‹ Deux ans en Chine; extrait du journalChapitre 97 sur 115 · Extrait des Annales de la Sainte-Enfance, l. VIII, p · texte numérisé non relu

Extrait des Annales de la Sainte-Enfance, l. VIII, p

ses affluents, se distrayant un peu à chasser la poule d'eau et le faisan, employant néanmoins la meilleure partie de son temps à des éludes sérieuses dont les résultats, j'en ai la confiance, lui feront un nom plus tard dans le monde. C'est dans une de ces excursions sur la rivière de Yon- Fou, où il m'avait aimablement invité, que fut écrite la bluette suivante, insignifiante en elle-même, mais souvenir aimé de quelques jours passés avec un brave chrétien.

Ami Berlhet, nous nous en souviendrons Des quelques jours passés sur la rivière. Pendant longtemps, nous les rappellerons ~ Pour récréer notre àme et la distraire.

Ta AIa)-giieriie\ en ces jours de plaisir, Fut tour à tour un temple vénérable.

Où nous venions chaque matin offrir Au Dieu vivant son Hostie adorable,

Et la maison de l'hospitalité La plus aimable et la plus cordiale.

Où le pain blanc de la fraternité Était si doux à la table amicale.

C'était aussi la barque du pêcheur D'où nous tendions la ligne inoffensive Aux fiers poissons, qui de leur profondeur Osaient narguer notre humble tentative.

1. Le bateau portail le nom d'une sœur aimée laissée au pays de France.

Mais nous voyions des pêcheurs de ces lieux Sur leur radeau fait de bambous fragiles, Les cormorans qui réussissaient mieux :

Pauvres poissons, soyez donc plus agiles!

C'est ravissant et pittoresque à voir ; Ces oiseaux sont des serviteurs fidèles. Bons ouvriers, comme ils font leur devoir ! Luttant des pieds et du bec et des ailes.

Puis nous allions dans les plaines de Dieu, Dans la rizière et les belles campagnes, Où l'oranger croît sous le beau ciel bleu ; Nous gravissions et coteaux et montagnes.

Nous nous disions : que ces pays sont beaux Ces pics chenus que baisent les nuages, Se reflétant dans le cristal des eaux.

Rendent divins ces inconnus rivages.

En te voyant, les oiseaux etFrayés Reconnaissaient un ennemi terrible Dont les plombs sûrs par ton arme envoyés Ne manquaient pas la plus lointaine cible.

Le soir venu, du trop-plein de nos cœurs Nous épanchions la liqueur précieuse.

En nous contant nos peines, nos bonheurs, De l'avenir l'espérance joyeuse.

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Il était doux de parler de la foi, Jadis puisée aux genoux de nos mères ; Il était bon pour moi, comme pour toi, De révéler de si touchants mystères.

Il était doux dans ces longs entretiens De nous parler du cher pays de France, Nous le sentons, c'est par de tels moyens Que de l'exil on brave la souffrance.

Ami Berthet, nous nous en souviendrons Des quelques jours que sur U Marguerite, Heureux mortels, longtemps nous le dirons. Nous avons vu disparaître si vite.

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