ACTE TR0IS1EME
fant, et, dans ce cas, les autres parents ou collate'raux du defunt n'ont rien a reclamer.
Aga-Merdan. (Sur un ton de parfaite humilite.) — Seigneur, si je vous exposals, moi-meme,la raison de leurs reclamations, vous pourriez douter de ma sincerite.
Mais, Aga-Bechir vous dira ce qu'il en est.
Aga-Bechir. — Seigneur , laissez-moi vous contercette affaire. — Hadji-Ghafour a laisse une sceur , Sekine- Khanoum.
Celle-ci s'est eprise d'un jeune horn me, un heretique nomine Aziz-bey, qu'elle aime au point d'en perdre la raison, et qu'elle veut epouser. Mais, le drole ne l'entend pas ainsi : il lui objecte qu'il n'a rien et qu'il ne possede aucune fortune : — que ferait-il d'elle? Aussi, maintenant, la donzelle fait des pieds et des mains, pour essayer de de'tourner a son profit Theiitage de Hadji-Ghafour, et se faire epouser du jouvenceau. Sa tante voulait la marier au ne'gociant Aga-Hacan, qui est un homme
distingue et riche : - elle a refuse. Elle a pris un avocat et constitue des temoins, en pretendant que Hadji-Ghafour n'a pas laisse d'enfant, et que les soixante mille tomans qui constituent son heritage, doivent lui revenir a elle. La femme a l'esprit court 5 , et celle-ci s'est imaginee qu'elle pourrai't s'emparer de l'heritage de Hadji-Ghafour, au raoyen de ces ruses et de ces intrigues. Mais, ce sont la des idees folles, et elle se donne une peine bien inutile.
Le president. — Bien. Cette affaire n'est ni assez compliquee ni assez embrouille'e pour durer longtemps: nous allons pouvoir, en deux heures, la decider et la juger. Les deux parties doivent appuyer leurs reclamations de temoignages et de preuves.
Aga-Merdan. — Oui, seigneur : les temoins sont tout prets.
Aga-Settar. (An president du tribunal).
— Seigneur, on vous aamene hier, deux petits orphelins abandonnes. — « Nous