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sit et ramena son lils avec lui. Plusieurs personnes, témoins de ce fait, n'hésitèrent pas à dire que l'enfant ne devait son salut qu'à la protection manifeste de la Reine du saint Rosaire, qu'elles invoquent depuis avec une grande piété.
A Ghien-cé, une femme appelée Lim était obsédée du démon, auquel elle attribuait une perte constante de sang qu'aucun remède n'avait pu guérir pendant plusieurs années. Elle se tît catholique dans l'espérance de trouver du soulagement à son infirmité. Elle priait sans cesse pour en être délivrée. Elle a raconté qu'un jour de la seconde lune de celte année, elle vit s'approcher d'elle un homme portant une couronne d'or sur la tête, qui lui dit : « Je suis Jésus et je viens pour te guérir, ainsi que tu me l'as demandé. » Elle se sentit guérie à l'instant et put venir à l'église offrir à Dieu ses actions de grâces. Son mari, reconnaissant d'un tel bienfait, s'est converti et mène une vie fort édifiante.
Le même missionnaire a connu, me disait-il, plusieurs grâces extraordinaires de protection et de conversion. Il m'a cité, en particulier, une femme pieuse de sa mission qui avait un mari irréligieux et débauché. Celui-ci tomba dangereusement malade. La pauvre femme redoubla ses prières et ses bonnes œuvres. Un jour qu'elle priait avec ferveur devant un crucifix, elle le vit s'allonger et prendre l'apparence d'un homme vivant et de ses cinq plaies coula du sang en abondance. Profondément émue, elle porta le crucifix tout sanglant à son mari, qui en fut fort touché à son tour, se confessa et fit une mort édifiante.
M»"' Favier, dans les nombreuses conférences qu'il a données en France lors de son dernier voyage, a raconté les ditFérentes apparitions d'une " Dame blanche » sur les tours de la cathédrale de Pékin pendant le siège des Boxers. Les Pères Franciscains et les Pères Jésuites des Missions persécutées du Nord de la Chine ont fait mention dans leurs lettres de semblables visions surnaturelles.
La Mandchourie a été témoin de prodiges pareils. Un de ses missionnaires écrit ■. « Qn jour, dix-sept soldats païens s'aventurèrent jusqu'à la petite rivière qui coule au sud de l'oratoire. Notre veilleur de nuit, ayant commis l'imprudence de s'écarter du village, fut pris et enchaîné. On le mit à la torture pour lui faire avouer où se trouvaient les vierges et les petites filles de l'école. A ce moment, un soldat païen tournant la tête vers l'église s'écrie :
« Regardez donc ces légions d'hommes sur les remparts et le clocher ! »
» Tous alors de regarder dans la direction indiquée et d'ajouter, avec les marques d'une grande stupéfaction :
<c Mais ils ont tous des vêtements blancs. »
M Le veilleur assura, dans la suite, n'avoir vu que trois hommes postés sur les remparts. Les soldats, effrayés par cette vision, remirent notre veilleur en liberté sous prétexte de l'envoyer traiter avec le catéchiste et retinrent en gage ses souliers. Inutile de dire que le pauvre homme se garda bien de retourner les chercher. D'autres espions dépêchés d'Acheheu et d'ailleurs ont également affirmé que l'église était gardée par des hommes vêtus de blanc qu'on les comptait par centaines sur les remparts et le
clocher de l'église. Or, de fait, il n'y avait dans la résidence et la maison que huit chrétiens armés.
«Nos chrétiens desmontagnes étaient conlinuellemenl sur le qui-vive. Jour et nuit plusieurs sentinelles se tenaient sur une colline d'où l'on découvrait toute la vallée. Ces sentinelles affirment aussi avoir vu, à plusieurs reprises, deux étendards blancs, l'un au-dessus de la porte d'entrée de la résidence, l'autre sur le mur du nord. Ils apparaissaient et disparaissaient en même temps, flottant aune grande hauteur dans les airs, et l'église elle-même brillait d'un éclat extraordinaire.
« Les témoins oculaires de ces phénomènes ne sont certainement pas des visionnaires. Nous leur avons demandé ce que signifiaient, à leur avis, tous ces prodiges ; ils ont répondu invariablement : » Notre église a reçu la bénédiction de l'évêque Ki iM'' Guillon), faveur si difficile à obtenir pour les oratoires de l'Extrême-Nord ; le patron de notre église est saint Laurent, dont Sa Grandeur portait le nom. L'évêque Laurent est mort martyr. C'est lui qui du haut du ciel a protégé notre église. »
<< Voilà l'explication que tout le monde donne de ce qui s'est passé à Leao tien-tsé. Nous ne craignons pas dédire qu'elle nous parait la plus vraisemblable et la meilleure '. »
En parcourant les lettres des missionnaires de Chine, on trouverait des signes surnaturels innombrables, par lesquels Dieu encourage les chrétiens dans leurs épreuves ou invite les païens à se convertir.