I. El Correo sino-anamita, 189r>,p
(Irer les prédestinés de Dieu ; elle fui laissée pendant des années à l'Eglise naissante pour être sa mère, comme elle avait été la mère du Chef de cette Eglise.
(( Depuis qu'elle a été transportée dans la gloire et unie plus intimement à l'Esprit-Saint, sa maternité, loin de cesser, n'a fait que prendre une extension plus grande. Dixneuf siècles de christianisme nous font voir clair comme le jour qu'il faut l'intervention de cette Mère et celle de l'Esprit-Saint pour qu'un fils de Dieu arrive à la vie de la grâce. Or, les protestants, que font-ils? Ils prétendent, eux aussi, engendrer des fils de Dieu; ils invoquent l'Esprit-Saint, mais ils ne veulent pas de Mère. Faut-il s'étonner que le résultat soit la stérilité ? »
Ne pensez-vous pas, dis-je à ce missionnaire, que votre thèse est exagérée ? Gomment vous y prendriez-vous, par exemple, pour prouver à des protestants que la très sainte Vierge intervient en quoi que ce soit au sujet des petits enfants, qui, en recevant le baptême, arrivent à la vie de la grâce?
« Rien de plus simple, répondit-il. D'abord cette vie de la grâce qui nous fait enfants de Dieu, n'est-ce pas la vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui est venue par elle? Ensuite, pourquoi dénier à Marie une intervention même au sujet du petit enfant (jui reçoit la grâce du baptême? N'at-elle pas mille moyens pour atteindre sûrement tous les prédestinés, qu'ils soient enfants d'un jour ou vieillards de quatre-vingts ans? Je crois fermement que Dieu, en la faisant la Mère des élus, a rendu son intervention universelle. Elle a, pour arriver à ses fins, le ministère ordinaire
(le l'Église ; elle a l'armëe des anges à ses ordres, qui cerlainenienl ne laisseront pas périr une seule âme prédestinée. Écoutez le trait suivant raconté par le 1\ Hœffel : » Trois catéchistes revenaient de la retraite annuelle ; arrivés non loin d'un village païen et fatigués de la route, ils s'assirent au bord d'une mare desséchée. Tandis qu'ils s'entretenaient, une fillette, qu'ils n'avaient pas vue, se mit à crier à tuc-lètc : « Elle n'est pas morte, elle vit encore! » Nos catéchistes de lui dire : «Qui n'est pas morte? qui vit encore? » Et l'enfant de répondre : « La petite fille qui est enterrée là-bas.» Etelle leurmontre une enfant enterrée jusqu'au cou. L'un des catéchistes puisa précipitamment au fond de la mare plutôt de la boue que de l'eau. Mais la fillette leur cria encore : « De l'eau trouble, cela ne vaut rien, cela ne compte pas ! » Heureusement il se trouva un peu de neige au fond d'un trou. On s'en servit en la faisant fondre pour administrer le baptême. Nul ne revit l'enfant qui avait averti nos catéchistes du péril d'une âme. Qui donc pouvait-elle être? la sœur de la pauvre enterrée? Mais dans un village païen, dans une famille païenne, elle aurait ignoré la matière du sacrement, ou, si on l'avait instruite de notre religion, dans un si grand danger, elle n'aurait point attendu l'arrivée des étrangers pour conférer ce baptême dont elle connaissait si bien les dispositions essentielles '... » Je pourrais vous citer des exemples analogues par douzaines.
Le P. Giralt, cité plus haut, aime à proclamer quel'inter-