ACTE DEUXIEME
de ce projet avec le vizir. — Si celui-ci apprend notre liaison, aussitot, pour son propre bien et dans son propre interet, il ira trouver le khan,et ii lui racontera que tu as jete les yeux sur sa fiancee... d'autant plus que le vizir est, lui aussi, tres irrite contre toi.
Timour-Aga. — Le gouvernement dela province et du khanat de mon pere ne suffisent done plus au khan, pour qu'il songe encore a se defaire de moi. Mais, c'est-la un projet mal digere \
Nica-Khanoum. — Oui, il comprend que tu le genes, et il craint que tu ne veuilles, un jour, reclamer le trone de ton pere. Ah! j'en ai entendu beaucoup la-dessus ! En public, il est desarme contre toi, et il te temoigne beaucoup de consideration ; mais, si Poccasion se presente, il ne te laissera pas vivant, un jour de plus.
Timour-Aga. — Ce n'est pas un khan comme lui qui pourra me faire mettre a mort. La plupart du peuple et tous les
grands de la province me sont devoues du fond du coeur, a cause du bien que mon pere leur a fait. Je ne suis pas un oiseau pour me laisser manger 2 . — Mais, dis-moi :
qu'ai-je done fait au vizir pour qu'il me hai'sse ?
Nica-Khanoum. — Tu as pris aupres de toi Mirza-Selim 3 , le fils du precedent vizir, et tu en as fait ton secretaire. Le vizir croit que si le pouvoir te revient un jour, Mirza-Selim, montant en grade, lui aussi, prendra la place que son pere a occupee. Aussi, veut-il maintenant proposer au khan d'exiler Mirza-Selim.
Timour-Aga. — II ne depend pas de lui d'exiler mon secretaire. Que les bienfaits de mon pere l'aveuglent 4 , puisqu'il a de si mauvais desseins contre moi ! Mais, s'il plait a Dieu, je renverserai tous ses projets et j'arriverai a mon but... Cependant, tu as raison : il ne faut pas que le vizir apprenne encore notre amour. — Oil est Cho'le-Khanoum? J'ai quelques mots a lui dire 3 .