui le chargea de corriger le calendrier chinois et le nomma président du collège des mathématiques. Hélas! en 1066, après une vie de dévouement héroïque ayant opéré des conversions jusque parmi les mandarins de l'empire, il eut la douleur de voir la persécution éclater, ruinant son œuvre et toutes ses espérances. Chargé lui-môme de chaînes et jeté en prison il fut condamné à être étranglé et coupé en morceaux, mais il mourut dans son cachot avant le moment fixé pour le supplice.
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j94 DEUX ANS EN CHINE
Citons encore parmi les autres missionnaires jésuites en Chine au \v\f siècle les PP. Verbiest, Gerbillon et Bouvet, qui continuèrent avec succès, parmi des alternatives de faveur et de persécution, l'œuvre commencée par le P. Ricci.
Cette persécution lamentable, qui bientôt s'étendit à toutes les provinces de la Chine, fut la conséquence d'une erreur fort grave, dans laquelle tombèrent ces missionnaires du Petchili. Dès le début de leur apostolat, ils jugèrent que le plus sûr moyen d'amener les Chinois à la foi chrétienne était de leur faire le plus possible de concessions au point de vue de leurs usages religieux; ils en firent trop et forcèrent les autres missionnaires à les dénoncer en cour de Rome, et les Souverains Pontifes à les condamner. C'est la fameuse question des » Rites chinois».
En 1642, le Dominicain François de Capillas entrait en Chine, dont il devait être le premier martyr connu. Après cinq ans d'un apostolat très fécond, les mandarins, irrités par les calomnies des bonzes, le firent arrêter dans les environs de Fo-gan.
Rien de plus beau ni de plus héroïque que les actes du martyre de François de Capillas. On lui demandait qui l'avait nourri et logé pendant ses courses apostoliques :
« Je n'ai, dit-il, d'autre maison que le monde, d'autre toit que le firmament, d'autre lit que la terre, d'autres provisions que cellesque la Providence m'envoie chaque jour, d'autre but en Chine que de travailler et de soulïVir pour la gloire de Jésus-Christ et pour le bonheur éternel de ceux ((ni croient en son nom. »
DEUX ANS EN CHINE l!)j
Une autre fois, le maiularin lui objectait plusieurs acciisalions désavantageuses à la foi chrétienne et à ses prédications. François de Capillas, animé d'un saint zèle, lui répondit :
« Vous savez bien que vous mentez. Nous ne sommes pas venus ici chercher votre or ni votre argent, mais vos âmes. Poussés par la charité de Jésus qui nous presse, nous venons dissiper vos erreurs et faire luire à vos yeux la lumière de la vérité. Tout ce qu'on peut dire de plus est faux. Quoi qu'il en soil, nous regarderons toujours les peines de cette vie et les supplices que vous pouvez nous inlliger comme un bienfait et un gage de félicité éternelle. »
Battu de verges, chargé de chaînes, traîné de tribunal en tribunal, soumis à toutes sortes de tortures, le confesseur de la foi ne cessa d'annoncer la vérité chrétienne à ses juges et à ses bourreaux. Insensible aux flatteuses promesses comme aux plus atïreux supplices, il répond au juge qui lui proposait d'apostasier :
« Garde tes honneurs, tes richesses et tes plaisirs; je n'ambitionne rien au monde que la gloire de mourir pour soutenir la foi que j"ai prêchée ; tes plus cruels tourments seront mes plus chères délices : je ne suis pas venu d'Europe en Chine pour m'enrichir de tes trésors, mais pour prêcher la divinité de Jésus-Christ aux dépens de mon sang... Tu peux m'ôter la vie, tu peux réduire mon corps en cendres, mais la charité de Jésus-Christ qui embrase mon cœur triomphera de l'ardeur de tes flammes ; tu peux déchirer mes membres en mille pièces, mais tu ne
saurais avec toute ta rage me séparer de Jësus-Ghrisl, par la grâce duquel j'espère sortir victorieux des supplices. Qu'espères-tu de plus? Pourquoi diffères-tu ma mort? Tu peux m'arracher le cœur de la poitrine, mais tu n'as pas la puissance de m'arracher le cœur de mon Dieu, à qui je suis consacré par le baptême et par la profession religieuse. »
Que la hardiesse et la fermeté de ce langage ne nous étonnent pas. Les réponses des premiers martyrs à leurs juges ont été plus d'une fois pleines d'une remarquable énergie. Saint Paul traitait son juge de inuraille blanclve^. « Ils étaient patients, dit saint Augustin, lidèlesdans la confession, inviolablement attachés à la vérité dans toutes leurs paroles. Il est vrai qu'ils lançaient quelques traits du Seigneur contre les impies, et les provoquaient à la colère, mais ils en guérissaient aussi plusieurs pour le salut-. »
François de Gapillas, reconduit dans son cachot, encouragea., instruisit et baptisa plusieurs prisonniers. Tous ceux qui eurent la liberté de le visiter en prison, chrétiens ou idolâtres, éprouvèrent de grandes consolations et recueillirent de grands fruits de ses saintes et chaleureuses exhortations.
Enfin, le 15 janvier 1648, François Fernandez de Gapillas, premier martyr en Chine, consomma son sacrifice à Fou-Gan, sous les yeux d'un peuple immense. Rien ne manqua à la gloire d'une si sainte mort. Les païens, cton-