JI
S' Paoul ' plus grande que n'a voit esté passé .xxxvij . ans au para va m.
L'an mil. v". quatorze, le mercredi quatriesme Jour d'octobre, jour S' François, environ huitheuresde matin, print le feu a Fesguille et tour du parmy de Tecclise de Nostre Dame de Rouen, laquelle fut toute brûlée jusques a la voulte, et tout le cueur aussi jusques a lad. voulte, qui estoient en lad. tour et cueur couvers tout de plomb, lequel fut tout fondu et quatre cloches qui estoient a lad. tour; et dura led. feu de quatre a cinq heures, et fut par le feu des plombiers qui besongnoienta lad. tour, lequel print a la poix raisiné. Et fut le corps de lad. ecclise très fort dommage, et n'eust esté le secours du peuple, toute Tecclise estoit en péril et une partie de la ville, car il faisoit ung temps sec et chauld et grand vent qui porta des charbons ardans de Nostre Dame jusques a S' Ouen l'a ou on remédia promptement. Et la croix et le coquet cheurent sur le cueur d'icelle ecclise, et fut la couverture du cueur toute brûlée jusques a la voulte. Et y avoiten icelle tour quatre cloches bien sonnantes : la première nommée l'Esquelle, Tautre estoit nommée Ouynet, Tautre le S'* Mortuaire; l'autre n'estoit point nommée du peuple. Lesquelles quatre cloches furent fonduz par led. feu, et tellement que le peuple fist si grosse dilligence que devant qu'il fut .xj. heures il fut apporté tant d'eaue que on la prenait par seillées. Les ungs mettoient grosse peine de porter l'eau par seillées; les aultres au parmi des rues a
' Du 8 décembri: au 25 janvier.
2 Non pas saint mais sain du 1. signum, cloche. On la sonnait au décès des chanoines. « A l'avenir, quand un chanoine décédera, on sonnera la cloche dite le Saint-Mortuaire. » Arch. de la S.-Inf., G. 2128.
genoulx a grosses larmes invocquant l'aide de Dieu et de la beneite vierge Marie. Qui eust le dur cueur qui n'eust ploré et qui n'eust esté induit a devocion de veoir les religieux de S' Ouen, de la Magdalene, de S' Lo, les quatre mandiens avec leurs croix, banieres, fiertés, corps saincts et aultres saincies reliques faire procession, et aultres des lieux circunvoisins de S"^ Katherine, de Croisset, Darnestal, Boscguillaume, le grantetpetiiQuevilly, segetans a terre les mains joinctes au ciel, prians pour l'ecclise et pour la cité, donc nostre Seigneur oya leur oraison tellement qu'il nY eut que la tour et la couverture du cueur d'icelle ecclise qui furent brusleez et les quatres cloches. Et combien que la plus grand partie du pilpitre d'icelle ecclise, ensemble le cruxcifix furent rompuz, toutesfois l'ymage de la beneite vierge Marie assise près du pilpitre qui est d'albastre n'eust aucun mal. Cestoit chose pitoiable de veoir messieurs les chanoines et chappellains dire le service a la chapelle des ordres et a la chapelle de derrière. Si toutesfois il fut faict si grant diligence que dedens la Toussainstensuyvant i 5 14 fut remisse en son premier estât deu.
Etlelundy, .ix^ jour d'octobre ensuyvant, furent faictes processions generalleset les fiertés de S' Ouen et de Nostre Dame furent portées en icelle procession avec grant nombre de torches, et chascun chanoine et chapelain y portoit ung cierge ardant a ses despens, et fut lad. procession par grand pont, par devant les Carmes, S' Ouen, S' Maclou, par la Vieutour, par devant S' Martin du Pont, et puis a Teglise de Nostre Dame. Et y prescha maistre Artus Fyllon, docteur en théologie, chanoine d'icelle ecclise et curé de S' Maclou de Rouen, qui après fut evesque de Senlis, et print pour son texme : « Memoria memor ero et tabescet in me anima mea miseri-
cordie Domini qua non sumus consumpti ». Trenorum. 3 ca. ' Et fut le service de Pecclise de Nostre Dame célébré ung jour et demy en la chapelle ou Tarchevesque fait les ordres et le résidu fut célébré en la chapelle a la vierge Marie derrière le cueur jusques a la veille Sainct Mellon aux vespres qui est le .xxj«. jour novembre.
Cad' an, fut faictung beffroy de bois pour lad. tour du parmy ety fut montré une clochedu poix de .vicc.lxvj, Ib., la quelle cloche fut donnée par messire Lois, chevalier, seigneur de Graville et grand admirai de France^, laquelle fut signée et benyste après la grand messe du cueur parle presbtre, presens diacre et soubzdiacre (la croix et chandeliers) qui avoient dict la grande messe du cueur, avec plusieurs chanoines, chappellains et habitués en lad. ecclise assistens devant le crucifilx. Icelle cloche fut nommée Loise. Autour d'icelle cloche est escript ; « Lois de Graville, admirai de France, a donné ceste cloche nommée Loise l'an mil .v^cet .vj. ». Icelle cloche avoit esté fondue huit ans devant et la gardoit ung marchant de Rouen aud. seigneur?.
Item, ced. an, furent montées en iceluy beffroy trois aultres cloches don[t ] Tune est nommée Ouynet et y a en escript : «L'an mil .cccc. et .xiiii.fus faictepour servir en ceste église. »
'■ Chapitre Ille des Lamentations de Jérémie.
2 Louis Malet, sire de Graville, de Marcoussis, de Montagu, de Milli, etc., né en 1438, décédé le 3o octobre i5i6. Il fut chevalier de l'ordre du roi, amiral de France en i486, gouverneur de Picardie et de Normandie.
3 On lit dans la description des cloches de Notre-Dame, qui, comme nous l'avons dit dans l'Introduction, remplit les deux premiers folios du ms. P, que le nom de ce marchand était Jacques le Peletier.
A l'austre, nommée le sainct Mortuaire, yl y a escript comme a Ouynet.
A Taustre nommée Mallart est escript : « Dun sono, nillecat tempestas, inmo rececat ».
L'an mil. v^c. quin^je, au mois de may et de juing, furent grantz ventz et grandes pluyes qui feirent de grans dommages en plusieurs lieux et principallement a Andely et aux prochains lieux. Les ravynes des eaues emportèrent maisons, granges, chevaux, vaches, brebis et pourcheaux; et, plus piteux, il y eut plus de cent personnes, que hommes que femmes que enfans, lesquelz furent péril/ et noies de lad. eaue, et aultres maulx comme labours, grains, herbages, dequoy le peuple y eust grande perte.
Ced' an 1 5 i 5 fut translaté le puy de Tecclise de S' Jehan aux Carmes de Rouen.
L'an mil .v". seize, le mardy des festes de Pentecouste, iBf jour de may, les Cordeliers de l'observance pour lors tenans leur chappitre gênerai en la ville de Rouen, feirent leur grand procession parmy lad. ville et estoient au nombre de 672 Cordeliers *et furent a S' Jacques.
Eud« an i 5 16, le dymence 17^ jour d'aoust, Mons' le [duc] (Daulphln, s^) d'Alençon, feist son entrée en lad. ville de Rouen en grant honpeur et pompe '.
I Le registre A 1 1 des Archives municipales de Va ville de Rouen donne d'intéressants détails sur cette entrée de Charles, duc d'Alençon, beau-frère du roi François Ip^ M. Ch. dcBeaurcpaireles a résumés dans \' Inventaire sommaire de ces archives. Nous n'en citerons que le passage suivant : « Dimanche, 17 août, joyeuse et nouvelle entrée dudit duc, accompagné des évéques de Lisieux, Evreux, Séez, et du grand sénéchal. Proposition faite à ce seigneur, près de Bonne-Nouvelle, par le bailli. Le duc reçu à la porte de la cathédrale par l'archevêque, logé à l'archevêché. Le duc d'Alençon, qui était gouverneur de Normandie, présida, le 18 août, une assemblée des Etats.
L'an mil .vc^. dix-sept, le dymeiice deuxiesme jour d'aoust, a quatre heures de relevée, François premier de ce nom, roy de France feist son entrée en la ville de Rouen en moult grand triumphe, et la reyne sa femme feist son entrée dens ladicte ville le lundi ensuivant, tiers jour d aoust i 5 1 7, a semblable heure ou elle fut honorable* ment receue et furent led. roy et reyne en lad. ville Pespace de 17 jours et partirent le .xviije, jour d'aoust'.
Item, le .xvje. jour dud. mois d'aoust eud. an iSij, furent faictes processions generalles en Tecclise de Sainct Ouen avec le- sermon solennel durant lequel, en la présence de révérend père en Dieu Mons' Georges d'Amboise, archevesque de Rouen, le doien et plusieurs des chanoines d'icelle ecclise, et aussi le cardinal Anthoine Bohier, archevesque de Bourges et abbé de Fescamp, et jadis abbé dud. S' Ouen 2, fut transportée corps de Mons^ sainct Ouen de la capse ou il estoit en une aultre capse neufve tresriche et couverte d'or, duquel corps fut délivré et donné a messes du chappitre de Rouen, c'est assçavoir le doy qui est appelle index.
L'an mil. v«. dix neuf, le vendredi seziesme jour de mars, environ quatre heures après midy, fut si grant vent que homme vivant n'en avoit veu le pareil, lequel
' V. L'entrée de François premier roi de France dans la ville de Rouen, au mois d'août i5ij. — M. Ch. de Beaurepaire, qui en a fait la réimpression en 1867 pour la Société des Bibliophiles normands, a donné, dans son introduction, des détails très circonstanciés sur cette entrée.
î Antoine Bohier, abbé de Saint-Ouen de Rouen et abbé de Fécamp de i5o5 à 1 5 19, vicaire général de Georges d' A mboise de i5o3 à i5o9, président au Parlement de Normandie, 1499, archevêque de Bourges en i5i3, cardinal en i5i7, décédé à Bloisle27 novembre i5i<). C'est lui qui fit commencer la construction du logis abbatial de Saint-Ouen et de la nef de l'église.
veni arracha arbres, abatoit et descouvroit maisons et ediffices en telle manière qu^il y eust plus du tiers des maisons et églises de Rouen descouvertes et se abatit la tour de S' Nigaise de Rouen, la tour de Neauville' près led. Rouen et la tour de S* Sens% et si fut abbatu le gibet de i^ouen, lequel estoit de>pierre, et une croix de pierre de gretz auprez dud. gibet avec plusieurs aultres gibetz. Et furent la plus grand partie des arbres des forestz abatuz, plusieurs navires perilz et tant d'autre dommage qui feist que Ton pensoit estre la fin du monde.
L^an mil .v" .vingt, i 52o, fut le blé cher tellement qu^il valloit trente et quarante solz t. la mine, mesure de Rouen.
Ced' an. i52i, fut le blé très cher, car en aoust et septembre il vallut trente et quarante solz, et tousjours cresoit de marché en aultre, tellement que a Noël valloit la somme de quatre Ib. Et quand le peuple veid le cas tel, la court de parlement feist crier si hardi de le vendre plus de cinquante solz la mine. Apres laquelle criée les paisans n'en apportèrent plus' tellement qu'il nM avoit riens en la halle au blé de Rouen, sinon aulcun pou de avoyne, de poix gris, de vesche et de blé sarrasin dequoy on faisoit du pain, et ne savoit si tost venir en la halle iceluy grain qu'il ne fust requeuylly. Et y avoit aulcuns qui
I Isneauville, c. du canton de Darnétal, à 9 kil. nord de Rouen.
î Saint-Saëns, ch.-l. de canton de l'arr. de Neufchâtel, à 22 kil. nord de Rouen.
î Le Conseil de ville décide, le 6 mai, que « on avertira les marchands que s'ils apportent blés à la ville, on leur donnera quelque somme, outre le prix de 60 s. t. pour mine de blé. » Le 3i -mai, « on reconnaît la nécessité d'augmenter le prix du blé. » Inv. sotnm. des délibérations de la ville, p. 124-125.
disoient aux laboureux: « Baillés moy une mine de vostre blé pour cinquante solz, comme il est a la criée, et je vous donneray deux escus au soleil pour avoir une robe ou pour avoir ung chapperon a vostre femme, ou pour avoir une Jacquete a vostre filz», ou aultres telles ou semblables tromperies. Ainsi estoit .vj. Ib. et .vj. Ib. et demie que la mine coustoit. Et les conseilliers de la ville de Rouen en furent achater jusques a Nogent le Roy et a Chartres et leur coustoit bien rendu a Rouen .vj. et .vij. Ib. la mine, et le delivroient aux boulengiers de Rouen a, 1. s. t. la mine, et en avoit tous les jours chacun boulengier une mine, et failloit qu'ilz la meissent toute en pain de six et de trois deniers pour assouvir mieulx au peuple, et le pain de .vj. d. debvoit peser une lib. et demye et Tautre a l'esquipollent, et aussi falloit qu'ilz le livrassent tous a huit heures de matin. Et avoit chacun boulengier deux commissaires de ses voisins pour veoir s'ilz en retenoient point. Et aucunes gens prenoient place a rhuys d'un boulengier très deux heures après minuyct pour y estre des premiers, car qui failloit a avoir du pain a ceste heure la, il n'en avoit jusques a lendemain, car ilz n'en estalloient point. Et dura ceste pitié depuis le commencement de Karesme i52i jusques a la Magdalene i522 qui est au(x) mois de juillet ensuivant, car l'aoust lut fort tardif.
L'an mil .v". vingt et deulx, fut grant planté de grain, car a la fin de juillet et au mois d"'aoust on avoit la mine de blé pour vingt solz, et quant vint au mois de septembre, il ne valloit que douze solz la mine qui valloit en juing précèdent .vj. Ib. et .vij. Ib. et demye.
Ceste d'« année i522, fut une peste quasi universelle, mais on se mourut principallement a Rouen, car il y en mourut plus de cinquante mil personnes, et ne demeura
gueres de gens a Rouen que tous ne fussent ou morts ou au[x] villages fuitifz, car au diruence, a la grande messe deSainct Maclou, on neeusisceu trouver avec les presbtres quarante personnes. Et commença lad. peste après la Pasques i522 et continua jusques a la Toussains ensuyvant eud. an i 522 .
Cest dict an i522, la nuyct d'entre le mercredi et le jeudi 26« jour de juing, environ minuict, la terre trembla en ceste ville de Rouen, ainsi que plusieurs Tont testifié ; et led. jour de jeudi .xxvj''. jour dud. mois de juing, qtli estoit Toctavedu S' Sacrameni de Tautel, furent faictez processions generalles.
Ced« an i522, s'aseinbla grand nombre d^avanturiers faisans moult de mal en Picardie et aultres lieux par ou ilz passoient; parquoy fut donné en mandement par la court de parlement a Rouen, de les prendre et en faire bonne justice. En ensuyvant lequel arrest, le 12*^ jour d'apvril veelle de Pasques fîories, Mons^ de Canny, prevost des mareschaulz, en feisi pendre au Neuf Chastel le nombre de vingt huit advanturiers, présent mons^ de Normanville' et la justice du Neufchastel.
Ced' an i 522, fut assize a la chapelle Nostre Dame de Rouen une sépulture de marbre blanc pour feu George d'Amboise, légat en France et archevesque de Rouen, et pour son nepveu, George d'Amboise, archevesque de Rouen, lequel nepveu la feist faire; ety avoit sept ans que "on y besongnoit incessamment.
Ced» an i523, h veille S' Martin d'iver, la nuyct, fut
I Jean B.iss;t, s' de Norm;inville, capitaine des levées normandes en 1498, capitaine des nobl^'s du baillage de Caux en i5i2 et i5i3, chambellan en ibiG, bailli de Gisors. V. Chronique de Jean d'Auton, I, p. 24.
unegrefvegelléedontiouslesbledzfurent perilz et perdus; et fut ceste gellée la nuyct et le jour S' Martin, [i i'] jour de novembre. Et en y eut aulcuns en la Beausse qui les refirent et furent bons, mais au Vetilquessin on ne receuillit oncques riens.
hem, ced* an i523, Maistre Jacques le Conte, curé de Ouainville, chanoine de Nostre Dame de Rouen, se pendit, et, quand ses gens le trouvèrent pendu, ilz le dispendirent et le couchèrent en son lict, puis dirent qu'il estoit mort soubdain et sona on le S^ Mortuaire de Nostre Dame. Puis, le lendemain qui estoit jeudi. . . jour de. . . eud. an i523, fut enterré, et le vendredi on feist son service en lad. ecclise sollennellement. Et la nuict dont le dimence ajourna, fut déterré et porté enterrer en terre prophane, et fallut reabilliter lad. ecclise par monsf de Verience, suffragant de Tarchevesque'.
L'an mil .V^^. vingt et quatre, fut le blé fort cher, a raison qu'ilz faillirent lad. année pour la gellée qu'il avoit faicte a la S' Martin d'iver i 523, et vallut quatre frans la mine, mesure de Rouen, et Phorge trente et quarante solz. Et ne eustesté le blé qui vint de Bretaigne, on eust eu grande nécessité a Rouen et au Vueuguessin^, car ilz
.' « i5, t6 et 17 janvier iSi'i (v. s.), on avait enterré dans la cathédrale le corps du chanoine Lecomte ; information faite, il fut reconnu qu'il s'était pendu ; le corps fut exhumé pendant la nuit ; chaque chanoine demanda aux vicaires généraux l'absolution, si et in quantum indigebant à sententia in quam incurrisse potuissent, ad causant inhumationis; l'église fut réconciliée par l'évêque de Very, et quelques jours après, le 28, on enleva les armoiries de Lecomte qui se trouvaient à sa maison canoniale et sur les chapes qu'il avait données, ut pereat memoria illius. » Inv. somm. des Ardu de la S.-Inf.
2 Le Vexin, s'ctendant de l'Andeile à l'Oise et divisé car l'Epte en Vexin normand et en Vcxin français.
venoient quérir le grain qu^il leur falloit a Rouen ; mais quel que quantité quUi en vînt de Bretaigne, il vallut ordinairement soixante solz t. la mine.
L^an mil .v". vingt cinq, les conseillers de la ville de Rouen feirent faire unes monstres ' par les quatre quartiers de lad. ville, chascun en son quartier; et faisoient ses monstres :
Le quartier de Cauchoise au Vieuyl Palaix, Le quartier de Beauvoisine et Bouvereulau chasteau, Le quartier de S* Hillaireau monastère de S* Ouen, Et le quartier de Martainville a la Vieutour, chascun a certain jour et non pas l'un quant l'austre.
Puis aprez les feirent tous ensemble, le dymence .vij«. jour de may, et partirent par dessus le pont pour aller a la mare du Parc^.
Pour le Cartier de Cauchoise partit du Vievyl Palais
pour aller a lad. mare du Parc; les haquebusiers mar-
choient devant, puis les piquiers, et estoient estimées de
.xviij. a .xix. cens hommes sans les enseignes qui y estoient.
Le Cartier Beauvoisine et Bouvereul, les haquebusiers,
1 Cest le vendredi lo mars iSaS qu'on reçut à Rouen la nouvelle de la défaite de Pavie et de la captivité du roi. L'émoi fut grand dans la Picardie et la Normandie où l'on pouvait craindre une invasion des Espagnols, possesseurs de l'Artois et des Flandres, et des Anglais alliés de Charles-Q.uint. On s'empressa à Rouen de réparer les fortifications et de réunir des armes et des approvisionnements ; on soumit tous les habitants en état de porter les armes à des services dont les gens d'église eux-mêmes ne devaient pas être dispensés. UInv. somm. Jes délibérations de la ville, auquel nous empruntons ces détails, mentionne les montres qui furent faites dans ces circonstances.
2 Cette mare existe encore vers l'extrémité de la rue à laquelle elle adonné son nom, vis-à-vis le Jardin-des-Plantes.
les arbalestriés, les trois enseignes, après les espéesa deux mains, les hallebardiers, lespiquiers estimeez a .xvij. ou .xviij.cens.
Le Cartier de Sainct H illaire estimées de .xxj. a .xxij. cens hommes.
Le Cartier de Martainville estimées de .xxiij. a .xxiiij. cens hommes.
Les cappitaines :
Nicolas la Vieylle, s' de Montigni ' . . . Cauchoise,
Maistre Nicolle Ango^. . - Beauvoisine,
Maistre Jacques le Lieur 5 Martainville,
le Gras emplumé4 S* Hilaire.
Puis après marchoient les 5o arbalestriés de la ville, tous a pied, avec trompetes et tabours. Et est assavoir que a chascun quartier y avoit de .xv. a .xvj. tabours avec certains sergens de bende pour les conduire et ordonner. Puis après saillirent les sergens roiaulx de la ville, tous
; A la date du 4 juillet i535, on trouve Nicolas la Vieille, s"" de Montigny, élu conseiller de la ville. Inv. somm. des délibérations de la ville, A 14, p. 168.
2 Farin mentionne en i535 Nicolas Ango à titre de conseilleréchevin.
5 Jacques le Lieur, sr de Bresmetot (Brametot) et du Bosc-Bénard, notaire et secrétaire du roi, fils de Robert le Lieur, avocat général au Parlement de Rouen et de Jeanne de Bonté, dame de Bresmetot. 11 remplit très souvent les fonctions de conseiller -échevin de la ville de Rouen . On lui doit le précieux manuscrit du Livre des Fontaines, conservé aux archives de la ville de Rouen, et qui a fait l'objet de publications par M. de Jolimont et M. J. Adeline.
4 Sous cette dénomination bizarre, nous croyons qu'il s'agit ici de Jean le Gras, qui fut conseiller-échevin en 1 5 14. Il habitait en effet le quartier Saint-Hilaire. V. Comptes rendus des Echevins de
Rouen , publiés par M. J. Félix, pour la Société de l'Histoire
de Normandie, t. 1, p. i3.
vestus de blanc et a pied, et les lieuienans du bailly et viconte après eulx a cheval, et faisoit bon veoir lad. monstre.
Ced' an i525, eudict mois de may, aulcuns advanturiers ' se meisrent sur les champz au Veulquessin le normant, comme Escouys' et les environs, lesquelz faisoient beaucoup de mal aux gens de vilage. Mais quand la justice de Rouen le sceut, feirent semondre les habitans d'icelle ville par ung vendredi de relevée en son quartier pour derechef faire une monstre. Mais, quand ilz furent venus, on les feist partir pour aller sur lesd. advanturiers. Mais quand lesd. advanturiers le sceurent (dont ung nommé Gros Dotz estoit leur cappitaine), ilz s^en allèrent oultre S' Clair sur Epte' en tirant vers la France. Et quand ceulx de Rouen le sceurent, lesquelz estoient desja jnsques a Escouys, Fleuri 4 et les environs, qu'ilz estoient hors de Normendie, s^en revindrent a Rouen; et debvés sçavoir qu'ilz partirent de Rouen le vendredi de relevée... jour dud. mois de may et ilz revindrentlesabmedi au soir et le dymence au matin ensuivant. Et pour autant que ilz ne trouvoient que manger, a causequ'il estoit jour mesgre, que du beurre, du fourmage et du laict, etaussy
1 Les campagnes étaient alors ravagées par des pillards que l'on appelait les mauvais garçons. Le Conseil de ville avait été déjà informé, le 1 5 mars, que « vers Cailly et aux environs s'assemblaient des gens de guerre et autres mauvays gardions. » Inv. Somm. des ciélibér., p. i3o, l'e col. La situation était la mêmt", on le voit, dans le V'exin.
2 Ecouis, c. du canton de Fleury-sur-Andelle, arr. des Andelys (Kure).
5 Saim-Clair-sur-Epte, c. et canton de l'arr. de Mantes (Seine-tt- Oise).
4 Fleury-sur-Andelle, ch.-l. de canton de l'arr. des Audelys (Eure).
qu'ilz ne trouvèrent a qui parler, on nomma caste saUlye vulgairement la guerre au laict ou la doulce guerre.
Ced*an i 525,1e lundi .xij«. Jour d'apvril avant Pasques', fut commencé le boullevert de la porte Cauchoise.
L'an mil .v^c, vingt six fut commencé le cueur de Nostre Dame de Rouen a clorre de cuivre.
Ced« an, furent commencées les allées du cimitiere de S* Maclou^ de Rouen.
Ced' an i526, Messire Loys de Brezé, grand senechal de Normendie, feist son entrée dedens Rouen comme régent de Normandie, le jeudi 27^ jour septembre i526 et vint par la porte du pont ?.
L'an mil .v^c. vingt sept, fut commencée l'arche de pierre ou voulte de dessoubz le cadren de la Grosse Horloge de Rouen et fut achevée en l'an mil .v==. vingt neuf.
L'an mil .v'^'^. vingt huit, Pierres Bar natif de Rouen,
1 i526 (n. s.); Pâques tomba le lef avril; il faut lire sans doute « xij« jour de mars », car il y eut en ce mois un lundi 12.
2 Les galeries de l'aître Saint-Maclou, situé rue Martainville, où se trouve figurée une danse macabre, décrite par H. Langlois, et aujourd'hui bien mutilée.
3 « 25 sept., au sujet de l'entrée de ce personnage t le bailli fera le propos. Je présent sera de 25 marcs d'argent; Mons"" Gombault fera le second propos ; le poêle sera de satin ou de damas aux couleurs de Mons'', et sera porté par les 4 quarteniers. Les rues
seront tendues 27 sept., entrée du grand Seneschal accompagné
des évêques de Lisieux, d'Evreux, d'Angoulême et de l'abbé de Bernay ; reçu par l'archevêque; soupa chez ce prélat et alla coucher au Château. — 28 sept., seconde proposition, « fort élégante », faite devant le gouverneur par M* Guill. Gombault, trésorier et chanoine de la grande église. — Pénultième de sept., présents offerts au gouverneur : 2 grands plats, 2 grandes aiguières et « 2 flagons dorez de fin or à ses armoiries. » Inv. somm. des Délib. de la ville, p. i34, vt et 2' col.
lequel avoit esté facteur au pays d'Espaigne pour Jehan Bonshoms, s' de Hantonne, et a cause de sa femme', de Couronne, lequel facteur aud. pays d'Espaigne avoit hanié une juyfve, laquelle (ainsy que on dict) avoit eu de luy deux ou trois enffans, grant pièce après quMl fut revenu aud. Rouen, dit des injures de la vierge Marie, disant qu'il n'estoit que Dieu de lassus et que Jésus n'estûit point filz de Dieu, ne la vierge Marie point mère de Dieu, car il tenoit la loi judaïcque, et pour icelles causes fut appréhendé de justice. Et comme on le menoit aux prisons archiepiscopalles, en passant devant Timage de la vierge Marie qui est au coing du logis de l'archevesque, Papellap... Luy estant aux prisons de Tarchevesque fut envoie quérir par messes de la court de parlement le[s] quelz s^s après l'avoir ouy en ses dictz et l'avoir faict prescher, le condempnerent a estre dedens ung beneau a porter immundices (le reputant comme ordure) mené a la Croix de Pierre et illec avoir la langue percée, puis venir devant Nostre Dame et crier mercy a la belle dame une torche au poing, et aussi illec avoir la langue coupée et brullée devant luy, et finablement estre mené au Vieuyl Marché et estre attaché a ung posteau et illec estre estranglé, puis estre brullé luy et son procès et consommé en pouldre et gettée au vent, laquelle exécution fut faicte, et mourut en son erreur le^. . .
1 Guillemette le Prévost, fille de Robinet le Prévost, s' du Petit- Couronne.
2 « 20 juillet, sur la demande du parlement, et à la suite de la condamnation d'un hérétique qui avait proféré des blasphèmes contre la Sainte-Vierge, le chapitre décide qu'il sera fait une procession générale et une présentation pour l'instruction du peuple, ut se abstineat ab erroribus et lectura librorum scripturce in linguam vernaculam translatorum. (Inv. somm. des Arch. de la Seine-In/., G. 2i53.)
Ced' an, fut érigé en la ville de Caen ung puyenThonneur de la S*^ et Immacullée Conception de la glorieuse vierge Marie au couvent des Cordeliers dud. lieu '.
Ced' an 1 528, la nuyct du mercredi .xxvj«. jour d'aoust, fut robe le Corpus Domini de S' Michel avec la capse en quoy il estoit, et fut trouvé le Corpus Domini dedens le cimitiere de S' Pierres le Portier 2.
L^an mil .v^c .vingt-neuf, fut le blé fort cher, car il vallutaPasques .xij.s.vj. d.le boisseau, mesurede Rouen, et si ordinairement l'année précédente avoit vallu ce prix ; et, quant vint a la Pentecouste, il monsta de prix si fort qu'il vallut .xxij. s. vj. d. le boisseau; et les conseillers de lad. ville meirent celluy de la ville a .xj. s. .vj. d. t., et y avoit si grande presse qu'il y eut quatre ou cinq personnes tués et plusieurs fors blecés.
Ced' an, l'archevesque de Rouen, voiantia nécessité du peuple, feist donner par chascun jour le pain de six mines de blé, et commença lad. donnée le penultime jour de may et fina le .xje, jour juillet. Et se donnoit led. pain au cimitiere de S' Maclou de Rouen; et valloit bien chascune osmone .ij. d. ob. ou trois deniers, et valloit bien lad. osmone chascun jour vingt lyvres tournois, la quelle donnée dura bien quarante trois jours 5 .
' L'avocat Jean le Mercier, s' de Saint-Germain, en fut le premier prince.
2 Saint-Michel, sur le Vieux-Marché, à l'extrémité sud de la rue de la Grosse-Horloge. — Saint-Pierre-le-Portier, dans la rue du même nom, maintenant rue de Fontenelle, partie comprise entre la rue de Crosne et la rue Cauchoise.
5 L'alinéa suivant est relatif à l'arrivée à Bayonne, le lerjuillet i53o, d'Eléonore d'Espagne, veuve du roi de Portugal, que François \" avait épousée au mois de juin par procuration, et des deux fils du roi livrés en otage en iSaô. Parmi les personnes qui allèrent au-
Ced' an 1 53o, le dimence 7« jour d'aoust,on commença les jeux de Soteville au lieu de S* Anthoine ou on joua la Vie Judas'.
L^an mil .v«. trente ung, les conseillers de la ville de Rouen feirent venir et taire une fontaine près les Augusties et une dedens le couvent desd. Augustins.
Item, en feirent venir et faire une près les Carmes, et une dedens lesd. Carmes.
Item, en feirent venir une a la Croche ou il y en avoii eu une, mais elle est a sec.
Item, en feirent venir et faire une au boult de la rue Escuiere, près S' Pierres l'Honoré.
Item, en feirent venir une dedens la conciergerie du Pallaix.
Item, en feirent venir et faire une a la court de l'hostel de la ville, une dedens la cuysine dudit hostel de la ville et une dedens le jardin.
Ced' an i53i,le .xiije. jour de juillet, trespassa a Anet^ hault et puissant seigneur Messire Loys de Brezé, chevalier de l'ordre, senechal de Normendie, conte de Maulevrier, baron de Manny ', baron de Nogent le Roy, sei-
devant de la reine à Bayonne, sont cités le bailli de Rouen et le général de Normandie, trésorier de l'épargne.
I M II existait à Sotteville un jeu de paume assez important, connu sous le nom de Saint-Antoine, parce que l'image de ce saint y pendait pour enseigne. Le lieu de Saint- Antoine, outre son jeu de paume, offrait aux promeneurs ses jardins et aux buveurs des tables. » (E. Gossclin, Recherches sur les Origines et l'Histoire du théâtre à Rouen avant Pierre Corneille, dans la Revue de la Normandie, t. VII, p. 963.)
I Anet, ch.-l. de canton de l'arr. de Dreux (Eure-et-Loir).
3 Mauny, commune du canton de Duclair, arr. de Rouen, sur la rive gauche de la Seine, aux confins du département de l'Eure.
gneur de Anet, Breval, Montchauvct, la Chaussée, et plusieurs aultres terres, régent, gouverneur et lieutenant du Roy au pais et duché de Normandie, cappitaine des cent gentilz hommes du Roy, cappitaine de Rouen et de plusieurs autres places, le quel après ses obsecques funeralz faictz, ses entrailles enterrées aud. Anet et son coeur porté a Coulompz auprès de son père, son corps fut apporté a Nostre Dame de Rouen auprès de son grand père, et partit de Anet le mercredi .xvje. jour d'aoust et vindrent au soircoucheraPassy'. Le jeudi .xvije. jour, vindrent digner a Loviers, puis partirent pour venir coucher au Pont de TArche, et fut convoyé led. seigneur une lieue par douze bourgeois de lad. ville revestus en deul, chascun une torche, et .xij. paouvres revestus en deul, aians chascun une torche aux despens de lad. ville qui le convolèrent jusques acequMl fut enterré. Le vendredi .xviije. jour, arriva aux Amuréez2 lès Rouen, environ dix heures du matin, auquel lieu fut allé quérir environ quatre heures après midi. Et vindrent en la manière qui en suit:
Premièrement, partirent des Amurées les Bons Enffans portant leur croix, et leur maistre vestu d'un surplix, le quel les conduisoit?.
Mauny, une des résidences des Brézé, était entré dans cette famille par le mariage de Pierre de Brézé, grand-père de Louis, avec l'héritière de la famille normande des Crespin, Jeanne, comtesse de Maulévrier, Bec-Crespin, etc.
1 Pacy-sur-Eure, ch.-l. de canton de l'arr. d'Evreux.
2 Le couvent des Emmurées, dont les derniers vestiges ont disparu de notre temps, se trouvait rue Saint-Sever, à l'angle de la rue qui en a conservé le nom. Sur l'histoire et les vicissitudes de cette maison, voir le Monastère des Emmurées {monographie rouennaise), par M, Paul Baudry, dans la Revue de Rouen et de Normandie, 1848, p. 455-460.
î Le maître et les écoliers du collège des Bons-Enfants fondé en i358 pour l'instruction d'écoliers pauvres.
Après marchoient les quatre religions mendiannes ' portant leurs croix et chandeliers.
Après marchoient les clercz des parroisses de la ville portans leurs croix, et après lesd. croix marchoient les prebstres d'icelle ville vestus de leur surplix et marchoient deux a deux jusques au nombre de .v" .xl., et oultre marchoient après eux trente tant curés que vicaires ayant chascun une estoUe en son col.
Après marchoient douze enfans vestus de surplix portant chacun une torche ou estoient les armes de la ville du Ponteaudemer.
Après marchoient la baniere de Manny et .Ix. hommes du pais portans chascun une torche.
Après marchoient douze hommes vestus en deul portans chascun une torche ou estoient les armes de Tabbaye de S' Wandrille.
Après marchoient douze hommes vestus en deul ayans chascun une torche ou estoient les armes de la ville de Gaen.
Après marchoient les douze hommes de Loviers cy devantd.
Après marchoient douze hommes vestus en deul portans chascun une torche ou estoient les armes de la ville de Euvreux.
Après alloient vingt quatre hommes vestus en deul portans chascun une torche ou estoient les armes de Tevesque de Lisieux.
Après marchoient cent cinquante hommes vestus en deul portans chascun une torche ou estoient les armes dud. seigneur deffunct, lesquelz le avoient acompaigné
1 Les Jacobins, les Cordeliers, les Carmes et les Augustins.
depuis Anet, ausquelzon avoit renouvelle les torches aud. Amurées.
Après marchoient les religieux de S' Lo et la Magdalene avec leurs croix et chandeliers.
Après les religieux de S' Ouen avec leur croix et chandeliers.
Après marchoient messes de Nostre Dame, tant chanoines que chappellains que habitués en lad. ecclise, portans la croix, chandeliers et benoistier; en fin desquelz estoit larchevesque de Rouen acompaigné de TarchevesquedeThessalonne '.sufFragantdeTevesqued^Euvreux, lequel avoit fait la levée du corps a Anet et acompaigné led. corps depuis lad. Anet; lesquelz avoient chascun ung mittre de damas blanc et chappes de damas d'or et noir.
Après marchoient plusieurs abbés et prieurs de Normendie, vestus de leur habitz pontificaulx.
Après marchoient cinquante hommes vestus en deul, portans chascun une torche ou estoient les armes de la ville de Rouen ; le tout, tant torches que habitz au despens de lad. ville.
Après marchoient les officiers des justices dud. s% tant de Maulevrier^, Manny que aultre lieu, menans les serviteurs domestiques dud. seigneur vestus en deul, en fin
'■ Thessalone ou Thessalonique, aujourd'hui Salonique, au fond du golfe de même nom, au nord-est de l'archipel. — D'après M. Bourbon, archiviste de l'Eure, il s'agit ici de Toussaint Varin, religieux Augustin, qu'il trouve mentionné aux dates de i5i4 et i5i5 (Arch. de l'Eure, G. 20), et qui paraît avoir rempli les fonctions de suffragant de l'évêque d'Evreux jusqu'à la mort d'Ambroise le Veneur, survenue en i536.
2 Maulévrier, c. du canton de Caudebec-en-Caux, arr. d'Yvetot. Louis de Brézé était comte de Maulévrier.
desquelz estoitmons^ le maistred'hosteldud. s' tenant son baston en sa main.
Apres venoient lescoursiers et dextricrs de Tescurie dud. feu s^ donc il y en avoii sept tout couvcrtz de drap noir a une croix de drap blanc, sur lesquelz estoientsept gentilz hommes vestus en deul.
Le premier portoit ung estendart de taphetas au couleurs dud. feu s^ qui sont janne, noir et rouge, ou estoit figurée une saincte Barbe et une chievre avec des eee qui signifie Bresé, et avoit en escript : Tant grate chievre que mal gist.
Le second portoit ung aultre estendart semblable au premier.
Le tiers portoit ung aultre estendart aux couleurs du Roy, qui est Janne, rouge et violet, ou estoit figuré ung saint Michel, une sallemandre et ung soleil ; et estoit Testendart des cent gentilz hommes de chez le Roy.
Le quart portoit ung carreau de velours noir sur lequel estoit son espée d'harmes dont la croix et pommeau estoicnt dorées, et le fourreau et sçainture estoicnt de satin pers semés de croix d'or faicte de brouderie, et la bouterolle du fourreau et blouque delà sçaintureestoient d'argent.
Le quint portoit au bout d'un baston son heaulme doré et garni de plumes au couleurs dud. deffunct, et au timbre estoit ung leon doré a deux aisles auquelles aisles estoit painct les armes dud. s^ .
Le .vj""-. portoit un guidon aux couUeursdud. s^ ou estoit painct les armes dud. s' deffunct.
Le .vi)""*^. portoit la coite d'armesdud. s' deffunct laquelle estoit de velours pers ou estoient en brouderie les armes dud. &'' tant devant que derrière que sur les avant bras.
Après venoient quatre desd. courssiers tous couvers de
velours noir a une croix de satin blanc. Sur ksirois premiers estoient trois enfans d'honneur tous vestus de velouxnoir en deul et nudz testes.
Et le quatriesme estoit le coursier d'armes dud. s' couvert comme les trois aultres, mené et conduit par deux enfans d'honneur vestus comme les trois aultres et nudz testes, dont l'un portoit les espérons dorées dud. sf et l'autre les ganteletz; et estoient les estriefz dud, cheval dorées.
Après venoient a cheval les heraulx dud. s^ deffunct, acompaigneez d'un des roix d'harmes de chez le Roy.
Après alloient vingt quatre prebstres en surplix lesquelz avoient aconvoié led. corps depuis Anet.
Après marchoient deux hommes vestus en deul dont l'un portoit une croix d'argent en ses mains, et l'austre portoit ung cierge ou estoit les armes dud. s' deffunct.
Après venoit le corps dud' deffunct dedens un coffre, lequel coffre estoit couvert d'un drap de satin cramoisi broudé et sur led. drap estoit l'efigiedud. sf pourtraicte au plus près du vif que faire on peult; laquelle efigie estoit vestue de une robe de drap d'argent bordé de brouderie, ung souliers de velours noir, ungs gandz broudées, une tocque de velours noir, sur laquelle estoit le chappeau de conte qui estoit faict de grosses perles orientalles ; et autour de son col estoit le colier de coquilles que on dict le collier de l'ordre. Et estoit porté led. coffre et effigie par douze hommes, quatre chevaliers, quatre prevostz et quatre barons, et portoient les quatre cornetz du drap hault et puissans seigneurs, le seigneur de Ferieres et le seigneur de Dangu au costé dextre, et au costé senestre, le seigef de la Roche G[u |yon et le seigneur de Heugueville.
Après marchoient pour convoier led. corps :
M. TarchevesquedeTours ' \ / Le petit prince frère
/ l dud' deffunct*.
M. l'evesquede Lisieux' \avec< Leseigneur d'Esneval4 M. l'evesque de Euvreux < \ /Le filz de monsf le pe-
/ \ tit prince.
Et le bailly de Rouen ^ avec plus" gentilz hommes qui estoient de la maison dud. seigneur deffunct.
Après marchoient mess" de la court de parlement.
Après marchoient les conseillers de lad. ville.
Puis après quatre vingtz tant gentilz hommes que aultrès personnages tous vestus en deul, deux a deux.
! Antoine de la Barre, fils de Jean de la Barre, s' d'Etampes, chevalier de l'ordre du roi, et de Marie de la Primaudière, doyen de Saint-Martin de Tours, abbé de Sainte-Catherine-lès-Roueo, évêque d'Angouième, archevêque de Tours en 1528, décédé le 12 janvier
î Louis de Brezé n'eut que deux frères, Jean qui mourut sans postérité, et Gaston, sr de Plasnes. 11 s'agit donc ici de ce dernier et de son fils Louis qui fut nommé évêque deMeaux en 1 534 et grand aumônier de France en i556. J'ignore d'où vint à Gaston de Brezé cette dénomination de petit prince.
) Jean le Veneur de Carrouges, fils de Philippe le Veneur de Carrouges, baron de Tillières, et de Marie Blosset, évêque de Lisieux, i5 juillet i5o5, après son oncle Etienne Blosset de Carrouges, cardinal, 7 novembre i533. Il se démit de son évêché en iSSq, en faveur de son parent Jean d'Annebaut, et mourut le 7 mars iS^S.
4 Nicolas de Dreux, fils de Jacques de Dreux et de Madeleine Hames, vidame et baron d'Esneval, doublement allié par le mariage de la cousine germaine de son père, Catherine de Dreux, avec le grand sénéchal Louis de Brezé, et par son mariage avec Catherine de Brezé, fille de Gaston de Brezé.
$ Ambroise le Veneur de Carrouges, frère du précédent, chanoine à Paris, chanoine et archidiacre à Evreux, évêque de cette ville en i5i3. Le 3i décembre 1 53 1, il se démit de son évêché en faveur de son petit-neveu Gabriel, âgé de quatorze ans. Il mourut en i536.
t> Jean d'Estouteville, s^ de Villebon, bailli de Rouen depuis iSaa.
Et après venoient le chariot ou avoit esté apporté led. seigneur depuis Anet, lequel chariot estoit couvert en cercueil de velours noir a une croix de satin blanc et mené par trois chevaulx couvers de velours noir a une croix de satin blanc comme ceulx de Tescurye dud. seigneur, les iraictz atteleez des colliers des chevaulx des limons dud. chariot et fouet du charestier couvers de velours noir, et le charestier et son varlei vestus en deul de velours noir. En cest estât partirent desd. Amureez et marchèrent Jusques dans Rouen, et, quant vint a l'entrée du pont, la forteresse dud. pont ' estoit tendue de drap noir ou estoient attachées les armes dud. seigneur defifunct. Puis vindrent a Nostre Dame, la quelle tant nef, ceur, chappelle a la vierge Marie que allées esioient tenduz de drap noir, et par dessus led. drap estoit tendu de velours noir garny des armes dud. s"", et les sièges de la nef tous couvertz de drap noir. Et fut posé le corps dud. deffunct au parmy du ceur dedens ung chasteau de douleur, lequel estoit faicten fachon d^une ecclise et clos de drap noir et par dessus de vellours noir. Puis fut célébré en la nef par les chanoines, chappellains et habitués en lad. ecclise vigilles des mortz a .ix. pseaulmes et .ix. leçons,C^t faisoit l'office mons^ Parchevesque de Rouen.
L'ordre du luminaire estoit fort honorable. Premièrement, au tour du chasteau de douleur, il y avoit quarante torches a quatre bras et vingt six gros cierges.
Sur led' chasteau de douleur y avoit trois cens .Ixvj. petis cierges.
Item, au pilpitre et sur les chaires des chainoines fourny de cierges.
I 11 s'agit ici du Petit-Château ou Barbacane, construit en 14 19 par Henri V, roi d'Angleterre, à rcxtrémité de l'ancien pont de pierre, et démoli en 1778.
Item, le grand candélabre a sept bras fourny de gros cierges.
Item, les huit pilliers du cueur et les deux portes dud. cueur fourny de cierges.
Item, toutes les allées fournyz de luminaire comme on laict aux festes treples.
Item, tous les pylliers de Tccclise avec ceulx des chappelles des deux costées fournv de cierges.
Item, en la nef, aux basses allées des secondes voultes entre deux pilliers a chascun d'iceulx cinq gros cierges ; il y a dix arches de chascun costé, ce sont cent.
Le tout aux despens dud' deffunct.
Les vigilles dictes pour prendre le congé, les gentilz hommes qui portoient les estandartz, guydon, cotte d'armes, heaulme et espérons, les meirent devant luy sur la sépulture du Roy et vindrent baiser Teffigie. Après Tescuier trenchantle vint baiser et mettre ses cousteaulx auprès de luy.
Après son barbier luy vint manier les cheveulx et meure son peigne au près de luy et le baiser, et finablement le maistre d'hostel' luy meist son baston auprès de luy et le baiser.^
Et sans cesser jusques aux matines du lendemain furent grand nombre des chappellains des coleges d'icelleecclise a psalmodier lepsaultier ainsi qu'il est acoustumé a faire pour les trespassés.
Le lendemain sabmedy .xix*^. jourd'aoust eud. an 1 53 1 , après tout le service du ceur acompli, fut commencé en la nef d'icelle ecclise le service et enterrement dud. seigneur, et fut dict par Tarchevesque de Rouen une haulte messe
> Ce iii:tître d'hôtel s'appeliit Maiha. Ittv. somm. des Arch. de la S. -lu/., G. 2154.
de Requiem sur ung auitel lequel fut dressé devant le cruxcifilz. Et, quant vint a Toffrande, fut faicte par Tevesque de Verience', suflfragant dud. archevesque de Rouen, une colacion en la quelle fut devisé sa généalogie, ses meurs et condicions, vertus et dignités; après laquelle colacion fut achevée la messe. La messe célébrée, on commença la recommandace durant laquelle on porta le corps en la fosse qui est a la chappelle de la vierge Marie, a la main senestre aux piedz de son feu père grant. Et après que le corps fut a la fosse et que Tarchevesque eust faict les cerimonies que on a acoustumé défaire et que il fut parti, le maistre d'hostel dud. seigneur rompit son baston sur la fosse disant : Mon maistre est mort. Puis furent gettées dedens la fosse lesestendartz, guydon, cotte d'armes, heaulme et espérons par les gentilz hommes qui les portoient, mais après furent levées et mises sur Taultel et fut mys sur la fosse une tombe ou est figuré les armes dud. seigneur deffunct. Lad. recommandace achevée, chascun se retira a son logis, et les seigneurs se retirèrent au logis archiépiscopal auquel fut faict ung sumptueulx bancquet.
Loys de Brezé en son vivant chevalier de lordre premier chambellan du roy Grand seneschal lieutenant gênerai et gouverneur po^ led, s'' en ses pays et duché de normendie Capitaine de cent gentilz hommes de la maison dud' s^ et de cent hommes darmes de ses ordonnances
I Me Nicolas de Coquainvilliers. Farin rapporte (Hist. de Rouen, 1G68, t. III, p. 327), que sa sépulture était dans le chœur de l'église des Augustins, et donne son épitaphe : Jacet reverendus in Cliristo Pater ac Dominus magister Nicolaus de Coquinvillari, episcopus veriensis, qui obiit an. 1 53i. 6. Januarii (i532, n. s.).
Capitaine de Rouen ei de Caen. Conte de maulevrier Baron de Mauny et du Bec crespin Seigne^ chastellain de Nogent le roy, Ennei, Breval et Monchauvet.
Apres avoir vescu par le cours de la naiu re en ce monde en vertu jusque a laa ge de Ixxii ans la mort la faict mectre en ce tombeau pour retourner vivre perpétuellement. Lequel deceda le dy mence xxiii« jour de juillet mil v" xxxi.
Epîtaphe de feu Monseigneur le grand seneschal de Normandie.
Dedens le corps que ce blanc marbre serre, jadis le ciel pour embellir la terre transmyst le choys des illustres espritz, lequel au corps feist tant d'hônr acquerre, qu'en temps de paix et furieuse guerre, soubz quatre Roys il emporta le prix, le souverain pour son partage a pris ceste noble ame, et la terre a repris le corps ja vieu : mais quâd a sa gloire ample pource quelle est de vertu décorée :
aux bons Francoys est ici demouree pour leur servir de mémorable exemple'.
Ced' an i53i, le Jeudi xxv^ Jour de Janvier, feste de la conversion S' Paoul, Mess^-^ Anthoinedu Prat', cardinal,
I Ces deux inscriptions se lisent sur deux tables en marbre noir scellées au-dessus de la statue vouchée de Louis de Brezé. I.'épitaphe en vers avait disparu en 1793 ; on l'a rét:iblie depuis. V. A. Deville, Tombeaux de la Cathédrale de Rouen, cd. in-4", 1881, p. (}3,
' Antoine du Frat, ne en 1463, lieutenant général .\u bailliage de
grant cliancellier de France, archevesque de Sens, evesque d'Alby et abbé de Sainct Benoist lés Orléans, feist son entrée a Rouen comme légat en France et vint par la porte Cauchoise et fut logé a la maison de Mons^ d'Ectot a S' Maclou.
Ced' an i53i, le dymence .iiije. jourfebvrier, Mons^ le daulphin de France, François de Vallois; feist son entrée dedens Rouen et vint par dessus le pont et fut receu en grand honneur'.
Ced' an, Madame Alienor, reyne de France, feist son entrée dedens Rouen, le mardy .vie. Jour febvrier i 5 3 1 , en grand honneur et magnificence et vint par dessus le pont.
L'an mil cinq cens trente deux, i532, le mardi second
Montferrand, 1490, avocat général au parlement de Toulouse, 1495, avocat général au parlement de Paris, i5o3, premier président iSoy, chancelier de France, i5i5; évêque de Meaux, puis d'Albi, abbé de St-Benoît-sur-Loire, archevêque de Sens, cardinal en 1327, légat a latere en i53o, mort en i535.
' M. A. Pottier a publié en 1866 pour la Société des Bibliophiles normands : Les entrées de la reyne et de monseigneur daulphin lieutenant gênerai du roy, et gouverneur en ce pays de Normandie, faictes a Rouen en l'an mil cinq cens trente et ung (n. s.), d'après l'exemplaire inséré, en guise de procès-verbal, dans le registre des délibérations municipales de Rouen A 12, i528 à i534 f. i55 bis. (Archives de la ville).
M. Pottier suppose, avec raison, selon nous, que ce voyage dont les historiens qui en ont parlé n'ont pas fait connaître le motif, avait pour but d'installer le dauphin François de Valois, dans les fonctions de gouverneur de Normandie, auxquelles il avait été appelé par lettres-patentes datées de Fontainebleau le 8 août i53i.
Notre manuscrit ne fait pas mention du roi ; il accompagnait cependant la reine et son fils, mais il n'eut pas d'entrée solennelle. « Quant au Roy, dit l'amiral Chabot, dans une lettre adressée au Conseil des vingt-quatre de la ville de Rouen, pour ce qu'il a faict autresfuis son entrée, ne sera besoing que d'aller audevant du dict seigneur ainsi qu'on a accoustumé. »
jour d'apvril, festes de Pasques, Mons^ le dauphin de France feist son entrée en la ville de Caen en grand honneur ; et le mercredi tiers jourdud. mois, ferie de Pasques, le Roy y feist son entrée en lad. ville en grant triumphe, et le jeudi ensuyvant le reverendissime légat Duprat et chancellier de France feist son entrée en lad. ville de Caen.
Ced'an i532, le pape Clément .vij^e.^ de la maison de Medicis, florentin, donna au roiaulme de France grand pardon de jubillé a pena et culpa ; et pour gaigner led. pardon falloit jeûner le mercredi, vendredi etsabmedi, et le dymence ensuivant recepvoir son créateur et dire cinq fois Pater noster et Ave Maria, et sans riens paier que a son confesseur. Ced. jubillé fut faict a Rouen pour apaiser rire de Dieu, le dymence .viije. jour septembre, feste de la Nativité Nostre Dame, et avoit esté publié le dymence précèdent premier jour septembre i 532.
Le mardi .xj™^ jour de mars aud. an i 532, fust décapité sur l'echafault de ceste ville de Rouen Pierre le Chandelier.
L'an mil .v«. trente trois, i533, fut pendu au Neuf Marché de Rouen, ung nommé Vergennes, le lundi .ix^. jour juing, environ 6 heures du soir, pour plusieurs larcins qu'il avoit commys.
Ced' an i533, la nuyct d'entre le jeudi et le vendredi 28e jour de novembre, le feu print a l'hostel de la ville de Rouen par ung presseur de bonnetz se tenant au prez, et y eut ung grand dommage eud. hostel de ville.
Ced' an i 533, le curé de Condé prez Alençon fut degradé et privé de toutes ses dignitéz ecclésiastiques par Messire Georges d'Amboise, archevesque de Rouen, en la présence de plusieurs evesques, abbez et prelatz tous en habit pontifical, puis fut baillé au lieutenant du bailly et
son procez pour en faire la justice a cause qu'il estoit de la secte de Luter; le quel fut condampné a estre estranglé a ung posteau au Marché aux Veaux, puis estre brullé luy et son procez et la cendre jectéeau vent, la quelle sentence fut mize a exécution le lundi 22^ jour de décembre i533'.
Eudit an i533 fust décapité sur l'escharfault de ceste
d'« ville de Rouen aultrement nommé Termite
d'Orival, natif
L'an mil. v". trente quatre, i534, le dimence 8« jour novembre, dedens Rouen on feist les feux de joye pour l'élection de nostre S' père le pappe Paoul trois™« de ce nom, nouveau esleu pape.
Ce mesme an 1 534, le... jour de janvier furent semeez plusieurs petitz livres de Luther dedens la salle du Pallais de Rouen, laquelle chose venue a la congnoissance de la justice, furent les portes du Pallaix et de la ville de Rouen toutes fermez pour prendre et trouver celuy qai les y avoit semez, ce qu'il ne peust estre trouvé, car celuy qui les avoit semez n'estoit plus en lad. ville, mais fut suyvy de si prez par la poste de Rouen qu'il fut prins a Dieppe, comme il vouloit passer en Angleterre par certaines enseignes qu'il avoit sur luy; et furent les portes de lad. ville de Rouen fermez depuis mardy jusque au vendredi ensuyvant. Et cousta lad. poursuitte au Roy plus de deux cens escus soleil. Ainsi amené par lad. poste de Dieppe a Rouen fut faict son procez, et aprez par le commandement du Roy fut mené a la court avec son procez, puis renvoie a
I « i5 avril, 6, 7 août, 1 1 décembre i533, procès efi matière de la foi contre Etienne le Court, curé de Condé au diocèse de Séez ; l'inquisiteur de la foi est mandé ; le Court est déclaré hérétique par l'archevêque in pleno parqueta curie archiepiscopalis, livré à la justice séculière cum tunica bipartite; assistent à la sentence l'évêque
Rouen pour mettre lad. sentence a éxecution. La sentence estoit telle qu'il debvoit estre pendu en l'air en une chaîne de fer sur le feu jusques a rendre l'esprit ; mais sans faire semblant de craindre la mort ne le feu baissoit la teste au feu pour plus tost finer ses jours et fut exécuté au (x) Marché aux Veaux a Rouen le So'""^ jour d'aoust mil .v ". trente cinq, et se nommoit led. malfaicteur le permis en la loy.
Ced' an i 534, le jeudy quatriesme jour de febvrier, par semblable ' fut faicte une procession a Rouen par l'ordonnance du Roy, de mons'^ Farchevesque dud. lieu et de Messfs de la court de parlement ainsi qu'il ensuit :
Et premier marchoient les Bons Enffans conduictz par
d'Hippone, cinq abbés itt ponti/icalibus, des chanoines et des conseillers au parlement; estrade élevée dans le grand cimetière de la cathédrale. » A. S.-Inf. G. 2154.
' Une procession semblable, dont notre ms. donne la description et à laquelle le roi et la cour assistaient, avait eu lieu en effet à Paris, le 21 janvier i535 (n. s.). Nous ne citerons que les premières et les dernières lignes de cette description : « Cedt an i534, le Roy treschrestien de France, connoissant certaines dampnables hérésies voulloir pululer et prendre pied en aucuns lieux de son royaulme, désirant y remédier, a imploré sur ce la gracè de Dieu. Et, pour inciter chacun à la demander, a commandé faire une dévote procession et assemblée generalle en la cité de Paris, laquelle procession fut faite le jeudi 2ime jour de janvier i534, ou le precieulx et sacré corps de nostre saulveur Jesuschrist a esté porté, et en laquelle luy niesme a assisté avec messrs ses enfans et plusieurs grandz et notables
personnages de sa court Et est à noter que auparavant avoient
esté exécutez plusieurs hérétiques. Et ced. jour, le Roy, la Reyne et toute sa court estant au logis dud. evesque ou ilz avoient disné, furent amenez lesd. hereticques faire amende honorable devant Nostre Dame de Paris, une torche ardante a la main, et consequemment bruslez tous vifz. »
ung homme de la Cinquantaine et deux sergent[sj en nombre de treize'.
Après les Cordeliers, les porteurs de croix et chandeliers vestuz de tunicques de damas en nombre de soixante sept.
Aprez les Jacobins, les porteurs de croix et chandeliers vestuz de aulbes en nombre de cinquante deux.
Aprez les Augustins, les porteurs de croix et chandeliers vestuz de aulbes au nombre de quarante cinq.
Aprez les Carmes, les porteurs de croix et chandeliers vestuz de aulbes en nombre de trente trois.
Avec trois croix de frairies fondeez en lad. prieuré.
Le quartier Sainct Hilaire
Aprez les torches du cartier S' Hilaire en nombre de .iijcc .Ix. torches.
Aprez les banieres la plus part aiant croix en nombre de cent quatre.
Aprez les croix tant des parroisses que des frairies en nombre de .iiij>"^ .iij.
Aprez les presbtres vestuz en sourplix au parmy desquelz y avoitdeux prebstres revestuzde chappes chantans les vers humili prece en nombre de 194.
Aprez aultres prebstres revestuzde chappes au meillieu desquelz estoient trois prebstres revestuz de chappes de drap d'or chantans lesd. vers humili prece: c'est assavoir Messi^e Jean Jouen, vicaire de S^ Vivian, M^ Richard du Bosc, vicaire de Saincte Croix Sainct Ouen, et Maistre
' Dans le manuscrit, les nombres indiqués à la fin de chaque article sont, sauf quelques exceptions, reportés en marge, comme pour être additionnés, ce qui n'a pas été fait. Nous n'avons pas jugé nécessaire de reproduire cette disposition.
Pierre Langlois curé de S' André, en nombre de .iij« .xxx. prebstres.
Aprez les chantres de musique et enfans chantans en nombre de 14.
Aprez les praticiens de la court de Teglisc, tant advocatz, notaires que procureurs, en nombre de soixante et douze,
Le quartier de Martainville
Aprez les torches dud. quartier de Martainville, en nombre de quatre cens quatre vingtz quatre,
Aprez les religieux des prieurés de Saint Lo, la Magdalene et le Mont aux Malades vestuz de chappes avec leurs croix et chandeliers au nombre de trente cinq
Le quartier de Beauvoisine
Aprez les torches dud. quartier de Beauvoisine jusqucs au nombre de trois centz soixante et quatorze
Aprez les religieux des prieurez de Grant Mont et du Pray, aultrement dit Bonnes Nouvelles lez Rouen, avec leurs croix et chandeliers, en nombre de quinze.
Aprez les religieux de Tabaye de Saincte Catharine du Mont de Rouen avec leurs croix et chandeliers; et le grand prieur portoit la joincte ma dame S'»-' Catharine, en nombre de vingt deux.
A'prez les religieux de Tabaye Sainct Ouen, tous portans chappes, la plus part de drap d'or avec leur croix et chandeliers, en nombre de trente sept.
Le quartier de Cauchoise
Aprez les torches dud. quartier de Cauchoise en nombre de six cens soixante et quatorze.
Aprez cinq trompettes et ung cornet devant les banieres
des frairies de Toussai nctz, Sainct Ouen et les Innocens.
Aprez huit hommes jouants de instrumentz.
Aprez les capses des corps sainctz des églises de Rouen portez par prebstres, tant religieux que séculiers au nombre de trente cinq.
Et y avoit a l'entour desd'" capses neuf vingtz douze torches .
Aprez la croix et chandeliers de l'association de ms MARIA fondée a Bonnes Nouvelles, wulgairement dicte Tassociation des Conartz, 3.
Marchoient aprez les chevaliers de lad. association portantz torches dont il y en avoit six vestuz de cottes d'armes de taffetas bleu aiant en chascune torche ung escuchon aux armes de jhs m, jusque au nombre de soixante et seize.
Aprez les capses de Nostre Dame Sainct Romain et le chef de sainct Sever ; auprez desd. capses y avoit quinze torches.
Aprez estoient portez les gargouylles de Nostre Dame et de sainct Romain.
Aprez quatre trompetes et ung cornet.
Aprez six joueurs d'instrumentz.
Aprez marchoient grand nombre de petis enfîans tous vestuz de robes, chausses, bonnetz et souliers, le tout blanc, tenans chascun ung cierge de cire blanche. Et marchoient devant lesd. enfans deux sergentz pour faire voye, et douze prebstres pour les conduire, lesd's enfantz estant au nombre de six cens soixante et treize.
Aprez les deux grandes banieres de Nostre Dame, puis la croix avec la petite baniere; deux coeuretz portans deux chandeliers vestuz de tuniques de damas rouge semez de fleurons d'or avec le coultre portant le benoistier d'argent.
Aprez les chappellains de lad, église tous portans
chappes et chascun ung cierge en leur main, en nombre de quatre vingts et six.
Aprez Messi^s les chanoines dont y en avoit trois portans deux bras enchâssez en argent et une croix d'argent, le tout en nombre de vingt neuf chanoines, tous portans chappes de grosse valleur, au meillieu desquelz estoient six coeuretz vestuz comme les deux aultrcs.
Aprez marchoient unze prieurs vestuz de chappes.
Aprez six abbés vestuz de chappes tenans leur croches en leur main.
Aprez dix huit hommes portans chascun une torche.
Aprez marchoit Mons^ Tarchevesque de Tours portant le corps de Nostre Seigneur Jesuchrist soubz ung poille fort riche que portoient quatre hommes d^eglize. Et aux deux costez dud. archevesque estoient Mons' d'Ypponense', suffragant de Mons^ l'archevesque de Rouen, et l'archevesque de Thessalonne, suffragant de Tevesque de Evreux, au costé senestre revestuz de trois chappes fort riches.
Aprez trois presidentz et les conseilliers de la court de parlement, les greffier civil et criminel, advocadt et procureur du Roy, et le premier huissier, tous vestus de rouge, en nombre de quarante.
Aprez six secrétaires ei sept huissiers de la court vestuz d'escarlate brune.
Aprez la court des generaulx, président, generaulx,
I Jean de la Massonnaye, de l'ordre des Augustins, docteur en théologie, évêque d'Hippone, suffragant de l'archevêque Georges d'Amboise. C'est lui qui dédia l'église de Saint-Lô de Rouen le 9 juin i533. Inhumé dans le chœur de l'église des Augustins. Farin donne ainsi son épitaphe : Ilic jacet Joannes de la Massonnaye, eremita Augustinus, Episcopus Hipponensis, qui obiit anno i ^53. 6 Februarii. (Hist. de Rouen, iG68, t. 111, p. 327.)
conseillers et greffier vestuz d'escarlate rouge et les huissiers d'escarlate brune.
Aprez seize sergents du bailliage et viconté.
Aprez Monsf le lieutenant gênerai du bailli de Rouen ' avec Mess"^* les conseilliers de ville portans chascun un cierge.
Aprez les advocatz de parlement du costé dextre, et les advocatz de bailliage et viconté au costé senestre, que suyvoient les procureurs de la court de parlement a main dextre et les procureurs de bailliage et viconté a main senestre en nombre de trois cens.
Aprez les cinquante arbalestriers de la ville vestuz de leurs hocquetons argentez aux armes du Roy et de la ville.
Aprez les esleuz, grenetier et contrerouleur du sel de de lad. ville.
Aprez trois des barons de Normendie.
Que suyvoient grand nombre d^hommes et femmes en grand dévotion dont la plupart porioient grosses bougies alumées.
L'an mil cinq cens trente cinq, i 535,1e jeudi .xwï'f. jour de juing, jour de la translation sainct Romain, Pierres Simon, enfondreur de maisons et lians les gens aux maisons, emportans tous leurs biens, natif de Cliponville prez Orbec, fut exécuté a Rouen ainsi quMl ensuit. Premièrement fut couché sur ung râtelier de bois et eut les bras rompuz en quatre endroictz, les jambes et les cuisses en quatre autres, et les rains avec les flans, et aprez fut mis tout vif sur une roe pour vivre tant qu^il
I Louis Daré, lieutenant général du bailli de Rouen, de 1607 à i536.
pourra vivre, jouxte Tédit du Roy donné a Paris le 1 i^c jour janvier i534. Et fut led. Simon jugé a Lislebonne par maistre Thomas Perdriel, lieutenant dud. lieu. Et fut le premier malfaicteur qui fut exécutée en Normandie en telle sorte.
Il fut mis sur la roe sur Tescherfault envyron 5 heures de relevée et eust les membres rompuz en unze parties et mourut le dymence ensuivant, 20 juin i535, environ a 10 heures du soir et vesquit 3 jours 5 heures.
Ced' an i 5 35, le pappe donna au roiaulme de France ung pardon nommé jubillé, et pour le gaigner falloit jcusner le mercredi, vendredi et sabmedi, et le dymence ensuivant recepvoir son créateur et dire cinq fois Pater noster et Ave Maria, et sans riens paier que a son confesseur. Led. jubilé fut publié a Sainct Ouenle dymence .ve. jour de septembre i5 35, et le dymence ensuyvant, 1 2« jour septembre eud' an, chacun se prépara pour faire ses pasques pour recepvoir son créateur.
Eud' an 1 535, le jeudy 29e jour d'apvril, en la présence du Roy, la Reyne et de mons^ le daulphin, furent faictes aux brieres de S' Julian unes monstres ou il y avoit .6000. hommes équipez en bataille, conduictz par six cappitaines, c^esi assavoir Mes^^ de Bacqueville, la Salle, Cantelou, Sainct Aulbin, Sallenelles et Trassy '.
I En ib'ib, à la veille de la troisième guerre contre Charles-Q.uini, François 1er établit dans chacune des sept provinces de son royaume << une légion de six mille hommes de pied, dont il bailleroit la charge a six gentilshommes, lesquelz auroient pour chaque mille hommes deux lieutenans, et soubz chacune enseigne cinq cens
hommes Environ le mois de may 15^4 (I. ib'ib), estant ledit
seigneur adverty que les légions estoient prestes, voulut bien aller visiter les prochaines de luy ; et, pour cet efl'et, se trouva en la ville de Rouen, capitale de Normandie, auquel lieu les monstres de la légion ricelle furent faictes en sa présence, dont estoient capitaines
Ce mesme an i5 36, le pape envoia au roiaulme de France ung pardon nommé jiibillé, et pour le gaigner falloit jeûner le mercredy, le vendredy et le sabmedy immédiatement suivant aprez la publication, et le dimence immédiatement suivant recepvoir son créateur dévotement, et que le mercredi, vendredi, sabmedi et dimence dire chascun jour trois ïois Pater noster et trois fois^ve Maria, priant le créateur n'avoir regard a noz péchez et ignorances et quUl nous veuille iceulx pardonner et qu'il luy plaise de garder, conserver et défendre toute la crestienté et retirer le fléau de son ire que avons provoquée par noz péchez et offences, desquelles il liiy plaise par sa bonté et miséricorde infinie nous donner remission et
six gentilshommes, sçavoir est : le seigneur de Bacqueville, le seigneur de la Salle, le seigneur de Saint-Aubin-l'Hermite, le seigneur de Saint- Aubin-Gobellet, le seigneur de Cantelou-aux-deux-Amants et le seigneur de Sannevelles. Ayant veu ladite légion de Normandie, de laquelle il se contenta fort, print le chemin d'Amiens pour faire le semblable de la légion de Picardie. » Mém. de Martin du Bellay, Collection Michaud et Poujoulat, ire série, V, p, 284 et suiv.)
Il y eut à cette occasion une sorte de défi entre Picards et Normands. Les premiers publièrent : « La grande et triumphante monstre et bastillon des six mille Picard;^ faicte à Amiens en l'honneur et louenge de nostre sire le Roy, le XX jour de juing mil cinq cens XXX V, faicte en manière de chanson, et le chant sur celle de : Monsieur de Basqueville, capitaine de mille hommes. » suivie d' u Aultre chanson nouvelle sur : Las ! que dit-on en France de Monsieur de Bourbon ? » Les Normands ne voulurent rien devoir aux Picards, et ils ripostèrent par : La Replicque des Normands contre la chanson des Picardie, faicte sur le chant : Dieu si veullc garder de mal roy Françoys premier de ce nom ! » Les noms des capitaines Sainci-Aulbin,Cantelou, La Salle, Basqueville, Sallenelles et Tiassy y sont cités. Ces deux plaquettes ont été réimprimées par A. de Montaiglon dans son Recueil de poésies françaises des XV^ et XVI* siècles, etc. ( Bibl. el;(.), t. I, p. 176-185.
convertir les cueurs et voluntez des princes crestiens en bonne union et concorde, et que les prepar[at]ifz des guerres qu'ilz ont les ungs contre les aultres soient convertis a résister aux infidelles et ennemis de la foy et S'e Eglise, et que lesd, princes puissent vivre en paix et nous soubz eulx, le tout a Thonneur et exaltation de son nom. Et ce faisoit led . jubilé gratis sans rien paier que a son confesseur.
Led' jubillé fut publié a Rouen le dymence 2o«^ jour d'aoust, et le dimence ensuivant, 27'" jour d'aoust i536, nous receusmes nostre créateur et feismes noz pasques.
Ced' an i536, Jacques, roy d'Escosse', partit de son pais pour venir en France en habit incongneu, et vint au roy de France luy demander sa fylle Magdalene en mariage, laquelle luy fut donnée, et furent mariez a Paris le premier jour de Tan i536. Et aprez que les nopces furent passées et tous les honneurs faictz, veinta Rouen = et y feist son entrée le lundi. xix^. jour de mars etveint par la porte du pont environ 3 heures aprez midi, et la Reine sa femme feist son entrée led. jour environ 5 heures de relevée, et
' Jacques V, roi d'Ecosse de i5i3 à 1542, avait épousé le i" janvier iSSy, Madeleine de France qui mourut le 2 juillet suivant.
2 « 8 mars i536 (v. s.), lecture de lettres de l'amiral, en date du 4 de ce mois, annonçant l'arrivée à Rouen du roi et de la reine d'Ecosse. — i5 mars, délibération sur ce qu'il convient de faire pour la réception. Conclusion omise. » Inv. somm. des délib. de la ville, p. 146, 2° col. — « Samedi 17 mars, on annonce pour lundi prochain la joyeuse entrée à Rouen du roi d'Ecosse qui avait épousé la fille aînée du roi de France; le Roi veut qu'ils soient reçus avec les mêmes honneurs que le dauphin de France. — 19 mars à 4 heures, le roi d'Ecosse entre à la cathédrale avec une grande multitude de nobles et de seigneurs ; l'archevêque le reçoit ; une heure après la reine a fait son entrée. >■ Inv. somm. des Arch. de la S .-Inf. (G. 2i55).
sortit de la ville plusieurs bendes pour aller au devant de luy. Et quand vint au bout du pont dedens la ville, il y avoit ung théâtre au quel estoit un arbre aiant deux brances; en Pune estant du costé destre y avoit sept personnaiges en habit d'hommes dénotant la généalogie dont il estoit venu, et en Paustre costé senestre par semblable y avoit sept personnaiges en habit de femmes dénotant la généalogie dont elle estoit venue. Et quant veint devant Nostre Dame y avoit ung autre théâtre auquel y avoit ung basteau dedens lequel estoit ung gentyl homme descendant a terre et une dame qui le recepvoit en tout honneur, dénotant le gros honneur et la bonne réception a luy faicte par le roy de France. Et fut a Rouen aprez lad. entrée jusques au mercredi des festes de Pasques mil .v". trente sept que il partit, et emmena Madame Magdalene de France sa femme, et monta sur mer a . . . pour aller a son roiaulme d'Escosse.
L'an mil .v". trente sept, iSS/, la sepmaine des Rogations, le parvys de Nostre Dame de Rouen, autrement dit l'aittre, fut achevée de clorre de pierre et de paver de . carreau ■ .
Ced' an, le jeudy premier jour novembre, feste de Thoussains iS'ij, fut inhumé a S' Patris de Rouen Maistre Robert Langlois, lieutenant gênerai du bailli de Rouen et sf d'Escalles^.
Ged'an, le jeudy .xxij"!^. jour de novembre eud^ an iSSy, furent faictes processions a Rouen en chascune parroisse
' Une main du xvii° siècle a ajouté : En Tan 1G41, au moys de febvrier furent posées deux grandes croix de pierres aux deux entrées d'iceluy.
2 Me Robert Langlois, sf d'Ecales, avait été pourvu en i536 delà charge de lieutenant général du bailli de Rouen.
en particulier, et fut ponélecorpsde NosireS' Jesuchrist, comme le jour du S' Sacrement. Et furent les rues tendues et feste jusque a midy en priant Dieu pour la paix et qu'il voulsist apaiser son ire. En faisant lad'^ procession, la saincte hostie de Sainct Estiene des Tonneliers voila par dessus le mur de la ville et vint cheoir prez de Seine ; eu lieu euquel elle cheut, y a a présent une croix de pierre.
L'an mil cinq cens trente huit, i 538, la fille de mons' de Guyse, veufve de mons^ le duc de Longueville, passa par Rouen, le .xxvije. jour de may, pour aller espouzerle roy d'Escosse, veuf de ma dame Magdalene de France'.
Ced' an i538, le lundi vingt neuff^^ jour de juillet, a Rouen furent faictz les feux de joye pour le traicté de paix* faicte entre Charles, empereur, et le Roy, et le lendemain mardi penultisme jour de juillet, furent faictes processions generalles a S' Ouen; et fut feste le long du jour.
L'an mil cinq cent trente neuf, ibig, fut commencée une halle pour la laine et pour les draps.
Ced' an. la faulce porte des Carmes et la faulce porte S' Ouen prez le pont de PArquet furent abbatuz5,
1 Marie de Lorraine, fille de Claude de Lorraine, duc de Guise, et d'Antoinette de Bourbon, née 22 novembre i5i5, décédée 10 juin i56o. Elle avait épousé, le 4 août i534, Louis d'Orléans, duc de Longueville, qui mourut le 9 juin iSSy, Elle contracta un second mariage, le g mai i538, avec Jacques V, roi d'Ecosse, et de cette union naquit Marie Stuart .
2 La trêve de dix ans, signée à Nice en i538, et qui mettait tin à la troisième guerre entre François 1er et Charles-Quint.
? La « faulce porte des Carmes », appelée porte Sainte-Appoline, se trouvait rue des Carmes, un peu au-dessous de la rue de l'Aumône. La « faulce porte de Saint-Ouen », que le Livre des Fontaines appelle porte Saint-Vivien, s'élevait au carrefour formé par
Ced' an, le sabmedi .xxvjme. jour de juillet iSBq, feste S'e Anne, les Carmes de Rouen tindrent leur chappitre provincial et furent dire la messe dedens le coeur Nostre Dame dud. Rouen. Et estoient en procession jusques au nombre de cent soixante religieux.
Eud' an i53q, le mardi des feries de Pentecouste, 5 heures du matin, deceda soeur Jacqueline Auber, mère abbesse de S'« Claire, et fust esleue soeur Anne Deshommectz.
L'an mil cinq cens quarante, i 540, révérend père en Dieu Georges d'Amboise, archevesque de Rouen, feist couvrir le coeur de Teglize de Nostre Dame de Rouen de plomb et si y feist faire a la poincte du coeur ung sainct George fort grand et bien doré.
Ced' an i 540, envyron la my aoust, le Roy, la Reine et messieurs les enffans vindrent a Rouen et furent logez a Sainct Ouen six sepmaines, durant le quel temps (a la suasion du chancellier Guillaume Payoit ') fut reformé la court de Parlement de Rouen et interdicte, réservé qu'il y eut commissairez députez pour la tournelle. Et furent les seelz retirez entre les mains du grand chancellier et n'y eut aucune expedicion donnée jusques aprez les Rois. Et furent envoyez ung président et douze conseilliers a
les rues des Faulx, Saint-Vîvien et de TÊpce, près la rue Ju Pontde-l'Arquet.
1 Guillaume Poyet, né à Angers vers 1474, avocat général en i53i, président à mortier en i534, chancelier de France en i538. C'est à lui que l'on doit la rédaction de la célèbre ordonnance de Villers-Cotteretz, 10 août i53g, qu'on appela de son prénom la Guillelmine. Sa servilité à l'égard de la Cour ne le sauva pas de la condamnation qui fut prononcée contre lui par le Parlement, en 1545, pour malversations.
Baieulx pour y tenir le parlement et justice a ceulx de la Basse Normandie, et y furent jusquez a Noël ensuivant que ilz se retirèrent a lad. court. Et le lendemain des Roixensuyvant, Messire Georges d'Amboise, archevesque de Rouen, gouverneur de Normandie, rapporta les seelz et reabilita lad. court, aiant commission du Roy aceste fin ; et a lad. reformation furent déposez de leurs offices [neuf] des conseilliers d'icelle court ' .
Ced' an 1640, la première sepmaine de décembre, par l'ordonnance du Roy, furent aboUys et abattus les frairies des artisans de tous les mestiers de Rouen et tous les biens, bagues et joiaulx d'icelles, tant calices, croix d'argent, paix, chandelliers, deniers d'argent, argent monnoie, banieres, contre autelz, chappes, chasubles, aornementz, fussent drap d'or, veloux, damas, sarge, linge, lange, drap de corps et aultres aornementz, coffres, tables, platz, escuelles, tant d'estain que de cuyvre, chandeliers, cierges, torches, messel, tappisserie et generallement toutes choses furent appliquez au Roy et recueillis par Jehan MogesS lieutenant gênerai du bailly de Rouen commys par le Roy a cest affaire.
1 II s'était introduit dans le Parlement de Normandie de grands désordres qui motivèrent les rigueurs de François lef, excité d'ailleurs à sévir par le chancelier Guillaume Poyet, très mal disposé à l'égard du Parlement qui fut interdit par lettres patentes du roi, le 17 septembre 1 540, et réhabilité par Georges d'Amboise le 7 janvier 1 64 1 . Sur toute cette affaire, voir Floquet, Histoire du Parlement de Normandie, t. 1, p. 5 14-334 et t. II. p. i-8i.
2 Jean de Moges, écuyer, fut lieutenant général du bailli de Rouen du 5 mars i5J<7 à l'année 1347. Député par la ville avec plusieurs autres personnages pour prêter serment de fidélité au roi Henri II, qui venait de succéder à François !«', il fut poignardé par un Sicilien qui fut plus tard arrêté à Cologne, d'après Farin, et subit le supplice de la roue en o5i. — Le Journal d'un bourgeois de
Ced' an i 540, le .x' . jour de febvrier, fut publié a son de trompe de par le Roy parniy la ville de Rouen que lendemain et autres jours au chasteau seroient venduz iceulz biens au plus offrant, ce qui futfaict.
L'an mil cinq cens quarante et ung, 1541, Messire Georges d'Amboise, archevesque de Rouen, feist couvrir de plomb la chappelle de la Vierge Marie de Nostre Dame de Rouen, tout ainsi que le coeur, et si feist faire une creste sur led. coeur et chappelle ou sont ses armes fort bien dorez et une Vierge Marie de plomb fort bien dorée sur la poincie de lad. chappelle.
Ced' an 1 541, fut achevée la halle aux laines de Rouen, et fut commencée une aultre halle pour les toylles et pour les drapiers de tailleurs.
Ced' an i 541, le jeudi .xxiij'"«^. jour de febvrier, ensuyvant Tarrest donné au grand conseil du Rov a l'encontre de Maistre Anthoine le Marchant, seigneur de Cavigny, Tung des conseilliers depposez a la reformation du parlement a Rouen, aprez longuement avoir esté tenu prisonnier a Paris, au prétoire du Palais a Rouen, presens les presidens et conseilliers, led. le Marchant fut admené de h.'^onsiergerie de lad. court aud. prétoire vestu de sa robe d'escarlateet son chapperon fourré, fut assiz en son lieu de conseillier, puis luy fut pronuncé son arrest, c'est qu'il est destitué dud. office, banny hors du roiaulme de France, ses biens et héritages confisquez. Puis fut mené au pied des degrez sur la pierre de marbre" une torche en sa main, nudz piedz, cria merci a Dieu, au Roy et a la justice. Fuis luy fut osté son chapperon et despouyllée
Rouen, publié par A. Fottier dans la Revue rétrospective, dit, p. 4, que le meurtrier s'appel.iit Joryme Sarragosse et qu'il tut nrrêté en Provence.
sad. robe, le tout pour ses malversations et abus qu'il avoit commiz en sond. office de conseillier '.
Ced' an 1542, le dimence .xviij'ne. jour de juing, fut faicte une procession generalle^ a Rouen, laquelle partit de Nostre Dame, alla a la Croche, par devant Sainct Ouen, au pont de Robec, par devant S' Maclou, les Augustins, a la Basse Vieutour, au bout du pont, par devant les Cordeliers, par devant le Vieuyl Palais, au Viel Marché, par dessoubz la Grosse Horloge, puis rentrer a Nostre Dame. Et estoit a Paiitre la haulte chaire, la ou fut faicte une prédication par maistre Guillaume le Rat?, pénitencier de Monsr de Rouen.
Et premier marchoient les Bons Enrtans,
Les Cordeliers sans aornemens,
Les Jacobins, aucuns revestus dechappes, portans reliquaires,
Les Augustins, aucuns revestus de chappes,
Les Carmes, aucuns revestus de chappes.
Le quartier Saint Hillaire.
Aprez marchoient les chefz d'hostel du quartier Sainct Hyllaire, ponanschascun une torche, jusquesau nombi%î de six cens.
1 Addition d'une main postérieure : « il a esté du depuys réî»bilitc et est mort conseillier. » Cependant Iscmbnrt Busquet avait été reçu en sa place le 0 novembre 1642.
2 On remarquera une grande analogie en ce qui concerne la composition et l'ordre de cette procession et de celle de i535; quelques détails diffèrent cependant, d'où il résulte une connaissance plus complote et plus exacte de ces cérémonies alors si fréquentes à Rouen. — Comparer cette description avec celle qui se trouve dans le registre A i3 des délibérations de la Ville et dont M. Cli . de Beaurepaire a publié des extraits. Invent, somm., p. i5i-i 5a.
5 Guillaume Le Rit, d'Avranches, d'abord professeur à Avranclies
Puis les croix et banieres des paroisses de lad. ville jusques au nombre de .Ixx. dont il y avoit 21 portans croix.
Aprez le clergié des parroisses en sourplix et cent trente deux vesius de tuniques, et trois cent autres portans chappes dont aucuns portoient reliquaire, au parmy desquelz avoit chantres qui chantoient en musique Salve /esta die s.
Le quartier de Martainville.
Aprez les chefs d'hostel du quartier de Martainville, portans chascun une torche, jusques au nombre de, six cens quarante cinq.
Aprez les croix et banieres des prieurez de Saint Lo, la Magdalene et le Mont aux Mallades, les religieux vestuz de chappes portant chascun un cierge blanc, au nombre de quarante.
Le quartier Beauvoisine .
Aprez les chefz d'hostel |du quartier] Beauvoisine portans chascun une torche, jusques au nombre de quatre cens quarante,
Aprez douze religieux de Bonnes Nouvelles .et Grant Mont portans chapes,
Aprez .XX. religieux de l'abbaye de Saincte Catharine du Mont de Rouen vestuz d'aubes et emys, et le plus antian
et à 1 Université de Gaen, où il prêcha devant François 1er, puis pénitencier du diocèse de Rouen en i583, vicaire général de Georges d'Amboise de i535 à 045, curé de Saint-Maclou, huit fois député du clergé du bailliage de Rouen aux Etats de Normandie, décédé le 7 mai i35o, F. M. L. Delisle, Essai sur V imprimerie et la librairie à Caen, de 1480 à i55o, p. 27-30, et M. Ch. de Beaurcpaire, Compte rendu de l'Assemblée générale du 10 décembre i8gi, p. 'i-ii. {Société des Bibliophiles no)mands).
portant chappeei la relique Saincie Cathariiie, et douze hommes portantz torches.
Le quartier Cauchoise.
Aprez les chefz d'hostel du quartier Cauchoise portans chascunune torche jusques au nombre de sept cens cinquante torches, comprins les grosses torches des frairies.
Aprez estoient portées par gens d'église trente capses tant des monastères et religions que des parroisses de la ville.
Aprez six trompetes et six joueurs d'instrumentz musicaulx.
Aprez les religieux de Sainct Ouen vestuz de chappes fort riches, a chascun une attache blance, et derrière esioit portée la capse Sainct Ouen.
La Monnaie.
Aprez six grosses torches porteez par six mon noyers vestuz de cottes d'armes de drap pers semées de fleurs de lis, d'escus et grandz blang', le malstre, gardes, contregardes, esseyeurs, ouvriers et monnoiers de la mon noie du Roy nostre seigneur en la ville de Rouen jusques au nombre de trente sept, portans chascun une torche de cire blânce ou estoient les armes du Rov attachez.
Court d'Eglise.
Aprez marchoient les sergens de la court ecclésiastique de l'archevesque, les advocatz, notaires, procureurs et autres officiers et praticiens de lad. court, jusquez au
I Les « grandz blang » étaient des monnaies, et voilà pourquoi ils sont figurés, ainsi que les écus, sur les cottes d'armes des monnayers.
lés
nombre de cent portantz chascun ung cierge de demie )b. de cire jaulne.
Marchoient aprez quatre a quatre mil quatre cens cinquante deux enffantz au dessoubz de Taage de dix ans tous vestuz de blanc portantz chacun ung cierge de cire blance; et leur fut donné led. jour matin a Thostel de ville a chacun ung oeuf et ung cheminel pour leur dejuner.
Aprez six trompetes et six haultbois jouans d'instrument musicaulx que suy voient les chevaliers du pray de Tassociation de Bonnes Nouvelles, la croix et chandeliers, six hommes vestuz de cottes d'armes de satin viollet ou avoit ung soleil devant et ung derrière et au parmi dud. soleil. iHS. M. tout de brouderie, et six aultres vestuz de cottes d'armes de veloux pers par semblable aiant ung soleil, et le reste semées de fleurons d'or, portans chascun une grosse torche quesuyvoient lesd. associez au nombre de soixante et dix portans chascun une torche de deux livres de cire blance, et a chascune torche ung escuchon ou estoit painct. ihs. m.
Aprez la capse Sainct Romain avec beau luminaire, Aprez la capse de Nostre Dame conduicte par quatre clercz vestuz de surpliz portans chacun une torche de deux Ib. de cire blance,et quatre hommes portanschascun une torchede cire jaulne de. vj .Ib. pièce, vestus de robes de drap pers tout au despens de la frairie Nostre Dame, que suyvoit le chappelain de lad, frairie vestu d'une chappe portant une Nostre Dame d'argent de pied et demy de hault. Aprez marchoient les maistres et fraires de lad. frairie portanschascun une torche de cire blance de .ij .Ib. Jusques au nombre de trente.
Aprez venoient messes de Nostre Dame et premier les deux grandes banieres, puis la croix, baniere et chande-
liers, les enffantz de coeur vestuz de tuniques de damas rouge, puis .iiij'^'^. chappelains vestuz de chappcs, et vingt quatre chanoines vestusdes bonnes chappcs de lad. église portant chacun ung cierge.
Apres lesd's chanoines venoient Tabbé de Vallemont et l'abbé de Mortemer, vestus de chappes de drap d'or et leurs crosses portez par deux chappelains devant eulx.
Aprez marchoit mons'' de Heugueville.
Aprez venoit vingc quatre hommes vestuz de drap pers, sur la manche les armes de la ville, portans chascun une torche aux armes de lad. ville.
Aprez Tarchevesque de Tours, abbé de S'^ Cathirine du Mont de Rouen, d'ung costé de luy l'evesque d'Avrances' et d'aultre costé estoit l'evesque d'Yponence, suffragantde monsf de Rouen, vestus en pontificat, leurs crosses portées devant eulx.
Aprez estoit porté le précieux corps de nostre saulveur Jesuchrist par deux chanoines soubz ung poille de drap d'or et orphaverie aux armes de Graville, porté par quatre chappelains.
Venoit aprez Monsieur de Rouen vestu d'une chappe fort riche, la croix et la crosse portées devant luy.
Marchoient aprez Messieurs de la court de parlement, tiers et quart, président, conseilliers, greffiers civil et criminel, advocatet procureur du Roy en icelle court et le premier huissier, tous vestus d'escarlate rouge.
I Robert Ccnalis (Cenau), ne à Paris, docteur en Sorbonnc en i5ij>, cvêquc de V'encc en 1 323, dcRicz en i 53oct enfin d'Avranchcs en i532, mort à Paris en i56o. V. sa notice dans l'Histoire chronologique des évéques d' Avranches de maître Julien Nicole, publiée par M. Ch -A. de Beaurepairc, dans le t. IV des Mélanges de la Société de l'Histoire de Normandie, p. 88-92.
Mess'* les secrétaires et dix huissiers de lad. court vestus d'escarlate brune.
Aprez le président, gencraulx, conseilliers et greffier de lad. court des generaulx vestuz d'escarlate rouge, puis les csleuz et greffier.
Aprez la cinquantaine et la plus part de sergentz de lad'"^ ville, aprez lesquelz marchoient mons' le lieutenant gênerai du bailly de Rouen avec le procureur et advocat du Roy eud' bailliage, Messieurs les conseilliers avec aucuns officiers de l'hostel commun de la ville.
Aprez les advocatz de la court de parlement a deux rencz d"'un costé de la rue a main dextre, et les advocatz de bailliage et viconté de l'autre costé main seneslre a double renc tenans chascun ung cierge de cire jaulne.
Aprez les procureurs de la court de parlement tenans chascun ung cierge.
Aprez les procureurs de bailliage et viconté tenans chascun ung cierge.
Marchoient aprez quatre vingtz hacquebusiers de lad. ville, trois et trois tenant chascun une grosse bougieei ung baston pour garder Pordre de lad. procession.
Que suy voient en grande dévotion grand nombre de peuple que on ne pouvoit nombrer tant hommes que femmes et enfantz tenantz en leurs mains cierges et bougies alumez,
Ced' an et mois de juing 1542 ', fut commencé une tour ou esguylle de bois pour mettre au parmy de l'eglize de Nostre Dame de Rouen, donnée par Georges d^Amboise, archevesque dud. lieu.
' Cette aiguille, construite par Robert Becquct de 1542 à 1544, a été incendiée par la foudre le i5 septembre 1822. V. E.-H. Langlois, Notice sur l'incendie de la Cathédrale de Rouen, occasionné par la foudre le i5 septembre 1822.
Ce mesme an 1542, la nuict d'entre le mercredi et le jeudi 20'"e jour de juillet, le feu print au chasteau de Rouen, sur la porte d'icelluy chasteau, et turent brûliez les deux combles des deux tours qui sont entre lad. porte vers la ville, et icelles deux tours démolies avec la voulte du portail et tresgrand partie du logis au quel estoient grand nombre de municions de guerre, comme hallecretz, picques, hallebardes, arbalestres et moult d'autres choses. El tumba le comble dud. logis sur lesd'«s municions et y eut une chamberiere, aprez qu'elle eut mise sa maistresse et eiifantz hors led. feu, s'en retourna quérir son corset laquelle fut estouffée du feu et fumée. Et ne sceut onc sçavoir dont estoit procédé led. feu. Toutesfois fut supposé y avoir esté mys de faict apensé par les ennemys de France, par quoy fut ordonné faire le guet de nuyct et mettre des lanternes pendantes aux maisons et chandelles allumeez dedens toutes les nuyctz et faire la porte en personne'.
Ced'an le vendredi. xxij"'e. jour septembre i 542, sus [les] kais de la ville de Rouen fut le pyllaige du blé, et estoit Germain du Couldré* marchant de lad. ville de Rouen, aiant congé du Roy d''enlever quelque nombre de muys de blé hors ce pais. Comme il faisoit charger ung navire devant lad. ville du bled qu'il avoit achaté en la halle led. jour, le peuple de lad. ville voiant ainsi Teiilever, cralgnans en avoir soutîrete, vint a murmurer, disant que
'1 24 juillet 1542... Mention « de l'inconvénient du feu puys 8 jours en ça advenu au chasteau de ccstc ville, pour raison de l'impétuosité et véhémence des pouldres, èsquelles estoit prins le feu, qui avoit ruyné 2 tours estantzà l'entrée. » Inv. somm. des délibérations de la ville, p. i52, 2" col.
2 Germain du Couldray tut élu quartenier de Rouen le 4 juillet i533.
c'estoit pour le porter a noz ennemys. Et a l'instant tout le peuple s'esmeust, et vint a pyller tout led. bled dont aucuns en roberent des barquetes toutes pleines, les autres en amploient leurs saczet a la fin tout y fust pyllé, donc du depuis led. du Couldré en feist faire enqueste des ceulx qui ce avoient faict qui du depuis ont esté fustiguez pour le pyllage.
Eud' an 1542, la nuict d'entre le dimence i\"^^ et le lundi 12"^'' jour de septembre, advint une merveille tourmente et desbordement de la mair depuys Honnefleu jusques a Cherebourg tout le long de la coste de Bessyn et Cotentin, ou il y eurent en aulcunes places plusieurs personnes noyez, plusieurs bestes peries et maisons rompuz et emporteez, et fut estimé le domage a plus de 5o,ooo escus sol.
L'an mil cinq cens quarante trois, i543, le jour de Pasques fut le jour Nostre Dame vingt cinq'n^ jour de mars, qui ne avoit esté si bas passé long temps ■ .
CedVan, la fierté Saint Romain fut levée le jeudi des Rouvaisons, comme il est de coustume, a la Vieutour en une chapelle- nouvellement érigée sur la voulte de la porte de lad. Vieutour.
Le dimence vingt deux'"^ jour d'avril, quart dymence d'après Pasques eud. an 1543, les Cordeliers de Rouen tindrent leur chappitre provincial et furent en procession a Sainct Ouen ou il[z| dirent leur grande messe et
estoient en lad. procession jusques au nombre de
Cordeliers.
1 En 1 5 16, le jour de Pâques était tombé le 23 mars.
2 L'édiculc de la Fierté, construit en i34r et réparé il y a peu d'années, où le prisonnier que le Chapitre de Notre-Dame était en possession de délivrer en vertu du privilège de Saint-Romain, déposait la fierté de ce saint qu'il avait portée depuis la Caleride, après quoi il était absous de ses crimes.
Le vendredy .vi"'*. jour de juing eud'an i543,envyron dix heures et demye de malin, comme ung prcbstre de S' Vivian de Rouen, nommé Messie Jehan Bouvet, disoit messe au maistre autel de lad. ecclise, aprez qu'il eust levé le Corpus Domini, et comme il estoit a genoulx devant le calice pour le lever, le contrepois de plomb de l'ange qui tenoit la torchete tomba du haut de la voulie de lad. ecclise sur led. maistre aultel prez le calice dud. prebstre sans toucher aud. calice et fendit la pierre dud. maistre aultel en sept pièces sans faire aultre mal ; et pesoit led. contrepoix cent dix Ib. de plomg.
Ced' an, le sabmedy quinziesme jour de septembre 1 543, envyron deux heures aprez minuyct, fut inhumé le corps de Mons' Maistre François de Marsyllac', baron de Courceulle, conseiller du Roy nostre s', et premier président en la coui-t de parlementa Rouen, dedans le coeur de la prieuré Sainct Lo de Rouen sans nulle pompe de funérailles.
Ced' an, eu mois de janvier 1543, fut érigée Chambre des Requestes au Palaiz a Rouen.
Ce mesme an i 5^3, fut érigée la Chambre des Comptes en la ville de Rouen en offices, tant presidentz, auditeurs, correcteurs, greffier, huissier et aultres officiers, et furent toutes lesd'" offices venduz par le Roy la somme de deux cent quarante cinq mil .viij« .Ixxv. Ib., 245875 Ib.
> François de Marsillac, baron de Courseulles, originaire de l'Auvergne, fut président de la Cour des Aides de Paris, ambassadeur à Gênes, puis premier président du Parlement de Rouen après Jean de Brinon, en i538. 11 mourut le i3 septembre i543. Il avait épousé Madeleine l'ayen, veuve de Claude le Roux, s" de Tilly- Bourgtheroulde et Bredel, conseiller au parlement de Rouen. Son frère Bertrand fut doyen du chapitre du i3 juin i337 au 21 octobre 1541, et eut pour successeurs dans cette dignité ses deux neveux, Jean en 1541 et Antoine en i 352.
L'an mil cinq cens quarante quatre, 1544, fut supprimée lad. Chambre des Comptes, de laquelle la ville de Rouen estoit subjecte de payer les officiers, qui se montoit a la somme de. . . et se prenait certain péage sus aulcunes marchandises, et pour icelles supprimer fut payé au Roy semblable somme de 245875 Ib. tournois, laquelle somme fut partie en quatre, c^est assavoir, Teglise, noblesse, le commun et les villes franches, chascun a la somme de 6 1 468 Ib. i 5 s. Et en paya la ville de Rouen la somme de 37000 Ib. t., la quelle somme de 37000 Ib. t. fut assize sur les parroisses de la ville, faulxbourgz et banlieue, et fut assise ainsy comme on assiet la taille aux villages par les cariiers; c'est assavoir :
Le Cartier de Beauvoisine taillé a 14500 Ib. t.
Le Cartier de Cauchoise taillé a io5oo Ib. t.
Le Cartier de Martainville taillé a 7000 Ib. t.
Le Cartier de S' Hilaire taillé a 2000 Ib. t.
Et le reste fut mys sur les faulx bourgs et banlieue de lad. ville'.
Ced' an i 544, au mois de juillet, les conseilliers de Phostel de ville de Rouen prindrent toute la vaisselle d'argent, tant des parroisses, religions et églises que des frairies de lad. ville comme croix, chandeliers, paix", encensiers, cierges, ymaiges, platz, mereaulxetgenerallement toutes ustencilles d'argent pour ayder a payer la some de quarante cinq mil lyvres t., moytié de.iiij=^x jx. mil livres demandée par le Roy a lad. ville.
Cad' an, a la fin du mois d'aoust 1 544, fut achevée de monter la tour et pyramide du coeur de Nostre Dame de
I Sur toute cette affaire de l'obligation imposée à la ville de Rouen de rembourser les sommes versées au trésor par les officiers de la Chambre des Comptes, et les difficultés qui en résultèrent pour elle, voitVInu, somm. des délibérations de la Ville, p. i56 et suiv.
Rouen, hu|uelle avoit esic commencée a monter la veille S'c Croix en septembre 1 543.
El a au corps de lad. tour trois mil quatre cens soixante et douze pièces de bois sans comprendre les chevylles ne blocheaulx.
Plus, a quatre cens marches de degré sans les terraces.
Et fut assize la croix de fer sur lad'e tour le vendredi 12e septembre eud. an 1544, laquelle croix poise mil .\"^'^. xliiij livres de fer.
Plus, il y a quatre liens de fer a lier lad. croix pesant 3i 3 Ib. ou envyron.
Et le coquet fut assis le mercredi matin 29^ d^octobrc eud. an 1544.
Ced' an, eu mois de de décembre 1 544, les quatre quarteniers, chascun un son quartier, furent enquérir et escripre la valleur du louage de chascune maison de Rouen, puis feirent assieie de quatre solz pour livre, que les locatifz furent contraintz de paier, et furent coeuylliz les festes de Noël et au commencement de janvier. Et qui estoit refusant de paier, on prenoii les biens lesquelz estoient venduz devant l'huys a heure présente, lesquelz deniers estoient pour paier .xlv"^ lyvres, moytié de .iiij'^^. .ix"i. lyvres demandée par le Roy en lad. ville pour la seconde foys. Lesquelz louages no se montèrent, aud.prix de .iiij. s. pour livre, que vingt trois mil .iiij^^. lyvres t. pour le tout comprins les inutilles'.
I Là se termine brusquement, au bas de la p. 142, le ms. de M. Lormier. Suivent huit feuillets blancs. Une main du xviie siècle a écrit tout au haut du premier, soit p. 143 : « Le vendredy 18 janvier 1641, a unze heures du seoir, le tonnerre tumba sur l'eglize de Quincampois a deux lieues de Rouen dont le clocher, cloches et l'esglize en partie ont esté bruslez et le feu y a duré l'espace de troys jours. »