ACTE TROISIEMK
Sainte Majeste Divine choisit, pour Ieur merite, et place a la tete de leurs contem porains ceux de ses serviteurs qu'elle a honore's dune faveur particuliere. Or, la Ties Sainte Majeste Divine a honore notre maitre de sa bienveillance toute speciale, dans la connaissance des affaires. Voulczvous savoir ce que c'est reeliement? Ce n'est pas de Inspiration : c'est, a raon avis, une grace particuliere de Dieu.
Aga-Djebbar. — Oui, vous avez le choix : on petit soutenir les deux opinions. N'est-ce pas, Aga-Merdan ?
Aga-Meudan. — En effet, en effet : c'est certain.
Aga-Rehim. — Aga-Merdan, comment va done le petit garcon de Hadji-Ghafour?
Aga-Merdan.— Ties bien. Dieu merci!
II comprend tout, maintenant; il vient des qu'on l'appelle.
Aga-Djebbau.— 11 doit avoir maintenant sept mois accomplis : n'est-ce pas?
Aga-Merdan. — Oui, tout juste sept mois.
Le president. — Comment? Est-ce qu'il' reste un fils 3 de Hadji-Ghafour? J'ai en- :
tendu dire qu'il n'avait pas d'enfant.
Aga-Bechtr. — Mais, si, seigneur : on vous a mal renseigne. II a laisse un petit garcon qui est beau comme un quartier de lune. Hier, en revenant de la priere, nous l'avons vu, sur le seuil de la porte, dans les bras d'Aga-Merdan. lis se ressemblent, lui et Hadji-Ghafour, comme deux moities d'une meme pomme 4 .
Aga-Settar. — Vous rappelez vous, seigneur, les traits de Hadji-Ghafour?
Le president. — Oui : il n'y a pas si longtemps qu'il est mort!
Aga-Settar. — Eh bien! quand on voit le visage de cet enfant, au premier coupd'ceil, on croit voir celui de Hadji-Ghafour.
Le president. — Je ne savais pas cela.
Tresbien. — Mais,dites-moi,Aga-Merdan:
s'il reste un fils de Hadji-Ghafour, il est inutile de plaider. II est evident que la fortune de son pere doit revenir a cet en-