‹ Deux chroniques de RouenChapitre 4 sur 11 · XXI · texte numérisé non relu

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cette noto fréquemment répétée : Manuscrit de la Bibliothèque du Roi. L'absence d'une indication plus précise a eu ce résultat que personne après lui n'a recouru à ce manuscrit.

Nous publions donc ici cette relation pour la première fois et dans son intégralité. A part les quatre premiers paragraphes qui remplissent le recto du premier folio, on y trouve bien peu de faits étrangers à Rouen et à la Normandie. Elle commence en janvier 1560 (n. s.) et se termine en octobre 1569 par la mention des actions de grâce et des réjouissances qui eurent lieu à Rouen pour célébrer la victoire des catholiques à Montcontour. Nous n'avons pas besoin d'en faire ressortir rintérèt ; il apparaîtra clairement à tous ceux qui, curieux de l'étudier, y trouveront, sur les graves événements de l'époque, des renseignements qu'ils ne sauraient rencontrer nulle part ailleurs.

L'auteur de cette chronique habitait Rouen ; on ne peut en douter par la précision des détails topographiques relatifs à cette ville et à ses environs. On serait porté à voir en lui un ecclésiastique en raison de l'intérêt avec lequel il suit la main-mise des chefs protestants de la ville sur les trésors de Notre-Dame et des autres paroisses. Il paraît s'être attaché à bien établir l'exactitude des faits qu'il nous a transmis. Après avoir dit que le duc d'Aumale envoya à Lisieux son lieutenant, M. de Gouville, pour y tenir garnison, il ajoute : « Ceulx de la lad. ville luy firent don de quelques sommes de deniers que je ne mectz '\c\ pour la diver-

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site des opignions (1). » On peut croire à son impartialité, par la grande modération de langage dont il use envers les réformés. Cette réserve est bien remarquable à une époque où les passions religieuses étaient si vivement surexcitées et où on se lançait de part et d'autre les plus graves imputations et les plus grossières injures ; elle offre particulièrement un très heureux contraste avec le ton ordinaire de la relation publiée, comme nous l'avons dit plus haut, par M. A. Pottier dans sa Revue rétrospective, et qui n'est que l'œuvre d'un sectaire.

Mais quel nom assigner à l'auteur de ce Discours"^ Est-ce celui de l'archidiacre Jean Nagerel? Il avait composé, nous le savons, une Chronique de Normandie, et l'œuvre que nous publions s'arrête en 1569, quelques mois avantson décès, qui arriva le 15 juin 1570.

Mais cette supposition doit être écartée. Nous connaissons, par la publication que le libraire Martin leMesgissieren a faite, ce que Jean Nagerel a écrit sur le siège de Rouen. Ce récit, qui n'occupe guère plus de deux pages dans la publication de le Mesgissier, n'a que le fond de commun avec notre relation ; il en diffère sur certains points caractéristiques. Nagerel mentionne le nom du seigneur de Haucourt et indique en ces termes la disposition des troupes du duc d'Aumale autour de Rouen : « ... à sçavoir la gendarmerie de cheval partie au Mesnil, l'autre partie du costé du Mont aux Malades, les Allemands et Suisses devant le dit fort (de Sainte- Catherine), les compagnies françaises ù Dernétal, les

(1) P. 234 de notre édition.

Reistres conduits par le comte de Ringrave, au Vau- Lyon (1), et le seigneur de Clere, près de S. Gille. » Si Nagerel était l'auteur de notre chronique, en aurait-il exclu ces détails intéressants qu'il donne dans un récit de deux pages.

L'importance des événements qui se déroulaient lors dans notre région devait suggérer à plus d'un témoin, l'idée de les raconter. Dom Pommeraye cite plusieurs mss. dont on a perdu la trace ou qui peut-être n'existent plus aujourd'hui (2). Il semble avoir connu l'œuvre complète dont nous n'avons que l'abrégé ; on pourrait le conclure de la citation qu'il fait du passage relatif à la saisie des objets sacrés renfermés dans la sacristie de la Cathédrale et dans une cachette murée au-dessus de la chambre du sacristain. Le texte, très semblable à celui de l'abrégé, est un peu plus étendu. Remarquons, toutefois, qu'on y constate un ton plus vif à l'égard des protestants. Signalons enfin ce fait que les difi'érentes formes données au mot artillerie, artigliere , artiglierie, article fe, rappellent le mot italien artigliera. Nous pensons qu'il n'en faut tirer aucune conséquence

(1) Vau-Lyou. V. sur l'orthographe de ce nom de lieu une note de M. F. Bouquet dans la publication qu'il a faite du Discours certain contenant ce qu'advint au temps oii le siège etoit devant la ville de Rouen, dans la deuxième série des Mélanges publiés par la Société de l'Histoire de Normandie, p. 239-261. M. Bouquet a, de plus, établi l'identité de la l'elation de Nagerel avec ce Discours certain et le texte placé sur la marge, eu forme de légende, d'une estampe de la Bibliothèque municipale de Rouen, intitulée : « Le vary pourtaict {sic) de la ville de Rouen assiégée et prise par le roy Charles 9 . »

(2) V. VHistoire de la Cathédrale de Rouen, p. 92, 101, 120 et 149.

sur la nationalité île l'auteur ou du copiste. C'est un exemple de ce langage français italianisé, si fort à la mode à cette époque.

Nous avons le regret de dire en terminant que l'auteur de ces intéressants mémoires nous demeure inconnu.

Des deux sommaires qui précèdent ces chroniques, le second est composé des manchettes du ms. 5948.

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