COMMENT DIEU SAUVE LES AMES
Dans une ville de la Chine, Vivaient quelques rares chrétiens, Mêlés à de nombreux païens.
Une famille mandarine, Tout remède étant impuissant, Voyait mourir un pauvre enfant.
Un bon chrétien dit à la mère :
» Si tu consens, je puis arracher A la mort qui vient le chercher Ton enfant chéri; crois, espère.
Si je le baptise, il vivra FA ton cœur s'en réjouira. »
« Qu'il soit chrétien à l'instant même,
Dit la mère essuyant ses pleurs.
Si Dieu tarit de mes douleurs
La source amère, je l'aime ;
II sera mon Dieu pour toujours ;
A Lui seront tous mes amours. »
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A peine baptisé, cet ange Au ciel s'élance radieux, Déjà des chants harmonieux Disaient la divine louange, Lorsqu'on no vil dans le berceau Que les restes dus au tombeau.
La mère chancelle et frissonne ; Elle sait maintenant son sort.
Pauvre femme ! son fils est mort.
La raison même l'abandonne.
'> Vous aurez votre châtiment.
Vils chrétiens, j'en fais le serment. »
Mais, la nuit, elle voit en songe Son cher fils parmi les élus.
Dès lors sa colère n'est plus.
Elle reconnaît le mensonge De ce démon du désespoir.
Auteur d'un sentiment si noir.
« Quel bonheur, û mère chérie, Dieu vient de verser dans mon sein !
C'est un bonheur sans nom, divin.
De la véritable patrie Désormais heureux citoyen, Je nage au milieu de tout bien.
" Je jouis d'une immense gloire Qui toujours illuminera Mon front et le couronnera.
Incomparable est ma victoire.
Mère, sois chrétienne à ton tour Pour venir dans ce beau séjour. »
Ainsi dit l'enfant à sa mère Pendant le calme du sommeil, Et celle-ci dès son réveil Accourt chez le missionnaire, Avec les gens de sa maison.
Au Christ soumettre sa raison.
DEUX ANS EN CHINE 5:i3
« 0 Père, eiiseigiie-nous la voie Oui mène au séjour immortel.
Nous voulons tous aller au ciel.
Nous voulons partager la joie Qui, de mon bienheureux enfant, A fait un élu triomphant'. »
A 13ÛUD Dli LA MARGUERITE
Le sous-directeur de l'arsenal, comme plusieurs autres Européens qui en avaient les moyens, s'était procuré un Jiouse-boat, maison-bateau sur le modèle des jonques chinoises perfectionnées. C'était une habitation flottante assez commode, se composant d'un pont où l'on avait suffisamment d'espace pour se promener, d'une pièce principale, servant de salon, le jour, et pouvant être transformée en dortoir, la nuit. Ce n'était nécessaire que lorsqu'on était nombreu-x à bord ; car, outre cette grande pièce, il y avait deux bonnes chambrettes à coucher. Sur l'avant étaient la cuisine et l'habitation des six ou huit coolies qui conduisaient le house-boat.
Dès que le sous-directeur avait quelques jours de vacances, il se hâtait de fuir le bruit et le tracas de l'arsenal et se réfugiait sur son bateau, faisant des voyages de trois, quatre et quelquefois huit jours sur le fleuve Min ou