‹ Deux ans en Chine; extrait du journalChapitre 98 sur 115 · MARTYRE D'UN CHRÉTIEN · texte numérisé non relu

MARTYRE D'UN CHRÉTIEN

Sur les lèvres de vos enfants.

Noms de Jésus et de Marie,

Que vous êtes doux et puissants

Contre l'enfer même en furie!

L'un d'entre eux dans ces derniers temps

En fil la douce expérience.

Dans le vaste empire chinois,

Des mandarins forgeant des lois

Condamnèrent à la potence

Un chrétien nommé Ngui-Youn-Kin.

i. Gl'IIp pelilc pièce n'est que la traduction d'une lettre de Mb'' Gentili, datée de Fou-Tcliéou, le 24 déceiiiLic 1870.

Et déjà la fatale coi'de

Etreignait sans miséricorde

L'enfant de la foi, ([lumd soudain,

Invoquant le nom adorable

De Jésus, toujours secourable,

El de sa Mère tout aimable,

L'on vit se rompre le lien

Enlaçant le cou du chrétien.

« Bien sur il en est redevable

« A la faiblesse du lacet,

« Et non pas à son Dieu muet,

« Hurlait l'infidèle en délire;

« Qu'à la potence suspendu

« Le sectateur du Christ expire !

« Ici son culte est défendu. »

Le doux martyr est donc encore

A la mort certaine exposé,

Et le mandarin qui l'abhorre

Aura vite réalisé

Son projet homicide et rusé.

Vain espoir... Jésus et Marie

Invoqués par le bon chrétien

De nouveau brisent son lien,

Pendant que le peuple en furie

Pousse des hurlements affreux

Et réclame le privilège

D'arrêter là le sortilège

Par un moyen plus rigoureux.

« Qu'à l'instant, dit-on, l'on apporte

« Une corde deux fois plus forte ;

5o8 DEUX ANS EN CHINE

« Que d'abord on l'imbibe d'eau,

« Et ce chien pendu de nouveau,

(( De son arl verra l'artifice

« Ne plus lui rendrg aucun service. »

Sans retard, c'est exécuté ;

Le martyr dans l'air se balance.

Déjà jouit de sa v^engeance

Ce malheureux peuple ameuté.

Une troisième fois il prie,

Le cher martyr de Jésus-Christ.

« Yésou, Malia Kewi, Nguaï:

« Sauvez-moi, Jésus et Marie. »

El comme les deux autres fois

La potence lâche sa proie.

Le chrétien, libre et dans la joie.

Chante de sa meilleure voix

Du Seigneur, son Dieu, les louanges,

Qui, par le secours de ses anges,

L'avait délivré de la mort.

Mais tout ce peuple dans la rage.

Ne pouvant soutïrir d'avoir tort,

Poussant une clameur sauvage.

Fondant sur le pauvre chrétien,

Le foule aux pieds et le déchire

Pendant que lui, sans dire rien,

SoutTrail souriant son martyre

El bientôt s'envolait au ciel

Bénir à jamais l'Éternel.

LES DEUX SAMl'AMÈRES

Page 1