K.S ITALIE
Citta di Castello (26.885) : 1er ; 2e.
Sienne (27.300): 1er en 1885.
Pavie (34.025) : 2e en 1902.
Crémone (37.693) : 1er en 1883 ; 2 en 1890 ; 3H.
Carrare (41.919) : 1er en 1898.
Cesena (42.509) : 1er en 1902 ; 3e en 1892.
Vicence (43.703) : 2e en 1877 ; 3e.
Novare (44.229) : 3e en 1885.
Caltagirone (44.527) : 2e en 1899.
Bergame (46.861; : 3e.
Ancone (55.480) : 2e en 1899.
Reggio Emilia (58.993) : 1er ; 2e en 1 901 .
Pise (60.238) : 2e en 1884.
Trapani (61.448): 1er; 2e en 1887.
Spezia (66.265) : 2° en 1889: 3e.
Brescia (69.210) :2e en 1902. '
Padoue (81.242): 2« en 1900).
Bologne (152.009) : 2e de 1891 à 1900.
Venise (148.471) : 2e en 1898 ; 3e en 1898.
Naples (547.503) : Ve en 1893 ; 2e en 1897.
Outre les villes citées dans les notices statistiques un certain nombre d'autres ont entrepris les services en question. Le mouvement continue.
Vidanges.
Les vidanges avaient été municipalisées dans deux grandes villes citées par l'enquête, Livourne et Spezia, et dans une dizaine d'autres dont les principales sont Cosenza, Foligno, Girgenti, Lecce, Pise, Suse, Spolète. D'après l'enquête, le budget annuel des vidanges se solderait en moyenne à Livourne par 70.000 francs de recettes contre 53.000 de dépenses, à Spezia par 43.573 francs de recettes contre 54.459 de dépenses. Livourne bâtie au bord d'une plaine est mieux placée pour vendre le produit de ses vidanges aux agriculteurs que Spezia entourée de montagnes où les cultivateurs, vignerons et arboriculteurs, n'usent pas de l'engrais fourni par les vidanges.
Abatloirs et marchés.
Les abattoirs, les marchés étaient souvent propriétés privées
comme en Angleterre. Une loi de 1901 assurait aux municipalités la surveillance des abattoirs et marchés.
La nouvelle loi leur donne la faculté de municipaliser les abattoirs et marchés.
172 communes avaient créé des abattoirs municipaux avant le vote de la loi.
Pompes funèbres.
Le service des pompes funèbres appartenait déjà aux municipalités (loi de 1892). Mais, dans la plupart des cas, les municipalités le concédaient soit à des particuliers, soit à des confréries ou congrégations instituées pour enterrer les morts.
La loi nouvelle fait de ce service un « monopole exclusif » des municipalités, mais en réservant les droits des congrégations et confréries spéciales.
La dernière classe d'enterrements est gratuite : mais cette disposition ne fait que confirmer les lois antérieures.
Bains à bon marché.
Des établissements municipaux de bains à bon marché sont signalés par les statistiques officielles dans 11 communes; il en existe au moins le double.
San Casciano dei Bagni (4.000 hab.) a pris à son compte les établissements thermaux de la localité, au nombre de deux, et donne un certain nombre de bains gratuits dans l'un d'eux.
Termini Imerese (20.600 hab.) est dans le même cas.
A Pavie (34.025 hab.), un comité a organisé avec des ressources fournies par la municipalité, un établissement de bains à bon marché sur les bords du Tessin. Les bains sont gratuits deux matinées par semaine; ils coûtent 0 fr. 50 le reste du temps. On estime que rétablissement ne fera jamais ses frais.
Padoue (81.242 hab.) a construit en 1889 un établissement de douches à 4 cabines, en 1902 un autre avec 8 cabines pour hommes, 4 pour femmes, 14 pour les enfants des écoles municipales. Prix d'établissement du premier : 4.660 francs ; du second : 20.500 francs. Tarif* uniforme : 0 fr. 15 linge compris. Gratuit pour les enfants des écoles. Les établissements sont très fréquentés ; mais les dépenses restent supérieures aux recettes.
Ferrare (86.675 hab.) a suivi l'exemple précédent. Dépense : 82.000 francs pour un établissement unique en 190 ! ; même sys-
terne qu'à Padoue,mais les bains payants sont plus chers, 0 fr. 70 une douche, 0 fr. 80 un bain chaud (Ferrare a des cabines à baignoire).
Bologne (152.009 hab.) a construit en 1899 un établissement coûtant 75.000 francs. Douches seulement. Tarif: 0 fr. 15, linge compris. Gratuit pour les enfants des écoles municipales. En 1901 : 74.700 douches dont 23.680 gratuites. Recettes: 12 à 13.000 francs contre 20.000 de dépenses . La municipalité espère couvrir ses dépenses, car le nombre des bains payants augmente.
ATurin (329.691 hab.), un comité subventionné par la municipalité a fondé un établissement de bains en rivière, trois de douches, un de douches et bains chauds. Tarifs de 0 fr. 15 à 0 fr. 50. Pas de bains gratuits. Ces établissements, fréquentés surtout par la classe moyenne, paraissent devoir faire leurs frais dans quelques années. Ils ne se distinguent des bains privés que par le concours financier de la municipalité.
Milan (491.460 hab.) a un établissement fondé et administré par la municipalité . Il comprend 20 douches chaudes ou froides et une piscine. Tarifs : 0 fr. 10 et 0 fr. 15. Bains gratuits pour les enfants des écoles. En 1901, l'établissement a donné 33.500 bains en piscine, 39.500 douches, il a encaissé 7.700 francs, dépensé 8.000 francs d'administration, plus 3.300 francs de matériel et linge, sans compter l'amortissement du capital. La municipalité n'estime pas qu'il puisse jamais faire ses frais.
Moulins et boulangeries.
Un moulin municipal mû par l'eau a été construit à Mercalo Sarraceno en 1895: auparavant la ville n'avait pas de moulin et le moins éloigné se trouvait à 3 kilomètres dans la campagne. Le moulin municipal est le seul de la ville.
Des boulangeries municipales existent à Rimini et à San Venanzio. Plusieurs villes, notamment Catane, en ont institué momentanément pendant les grèves ou dans les périodes de cherté du pain. D'autres, comme Crémone, ont étudié la question.
Ces entreprises étaient autorisées par les lois municipales antérieures, qui concédaient aux communes le droit d'établir des boulangeries « quand les circonstances locales et les coutumes en justifient l'opportunité ». La nouvelle loi est plus précise.
Elle permet la « construction et exploitation de fours à pain municipaux (appelés encore normaux) dans le but d'empêcher la hausse artificielle du prix du pain ». Mais les communes ne peuvent que faire concurrence à l'industrie privée. Elles n'ont pas le droit de la supprimer en monopolisant la boulangerie.
Glace.
Des glacières municipales fonctionnaient dans 4 villes, Brescia, Gento, Modène et Finale Emilia ; elles fournissaient la glace au prix de 0 fr. 05 à 0 fr. 10 le kilog. ; ce produit est très demandé en Italie pour les sorbets, les boissons et pour la conservation des aliments corruptibles.
Pharmacies.
Une loi de 1888, amendée en 1899, avait autorise les communes sans pharmacien à créer une pharmacie municipale administrée par le médecin de la commune.
Des pharmacies municipales existaient dans deux villes ; la seule importante, celle de Reggio Emilia, se bornait à fournir les hôpitaux et les indigents inscrits au bureau de bienfaisance. C'était un dispensaire municipal.
La nouvelle loi autorise les villes à créer des pharmacies en concurrence avec les pharmacies privées. L'un des arguments invoqués en faveur de la municipalisation (sans monopole) est que les municipalités ne seront pas tentées, comme les particuliers, de sophistiquer les remèdes : c'est aussi qu'elles vendront à des prix raisonnables les médicaments indispensables, par exemple le sulfate de quinine ; une loi récente ordonne aux entrepreneurs faisant exécuter des travaux dans les régions malsaines, de distribuer aux ouvriers une certaine dose de sulfate de quinine et les autorise à se faire délivrer la quinine par l'Etat, à un prix de faveur (23 décembre 1900).
Une autre loi (1) a été adoptée récemment pour lutter contre la pellagre, sorte de lèpre qui est due à la consommation de maïs en mauvais état. Cette loi impose aux communes où le service d'hygiène publique déclaré la pellagre établie, l'obligation de
(1) Dans le même ordre d'idées, il convient de signaler encore la loi du 8 février 1900 autorisant les communes à faire des emprunts pour les travaux d'assainissement, la loi du 2 novembre 1902 qui rend obligatoire» certaines mesures contre la malaria (fièvre paludéenne).
construire et d'administrer des séchoirs et dépôts de maïs. La loi sur la municipalisation, votée avantla loi contre la pellagre,
avait mis ces services au nombre de ceux qui peuvent être mu-
nicipalisés.
exécution directe de travaux publics.
Plusieurs villes ont fait exécuter directement, par raison d'économie, des travaux autres que ceux de voirie. Une seule, Milan, possédait un corps d'ouvriers et un atelier permanent; encore cette organisation n'était-elle établie que pour les réparations.
Milan avait construit un atelier de réparations en 1901 : la municipalité employait en moyenne 70 ouvriers, fumistes, mécaniciens, gaziers, etc. Elle les payait au prix courant pour une journée qui ne dépassait jamais 10 heures et s'arrêtait habituellement à 9. Ces ouvriers étaient chargés d'entretenir et réparer les machines, appareils, matériel appartenant cala ville et destinés aux services publics dont il a été question plus haut, par exemple, adduction de l'eau, bains et douches publics.
Graines et plantations.
La nouvelle loi autorise l'établissement par les municipalités « de magasins de graines, plants de vignes et arbres fruitiers pour la vente ». Il s'agissait surtout d'aider les vignerons à lutter contre le phylloxéra, suivant l'exemple donné avant la loi par deux municipalités siciliennes.
On avait demandé la municipalisation des canons para-grêle, de la vente des engrais chimiques, des irrigations, des assurances. La commission a estimé que les objets indiqués plus haut offraient un champ d'expérience suffisant à la municipalisation.
Vœu relatif aux logements ouvriers.
La commission parlementaire avait été saisie d'une demande relative à la municipalisation des terrains à bâtir. Elle l'a rejetée, mais elle a adopté à l'unanimité le vœu suivant :
« La commission, convaincue qu'un des principaux obstacles à la construction, location, vente des habitations ouvrières à des prix convenables, réside dans la hausse artificielle des terrains à bâtir, due à la spéculation, émet le vœu que la Chambre, à l'occasion du projet de loi sur les logements ouvriers, adopte le principe que les communes soient autorisées à exproprier
pour cause d'utilité publique les propriétaires de terrains à bâtir, suivant les plans approuvés par le gouvernement et en harmonie avec les règlements sanitaires établis par les communes elles-mêmes. »
Satisfaction a été donnée à ce vœu par le vote du projet de M. Luzzatti sur les logements ouvriers (1).
Les coalitions des ouvriers urbains.
Les associations ouvrières remontent au mouvement de 1848 (2). Le premier qui les ait recommandées est le républicain Mazzini, qui écrivit en 1842 une brochure sur la nécessité d'une organisation spéciale parmi les ouvriers italiens. Les disciples de Mazzini ont fondé surtout des sociétés de secours mutuels avec des formes maçonniques ou religieuses.
Les coalitions et les associations de résistance correspondant à nos syndicats professionnels étaient interdites par les divers Codes des États de la péninsule; ces dispositions restrictives ont survécu. L'article 166 du Code pénal italien punit d'emprisonnement quiconque cause ou fait durer une suspension de travail pour augmenter ou diminuer les salaires.
La loi italienne ignore les syndicats ouvriers : jusqu'à présent ils n'ont pas obtenu la personnalité civile et l'on discute encore aujourd'hui s'il convient de leur accorder cet avantage. Néanmoins ils sont tolérés plus ou moins libéralement depuis plus d'un demi-siècle.
Le premier en date est le syndicat des typographes qui fut fondé à Turin en 1848. Là, tout comme en France, les travailleurs du livre ont été les initiateurs de l'organisation ouvrière.
Les syndicats italiens ont un nom de combat : ils s'appellent ligues de résistance (leghe di resistenza), parfois, mais plus rarement, ligues d'amélioration (ler/he di miglioramento).
Les ligues de résistance les plus nombreuses et les plus fortes
(1) Sur l'intervention des municipalités dans la question des logements ouvriers et sur les municipalisations importantes accomplies depuis 1902 dans tous les ordres de services, on trouvera des indications dans la Revue municipale, hebdom. Paris.
(2) Achille Loria, Il movime7ito operaio, Milan, 1903, pp. 213-211 (avec indications bibliographiques).
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se sont organisées parmi les ouvriers industriel» du Nord, surtout à Milan, Turin, Gênes et dans leurs environs.
Dans la province de Mantoue, dans I Emilie, dans la 1 oscane. les ouvriers agricoles ont l'onde, à l'imitation des ouvriers urbains, des ligues d'amélioration (1).
En Sicile, les ouvriers des mines ou des champs se sont groupés enfafci qui sont des organisations à part. Le mouvement ouvrier agricole en Italie exigerait au moins deux études dillerentes, Tune sur le Nord et le Centre, l'autre sur le Sud et la Sicile.
Des organisations ouvrières ou mixtes, les unes libérales, les autres catholiques ont été. surtout dan-- le Nord, opposées aux leghc, généralement socialistes.
Je ne traiterai ici que des ligues de résistance des ouvriers urbains, organisations qui ressemblent le plus à nos syndicats. Elles sont groupées: 1° en Fédérations nationales de métiers, 2° en Chambres (nous disions Bourses) du travail locales, comprenant tous les métiers d'une ville.
1° Fédérations nationales de syndicats ouvriers. L'organisation syndicale ouvrière en différents pays est évaluée de la manière suivante par un socialiste. M. Schiavi (2).
Pays Total des syndiqués Proportion par