‹ Deux chrétiennes pendant la peste de 1720 d'apres des documents originauxChapitre 11 sur 20 · S IMMOLANT A DIEU POUR SA FAMILLE ET SON PAYS · texte numérisé non relu

S IMMOLANT A DIEU POUR SA FAMILLE ET SON PAYS

La lettre que Marie-Marguerite écrivit à son frère aîné, quelques jours après la mort de sa sœur, nous la montre s’efforçant de le consoler, mais s’accusant elle-même. Elle n’est pas digne encore du ciel, dit-elle; « Elle doit travailler encore à expier ses fautes 1 . »

Elle donne à Jean -Baptiste, « son frère l’abbé, » les plus beaux conseils de perfection, en pensant aux devoirs que lui crée sa

i. Elle emploie un terme plus énergique. Comme les saints, pour lesquels la faute la plus légère est une offense grave à Dieu, elle parle de ses crimes-

vocation au saint ministère. Elle dit à sa sœur Françoise « qu’il n’y a pas de reine au monde plus contente dans son royaume qu’elle ne l’est au service des pestiférés. » Elle voudrait offrir à Jésus -Christ plus qu’une vie pleine de misère comme la sienne, mais mille, si elle le pouvait.

Aucun effort, nulle recherche de style dans ces lettres, qui sont sans prétention littéraire. Le cœur seul y parle, il s’ouvre et s’y révèle tout entier dans sa foi, dans sa force, dans sa simplicité et sa suavité. Nous trouvons là un hymne perpétuel à Dieu, un chant continu d’allégresse. Ainsi, elle n’appelle jamais Dieu que son Père, son bon Père, et elle veut être jusqu’à la mort sa fille obéissante. C’est le langage chrétien par excellence, celui de l’amour et de la confiance. Les hommes ne l’ont pas connu avant que Jésus-Christ le leur enseignât. « Nul homme, observe M. de Maistre *,

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