SCENE PREMIERE
Timour-Aga. — (Debout, en face de Nica-Khanown). Voyons, dis-moi : que faut-il faire? Quelle est cette idee qui est venue au vizir? Suis-je mort pour qu'il puisse te donner a un autre? Quel but poursuit-il done en recherchant Talliance du khan ?
Nica-Khanoum. — Eh! ne le sais-tu pas, toi-meme, ce qu'il cherche? C'est la puissance, la grandeur, la consideration.
Timour-Aga. — Le pouvoir et les honneurs que le khan lui accorde maintenant ne lui suffisent done pas ?
Nica-Khanoum. — Si, ils lui suffisent; mais, il est sans prestige. II veut affermir son pouvoir et son autorite par son alliance avec le khan.
Timour-Aga. — C'est un etrange sot!
Ne voit-il done pas, de ses yeux, comment le Khan traite ses propres parents? En tous cas, il faut, une fois pour toutes, chercher un remede a cela ; car, vous m'avez empeche, sans raison, de faire connaitre mes projets au vizir. Demain, j'enverrai quelqu'un aupres de lui et je lui ferai savoir qu'il ait a abandonner ce projet inutile ; s'il agissait autrement il meconnaitrait son propre bien.
Nica-Khanoum. — De grace, mon cher Aga, laisse-la ces idees. Jamais, on ne pourra apprendre cela au vizir. Voila dej'a longtemps, nous dit-il, que le
khan cherche un pretexte pour te tuer
et jesais, moi-meme, qu'il s'est entretenu