‹ Deux copainsChapitre 14 sur 27 · A MARC SAUVALLE · texte numérisé non relu

A MARC SAUVALLE

Monsieur le paravent îsTo 2,

Vous avez écrit ce qui suit dans la Patrie du 30

juin dernier :

Il est vrai que je c;)nivû.s Ch:i])invn d 'puis six ans ; mais, pour ma part, je n'aur.ùs pas voulu lui rappeler la date de

UN' IN'CIDEXT (57

cette connaissance ; le pauvre diaMe no rencontrait plus alors de pitié que chez un raro noyau de confrères ayant encore la compassion da l'aider quelquefois à sortir de l'ornière. J'étais du nombre de ces sauveteurs. Il habitait à St-Jean et venait de publier ses Feuilles d'Erable ; j'eus lit. 1)onté d'écrire dans la Patrie quelques ligues bienveillantes dont il me sut gré dans une Ictttre triste au cours de laquelle il se plaignait de l'ingratitude des conservateurs qv.i neconsentaient même jas à publier ses accusés de réception iidressés tout faits par lui à leurs journaux.

Il m'en remercie aujourd'hui à sa façon en essayant de me lirouillcr avec mon vieil ami Frccliettc au moyen du plus odieux et du plus faux des racontars.

J'ai répondu à ce qu'on viout de lire- par ceci :

Vous mentez, ^I. le paravent Xo 2.

Toutefois, si vous montrez dans la Patrie, je ne dis pas cinq lignes bienveillantes, mais cinq lignes quelconques, de vous ou de n'importe qui, relativement à l'apparition de mes Feuilles d'Erahle, je m'engage à déclarer dans le journal même de M. Beaugrand que tout ce que j'ai dit à propos de vos félicitations sur la publication de mon Lauréat -est faux et mensonger.

Si vous n'êtes pas un menteur, vous avez là, n'est-ce pas. une belle occasion de me confondre et de vous justifier visà-vis de votre ami M. Fréchette.

Après avoir affirmé que vous aviez écrit quelques lignes bienveillantes sur mon livre qui venait de paraître, alors que j'habitais Saint- Jean, vous apportez dans la Putrii' de samedi dernier cette pièce formidable pour m'écraser :

' " Et maintenant à mon tour !

• ." Eli bien, ces cinq lignes, les voici, il y en a juste cincj[ bien comptées, relatives à l'apparition des

Fenilhs (J'Er.ihlc :

Tons ceux (iui s'intei-essent à notre littérature apprendront avec plaisir que M. Cliapman, poète canadien, doit publier prochainement un volume de poésies, la plupart inédites, intitulées FcniUe>i d' I-'rdble.

" Ces cinq lignes se trouvent dans la Pu trie du 28 juin 1889. •■'

Et vous êtes assez naïf, M. le pai'avent Xo 2, pour espérer qri'avcc ces cinq lignes-là vous allez faire croire que vous n'êtes pas un menteur !

Mais ces cinq lignes que vous venez de citer n'annonçaient aucunement que mes Feuilles d'Erahle venaient de faire leur apparition.

D'ailleurs, vous ne pouviez pas annoncer l'apparition de mes Feuilles (VErahle le 28 juin 1880, 'puisqiieUes liront paru que neuf mois plus turd, à la fin 'le murs 1890, comme je vais le prouver tout de suite en citant le 3Ionde et le N'idoiiul de la même année.

Lisez d'abord ce que le Nationul dn 5 avril disait relativement à Tap^iarition de mon livre :

Uu signe du printemps. Nous avons déjà des feniUes tV irahh'.

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Seulement, il ne laut pas aller li-s cIk relier au bois, mais chez nos libraires, où elles brillent dans tout leur éclat clans le joli recueil de vers que vient de publier sous ce. litre notre excellent poète canadien, M. \y. Cliapmiin, cic.

Comme vous voyez, M. le paravent î^o 2, si vous disiez vrai en affirmant que vous avez écrit quelques lignes bienveillantes relatives à l'apparition de mes Feuilles (VErahle qui, d'après vous, parurent dans le cours de l'été 1889, il serait difficile de comprendre comment le National pouvait laisser entendre qu'à l'époque où mon livre fut mis en vente chez les libraires il n'y avait pas encore de feuilles sur les érables.

Lisons maintenant ce que le Mon 'h disait à la date du 1er avril 1890 :

Xous accvisons réception d'un volume de poésies intitulé Feuilles cVErable,quc notre poète montréalais, M.W.Cbapman,. vient de publier.

Ce volume, annoncé depv.is longtemps avec beaucoup d'éloges et d'éclat par la presse canadienne, n'a pas trompe l'attente de notre petit monde littéraire ; bien au contraire, il a causé une agréable surprise aux souscripteuis, qui voient maintenant en son auteur l'émule de M. Fréchette, etc.

îTon, M. le paravent Xo 2, mon livre n'a pas paru dans l'été de 1889 ; et les cinq fameuses lignes et la lettre que vous venez de reproduire démontrent tout simplement qu'un de mes amis, M. Godin, a fait publier dans la Patrie et les autres journaux de

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Mcnlréal, à propos d'un livre qui devait paraître et non qui avait paru, une annonce que j'avais rédigée moi-même.

Au reste, ce qui établit bien la vérité de ce que J'avance, M. le paravent Xo 2, c'est que le Monde a publié, le même jour que la J\((rle, les mêmes cinq lignes avec lesquelles vous venez de me foudroyer et qui se lisent ainsi :

Tous ceux qui s'intéressent à notre littérature apprcndroi.t avec plaisir que not^'o poète montréalais, M. W. Charman, doit publier prochainement un volume de poésies, la plupart inédites, sous le titre de FeAiilles d'Erable.

Vous n'êtes pas seulement capable, M. le paravent Ko 2, d'établir que vous avez eu la bienveillance de reproduire d'un autre journal les fameuses cinq lignes, puisqu'elles ont paru simultanément dans la Patrie et le 3Ion<le, à la demande de M. Godin, à ç\p\ vous avez, en réalité, rendu le service que vous me reprochez.

Je vous répète donc ce que je vous ai dit plusieurs fois, et ce que les cinq lignes que vous venez de montrer ont encore prouvé si clairement :

En jitlirmant que vous avez écrit pour moi quelque chose, à l'époque où parurent les Feuilles d' Emilie, vous avez menti.

Votre, etc.,

AV. ClIAPMAN.

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" La démonstriition est complète.

" M. San valle avait dit : " ('hapmau habitait à St- " Jean et venait de jjubli erses Feuilles d'Erable ;feus " b( bonté d'écrire dans la Patrie quelques lignes " bienveillantes dont il me sut gré."

" Donc M. Sauvalle affirmait qu'il avait écrit dans la "• Patrie^\ an m orne) d o a les '•• Feuilles d' Erable''' venaient de piraît'e, quelques mots d'appréciation élogicuse de ce recueil.

'" Eli bien ! c'est faux.

^^ JjQS Feai lies d'Erable ont été publiées en mars 1890, et la Patrie n'a publié aucune appréciation de ce volume.

"Quant à l'annonce, à la réclame banale du 28 juin 1889, à laquelle M. Sauvalle s'accroche comme un homme qui se noie, elle ne peut constituer une appréciation bienveillante d'un livre qui n'a vu le jour que l'année suivante. Et, de plus, ce n'est pas M. Sauvalle, c'est M. Chapman qui l'a écrite. Le paravent numéro deux en fournit lui-même la preuve avec une naïveté phénoménale. Il publie bêtement une lettre de M. Chapman, qui complète merveilleusement la démonstration de son mensonge. En effet, on lit dans cette lettre, après les remerciements obligés pour Tinsertion de la réclame, les lignes suivantes :

rz D] vx ccPAixs

M. Godin était allé porter Ventrefilet que je ton.s ai expédié à la rédaction de la Presse, et la rédaction lui a refusé net

Encore une fjis, mille fji-i niorcl po ir avoir mis ma réclame dans un endroit consjiicunus.

" Est-ce assez clair ?

" M.Chapman,parsoii associe M. Godin, fait publier au mois de juin 1889, dans le Monde^ la Patrie, la Presse, une réclame annonçant la publication prochaine de son r.^cue"! de vers.

'■ Et ]\r. S.iuvalle aux abois s'empare aujourd'liui de cette réclame rédigée p'/r 31. Chapnian et publiée en juin 1889, pour prouver cpie lai, Sauoalle, a écrit (Jaas la Patrie une apprér-ialioa bieriveiHaate du volume de Chapman para sea''eaient aeaf atois plus ta ni, en mars 1890.

" Voyons, comment trouvez-vous Tindividu ?

" Pour dcmo)itrer (pi'il n"a pas mjuti, il cite une lettre cpii établit son mensonge d'un manière éclatante,

" Pour prouver (pTil a loué les Feuilles «r Erable parues en 1890, il produit une réclame du mois de juin 1889, rédigée par M. Chapman lui-même.

" î^'cst-ce pus qu'il est joli, le Sauvalle ?

"■ Que dites-vous de cette impudence, de cette audace e' de ce monumental toupet?

UN INX'IDENT

" Mais ce n'est pas tout.

" Pendant que nous avons le Sauvalle au bout des doigts, réglons avec lui notre compte personnel.

" M. Sauvalle a affirmé qu'il nous a adressé une lettre, avec prière de la publier.

"Xous n'avons jamais reçu telle lettre. Nous croyons que M. Sauvalle a dit taux dans ce cas comme dans l'autre.

*' Et nous lui avons demandé de prouver l'envoi de cette lettre.

" [N'eus sommons de nouveau M. Sauvalle de ^'exécuter.

" A-t-il un reçu de la lettre ?

'' Qu'il Texbibe !

" Mais, par exemple, qu'il n'apporte pas un reçu de 1889 pour prouver qu'il nous a euvoyé une lettre en

" Ces preuves-là ne prennent pas dans notro pays.

" Xous sommes si arriérés I

" Xon, ce qu'il nous faut, c'est un reiu du 5, du 6 ou 7 juillet 1894.

" A moins que M. SauviiUe ne publie ce reçu, nous tenons qu'il a commis cette fois un mensonge aussi

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impudent que celui qu'il a commis à propos des Feuilles (V Erable.

"Allons, estimable Sauvalle, montrez votre reçu."'

En même temps que M. CLapais, M. Tardive! publia les ligues suivantes, qui sont, comme on le verra, loin d'équivaloir à un certificat d'honnêteté :

"Voulant faire une mauvaise plaisanterie, M. Sauvalle affirma, dans la Pxtrie du 16 juin, ce qui

suit :

Or, il (M. Cliapinau) écrit " la suite au prochain numéro'', et le typographe, né niaUn, lui fait dire : "■ la/iùtr au } rochain numéro."

"La vérité, c'est que M. Cliapman nvait écrit à suivre et que notre typographe avait mis à suicre. M. Sauvalle mentait froidement, sans l'ombre d'une excuse, en itircnùint, purement et simplement, une faute typographique que la Vérité n'avait pas commise.

"î^ous lui avons signalé son mensonge, mais, au lieu de se rétracter, il fait le mort.

"Dans la Patrie du 7 juillet, M. Sauvalle affirma ce qui suit :

Je viens de lui envoyer (à M. Chapais) la lettre suivante avec prière de la publier.

Au cas où cette sainte âme s'y refuse r.vit, je conuuuniqtie d'avance la missive à mes lecteurs.

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