‹ Deux ans en Chine; extrait du journalChapitre 46 sur 115 · I. P. I.e Roy, En Chine, p · texte numérisé non relu

I. P. I.e Roy, En Chine, p

se trouvait ne compte que 57 chrétiens, dont 7 ont été baptisés cette année. Ils appartiennent à une famille de plus de 20 personnes : père, mère, cinq tils, autant de belles-filles et quelques petits-fils. Une des jeunes femmes apprenait le catéchisme comme les autres ; mais elle ne pouvait recevoir le baptême; car elle refusait de croire au dogme de la présence réelle. Gomme l'apôtre saint Thomas, elle ne voulait pas croire sans avoir vu. Ce qui fut accordé au disciple incrédule, elle l'obtint, elle aussi.

« l'n jour, après la sainte messe, on vit cette femme s'avancer vers l'autel et chercher quelque chose. Le catéchiste, qui expliquait aux assistants les éléments de notre foi, la réprimanda vertement d'oser ainsi s'approcher du lieu saint :

» C'est vrai, dit-elle, je n'ai pas le droit d'agir ainsi ; je le sais, mais je ne puis résister au désir qui me presse. Tout à l'heure, pendant la sainte messe, j'ai vu sur l'autel deux petits enfants d'une beauté ravissante. Je venais pour découvrir où le Père les avait cachés. »

« Le catéchiste conduisit cette femmeau Père, qui, comprenant l'œuvre de la grâce, lui expliqua qu'elle venait de voir ce qu'elle avait toujours refusé de croire : Jésus-Christ véritablement présent dans l'Eucharistie, présent tout entier dans l'hostie et sous chaque partie de l'hostie. Dans son infinie miséricorde, le Sauveur lui avait montré deux enfants sur l'autel, parce que, ce jour-là, un chrétien devant communier avec le prêtre, il y avait deux hosties. Alors la femme s'écria en fondant en larmes :

« Mon Père, baptisez-moi sans délai, afin que, moi

aussi, j'aie le bonheur de recevoir le divin Enfant dans mon cœur. »

« Ce bonheur, elle l'eut quelques jours plus tard,et, depuis lors, Claire Tsanh, c'est son nom, toute désireuse de répandre la foi autour d'elle, publie les merveilles de Dieu à son égard ' . »

Quelquefois, au moment de grandes épreuves, comme à la mort des missionnaires. Dieu console les pauvres chrétiens chinois par de célestes apparitions :

(< Au commencement de 18Gi,un novice jésuite chinois de Zi-Ka-Wei vit en songe trois Pères européens. Il lui fut dit que Dieu voulait encore ces victimes. Il reconnutle P. Giaquinto et le P. Taffin, le troisième lui était inconnu. Le 30 avril, le P. Giaquinto était atteint et mourait en quatre jours ; le P. de Puyberneau arrivait d'Europe : le novice le reconnaissait aussitôt pour celui qu'il avait vu en songe le P. de Puyberneau mourait avant la fin du mois. Le P. Taffin, encore en pleine santé, se prépara dès lors à la mort avec joie. Vingt jours après, il expirait- ».

Le 12 septembre 1882, le P. Aubry était très malade. L'enfant qui lui servait la messe jouait seul au milieu du jardin. Tout à coup il s'arrêta, regarda le ciel en faisant des gestes désespérés, puis accourut à l'école en pleurant. Le catéchiste lui demande pourquoi il pleure. — « Je viens, dit-il, de voir une foule de beaux saints du ciel, ils sont venus chercher le Père ; je n'ai pas pu l'empêcher-

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