SE SONT L.VISSÉ EMBVUCHRR PAR UNE MAUVAISE SECTE
.< En présence de pareils textes, dont tout lettré chinois est nourri depuis son enfance, on commence à comprendre l'absence de toute intervention mandarinale pour prévenir des drames atroces comme le meurtre de P. Viclorin. Et
t. Qu'esl-cc qu'iiiu> mauvaise secte? — C'est bien simple; les textes iliseiil en effet : ■■ En liehors de la doi-li'ine des cinq canoniques et des quatre livres, tout le reste n'est que radotage ! »
qu'on ne dise pas que ces préceptes sont tombés en désuétuile : la Chine n'a pas changé; d'ailleurs l'impératrice, dans son décret de septembre, prend soin de rappeler que les instructions de ses prédécesseurs sont encore en vigueur.
« Au fond, les nouvelles instructions de la vieille souveraine réactionnaire n'ont étonné qu'à demi ceux qui connaissent un peu l'esprit chinois, car la plupart d'entre eux n'avaient accueilli le décret du 15 mars qu'avec un certain scepticisme sur son efficacité.
" La dernière phrase du second édit nous donne, au reste, l'explication de la contradiction apparente des deux décrets successifs :
« Que personne ne considère le présent décret comme une vaine formalité ! »
<( Il y a donc des édits impériaux qui ne sont publiés que pour la forme?
« Eh! oui, et il n'est pas difficile de deviner lesquels. Les mandarins ne s'y trompent pas, soyez-en sûrs : un coup de pinceau donné d'une certaine façon, une tournure de phrase spéciale éclaireraient au besoin les intelligences bornées, mais ce n'est pas nécessaire.
« Quand, comme l'édit de septembre, l'instruction impériale est conforme aux livres canoniques, quand elle se réfère aux vieux usages, s'appuie sur les coutumes des ancêtres et ne viole pas les rites ; vraisemblablement, elle est sérieuse.
« Mais quand, au contraire, comme le décret du mois de mars, elle est non seulement en opposition avec tout cela,
mais, en plus, blessante au suprême degré pour l'orgueil des vice-rois et des gros mandarins, croyez bien que le dernier des lettrés lit entre les lignes. Pas n'est besoin de lui expliquer que ce papier taché d'encre a été arraché à la faiblesse du Gouvernement par l'insistance de quelque ministre étranger, qu'il n'est qu'une vaine formalité, et qu'en éludant ses prescriptions on fera plaisir à Son Auguste Majesté, et surtout aux gros mandarins locaux, dont on redoute l'autorité arbitraire.
K Oh! je ne veux pas dire par là que les décrets du premier tj'pe soient toujours exécutés; non! Mais ceux du second ne le sont certainement jamais, et c'est d'eux surtout qu'on peut dire : « Voulez-vous savoir ce que le monde fait, en Chine? — Cherchez ce que l'empereur défend de faire ! »
« Il y a d'ailleurs une phrase du premier édil qui, rapprochée du texte du second, ne laisse pas d'être inquiétante ; c'est la suivante :
<< Lorsqu'un procès aura lieu entre le peuple et les chrétiens, les autorités locales devront le juger et le régler avec équité; les missionnaires ne [)Ourront pas s'y immiscer... »
« D'autre part, ce sont ces mêmes autorités locales qui sont expressément chargées, de la façon I3 plus urgente, de propager les doctrines du Saint-Édil flétrissant et bannissant le christianisme, et d'en présider les explications. Gela peut aller loin, surtout si l'on songe que, le plus souvent, les tracasseries, les persécutions même exercées contre les chrétiens indigènes, ont pour prétexte leur refus d'obéis-
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sance. non pas aux lois, mais à quelqu'un des innombrables riles superstitieux ou aux coutumes Iradilionnelles ridicules, en opposition avec les préceptes de leur religion.
" Nous ne dirons pas que nous appelons sur ce poinl rallention de notre ministre plëuipolentiaire à Pékin : il n'en est pas besoin. Tout ce qu'il pourrait faire, d'ailleurs, ce serait d'obtenir quelque nouveau décret rentrant dans la catégorie des va inex formalités, et, par suite, sans etfet.
« N'est-il pas regrettable que, par oubli ou par faiblesse, on n'ait pas, alors que la force au service du droit s'imposait, exigé, en résumant les articles de nos conventions internationales, la suppression de l'odieuse explication du septième article du Saint-Édit, explication qui devrait se faire et se fait au gré des mandarins le premier et le quinzième jour de chaque lune? Était ^2 possible? La radiation exorbitante d'un texte pareillement sacré eût-elle rien changé aux immuables intérêts de la tradition? Quoi qu'il en soit, tout lettré, tout mandarin est pour longtemps armé contre. nous.
« Une seule chose pourrait réellement assurer la défense du catholicisme : ce serait la possibilité de porter rapidement aux missions en danger un secours effectif. Quelques canonnières françaises, genre Woodcock ou autre, sur le Yang-Tse, sur la rivière de l'Ouest et sur les autres grands tieuves, feraient plus pour la protection des chrétiens que tous les décrets du monde.
« Or , maintenant que les eaux intérieures chinoises sont ouvertes à la navigation à vapeur, nous avons le droit de lancer ces canonnières.
« Allendrons-nous pour le faire qu'il n'j^ ait plus une mission debout dans le Sze-Ghuen, dans le Hou-Peh et ailleurs? que d'irréparables désastres se soienl produits? ou que nos missionnaires n'aient trouvé refuge que sur une canonnière anglaise ou allemande (car l'Allemagne ne tardera pas à en envoyer, n'en doutez pas)?
(( Le jour où pareil fait se produira, la protection des Missions catholiques sera bien près de nous échapper. Or, qu'on le sache bien, ce sera le coup mortel porté à ce qui nous reste encore d'influence et de prestige en Extrême-Orient. Nos ministres à* Pékin l'ont compris : aussi, sans être suspects de cléricalisme, tous, M. Gérard comme M. Pichon, ont toujours employé avec la plus grande énergie, pour la défense des Missions, les moyens diplomatiques dont ils disposaient.
« Aujourd'hui, la porte est ouverte à des moyens plus efficaces : c'est à la France d'en doter ses agents, sous peine de les réduire devant les Chinois au rôle de matamores, qui menacent, mais qu'on sait impuissants ; — sous peine aussi de faillir au devoir qu'elle a assumé et, en conséquence, à bref délai, de voir ses droits lui échapper'. "
LE SAINT-ÉniT DE l'hAIFEBEUR KANG-HI
" Pour l'intelligence de ce qui précède, nous donnons -ci-après le texte du Sainl-Edit.
" C'est un résumé, en seize maximes, des doctrines que